Le « Ophelia » Bar de Hong-Kong, décor kitsch et préraphaélite…

 

Si je vous dis grand, costaud, tatoué, avec une tête de repris de justice et de sale gosse qu’on a bien envie de remettre dans le droit chemin parce qu’il est top sexy, vous répondez quoi ? Bon ok, vous allez sans doute dire Thomas Hardy, et je vous comprendrai très bien (aaaah, la série Taboo, que j’ai adoré, mais bref, c’est pas le sujet). Mais en fait non. La réponse est : Ashley Sutton. Qui ça ? Oui, certes il est moins connu. Sauf dans le milieu des designers. C’est un décorateur. Pardon, non, c’est plus que ça : c’est un magicien. Il est capable de transformer n’importe quel lieu en merveille, une sorte de croisement entre Alice au Pays des Merveilles, Steampunk et prohibition des années 20. Ashley Sutton aime les objets étranges et les collections, les cabinets de curiosités, les machines, l’industrie, les rouages et les engrenages. Forcément, ce mec allait me plaire ! Quand j’ai découvert son travail, je me suis dit « whaow, ce mec a tout compris, c’est un formidable scénographe qui vous transporte dans un autre monde. » J’attends avec impatience le jour où il concevra un décor de cinéma !

Pour rester donc dans le thème de cette « Ophélie », voici donc le bar Ophelia de Hong-Kong, une merveille, inspiré des préraphaélites et du mythe d’Ophélie. Vous êtes obligé d’y passer si vous allez là-bas !

If I tell you big, sturdy, tattooed, with a head of ex-convict and little brat whom we want to put back in the straight because he is top sexy, you answer what ? Well OK, you doubtless go to say Thomas Hardy, and I shall understand you very well (aaaah, the series Taboo, whom I adored, but it’s not the subject). But in fact not. The answer is : Ashley Sutton. Who that ? Yes, certainly he’s less known. Safe in the environment of the designers. He is a decorator. Forgiveness, no, he’s more than that: he’s a magician. He’s capable of transforming any place into marvel, a kind of crossing between Alice in Wonderland, Steampunk and prohibition on the 20s. Ashley Sutton likes the strange objects and the collections, the cabinet of curiosities, the machines, the industry, the cogs and the gearings. Necessarily, this guy was going to please me ! When I discovered his work, I said to myself « whaow, this guy understood everything, it is the great scenographer who transports you in another world. » I look forward when he will design a film set !

Thus to stay in the theme of « Ophélie », thus here is the bar Ophelia in Hong-Kong, a marvel, inspired by the Pre-Raphaelites and by Ophélie’s myth. You are obliged to pass there if you go over there!

Le site internet d’Ashley Sutton

Belle journée  mes ptites licornes !

Le mythe d’Ophélie, la « Belle Mort » par essence

Imaginez. Nous sommes au XIXe siècle. La Monarchie de Juillet puis le Troisième Empire vont battre à plein régime (régime, ancien régime, ahahahahaha, je suis trop drôle…Hum. Bref). Une nouvelle mode s’annonce : le néo-gothique. On re-découvre le Moyen-Age, Holbein, les Danses Macabres (oui parce que le néo-gothique c’est forcément du Moyen-Age, et pour l’époque, le Moyen-Age c’est forcément gothique)… Le thème de la Jeune Fille et la Mort s’insinue (encore !) doucement dans les arts plastiques. C’est l’époque de la « Belle Mort ». C’est-à-dire que le phénomène de thanatomorphose (décomposition) est totalement nié et évacué par toutes sortes de procédés, notamment l’embaumement. On veut être toujours beau et présentable, même dans la mort, et l’on en fait un véritable spectacle de bienséance et de convenable. Oui, parce que le XIXe siècle raffole de ce qui est « convenable ». La mort n’est jamais montrée dans sa véritable essence, exception faite des représentations de massacres liés à la mythologie ou à la religion. Mais dans ces cas-là, la représentation est justifiée par l’éloignement et l’exotisme de ces scènes, ça fait partie du voyage, et puis c’est tellement loin qu’on y croit même pas (je caricature un brin, mais l’idée, c’est vraiment ça). La pourriture du corps ne sera donc jamais montré. A peine les corps morts seront-ils bleutés ou verdâtres. Exit les fluides et autres vermines désagréables. On fait une exception de Géricault, considéré comme un véritable dégénéré de la peinture (qui fait pourtant exactement la même chose que Michel-Ange et de Vinci en allant étudier les cadavres de la Morgue). La Morgue justement. Au XIXe siècle, c’est un lieu de promenade, même si elle sera fermée au public dans ce même siècle. On y va pour se promener, avoir un peu de frisson gratuit, et examiner avec attention les cadavres exposés. Oui, les cadavres dont on n’a pas l’identité sont exposés, avec un mini système d’arrosage pour les garder frais. On entoure les enfants de fleurs, et tout ce petit monde a l’air endormi. Romantique et morbide à souhait. C’est à cette époque que surgit l’affaire de l’inconnue de la Seine : une magnifique jeune fille, à peine abîmée par la noyade, est repêchée dans le fleuve, et son visage est tellement beau qu’on en a fait un masque mortuaire, mais son identité reste toujours inconnue (c’était vers 1880).

