Le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

En 2020, je suis allé faire un léger saut (deux jours) du côté de Strasbourg. J’ai passé mon temps à :

1) éplucher le fonds de zines de la médiathèque Malraux (abritant également le fonds Tomi Ungerer, ainsi qu’une bibliothèque extraordinaire concernant le graphisme, l’illustration, et les livres animés…)

2) arpenter la ville : le centre de Strasbourg est vraiment très très beau, la cathédrale également (et les musées aussi)

3) manger. On mange très bien à Strasbourg, mais il ne faut venir pour faire un régime. Les restaurants ne servent pas de salade cuite à l’eau de Vittel si vous voyez ce que je veux dire. Mention spéciale pour les cassolettes de pommes de terre au munster, et bien sûr, la forêt noire de chez Gruber. Pour les amateurs de déco kitsch d’ailleurs, Gruber est le must ! (in love)

Le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg est très riche d’œuvres absolument magnifiques. La plupart sont d’ordre religieux, avec quelques raretés que cela soit au niveau des signatures ou au niveau des sujets, mais il y a des salles qui abritent des trésors d’histoire naturelle… Une petit visite ?

La religion :

De haut en bas :

Andrea Vaccaro, Tête de St Jean-Baptiste, 17e siècle, huile (l’une des plus belles « tête de St Jean-Baptiste » que j’ai jamais vu, et j’en ai vu !!!)

Gian Battista Salvi dit Sassoferrato, Vierge en oraison, 1640, huile

Simon Marmion, La Vierge de douleur, 1480, huile (pour info, j’étais hyper contente de connaître son nom et son auteur, car j’en ai une copie chez moi)

Les étrangetés religieuses :

De haut en bas :

Atelier Gérard David, La Vierge à la soupe au lait, 1510-1520, huile (il est assez rare de voir une scène où la Vierge donne à manger à Jésus, et pas avec son sein, ici, Jésus est juste un enfant, et il tient fermement sa cuillère, j’ai rarement vu des tableaux comme celui-ci, qui insiste à ce point sur l’aspect non-divin de Marie et son enfant)

Giuseppe Crespi, Le Christ tombe sous la Croix, 17e siècle, huile (il me semble que le tableau n’a jamais été terminé, ce qui semble expliquer la tête de Jésus, qui est assez beurk, genre, cadavre avant de l’être)

Les pompiers :

De haut en bas :

Bouguereau, La Vierge consolatrice, 1877, huile (avec un détail sur la troisième photo, je rêvais de voir cette toile en vrai. Elle est magnifique)

Charles Delaye, Miss Wardour et Sir Arthur prisonniers des flots, huile (pour info, il s’agit d’une scène tirée de L’Antiquaire, de Walter Scott, 1816, une sorte de roman de mœurs mâtiné de soupçons néo-gothique…)

L’histoire naturelle :

De haut en bas :

Jan van Kessel, Insectes et araignée, 1660, huile sur cuivre

Jean-Baptiste Oudry, Perroquet, 17e siècle, huile sur papier marouflé sur toile

Johannes Leemans, Attirail d’oiseleur, 1660, huile

Paolo Cattamata, Sous-bois avec champignons, 1660, huile

Les deux autres photos sont des animaux naturalisés. La mise en scène est assez remarquable : ils sont placés à côté de tableaux représentant les même animaux, et dans les mêmes positions.

Anonyme, France, Tableaux d’oiseaux, 1619, huile

Les beautés étranges :

De haut en bas :

Anonyme, Flandres, Le Cauchemar, 1530, huile sur carton

Hendrick Goltzius, Eve, 1610, huile sur bois

Henner, Le Christ en croix, 1890, huile

Henner, Portrait de Gregoire Henner frère de l’artiste, huile, 19e

Simon Renard de St André, Vanité, 1660, huile

La beauté des beautés (c’est un peu pour lui que je venais dans ce Musée à la base, tellement il m’avait inspiré pour mon master 1) :

Hans Memling, Polyptyque de la Vanité et de la Rédemption, 1490, huile sur bois

Il est minuscule (enfin, disons, pas très grand) : c’est un polyptyque de voyage. Mais il vraiment superbe, d’une finesse et d’une beauté rarement égalées. Et en plus, le Musée en a fait une réplique parfaite, que les visiteurs sont invités à manipuler (le rêve pour moi !!!)

J’espère que cela vous donne envie d’y aller !

Bisous,

Alexandrine

La Morgue de Décembre

Je suis trèèèèèès en retard (hum) pour le nouveau numéro de La Morgue, mais ces derniers temps ont été un peu bousculés, d’autant que je suis en pleine rédaction de la thèse (ce qui prend évidemment beaucoup de temps)… Mais je n’oublie pas La Morgue. Voici donc un petit florilège de ce que j’ai découvert ou redécouvert ou juste apprécié pendant ce mois de décembre…

  • Le mémoire de Mathilde Matteucci. Mathilde est artiste, et ce pdf est son mémoire de DSAA Mode et Environnement à l’Ecole Duperré. Elle y explique comment son travail d’artiste-cinéaste plasticienne met en avant le regard féminin et tente de trouver de nouvelles approches de la mise en scène du corps. C’est par ici : https://mathildematteucci.com/static/memoire_DSAA.pdf, et si ça vous a plu, je vous conseille d’aller voir en détail son site internet !
  • L’art des mandalas en os de Jodie Yeung. Je n’arrive pas à décrire ce travail extraordinaire de fouille et assemblage d’ossements, un véritable travail de fourmi, dont les résultats, impressionnants, sont un profond écho à un paganisme contemporain, mais également ancestral. J’attends avec délice le moment où Jodie pourra faire un mandala immense dans un musée ou une galerie???

  • J’admire le travail de Melissa Tofton depuis un long moment déjà. J’aimais déjà ces grandes robes de déesses colletées et ceinturées de cuir noir, avec ces longs fils de coton tressés façon macramé (en noir) qui recouvraient les tissus et descendaient jusqu’au sol… Les défilés étaient impressionnants, cela me faisait penser (en vrac) à Hécate, le paganisme, les sorcières…. Tout un univers souterrain se dévoilait de manière palpable. Pour des raisons que j’ignore (mais économiques sans doute), Melissa a abandonné ce type de défilé et ce type de vêtements-ornements pour se concentrer exclusivement sur le travail du cuir, et notamment les ornements de type harnais. Bon, c’est pas mal non plus quand même !