L’eau, métaphore de la vie et de la mort, la jeune fille, la beauté et la mort (et l’infantilisation de la jeune femme, aussi, super tendance à l’époque). A l’époque du néo-gothique et du romantisme, on re-découvre Shakespeare, et on s’étourdit de Hamlet, décor principal de la tragédie d’Ophélie. La jeune femme est l’amante d’Hamlet, et lorsqu’elle apprend que celui-ci a tué son père, elle sombre dans la folie et finit par se suicider par noyade. Le sujet ne pouvait que plaire à l’époque, et Ophélie a influencé des dizaines d’artistes, dont le plus célèbre est bien sûr John Everett Millais, l’un des préraphaélites. Son tableau a tellement marqué les esprits que même encore aujourd’hui, les représentations d’Ophélie sont directement inspirée par lui. So, je vous ai fais une compilation de représentations d’Ophélie, anciennes et contemporaines.

Si la symbolique d’Ophélie vous intéresse, lisez Gaston Bachelard, et d’autres textes sont disponibles sur le net, sur le cairn notamment, et sur l’histoire en images. Vous pardonnerez mes raccourcis, mais le sujet est complexe, j’ai fait au mieux.

Delacroix, Ophélie, 1844, Louvre

Millais, Ophélie, 1851, Tate Britain à Londres

Cabanel, La mort d’Ophélie, 1883, coll. part.

P. Delaroche, La jeune martyre, 1853, Louvre

Bouveret, Ophelia

Hugues, Ophelia, 1863

Gaston Bussière, fin XIXe, Ophélie

Anna Lea Merritt, Ophelia, 1880

Paul Steck, Ophelia, 1895

Lucien Levy-Durmer, Ophélie, 1900

Ewerbeck, Ophelia, 1900

Waterhouse, Ophelia, 1905

Odilon Redon, Ophélie au milieu des fleurs

Inconnu ?

Agnieszka Lorek

Dorota Gorecka

Ekaterina Belinskaya

Elle Moss

Ellen Von Unwerth

FFO

Italia Ruotolo

Karolina Ryvolova

Kirsty Mitchell

Lioba Brückner

Mihara Yasuhiro

Monia Merlo

Nina Masic

Paulina Siwiec

Signe Vilstrup

Slevin Aaron

Sofia Sanchez et Mauro Mongiello

Voodica

Belle journée  mes ptites licornes !

Festival du Lin : Eglantine Bacro, un bestiaire fantastique en bas nylon…

Est-ce que cela vous ai déjà arrivé d’avoir un réel choc visuel, assorti d’un coup de coeur tout aussi choquant, devant une exposition ? Moi oui. Plusieurs fois même. Mais ça faisait un bail que cela ne m’étais pas arrivé. Et évidemment, c’est TOUJOURS quand on s’y attends le moins que ça vous tombe sur le coin du museau sans prévenir. C’est un peu comme les coup de foudre. Mais là, on parle d’art. Il est courant que j’aime l’oeuvre d’un artiste contemporain. Mais il est rare que j’aime au point de désirer une oeuvre chez moi. Et là, pendant le festival du lin, ça m’est arrivé. Dommage, y avait pas de liste de prix, et de toute façon, pour l’instant le porte-monnaie est réservé aux livres bien que je me suis laissé tenté par des petites choses pendant les soldes. Mais un jour, je commencerai une collection personnelle d’oeuvres d’art contemporain. Bref. Revenons à nos moutons. L’artiste dont je vous parle s’appelle Eglantine Bacro, c’est une jeune artiste lilloise, qui réalise dessins, photos, sculptures… Ce qui m’a frappé, c’est l’univers et la force que se dégage de son travail. Au Festival du Lin (retrouvez les autres articles ici, ici, ici, et encore ) étaient exposé les sculptures de bêtes en fil de fer et bas nylon noirs. Une merveille, à la fois forte et fragile.

It have already managed you to have a real visual shock, matched all at once of heart so shocking, in front of an exhibition ? Me, yes. Several times even. But it had been ages since it had arrived at me. And obviously, it’s ALWAYS when one wait there least that that falls you without warning. It’s little as love at first sight. But there, we speak about art. It’s current that I like the work of a contemporary artist. But it’s rare that I like in the point to wish for a work at my home. And there, during the festival of the linen, this happened to me. It’s a pity, had no price-list, and anyway, there at the moment the purse is reserved for books although I was allowed tempted by little gifts during the sales. But one day, I shall begin a personal collection of works of art contemporary. In brief. Let’s go back to the subject. The artist about whom I speak to you is called Eglantine Bacro, she’s a young artist of Lille, who realizes drawings, photos, sculptures… What struck me, it’s the universe and the strength that gets free of its work. To the Festival of the Linen (find the other articles here, here, here, there and still there) were exposed the sculptures of animals in wire and black nylon stockings. A marvel, at the same time strong and fragile. 

Je laisse la parole à Eglantine / I hand over to Eglantine :

« En sculpture, c’est la ligne, tendue ou ondulante, la tension et le contraste qui sont à la base de mon travail. En entremêlant fil de fer et bas nylon, je donne à voir un bestiaire sombre et épuré. L’ animalité me sert à matérialiser des états, des démons intérieurs, à questionner notre rapport au corps, à la nature dressée ou capturée. Je modèle des animaux désincarnés, carcasses en négatif encore expressives. Translucides et légers, ces prédateurs et proies deviennent des enveloppes ouvertes ou fermées libres d’être à nouveau habitées…
J’utilise le bas nylon pour ce qu’il est. Un attribut féminin, sensuel, une deuxième peau que j’étire sur un maillage chaotique de fil de fer.

Mon travail en photographie est un prolongement des sculptures. Elles les « activent », illustrent leur rôle de seconde peau en les faisant fusionner avec le corps tantôt incarné, tantôt dévoré.

En dessin, je travaille sur la féminité par des jeux symboliques. »

« In sculpture, it is the line, tense or wave-like, the tension and the contrast which are at the base of my work. By mixing wire and nylon stockings, I give to see a dark and uncluttered bestiary. The bestiality serves me to realize states, internal devils, to question our report in the body, in the raised or captured nature. I model disembodied animals, still meaning carcasses in negative. Translucent and light, these predators and preys become open or closed envelopes free to be again lived …
I use nylon stockings for what he is. A feminine, sensual attribute, the second skin which I stretch on a chaotic meshing of wire.

My work in photography is a continuation of sculptures. They « activate » them, illustrate their role of second skin by making them merge with the body sometimes embodied, sometimes devoured.

In drawing, I work on the femininity by symbolic games. « 

Que dire ? J’adore / What can I say ? I love it.

Son blog 

Son facebook

Son behance

La galerie où elle expose

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Artistes

Voici l’avant-dernier post (après celui de lundi, mardi, mercredi et jeudi) concernant le Festival du Lin. Il est consacré aux différentes expositions d’artistes que j’ai pu visiter lors du festival, et dans l’ensemble, la qualité était plutôt bonne, voire très bonne… Tous ces artistes ont un point commun : ils travaillent tous avec de la fibre, qu’il s’agisse de tissus ou de papiers…

Demain, un article spécial sur une artiste que j’ai particulièrement aimée !

Here is another post (after that of Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday) concerning the Festival of the Linen. It’s dedicated to the various exhibitions of artists which I was able to visit during the festival, and altogether, the quality was good, very good rather even… All these artists have a common point : they work all with the fiber, that it’s about fabrics or about papers…

Tomorrow, a special article on an artist that I particularly loved !