  • J’ai découvert via instagram, les créations en linogravure Corpus Medusa. Il y a TOUT ce que j’aime : Vénus anatomiques, sorcières, noir et blanc bien contrastés, histoire de l’art… In love quoi ! C’est à ce moment précis que je regrette d’avoir eu une tendinite monstrueuse suite à la sculpture sur bois aux Beaux-Arts en 2006, dont je n’ai pas totalement récupéré (mes poignets refusent catégoriquement de se plier comme avant, et demeurent fragiles au-delà d’un certain degré). Donc, je suis désormais contrainte d’ignorer la linogravure (ça me fait un mal de chien de sculpter le lino). MAIS, heureusement, quelqu’un a inventé… La gomme à graver ! Une merveille à sculpter, j’ai même pas besoin d’appuyer fort, c’est top !

  • Toujours via instagram (c’est une mine d’information mais c’est très très chronophage…), j’ai découvert le fanzine Stryga. Bon, j’ai comme excuse de faire une thèse sur les fanzines et les zines, donc, forcément, ça m’intéresse. Stryga est un zine sur le black métal, avec tendance féminisme (figure de la sorcière notamment, etc.). Je n’ai trouvé d’images sur le web, donc je vous mets juste le lien vers l’instagram : https://www.instagram.com/stryga.fanzine/
  • Un autre fanzine découvert via instagram (ben oui, mais non, je ne passe pas mon temps sur insta je vous rassure, loin de là !) : Weird Walk (dont je parle dans ma thèse). C’est un zine sur le paganisme, en gros : le rapport à la pierre, à la nature, façon rando chamanique… Je sais pas trop comment expliquer, mais vous comprendrez en voyant les photos (les zines, c’est souvent une question d’atmosphère générale plus de sujet précis)

  • En cherchant des choses sur les « black metal theory » (oui, le black métal fait l’objet de théories académiques, et c’est passionnant en réalité… Bon je suis pas objective, j’aime le black métal, la Norvège est dans mon ADN) pour mon analyse du projet Becoming the Forest de Una Hamilton Helle, dont j’ai parlé dans une morgue précédente…), je suis tombée sur une interview passionnante de l’artiste Elodie Lesourd. Du coup, je suis allée voir son travail, et j’adore (bon, surtout les trucs sur le black métal j’avoue), c’est vraiment bien vu, elle joue sur les codes musicaux (de sous-cultures musicales notamment) et visuels, c’est vraiment un très beau travail, je vous conseille d’aller jeter un œil sur son site : http://www.elodielesourd.com/

  • De fil en aiguille, je découvre du même coup les éditions, et le travail général de Lia Pradal et Camille Tallent. Si leur travail prend notamment la forme d’installations (voir leur site https://pradaltallent.com/), ils réalisent aussi des éditions, sous le nom P.AÏ.E.N. (https://paien.info/). Ils s’inspirent et travaillent beaucoup sur les images, le processus de transformation d’une image, aussi bien visuel que symbolique. Ils aiment les images « dégradées », volontairement ou non, car cette dégradation, évoquant le passage du temps, apportent une sorte de sacralité à l’image. Le sacré et le profane, avec un soupçon de paganisme, se retrouvent donc au cœur des travaux du duo. Il y a notamment quelques rappels aux musiques extrêmes, dont le black métal, que j’aime beaucoup : le livre-jeu sur les logos de groupes de black métal, quasiment indéchiffrables si vous ne les connaissez pas, ou bien le livre (à prendre au second degré) Guide du brûleur d’église. Les fans de black métal comprendront cette dernière allusion, et rassurez-vous, le livre est à prendre au second degré car il a fait l’objet d’une installation-performance, où, en réalité, c’est l’image de l’église qui brûle, et non la véritable église. Une réflexion puissante sur le pouvoir des images, à méditer. Ci-dessous, quelques images d’éditions, mais également d’une exposition privée dont seules les photos sont visibles, réalisée par le duo dans un endroit reculé tenu secret…

  • Et enfin, un peu de musique, mais pas que. Ayant grandi dans un environnement de vinyls pugnaces (mon père est un fan des premiers disques de métal et hard rock, Black Sabbath en tête, et j’ai baigné là-dedans, avec en prime les très belles pochettes 33T de Led Zeppelin), il va de soi que je tente aujourd’hui de reconstituer cette superbe « vinylothèque », car nous avons été obligé de pratiquement tout vendre (urgent besoin d’argent). Donc, j’ai un véritable amour des pochettes de 33T, et j’admire un beau travail d’édition analogique. Heureusement pour moi, ce marché renaît de ces cendres, et l’on trouve aujourd’hui de très belles éditions, où la musique est mise en valeur par un fantastique travail de design. Et voici donc, Crane Records, que j’ai découvert au salon GRAND PRINT du Mans : https://cranes-factory.com/fra/cranes-records

Une petite anecdote pour terminer cette morgue de décembre : j’ai dû au fil du temps me séparer de tout ce qui me restait de mon Hellfest 2007. Grosse affiche, gros son : Emperor, Immortal, Type O Negative, Cannibal Corpse, Slayer, Behemoth, Enslaved… Et tant d’autres… Moi, bien sûr, c’est principalement Emperor et Immortal qui me restent… J’avais acheté le tee-shirt Emperor (revendu), et nous nous étions précipité aux séances de dédicaces : mon DVD de Type O Negative (revendu), des flyers et affiches d’Emperor (revendus)… Il me reste des souvenirs extraordinaires : Abbath qui crache le feu me fait toujours autant d’effet (non je ne suis pas bizarre du tout), Emperor me transporte toujours autant, et je suis triste pour Peter. MAIS j’ai des tas de photos (dont la fameuse : Peter Steele qui se cache sous mes cheveux), et la surprise (un peu fière hum) d’être en image et en mouvement sur le DVD Live d’Emperor lors de la capture vidéo de la séance de dédicace… OH MY GOD, IT’S MEEEEEE !!!! Voilà. Bref. C’était juste pour vous dire que, même si vous êtes obligé de vous séparer d’objets auxquels vous tenez, il vous reste les souvenirs et les images, et ça, c’est plus fort que tout le reste. Rencontrer ces hommes dont les créations musicales continuent aujourd’hui de bercer mon quotidien a fait partie des évènements qui ont eu un impact déterminant sur ma manière de créer et sur ce que j’écris aujourd’hui pour mon travail académique. Le must, ça aurait été de pouvoir rencontrer Abbath, mais bon, y a pas eu de dédicaces, donc… Un jour peut-être !