Dominique Moreau

Catherine Herbertz

Ferri Garcès

Frédérique Breuillé

Mylène Boisvert

Françoise Hoffmann

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Bel-Event, le chic au masculin

Parmi les différents stands de créateurs et artisans d’art présents sur le salon du Festival du Lin (dont j’ai déjà parlé ici, ici et ici), un stand m’a interpellé : celui de Bel-Event, designer et créateur en gilets sur-mesure, cravates, noeuds papillons et foulards… Les premiers motifs sont inspirés des oiseaux des forêts, tels que les faisans, on y trouve également des oiseaux exotiques, notamment sur les foulards, et les prochains seront aux couleurs des animaux d’Afrique, visiblement. Les motifs sont crées spécialement pour la marque, ainsi que le présente si bien leur (très beau) site internet :

Among creators present on the show of the Festival of the Linen (about which I have already spoken here, here and here), a stand called out to me : that of the Bel-Event, designer and creator in custom-made vests, ties, bow ties and scarfs… The first motives are inspired by the birds of forests, such as pheasants, we also find there exotic birds, in particular on scarfs, and the next ones will be in the colors of the animals of Africa, apparently. The motives are create specially for the brand, as well as web site presents it so well them (very beautiful) :

« Fort de 37 ans d’expérience dans la création de dessins originaux pour la mode et l’ameublement des plus grandes maisons.

Cette expertise de plusieurs décennies de création a permis de rassembler des milliers de dessins originaux couvrant tous les grands courants artistiques du 19ème à nos jours.

Grâce à l’association du savoir-faire classique et des technologies de design et d’impression les plus avancées, l’atelier allie tradition et modernité.

Toujours soucieux d’un produit de qualité, notre exigence met à l’honneur le choix des matières, des associations de couleurs, des finitions et des méthodes de fabrications artisanales qui nous permettent de nous positionner dans la pure tradition du luxe français. »

 » Hardly of 37 years of experience in the creation of original drawings for the fashion and the furnishing of the biggest houses.

This expertise of several decades of creation allowed to gather thousands of original drawings covering all the big artistic movements of the 19th in our days.

Thanks to the association of the classic know-how and the technologies of design and printing the most moved forward, the workshop allies tradition and modernity.

Always worried about a quality product, our requirement puts in the honor the choice of the materials, the associations of colors, the finishes and the craft  methods of fabrication which allow us to position in the pure tradition of the French luxury. « 

C’est beau hein ? Cela fait plaisir aussi de voir que le savoir-faire français perdure et résiste encore et toujours à l’envahisseur. Cela me rappelle une promenade architecturale à Arles, avec un professeur. En passant devant des boutiques de souvenirs immondes et top kitsch (j’aime le kitsch, mais pas celui-là) ayant pris place en saison touristique à côté de l’amphithéâtre romain, il a déclaré sur un ton de parfait guide touristique : « à gauche, admirez les vestiges romains du temps de la conquête SPQR… Et à droite, découvrez les charmes de l’Asie du Sud-Ouest ». Hilarant, et totalement vrai. Le made in france existe, il est bien là, Bel-évent en est une belle preuve.

It’s beautiful no ? It also pleases to see that the French know-how continues and resists again and again the invader. It reminds me an architectural walk in Arles, with a professor. In passing in front of kitsch souvenir shops (I like the kitsch, but not that one) having taken place in tourist season next to the Roman amphitheater, he declared on a tone of perfect tourist guide :  » to the left, admire the Roman vestiges of the time of the conquest SPQR… And to the right, discover the charms of the South-West Asia « . Hilarious, and totally true. The made in France exists, it’s very there, Bel-Event is a beautiful proof.

En plus, j’adore les gilets. Je suis une fan inconditionnelle du style tomboy, tendance franchement hipster, alors le gilet, les noeuds pap, les bretelles, c’est mon truc. J’ai une modeste collection de gilet pour femmes (bon allez, j’en ai une bonne dizaine…), et c’est vraiment LA pièce qui va changer votre look.

Les gilets de Bel-Event me font irrésistiblement penser aux dandys d’aujourd’hui, qui, oui, existent. Qu’ils soient des sapeurs (summum du kitsch vestimentaire) ou juste soucieux de leur apparence, ou juste amoureux du sur-mesure, les dandys sont là, bien présents, et on leur dit « merci » ! Parce que, il y en a un peu marre que les femmes soient TOUJOURS les propriétaires d’un super dressing. Les hommes aussi ont besoin d’un dressing. Non mais.

Besides, I adore vests. I am one fan ardent supporter of the style tomboy, trendy frankly hipster, then the vest, bow ties, straps, it’s my thing. I have modest one collection of vest for women (well, I have ten of it …), and it’s really THE clothes which is going to change your look.

The vests of Beautiful Vent irresistibly remind me the dandies of today, who, yes, exist. That they are « sapeurs » or just man worried about their appearance, or just lover of the custom-made product, the dandies are very present, and they there are told « thank you » ! Because, he’s a little fed up it with it that the women are ALWAYS the owners of a great dressing room. The men also need a dressing room. Yes.

Le site internet de Bel-Event : https://www.bel-évent.com/

Comment porter le gilet de dandy aujourd’hui / How to wear the dandy vest today

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Créateurs et artisans

Après lundi et mardi, voici l’article sur les créateurs et artisans présents au salon du Festival du Lin ! Une petite sélection de mes favoris…

Anne fo création, de beaux vêtements, et surtout, de superbes bijoux en corne, que j’ai adorés !

KP Boutique, une boutique de Rouen (ô miracle), qui vend notamment de jolis vêtements en lin…

Création MARRAK, une boutique un peu éloignée (à Hendaye), mais les créations sont vraiment magnifiques… Sur le site, on est loin d’avoir des visuels de toutes les créations, et celles présentes sur le salon étaient vraiment superbes… Mais elles ne sont pas sur le site…

Cabedine, une marque de sacs, fabrication 100% française, avec des matériaux à 95 % français (le reste vient d’Italie ou d’Allemagne…), sobres, épurés…

Stéphanie Pétuya, de la literie artisanale en pure laine vierge et lin naturel, j’ai craqué sur les couettes et les édredons, qui sont parfaits…

La Laine et les étoiles, qui fait notamment de très jolies mitaines et manchettes réalisées, en laine, coton, lin… Une jolie association !

Sashiko-ya, broderie traditionnelle japonaise, mise au goût du jour par une charmante créatrice, qui vend également des tissus japonais superbes, surtout les indigos… C’est à elle que j’ai acheté mes deux coupons…

Ipso Factory, une belle gamme de sacs comme je les aime : solides, épurés, simples, pratiques, et de qualité, faits avec des matériaux de récupération…

Rouge Garance, une créatrice très gentille, qui fait des merveilles avec de la laine et de la soie…

Belle journée mes licornes !

 

Festival du Lin : boutiques et brocantes

Comme annoncé hier, voici un article consacré aux différentes boutiques, revendeurs et brocanteurs, présents sur le salon du festival du lin, et qui m’ont interpellés…

As announced yesterday, here is an article dedicated to the various shops, the retailers and the secondhand goods dealers, present on the show of the festival of the linen…

Lin et l’Autre, une boutique pour DIY à Varengeville-sur-mer / Lin et l’Autre, a DIY shop in Varengeville-sur-mer

Kashmir Heritage, une fantastique boutique où l’on trouve des tissus et cachemires indiens, ainsi que des vêtements magnifiques avec impressions à la planche / Kashmir Heritage, a fantastic shop with fabrics and cashmere, and beautiful clothes with printed board

La Courtepointe et les Roses, une boutique éphémère pendant l’été à Veules-les-Roses, où l’on déniche des trésors anciens et vintage / La Courtepointe et les Roses, a shop in Veules-les-Roses, with beautiful vintage things

Ma Reine la bonne fée, une jolie boutique (uniquement sur les salons pour l’instant, mais prochainement, un facebook) tenue par Alexandra Marois, où l’on trouve de jolis objets vintage, ainsi que de très belles créations textiles… / Ma Reine la bonne fée, a nice shop by Alexandra Marois, with vintage and clothes

Le Petit Brocanteur, qui abrite de véritables trésors anciens et vintage : textile, objets… Une mine d’or ! / Le Petit Brocanteur, with real nice things vintage : fabrics, accessories, home decor…

La Ferme du Vieux Buisson, spécialisée en lin, chanvre et colza, disponibles en huiles, farines, graines, paillages et isolation

Il y en a d’autres, bien sûr, qui m’ont beaucoup plu, malheureusement ils n’avaient pas cartes et encore moins de site internet… Notamment un vendeur de galons et plastrons brodés superbes (et pas trop chers), et une vendeuse de galons brodés indiens, absolument somptueux…

There is others, of course, who pleased me, unfortunately they had no business cards and no web site … In particular a seller of stripes and magnificent embroidered plastrons (and not too expensive), and a seller of Indian, absolutely luxurious embroidered stripes …

Belle journée mes ptites licornes !