Ah et j’oubliais : bonne année à toutes et à tous, j’espère qu’elle sera productive, rock’n’roll (on peut être rock avec un masque, oui, oui, oui, c’est très possible), et tout et tout. Enjoy !

Belle journée, Alexandrine

Inktober 2021 : l’heure du bilan (tardif, certes…)

L’année dernière, j’avais décidé de participer à Inktober. Et puis, à cause du travail engendré par ma thèse, j’avais laissé tomber. Et puis, cette année, je me suis dit qu’à la place de baver devant les superbes créations des uns et des autres, j’allais m’y mettre, mais sans aller jusqu’à 31 dessins. Faut pas pousser, j’ai trop de boulot pour ça, donc, je me suis dit que j’allais faire entre un et deux dessins par semaine. Ce qui n’est déjà pas mal. Mais comme je n’avais pas envie de me conformer à une liste (les listes des autres, c’est pas trop mon truc), j’ai mixé des thèmes issus du #mabsdrawolleenclub avec l’un de mes thèmes de recherche favoris : les Vénus Anatomiques (j’ai bossé là-dessus notamment pendant mon master, la rapport au cadavre et à la mort). En fait, il s’agit de variations autour d’une même Vénus. Il faut savoir que la Vénus Anatomique est une forme symptomatique de la vision de la femme au XIXe siècle : si elle est belle, on la préfère morte, c’est-à-dire non dangereuse. Belle et vivante, on va la corseter à mort (au sens propre comme au sens figuré) pour éviter qu’elle n’intervienne trop dans la vie intellectuelle notamment. Une belle plante quoi, décorative, qui sert à rien à part être un beau trophée pour son mari ou son amant… Bon, il y aura quand même quelques exceptions mais elles ne seront pas légions. La Vénus Anatomique c’est aussi une manière d’apprivoiser la mort, de l’intellectualiser, de la rendre moins effrayante. C’est un énorme résumé, mais si vous voulez d’autres renseignements, je vous conseille les livres de Joanna Ebenstein, et les très bons articles de Laurie Laufer, qui a beaucoup écrit sur le rapport au corps, et notamment au corps mort ( voir notamment : La Morgue, Images du spiritisme, et mon favori La Belle Mort).

Je n’ai pas voulu forcer le trait féministe, c’est pas mon genre. Je connais bien les Vénus et leurs histoires, mais je les aime quand même, c’est quelque chose d’assez fascinant, une sorte de Blanche-Neige hardcore (oui, dans la version Grimm, Blanche-Neige est dans un cercueil de verre, genre une sainte morte…)…

Voici donc mes versions :

Donc, c’est toujours la même Vénus, ça se voit, mais avec différents thèmes… J’aime particulièrement, la Vénus Vampire, la Bat-Vénus, Coven et la Vénus-Sorcière. J’ai beaucoup moins bien réussi la Vénus-Sirène malheureusement, mais bon, c’est comme ça. Pour la Vénus-Hécate, en fait le thème était « Chien noir ». Cela m’a fait penser bien sûr à Hécate et ses chiens, et du coup, à Anubis. J’étais à l’époque du dessin en train de regarder un film de la Hammer, intitulé « Blood for Mummy Bomb » (toujours aussi délicats les titres de la Hammer), et du coup, à fond dans l’Égypte revue et corrigée par la culture pop. Pour Coven, le nom m’a fait penser aux sorcières, puis au dédoublement de personnalité, du coup, aux soeurs-siamoises. Sachez que mon dessin est archi-faux d’un point de vue anatomique, il n’y a jamais de séparation de la colonne à cet endroit-là précisément. Mais il fallait que ça fonctionne au-niveau du dessin, donc, au diable le réalisme…

Maintenant, le process : avec quoi je dessine, comment je fais, et où je dessine ?

Je suis souvent assise par terre en ce moment pour dessiner, plus pratique que sur mon canapé, et surtout parce que je regarde souvent quelque chose à la TV quand je dessine. Vous pouvez voir ici que j’ai toujours des magazines à portée de main (je suis une grande fan de Citizen K, il y a toujours des articles très intéressants sur l’art et le design…). Sur l’image du haut, mon carnet : du A3 à spirale, les pages sont détachables. Là c’est du papier recyclé, donc, c’est exclusivement pour des dessins qui ne seront jamais exposés, ils passent par une colorisation numérique. Je me sers également beaucoup d’une tablette lumineuse format A4 si je veux reprendre un motif que j’ai déjà dessiné ailleurs, ça évite de décalquer, ça va plus vite. Vous avez des tablettes lumineuses chez Action, format A4 et A3 pour des sommes très correctes.

Ce type de dessin est entièrement réalisé à la mine de plomb type Critérium, en taille 0.5. Je gomme avec une gomme mie de pain, grise ou blanche (évitez les couleurs, elles laissent souvent des traces). Ensuite, je repasse les traits avec un feutre noir Paper Matte, puis je photographie et je colorise via Photoshop (il faut donc faire attention à ce qu’il n’y ait pas de trous au feutre noir entre deux espaces à coloriser). Ci-dessous, la totalité des dessins non colorisés :

Bilan de l’Inktober 2021 : beaucoup de travail, un résultat plutôt satisfaisant malgré tout, et un challenge relevé qui rend fière (ben oui, quand même…). J’en ferais sans doute une édition, avec des textes sur la Vénus Anatomique.

Sur ce, je vous souhaite de belles fêtes !

Ambiance d’hiver : vieilles cartes postales, vieilles photos, livres, café et chocolat…

Hello, j’espère que vous allez bien en ces temps de grisaille (oui chez moi, il ne fait pas blanc, mais toujours gris en ce moment)… Mais ce temps a un certain avantage : il invite à rester chez soi (ou à sortir récolter les dernières feuilles rousses), à profiter d’un bon fauteuil, avec une énorme tasse de chocolat chaud (avec de la chantilly, sinon c’est pas drôle), un bon bouquin (ou un film ou une série TV)… Du coup, j’avais envie de vous faire part de certains aspects de mes collections, qui me servent aussi pour mon travail éditorial, ainsi que de certains livres de ma bibliothèque…

Je collectionne les vieilles photos et les vieilles cartes postales. Je les numérise, je les retravaille, et j’en fais de nouvelles cartes postales (la plupart sont dans le domaine public). Pour les photographies, elles me servent pour mes travaux de fiction et d’auto-fiction. Quelques exemples :

Les dernières photos achetées, dénichées dans un boutique solidaire. Visiblement, c’était un seul et même lot. J’ai été particulièrement attirée par les photos de soldats : il s’agit apparemment de poilus de 14-18. C’est un peu triste que ces photos de famille, qui représentent un pan d’histoire, se retrouvent dans des boutiques solidaires. Mais elles auront une deuxième vie entre mes mains ! J’aime particulièrement les aspects vieillis et usés de ces photos, elles sont parfaites en l’état. J’ai aussi pris des cartes postales-photos d’architecture, ainsi qu’une vieille carte postale de Lisieux, avec un « morceaux d’étoffe ayant enveloppé les ossements de St Thérèse » (aaaaah, le commerce des reliques, on peut en parler pendant des heures), que je trouve particulièrement intéressante…

J’ai également dans ma collection des portraits-cartes : des photographies de studio montées sur carton. Elles servaient à la fois de cartes de visites et de cartes de publicités au début du XXe siècle (et à la fin du XIXe siècle), et le verso est aussi beau que le recto ! Je les collectionne surtout pour avoir un bon panorama des polices de caractères et ornements typographiques utilisés sur certaines périodes. Par exemple, ci-dessus, le studio Rembrandt est un très bon exemple d’inspiration Sécession Viennoise.

Je collectionne aussi les cartes postales « de genre », c’est-à-dire les cartes postales folkloriques, pittoresques, ou sexuelles. Les cartes pittoresques présentent des bizarreries, des fêtes traditionnelles, des costumes régionaux, ou des « caractères » (le Breton, le Normand, l’Auvergnat…). Elles sont à double tranchant : d’une part, elles permettaient de faire connaître les régions françaises à l’heure des premiers chemins de fer. Mais d’un autre côté, elles servaient également à propager des idées reçues et des stéréotypes liés à certaines régions… Elles font partie des premiers signes de kitsch dans la culture de masse touristique. Ici, celles que je présente sont des fac-similés de ces premières cartes postales touristiques. Et puis, il y a les cartes postales vendues par les maisons closes ou sous le manteau dans les grandes villes, à caractère sexuel. J’ai mis des soft, mais il y en avaient de beaucoup plus hard, même des choses qui pourraient toujours choquer aujourd’hui…

Voici un petit melting-pot de mes dernières trouvailles (peu chères à : certains choses ont été trouvées au Wild Zine Saloon de Saint-Malo (@wildzinesaloon), auquel je participais, et d’autres choses viennent de Emmaüs). Le calendrier et le zine « Rubbish collection » sont des œuvres de Elisabetta Cunegatti (@elisabetta.cunegatti), le flyer est une publicité pour les livres d’Ariane Mayer (@ariannnne), qui utilise et détourne les imageries de femmes aux foyers des années 50 et 60. Et l’édition « Vert » est un cadeau de Marie de la Fanzinothèque de Poitiers (@la_fanzinotheque), c’est une édition réalisée pendant l’Université d’été du Fanzine.

Et ensuite, il s’agit de livres anciens et plus récents dénichés chez Emmaüs (j’ai dû payer environ 1 euros le lot). La Mort à Venise de Thomas Mann, Louis II de Bavière, Emma Hamilton, et des histoires noires de Alberto Toso Fei. Le seul hic, c’est que ça a a l’air divin (et les photos de Venise sont superbes), mais je ne lis absolument pas l’espagnol, et le parle encore moins… Du coup, j’en suis réduite à lire entre les lignes et à comprendre à moins de demi-mots… Mais l’ambiance y est fantastique.

Et enfin, la première édition de Acédie 58 (@acedie58) à rejoindre ma bibliothèque. Je suis définitivement fan de leurs travaux éditoriaux, c’est à la fois beau, simple, fort, poétique et industriel à la fois…

Pour terminer, des photos de quelques dessins réalisés il y a peu, une forme de « détente » du crayon… Spooky Coffee et Choco-Boo, mon hommage à l’ambiance d’Halloween du mois de novembre.

Et une carte d’anniversaire envoyée il y a peu à une amie :

Pour terminer, je partage avec vous un changement de décor au niveau accrochage dans mon salon :

Des cartes postales encadrées, notamment des paysages scandinaves, des cyanotypes, et le caractère typographique Faune, crée pour le Cnap (https://www.cnap.fr/sites/faune/) par Alice Savoie (@alice_savoie), l’affiche de l’expo Khnopff au Petit Palais, l’Atlas Obscura en bonne place, une carte postale d’une oeuvre deJean-Michel Othoniel, et une photographie extraite d’un ancien portfolio Vogue (format A3, ça fait de belles photos à encadrer), que je conserve précieusement. J’adore cette photo de femme-chien, ça me fait penser à la mythologie gréco-romaine, mais revue façon mode contemporaine… Il me semble que c’est une photo de Mert Alas et Marcus Piggott, mais je ne suis plus très sûre…

Et je vous laisse avec quelques photos de ciel datant de 2013 et retrouvées dans mes archives…

A bientôt !

La Morgue / Octobre 2021

Comme j’ai bien aimé écrire la Morgue de septembre, me revoilà avec une jolie liste de choses vues, lues, et entendues durant le mois d’octobre…

Au gré de mes pérégrinations via instagram (vous savez ce que c’est, un lien en apporte un autre, et puis un autre, et encore un autre, et ainsi de suite… Et on se retrouve avec 10000 onglets ouverts qui font planter la bécane), j’ai découvert le travail de l’américaine Savannah. Une sculptrice sur bois qui fait des choses gothiques, bien sûr. Le bois est teinté en noir et ensuite, la sculpture révèle le dessin par la couleur du bois naturel qui apparaît en creux (je crois que c’est ça, mais je ne sais pas si son bois est teinté de base, s’il est brûlé, ou bien si c’est elle qui le fait). J’ai craqué sur les balais, les sorcières, et les planches de skate (bon, j’ai rien acheté pour le moment, mais je convoite !)… @savannahswoodcuts

Je suis toujours aussi fan des créations Cat Coven (dont le motif « DIY or Die » orne fièrement le bureau de ce PC), en espérant un jour pouvoir me payer pin’s et patches… Et ces autocollants trop beaux…. Ouais, tout quoi en fait… https://www.catcoven.com/

J’ai découvert il y a peu le zine « Grimoire Silvanus », un zine sur le paganisme, la mythologie, la nature… Il est 1/ trop beau, 2/ très bien fait, 3/ pas cher, 4/ rempli de très bons textes ! https://grimoiresilvanus.bigcartel.com/

Le projet OKZK est dû aux deux artistes Nelson Chouissa et Eloi Jacquelin. Intéressés par les thèmes de l’architecture, de l’urbanisme, du graphisme et des nouveaux médias, OKZK questionne la notion de ruine et d’exploration urbaine à travers installations, pièces sonores, éditions, vidéos… Un beau projet, à aller voir d’urgence ! http://www.okzk.fr/

Ma librairie favorite parisienne est désormais 1909 Bookstore, une caverne remplie de merveilles étranges (heureusement pour moi, ils vendent par internet, mais c’est malheureux pour mon compte en banque…)… https://www.librairie1909.com/ (eh ouiiii, ils sont revendeurs officiels d’Hellebore !!!!!!!)