Le Festival du Lin, minimal, boho et hipster !

Les 7, 8 et 9 juillet de chaque année, c’est le festival du lin en Normandie (en Seine-Maritime plus exactement). Pourquoi là-bas ? Parce qu’on y trouve une nouvelle culture du lin, et pleins d’artisans. Pendant trois jours, les petits villages voient défiler tout ce que la région (voire la France, voire le monde) compte de bohos, bobos, hipsters et amoureux du bio, du minimal neutral, du natural kei, de l’artisanat et du fait main. Pour mon plus grand bonheur, j’avoue. J’ai eu la surprise de découvrir des stands et expos de qualité, ce qui est malheureusement rarement le cas dans beaucoup de manifestations artisanales. Cette semaine est donc placée sous le signe de ce festival : aujourd’hui, un article global, et ensuite des articles plus précis sur certains artistes et créateurs…

On July 7th, 8th and 9th of every year, it’s the festival of the linen in Normandy (in Seine-Maritime more exactly). Why over there ? Because we find a new culture of the linen there, and full of craftsmen. During three days, the small villages see parading all that the region (even France, even world) bohos, bobos, hipsters and lover of the bio, minimal neutral, natural kei, crafts and hand-made. For my biggest happiness, I admit. I had the surprise to discover stands and quality exhibitions, which is unfortunately rarely the case in many craft demonstrations. Thus this week is placed under the sign of this festival : today, a global article, and then more precise articles on certain artists and creators …

D’abord, je n’ai pas visité toutes les expos, car elles ne m’intéressaient pas toutes : je ne suis pas une fan de broderies sauf quand elle est très moderne (c’est la grande tendance du moment : tapez #modernembroidery sur instagram ou twitter, ou pinterest, vous verrez…) ou très ancienne, et le patchwork et autres quilts me laissent assez indifférente. En revanche, la création textile m’intéresse beaucoup. J’ai donc d’abord visité le salon, où se trouvent réunis environ 100 exposants, créateurs, brocanteurs, revendeurs en textile et fibre. Un vrai bonheur, et j’ai dû me réfréner pour ne pas acheter compulsivement ! Je me suis juste laissé tenter par des morceaux de tissus indigo japonais, qui vont se transformer en sachets de lavande à mettre dans mon dressing. Je parlerai plus en détail des revendeurs et brocanteurs qui m’ont plu demain…

At first, I didn’t visit all the exhibitions, because they didn’t interest me all : I am not a fan of embroidery except when it’s very modern (it’s the big trend of moment : type #modernembroidery on instagram or twitter, or pinterest, you will see) or very old, and the patchwork and other quilts leave me rather indifferent. On the other hand, the textile creation interests me a lot. I visited thus at first the show, where are gathered approximately 100 exhibitors, creators, secondhand goods dealers, retailers in textile and fiber. A real happiness, and I had to check not to buy compulsively ! I am a just man let tempt by Japanese indigo pieces of cloth, which are going to be transformed into bags of lavender to be put in my dressing room. I shall speak more in detail retailers and secondhand goods dealers who pleased me tomorrow …

Parmi les créateurs se trouvait le tout jeune atelier Bel-Event, dont je parlerai plus en détail jeudi, avec un article adapté à leurs créations (genre, le big suspens !)… Les autres créateurs que j’ai vraiment apprécié se verront offrir un article collectif mercredi.

Among the creators was the very young workshop Bel-Event, about which I shall speak more in detail on Thursday, with an article adapted to their creations (the big suspense !) … Other creators that I really appreciated will be offered a collective article on Wednesday.

Ensuite, j’ai fait quelques expos. J’y ai vu des choses qui m’ont moins marqué, pas assez originales à mon goût, et j’ai découvert une artiste extraordinaire, à laquelle je consacrerai un article samedi. Les autres artistes auront droit à un article collectif vendredi, restez en éveil !