Via (encore) des pérégrinations instagram, j’ai découvert la Clinique Vestimentaire de Jeanne Vicérial…. Quoi dire, c’est juste… Trop beau. Un rapport à l’anatomie exceptionnel, une attention portée aux détails incroyable, et une apport de paganisme mystique teinté d’indus… @jeanne_vicerial

Des fois, j’ai des connaissances qui font de la musique ^^. Même si on ne s’est pas parlé depuis un moment, je suis toujours fan du travail musical d’Ilyss… ET de cette foutue pochette ! @ilyss_ws

Et enfin, l’un de mes derniers visionnages netflix : Katla, une série islandaise dont l’histoire est basée sur le volcan du même nom… C’est juste, whaaaaoooouuuu. Ambiance, couleurs, prises de vue, étrange, mystique, pagan, glauque… Bon, c’est pas d’une gaieté folle, et autant vous prévenir, c’est assez lent et parfois très contemplatif, mais j’ai trouvé ça vraiment très très beau. Allez jeter un œil sur la bande-annonce, vous comprendrez de quoi je parle !

Et voilà, c’est fini pour la Morgue d’Octobre ! Prochainement sur le blog : bilan Inktober, livres, anatomie, et musées ! (ouais, je fais du teasing…^^)

Belle journée (ou soirée, ça dépend si vous êtes du soir ou du matin…)

L’atelier : choix de papiers et importance des carnets de croquis

Après l’inauguration de La Morgue en septembre (je vous en prépare une autre pour début novembre…), voici l’inauguration d’une nouvelle catégorie de billets : L’atelier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’articles sur des conseils pratiques créatifs et artistiques (d’après mes expériences, donc, vous pouvez aussi tester des choses et m’en parler !).

Je commence avec un sujet crucial : le choix des papiers. En effet, je fais de la micro-édition depuis un certain nombre d’années, et je dois dire que les coûts des papiers sont juste ahurissants si vous voulez des papiers qui sortent de l’ordinaire… Quand on fait un zine ou un livre en peu d’exemplaires, il vaut mieux miser sur des papiers pas trop chers. On peut parfaitement faire des merveilles avec une bonne imprimante et un simple papier de couleur. Si vous vous sentez d’âme écolo et que vous voulez absolument des papiers recyclés, sachez que ceux-ci contiennent plus d’acide que les autres papiers. Plus un papier est chargé en acide, moins il va durer dans le temps. Il peut y avoir des papiers recyclés sans acide, mais ils peuvent aussi être plus chers, c’est à vous de voir.

Perso, j’utilise des papiers machine non recyclés issus de forêts gérées durablement, pour le blanc et les teintes crème et ivoire (en 80, 90, 120 ou 180 g/m²). Voici quelques exemples de ce que ça donne à l’impression (imprimante Epson XP-700, c’est pas de la pub, c’est juste que c’est une catégorie d’imprimantes plus cher, mais plus fiable sur la durée, et les tirages en noir et blanc sont tops).

Birds, un fanzine à 4 numéros. Impression jet d’encre couleurs, sur papier crème Clairefontaine 120 g/m². Et ma première Vénus anatomique…

Les Cocktails alambiqués de Désirée Carabistouille (une sorcière des années 20-30, vous l’aurez deviné)… Impression en noir sur le même papier que Birds.

La Maison aux volets clos, une micro-édition. L’impression du texte est en noir sur papier blanc 80 g/m². Les photographies sont imprimées en noir et blanc sur du papier photo Canson brillant, 220 g/m². Elles sont ensuite découpées et fixées dans le livre avec des carrés autocollants double-face, comme ceux que l’on trouve aux rayons albums photos des magasins. La couverture est en papier nacré, voici ci-dessous la référence (je ne sais pas s’il est encore fabriqué, je l’ai acheté sur un vide-grenier…) :

D’où la grande question : où j’achète mon papier ? Alors, pas de suspens, ni de grands mystères. Je l’achète à Action. TOUS mes papiers, y compris les papiers à dessin, et les papiers machines. Ils ont des papiers extra au rayon loisirs créatifs, la preuve ci-dessous :

Les papiers à paillettes, disponibles en plusieurs coloris, et les papiers métallisés, également disponibles en plusieurs coloris… Voici ci-dessous ce que ça donne en couverture de livre pour le papier à paillettes :

Glama, un fanzine dont voici le premier hors-série (en fait ça va certainement devenir le nouveau format du zine…). Celui-ci est dédié au glamgoth, dont je suis très très très fan… La couverture est donc en papier à paillettes noires et et le titre est fait avec un Posca violet (le Posca est un feutre de peinture acrylique que vous pouvez utiliser sur de multiples supports, mais sur certains papiers il peut pelucher un peu).

Et voici le hors-série consacré au glamrock, avec sa couverture à paillettes dorées…

J’ai également dernièrement acheté un paquet d’un kilo de feuilles diverses, mais je n’ai pas encore testé…

Enfin, on ne le redira jamais assez : le carnet de croquis est votre plus fidèle allié dans la vie de tous les jours. Qu’il s’agisse de simples croquis, d’idées, ou de dessins préparatoires plus fouillés, l’entraînement de vos mains est indispensable. Ainsi que l’entraînement du regard… Voici quelques extraits de mes différents carnets :

Ici, c’est plutôt des dessins au feutre noir (les portraits sont quant à eux réalisés avec un stylo à bille noir), des pages de tests pour de la micro-édition, et des essais typographiques. Pour tout ça, j’utilise ce matériel-là :

Une mini-règle en métal noire, type kutch, de chez Cinqpoints, un feutre Paper Mate noir à pointe médium, et un à pointe fine, et un crayon porte-mines pour mines 0,5. Il faut ajouter une grande règle en métal 50cm, une gomme blanche classique et une gomme mie de pain (je vous recommande les grises ou les blanches, en général celles de couleur finissent par laisser des traces sur le papier). C’est assez minimal, mais il est plus pratique pour moi de voyager léger plutôt qu’encombrer de tout un bardas dont je n’ai pas besoin (je parle d’expérience ! ^^).

Je commence souvent par un dessin au crayon que je retouche ensuite au feutre noir. Des extraits de ce que ça donne :

Soit le visage reste en gamme de gris au crayon, et je colorise le reste, soit tout est passé au feutre et ensuite colorisé (sauf si fais un style « gravure », auquel cas tout reste au feutre noir). Vous avez en dernier un exemple d’un dessin qui est ensuite colorisé sur ordinateur (c’est l’une de mes Vénus anatomique pour le Inktober de cette année).

J’ai également un énorme faible pour les phylactères et le travail de la lettre… Quelques exemples :

Et enfin : de l’importance de classer vos papiers et vos feutres et stylos. Chez moi, ça donne ça : les stylos et feutres par couleurs, et les papiers par type…

Et voilà pour ce premier article « atelier » ! J’espère qu’il vous sera utile !

Belle journée

Le Musée des Beaux-Arts de Rouen, une ode au XIXe siècle macabre et romantique…

Il me semblait avoir posté un article sur ce musée, mais finalement, ça s’était retrouvé sur instagram et pas sur le blog… Bref. Retard rattrapé donc, puisque cet article est consacré au Musée des Beaux-Arts de Rouen, que j’ai adoré (et c’est peu de le dire, j’étais extatique devant la plupart des peintures…). Vous vous souvenez peut-être de mon article sur le Musée Flaubert et d’Histoire de la médecine de Rouen ? Eh bien, le Musée des Beaux-Arts en est la continuité parfaite, pour une journée entièrement dédiée au XIXe siècle macabre et romantique. On y trouve tout un tas d’œuvres d’artistes méconnus, très pompiers, et d’artistes beaucoup plus connus, avec quelques chefs-d’œuvre (à mon sens)… Voici donc ce que j’y ai préféré :

La religion, la mythologie et la mort, omniprésents, surtout la deuxième d’ailleurs (voir les photos suivantes). De haut en bas :

  • Adrien Sacquespée, Le Christ en croix, 1656
  • August Hagborg, Enterrement dans un village de la Manche, fin XIXe-début XXe
  • Hans Vredeman De Vries, Le triomphe de l’Église, fin XVIe
  • Henry Bellery Desfontaines, Illustrations pour des poèmes de Maurice de Guérin, 1901
  • St Jérome pénitent, Provence, milieu du XVIe

Les natures mortes et les vanités… De haut en bas :

  • Bachelier, Tête bizarde de daim, pas de date
  • Gijsbrechts, Armoire en trompe l’œil, 1665
  • Otto Marseus Van Schrieck, Nature morte, pas de date (mais c’est sans doute le XVIIe siècle, âge d’or de la nature morte flamande)
  • Vanité, Hollande, vers 1630
  • Vanité, Pays Bas du Nord, XVIIe
  • Vanité, Pays-Bas du Sud, XVIIe

Au XIXe siècle, dans le domaine de la peinture, comme pour beaucoup d’autres siècles, les visions du cadavre et du mourant douloureux sont possibles, mais uniquement lorsqu’il s’agit de thèmes en rapport avec la religion, la mythologie et/ou l’exotisme (là, on se lâche et on peut même friser le gore, ça dérange personne).

  • Anicet Charles Gabriel Lemonnie, St Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan,1785
  • Georges Clairin, Le massacre des Abencérages, 1874
  • Georges-Antoine Rochegrosse, Andromaque, 1883
  • Jean-Baptiste Deshays, St André mis au tombeau, 1760
  • Luca Giordano, Le Bon Samaritain, XVIIe
  • Montalto, Apollon écorchant Marsyas, vers 1645

Au XIXe siècle cependant, on fera une exception pour les morts violentes : les noyés et surtout les noyées seront légions… Mais l’aspect romantique de la chose prend bien souvent le pas sur le réalisme…

Un bel exemple de noyée typique du XIXe siècle… Bon, par contre, je n’ai noté ni l’auteur ni le titre, alors si quelqu’un reconnaît cette toile, je suis preneuse d’infos !

L’académisme pur et dur des XVIIIe et XIXe siècle sont très présents évidemment, et pour le XIXe siècle, c’est un vrai cortège de portraits pompiers ! De haut en bas :

  • Amaury-Duval, Baigneuse antique, XIXe
  • Hagborg, Portrait d’une élégante, vers 1896
  • Jean-Jacques Feuchère, Raphaël, début XIXe
  • Joseph Désiré Court, La vénitienne masquée ou la loge, 1837
  • Joseph Désiré Court, Marquise Chasseloup-Laubat, 1831
  • Joseph Désiré Court, Rigolette cherchant à se distraire pendant l’absence de Germain, 1844
  • Joseph Désiré Court, Une glaneuse, 1841 (l’image stéréotypée de de la paysanne vue par les bourgeois, et donc, elle a forcément la peau pâle, ben oui, c’est une manière de l’anoblir la pauvre glaneuse…)
  • Ingres, La belle Zélie, 1806
  • Rose Ducreux, Autoportrait, fin XVIIIe

Il y a quelques symbolistes, avec notamment cette sublime toile de Alfred Agache, intitulée « L’Enigme » (1888), et qui à ce jour, reste une énigme même pour les spécialises du Symbolisme (précisions : cette toile est réellement IMMENSE)… Et un Gustave Moreau, en-dessous.

Delacroix et Géricault occupe une bonne place, avec notamment ces études anatomiques de toute beauté ! (enfin, ça c’est mon avis, la petite dame à lunettes qui était à côté de moi a froncé le museau pendant que je m’extasiais, ce qui me laisse à penser que ces fragments de chairs n’étaient pas à son goût…)

  • Alexandre Corréard, Géricault mourant, 1824
  • Attribué à Delacroix, Autoportrait, XIXe
  • Géricault, début XIXe, Tête de jeune homme mort
  • Géricault, début XIXe, Fragments anatomiques
  • Géricault, début XIXe, Académie

Il y avait une expo temporaire sur Jean-François Auburtin, un artiste symboliste de la fin du XIXe-début du XXe siècle. Visiblement, il a eu une très grosse période « sirènes et divinités marines »…

  • La Forêt et la Mer, 1907
  • La Sirène Hippocampe, début du XXe
  • Nymphe à la conque, 1910
  • Nocturne, 1905
  • Nymphe à la conque, 1912
  • Paysage symboliste, 1895-1900