Then, I made some exhibitions. I saw things there which less marked me, not rather original to my taste, and I discovered an extraordinary artist, to whom I shall dedicate an article on Saturday. Other artists will be entitled to a collective article on Friday, stay on the alert !

Le site du festival, avec tous les détails : http://www.festivaldulin.org

Ci-dessous, les deux morceaux de tissus japonais que j’ai acheté :

 

Belle journée mes ptites licornes !

Une maison d’artiste au Texas

Chez James et Katie King, on aime les maisons avec un âme, un passé, un petit nid douillet, quelque chose qui nous rappelle la maison de notre enfance… J’aime ça aussi. Et en plus leur maison, au Texas (une demeure des années 30), rentre dans les thèmes du blog, puisque pour moi, c’est exactement comme cela que j’imagine une maison d’artiste… Bonne visite !

Article complet sur Design Sponge, avec des liens très intéressants

Belle journée mes ptites licornes !

Vanités et Gourmandise…

Voici un article de fond sur la représentation des gourmandises dans l’art (principalement la peinture).

Tout a commencé avec la Réforme (avènement du protestantisme), les pays flamands voyant alors leurs peintres s’embarquer dans tout un tas de représentations allégoriques ou décoratives (voire les deux à la fois), consécutives à la réflexion religieuse fondamentale de l’époque ainsi qu’à un choix de représentation lié à cette religion, qui n’aime pas vraiment les représentations du corps, d’où l’émergence importante de natures mortes. Si vous êtes adeptes des musées des beaux-arts, vous aurez sûrement déjà vu des salles d’expos débordant de natures mortes et de vanités. Eh bien, la nature morte peut devenir une sorte de vanité. Le motif de la vanité traditionnelle, c’est celui avec le crâne et les os, pratiquement toujours accompagnés par les mêmes objets symbolisant la fin de la vie. Même dans les natures mortes, les peintres n’hésitent pas à pousser le vice jusqu’à y glisser un petit « memento mori » : si vous avez des fruits avariés, tachés, avec des mouches, dans une corbeille de fruits, on peut dire que c’est une forme de vanité.

Parmi ces natures mortes se détache un genre spécial : la nature morte de confiseries. Remettons-nous dans le contexte de l’époque : on découvre le sucre, les échanges commerciaux commencent, et c’est une denrée rare, donc de luxe. Tout produit à base de sucre, confiseries et friandises sont donc réservés à une élite. Produit nouveau dit également engouement et mode : ceux qui peuvent se le permettre adorent voir des confiseries sur leur table. Il faut savoir que le dessert, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est un mets purement aristocratique. Dans la gastronomie française, dont les lettres de noblesse commencent au XVIIe siècle, avec les banquets baroques, il est la conclusion raffinée d’un banquet contenant au moins 6 à 8 services. Les deux derniers étant consacrés aux desserts : le septième service est composé de fruits, laits parfumés sucrés, et biscuits. Le huitième service  est composé de confitures, pâtes de fruits, fruits confits, massepains, fruits en conserves, et produits candis de type meringues ou sucres parfumés. Perso, après le quatrième service, je roule sous la table. 8 services, c’est pas possible, faut vomir entre chaque, ou alors manger une bouchée de chaque plat.

La nature morte de confiseries apparaît vers 1600 environ. Et là, ça se corse : au début, le sucre est assimilé au miel, qui avait la même fonction, et le miel, c’est très bon spirituellement parlant. Les peintures ont, selon la tradition du Moyen-Age toujours en vogue ensuite, trois sens, dont des sens religieux. Donc, le sucre = miel = douceur spirituelle = y a pas de mal à se faire du bien = on représente les confiseries. Oui, ce serait trop simple. Sauf que, ça va pas durer. On va découvrir ensuite la teneur toxique du sucre, pour les rondeurs, le corps en général, les dents, l’humeur, etc… (lire Rousseau à propos de ça). On découvre qu’on peut devenir addict au sucre. Et donc, certaines natures mortes, tout comme les vanités, vont commencer à dénoncer cette mode du sucre, récurrente chez les aristos ou grands bourgeois. Vous pensiez être nés en pleine société de consommation ? Trop tard, le XVIIe siècle l’a déjà inventée. On sait aujourd’hui que l’Homme, dés sa naissance, court après le sucre, il adore ça et ne cesse d’y retourner, même inconsciemment (si vous détestez le sucre et que vous ne supportez pas la vue des friandises, attention, vous pourriez être dans le déni de l’enfance, et c’est un gros complexe qu’il faut gérer, ne m’envoyez pas les notes de votre psy, je n’y suis pour rien, c’est papa Freud qui l’a dit !). Il faut savoir aussi qu’on a assimilé petit à petit abondance de nourriture terrestre avec les plaisirs de la chair…