Et bien sûr, il y a Jeanne en bonne place…

  • Isidore Patrois, Jeanne d’Arc allant au supplice Rouen 1431, début XIXe
  • Léon François Bénouville, Jeanne d’Arc écoutant ses voix, XIXe (j’adore celle-là, elle fait un peu sorcière, tout en étant dans un style extrêmement pompier !)
  • Paul Delaroche, Jeanne d’Arc malade, 1824

Et puis des ovnis picturaux, pure beauté ou étrange à l’état pur…

  • Domenico Piola, Anamorphose d’après Rubens, XVIIe
  • Duval-Le Camus, Macbeth et les sorcières, XIXe
  • Evariste-Vital Luminais, Les Enervés de Jumièges, XIXe (voir la page wiki des énervés, je vous conseille d’y jeter un oeil…)
  • Gabriel Jacques de St Aubin, Portrait d’un artiste bossu, XVIIIe
  • Jules-Joseph Lefèvre, Grisélidis (la prière), fin XIXe
  • Le Singe, peintre anonyme, XVIIIe
  • Paulus Bor, Figure allégorique, XVIIe

Voilà, j’espère que ça vous donne envie d’y aller !

Belle journée !

La Morgue / Septembre 2021

La Morgue, mais pas au sens où on l’entend communément. La Morgue est un terme utilisé dans les bureaux de rédaction des journaux et magazines pour désigner l’espace où sont rangées et classées les archives photographiques et les coupures de presse. Donc, sur ce blog, La Morgue représente des articles portant sur des choses que j’aime à un moment précis dans le temps (ici et maintenant). Il s’agit d’articles vous présentant des films, des éditions, des objets, des liens vers des choses à lire, etc… A vous donc de piocher dedans (ou pas d’ailleurs !) selon votre humeur… Enjoy !

La Morgue de septembre 2021, donc :

Acédie 58, une petite maison d’édition indépendante qui produit à la fois de la poésie, du son, du texte, de la photographie. C’est beau, original, designé, et j’adore !

http://acedie58.fr/

Les éditions Croatan font des choses… Intriguantes. Composé de plusieurs collectifs et artistes, notamment les Road Dogs ou KUK (dont les Road Dogs font également partis, oui, je sais, c’est compliqué les collectifs d’artistes), Croatan édite des sortes de « compte-rendus » aussi bien photographiques que graphiques et/ou textuels sur des interventions artistiques (le nomadisme artistique étant l’une des particularités de beaucoup d’artistes édités par Croatan). C’est une sorte d’univers cartographié si l’on peut dire, une forme d’immersion… J’ai notamment dans ma bibliothèque les deux numéros de la revue ALLTAR, avec la clé USB musicale du deuxième numéro, et ce sont de petits bijoux éditoriaux :

Vers Croatan Editions… Seul et énorme regret : les pins et les sacs sont out of stock…

J’ai découvert il y a peu l’éditeur de sons Frissons Cassettes… Certains titres sont audibles via bandcamp, et le support cassette est juste extra pour ce genre de son. Outre sa faible économie (pratique pour les jeunes éditeurs, souvent avec des ressources limitées), il possède en plus une aura « vintage » qui convient particulièrement bien aux OVNIs sonores… Direction Frissons Cassettes !

Via Disparate Librairie, j’ai également découvert le dernier disque vinyle « Ce qui rôde » de Brame (audible via bandcamp). Bel édition et sons semblant sortis d’ailleurs, je suis forcément attirée par ce type d’objet…

Une énorme découverte, dont je vais d’ailleurs parler dans ma thèse en en faisant une analyse qui s’avère ardue et passionnante : Una Hamilton Helle. Britannique et norvégienne, l’artiste travaille sur, en gros, tout ce qui constitue nos fondements culturels et les sens que nous donnons à ce qui nous entoure et aux endroits où nous vivons, vu par le prisme de l’art contemporain. C’est très très résumé, mais en gros, c’est ça. Parmi ces diverses projets se trouve Becoming The Forest. Ce projet s’articule sur la figure de la forêt mise en valeur au sein de la musique métal. Il fait donc appel à plusieurs médiums : un zine (trois numéros à ce jour, en anglais, le premier est sold out mais on peut le lire en ligne, ô joie !), une installation sonore, un flexidisc, une exposition solo, une publication regroupant plusieurs essais et textes sur le projet, et un livre auquel Una a participé pour l’iconographie notamment. J’adore son travail, que dire d’autre…

J’ai également découvert via Una le projet universitaire Green Letters Studies in Ecocriticism. C’est en anglais bien sûr, mais plusieurs textes sont intéressants, vous pouvez voir tout ça juste ici. Il faut s’inscrire pour avoir accès à certains textes, malheureusement d’autres sont payants (notamment celui qui m’intéressait : Ecology, Estrangement and Enchantment in Black Metal’s Dark Haven, ouiiiin)… Mais il y a certains articles que j’ai beaucoup aimé, comme :

Il y a aussi des notes de lecture passionnantes dans le sens où l’on peut trouver des pépites à acheter (je ne suis pas responsable de l’état du compte en banque après la visite…) :

Je fais actuellement des recherches sur la figure (presque humaine) de la maison hantée aux U.S.A., principalement de type « architecture victorienne », et j’ai trouvé des choses vraiment passionnantes sur le net à ce sujet :

Et, last but not least, j’ai découvert le travail de Juliette Miséréré… Notamment son mémoire intitulé « La maison était-elle un un support de mémoire et de légende ? » (le livret 3 m’a particulièrement plu, mais il y a aussi le 1, le 2, et quelque chose sur la maison hantée de Camille Flammarion…) .

Voilà, c’est tout pour La Morgue de septembre, en espérant de belles découvertes pour vous ! Je vous laisse avec deux previews de mon Inktober. Je me suis faite une liste avec quelques thèmes empruntés au drawlloween de Mab Graves (2019-2021), plus quelques autres de mon cru, et le tout est une suite de variations autour de la Vénus Anatomique…

Bilan partie III : Être gothique ou ne pas l’être… Déco weird, anatomie et livres mortels.

Il est relativement rare que je partage des photos de mon home sweet home, mais je vais faire une exception, car j’ai envie de vous montrer à quoi ressemble vraiment mon univers. Donc, là c’est plutôt des photos de l’atelier, car j’y passe les 3/4 de mon temps, mais c’est un bon aperçu de ce que j’aime, et notamment de ma passion pour les livres sur l’étrange, et l’anatomie…(pour les fans d’anatomie comme moi, je ne sais pas si vous avez déjà vu ça, mais les « classes » de Morbid Anatomy sont hyper intéressantes…)

Un mur. Vous y trouverez un singe (c’est une peluche très réaliste, je trouve qu’elle apporte un côté à la fois rassurant et étrange. D’ailleurs les parents qui me l’ont vendu l’ont fait car elle faisait peur au bébé…). Un (faux) crâne de vache, mais je ne désespère pas d’en trouver un vrai. Une vieille machine à écrire. Un (faux) squelette de rat (extra, période Halloween chez Flying Tiger Copenhagen). Et des cadres avec beaucoup d’images. Tous les cadres viennent de chez Emmaüs. Vous y trouvez plein de cadres très cheap et très peu cher, un coup de peinture noire et le tour est joué ! Il y a sur ce mur beaucoup de références punk, ou des choses qui me font penser au punk et en gros à l’esthétique de la marge : Vivienne Westwood, Martin Parr, Syd Shelton, et des expérimentations en photo argentique trouvées dans mon ancien lycée. Il y a aussi des photos faites par moi, genre l’atelier des beaux-arts en pleine pause café et désert, ou bien une photo d’installation au Palais de Tokyo…

Les panneaux d’accrochage au dessus de mon « gros bébé » (comprendre le dinosaure informatique et sa tour gigantesque sur lequel je réalise toutes mes éditions et autres productions artistiques, qui pèse une tonne, date du siècle dernier, n’a jamais été relié à internet, et est donc blanc comme neige…). On y trouve, en vrac, des images que j’aime comme cette femme suédoise habillée vintage avec ses piercings et son gros toutou, d’autres manipulations photos argentique, une carte postale de vertèbres photographiées par Charlotte Perriand, des cartes postales un peu mystérieuses, et les deux autocollants liés à la revue Alltar et au collectif KUK (par les éditions Croatan, c’est le chapeau de sorcier).

Ma bibliothèque est très riche en livres sur l’étrange :

Le premier étage que vous voyez est peut-être le plus représentatif de tout ce qui m’intéresse : symboles, magie, étrange, post-mortem, anthropologie de la mort, époque victorienne, photographie, graphisme et anatomie… Ensuite, je n’ai pas pu faire autrement que vous montrez l’un des joyaux de ma bibliothèque : l’anthologie Mark Ryden, parue chez Taschen… Presque à côté, le catalogue de l’expo Beauté, Morale et Volupté, qui fut un choc pour moi car je n’avais jamais vu de Rossetti, d’Alma-Tadema ou de Burne-Jones en vrai avant cette expo sublime… Ensuite, il y a l’étage avec tous les Michel Pastoureau (des livres passionnants sur l’histoire des couleurs, le noir étant bien sûr mon préféré), et également le fabuleux livre Taxidermie, sur l’utilisation de cette technique en art contemporain… L’autre étage blanc (oui j’ai un léger toc avec les couleurs des dos des livres, et le classement, vous aurez remarqué…) montre quelques indispensables sur la mort que je vous montre plus en détail après, ainsi que Diane Arbus et William Morris avec l’Arts and Crafts anglais… Et enfin, un petit nouveau, déniché chez Noz, avec beaucoup d’anecdotes incroyables, et où j’apprends l’existence d’un Musée du Folklore à Anvers…

L’anatomie tient une grande place dans la bibliothèque :

(Avec notamment cette petite merveille trouvée sur une brocante… Vous remarquerez que l’on montre tout l’intérieur de la femme mais que l’extérieur est asexué, c’est fort révélateur…)

Et now, mes livres favoris, avec notamment ceux qui m’ont bien servi pendant les rédactions de mes mémoires de M1 et M2 :

Trouvés sur une brocante, deux livres issus d’une collection sur l’étrange. Ici, c’est Sheridan Le Fanu, et franchement, la mise en page est très belle (ce violet, my god !), et ces petits dessins encadrant les numéros de pages… Un merveille ! (j’ai aussi pris le Mary Shelley)

Parmi mes magazines favoris se trouve Citizen K, dans lequel je trouve toujours des articles sur l’art et la culture populaire intéressants. Ce numéro, spécial Freaks, est une merveille…

Il y a aussi des choses comme ça dans ma bibliothèque, des pages et des choses abandonnées dans de vieux cartons ou dans des livres, et soigneusement archivées par mes soins :

Enfin, sachez que j’ai commencé à préparer Inktober… Je m’appuie sur les thèmes Halloween de Mab Graves, que je revisite façon Vénus Anatomique du XIXe siècle… Bon, par contre, il n’y en aura pas 31, c’est très long à faire. Je songe à en faire une édition après. Ci-dessous, des previews (détails) non encore colorisées.

Sur ce, je vous laisse et retourne à ma thèse,

Bonne journée

Bilan partie II : être gothique ou ne pas l’être…

Je continue sur ma lancée du bilan personnel… J’ai dit dans le précédent que je n’avais pas l’air d’une weirdos, ce qui est absolument vrai. Bon, je ne suis pas habillée en lolita, je suis presque toujours en noir, et parfois en bleu. Mais il y a bien longtemps que je ne m’habille plus très weird. Il faut dire qu’en France, les looks trop marqués peuvent parfois être un frein dans vos études, au-delà d’un certain stade (ce n’est pas forcément le cas dans les pays anglophones par exemple, prenez Matt Lodder, professeur d’histoire de l’art à l’Université d’Essex, couvert de tatouages et au look urbain très marqué… Bon, ok, il est spécialisé dans l’histoire du tatouage…). Et je suis en doctorat, donc, j’ai mis un frein depuis le début de mon master sur le look. Même si, parfois, j’ai de légères remarques (pas à l’Université) sur mon look plutôt urbain avec un soupçon de rock. Et encore, je n’ai toujours pas changé de coupe de cheveux ! Bref. L’apparence, cela peut être compliqué en France, surtout si on est gothique… Pour me venger un peu sur les images, voici ci-dessous un florilège des meilleures séries de photo de mode gothiques que j’avais postées sur mon ancien blog (c’est-à-dire il y a une éternité…)…

Stevie Westgarth

Michael Morrison

« Un conte d’hiver », une série photo dont je suis toujours perpétuellement amoureuse…

Je ne me souviens plus du photographe, mes excuses…

Antonella Arismendi

« La fureur du noir », par Mert Alas et Marcus Piggott, Vogue n°930, sept 2012 (un numéro ENTIEREMENT consacré au noir…)

En attendant la partie III du bilan,

Belle journée !