Le « bonbon » est régressif à souhait. Le sucre, c’est le plaisir à l’état pur, et en plus, c’est pas indispensable pour vivre, ce qui accentue ce plaisir. L’éducation va se charger de ça. Vous vous souvenez de la Comtesse de Ségur et de comment la gourmandise du sucre est sévèrement réprimée par l’auteur ? On est en plein dedans ! Comprenant que le sucre est un plaisir, l’éducation va en faire une récompense, avec une forme de réglementation enfant-bonbon. La notion d’interdit va doucement s’imposer : l’élan gourmand va être contraint, dénaturé, par une vision moralisatrice et puritaine. Cependant, cette diabolisation de la gourmandise sucrée va fatalement entraîner, dans l’esprit des enfants, une sur-valorisation du sucre, une sublimation du plaisir que les bonbons procurent. Et bim ! Voilà pourquoi, des générations après, le bonbon est d’abord symbole d’enfance, et surtout symbole de réconfort. Allié au fait que le sucre est un puissant anti-dépresseur, et vous comprenez pourquoi, quand un truc ne va pas, on se précipite sur les fraises Tagada, ou le pot de Nutella, ou le pot de glace, ou la tablette Côte d’Or (ça c’est moi). Bon, aujourd’hui, la gourmandises sucrée n’est plus vu comme une faute, elle est même drôlement encouragée par la pub et la société de consommation. Et donc, on assiste à une gros retour des visions alimentaires sucrées dans l’art, visions qui sont à 90% dénonciatrices de la société de consommation.

Voilà, un ptit résumé. Il y aurait une montagne de choses à dire sur le thème, mais je ne m’étends pas plus parce que cela constitue l’un de mes thèmes pour mon master 2, donc, pas tout d’un coup ! Et maintenant, si vous êtes toujours là après ce long pavé, petit tour artistique :

Natures mortes de confiseries et vanités anciennes

XVIIe siècle

1630-35

Abraham Mignon

Albert Samuel Anker 1896

Georg Flegel

Clara Peeters 1608

Georg Flegel vin et sucreries 1690

Georg Flegel desserts

Georg Flegel Nature morte avec pain et sucreries 1630

Osias Beert

Osias Beert

Osias Beert

Natures mortes et vanités contemporaines

Bernard Salunga

Cheech Sanchez

Damien Hirst

Dave Lebow

Elisa Anfuso

Eric A Ton

Erika Yamashiro

Lee Price

MabTO

Mark Ryden

Mark Scheider

Laurent Meynier

Scott Hove

Vanessa Wong

Sucreries et gourmandises dans l’art contemporain

Anne Barlow

Boo Ritson

Hubert de Lartigue

Cesar Santander

Christian Carlini

Cynthia Poole

Daniel Sannwald

Doug Bloodworth

Carl Warner

tanya schultz

ian bodnaryk

luigi benedicenti

nicola freeman

pamela michelle johnson

robert townsend

sarah e wain

sarah graham

Will Cotton

PS : Le terme « friandise » ne désigne pas à la base, un objet sucré, mais le goût des mets délicats. Etre « friand », c’est être gastronome en fait, c’est apprécier la nourriture fine, et sans excés. Ce terme est le contraire de la gloutonnerie, la goinfrerie, et de la gourmandise, qui induit à la base la notion de voracité. Ces trois mots sont le Mal, et la friandise, c’est le Bien (les majuscules sont là à dessein, tout ça, c’est très religieux). Si la friandise est un peu réprouvée par la morale, en revanche, elle ne constitue pas un affront ou une menace (carrément), car les « friands » ne vivent pas pour manger, contrairement aux « gourmands » ou aux « goinfres ». Donc, on peut représenter les mets délicats de la friandise, sans tomber dans le péché. La friandise devient le met lui-même vers le XVIe siècle, et ensuite, il devient l’aliment général, sucré de préférence.

Bonne soirée mes licornes !