La femme habillée en homme : réaction sociétale, revendications et mode

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(Tilda Swinton, photographiée ici pour le Vogue Homme italien)

Avant l’article sur les rapports entre retour à la Nature et artistes féminines, voici un petit article expliquant (enfin, tentant d’expliquer) les tenants et les aboutissants de la femme habillée en homme. Cet article est une forme de résumé d’un passage de mon mémoire, et j’attends avec une certaine impatience vos réactions (et/ou suggestions, personne n’ayant la science infuse). Je me suis rendue compte que je n’avais pas mis de bibliographie pour mon article précédent sur le fait d’être artiste ET femme. Ici, vous trouverez des références à des textes au sein même de l’article.

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(des femmes en pantalons, années 30 et 40)

Les méthodes publicitaires fonctionnent de la manière suivante : la société est divisée en groupes, puis en sous-groupes, afin d’identifier les différentes cibles visées, et fournir donc une manœuvre publicitaire adaptée à ces cibles, tout en faisant croire au spectateur individuel que la publicité a été écrite et pensée pour lui, pour son univers (s’il fait partie des cibles visées, du groupe visé, il ressentira ce sentiment).
Ceci ne faisant que renforcer l’idée du narcissisme et de l’individualité régnante, alors qu’en réalité, l’individu fait souvent partie d’une « tribu », d’un groupe, dont il partage les codes, ce qui a pour effet d’annuler l’individualité au profit du mimétisme (un mimétisme qui fait vendre). Les différences ne sont donc en réalité que des variantes culturelles.
D’une part, parce qu’elles imitent des pratiques dans le but d’appartenir à un genre. D’autre part, parce que la plupart des individus ne font qu’imiter les générations précédentes, avec plus ou moins de nouveaux apports postmodernes ou de mélanges. (Je précise que cela n’est nullement péjoratif, je fais un simple constat)
En d’autres termes, un individu prétendant être un individu à part entière, qui est lui-même avant tout, n’est finalement que la « résultante de la dynamique de groupe », une sorte « d’usurpation narcissique » (Michel CLOUSCARD, Le capitalisme de la séduction, Paris, Delga, 2015).

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(Ruth Bell par Karim Sadli pour Travel Magazine, 2015)

Ce travail de mimétisme de groupe se retrouve également chez les femmes désirant adopter une attitude masculine, à des fins différentes selon les femmes. Ce stéréotype de la femme masculine renvoie, encore et toujours à une image pécheresse, puisqu’il est considéré comme un « péché », une déviance, du fait qu’il symbolise la lesbienne (alors que toutes les
garçonnes et amazones ne le sont pas, beaucoup de femmes choisissent une apparence masculine pour un côté pratique et contestataire également) (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998).
La femme habillée en homme pourrait être un élément de réponse à la question d’échapper aux stéréotypes liés à l’image féminine.
En s’habillant en homme, elle s’approprie une partie des privilèges masculins, notamment au niveau de l’apparence : le pantalon, la chemise et/ou les cheveux courts sont pour elle synonyme de liberté de mouvement, et donc, de liberté au sens large. Par le port du pantalon, elle gagne en présence.

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(Odette Pavlova par Fabien Baron pour Interview Magazine, 2016)

En réalité, le fait de se faire passer pour un homme, de s’habiller en homme, a longtemps été tabou pour une femme, jusqu’au XXe siècle. Les exemples ayant choqué la bourgeoisie et l’aristocratie (et même le reste du peuple) sont nombreux en France : la Papesse Jeanne, George Sand, Colette, Rachilde et tant d’autres ont brisé ce tabou au fil du temps.

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(Rachilde)

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(Colette)

Malgré son asservissement constant de la femme, le XIXe siècle est tout de même pourvoyeur d’une autorisation officielle de porter le pantalon (pour certains cas exceptionnels et argumentés, puisque il existe une loi interdisant le port du pantalon pour les femmes, loi toujours en vigueur il me semble…). En 1890, on comptait officiellement 10 femmes françaises à pouvoir porter le pantalon (dont une imprimeuse, et Rosa Bonheur). Rachilde également obtint ce droit en 1885 (elle alla même jusqu’à inscrire comme profession « Homme de Lettres » sur ses cartes de visite !). Si, au XIXe siècle, ce travestissement est encore exceptionnel, il choque moins qu’on le pourrait croire : une partie de la bourgeoisie s’émoustille de voir une femme habillée en homme, elle y voit une forme d’érotisme (le saphisme est très à la mode d’une certaine manière, mais n’y voir que de l’érotisme est, une fois de plus, renvoyer la femme à son aspect uniquement physique, sans tenir compte des raisons diverses qui la poussent à s’habiller en homme).

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(Rosa Bonheur)

La popularisation de ce travestissement, de cette inversion des genres, va prendre un nouvel essor avec les garçonnes des années 20 – 30.

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(une garçonne des années 20-30)

L’artiste Romaine Brooks nous a livré une galerie de portraits remarquables dans leur androgynie.

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(Romaine Brooks, Autoportrait, 1923)

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(Romaine Brooks, Peter / A young english girl, 1923-24)

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(Romaine Brooks, Una Lady Troubridge, 1924)

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(Romaine Brooks, Renata Borgatti au piano, 1920)

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(Romaine Brooks elle-même)

Le regard social fut extrêmement dur sur les garçonnes et autres amazones : en s’appropriant le costume et l’apparence masculine, elles ne s’approprient pas uniquement le caractère masculin, elles le détournent. Du costume social conventionnel, elles font une mode.
Le costume masculin jouant le double rôle d’affirmation de puissance et d’effacement du corps, elles se l’approprient en lui donnant, de par leur sexe, la fantaisie de la mode féminine.

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(des élégantes des années 20-30)

Cette double fonction du costume masculin au féminin prit également son essor grâce au cinéma hollywoodien entre les années 20 et les années 50, influencé notamment par l’ambiance « décadente » des cabarets de la République de Weimar (1919-1933), où les femmes masculines étaient légions. Ce travestissement féminin peut s’expliquer par le fait que la femme est mal considérée dans cette République, y compris par les artistes, même si celle-ci met en avant l’érotisme trouble, la femme y prend donc l’apparence de l’homme pour s’y faire entendre (John WILLETT, Les années Weimar, une culture décapitée, Londres, Thames & Hudson, 2011).

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(Marianne Breslauer, photographiée par Annemarie Schwarzenbach, Berlin, 1932)

Avec la montée du fascisme, des artistes, des réalisateurs, des écrivains, s’exilent aux Etats-Unis, ce qui explique cette influence sur le cinéma. Marlène Dietrich, Louise Brooks, Greta Garbo, Katharine Hepburn, apparaissent à l’écran travesties en hommes, et même à la ville pour certaines.

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(Marlène Dietrich)

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(Louise Brooks)

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(Katharine Hepburn, les deux premières photos sont issues du fameux film Sylvia Scarlett de 1935)

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(Greta Barbo dans la Reine Christine, 1933)

Par le biais du cinéma, et de la photographie également, la figure de la femme habillée en homme devient un véritable phénomène de mode grisant (il symbolise la liberté pour la femme, notamment de mouvement, ce qui est pour elle une révolution). Bien que Gabrielle Chanel et les élégantes portent le pantalon dés 1915 dans certaines circonstances, cette mode va trouver son apogée dans les années 70, lorsqu’Yves Saint Laurent popularise le smoking pour femme.
Cependant, à cause de ce phénomène de mode, les témoignages visuels de cette appropriation se tournent souvent vers le trouble érotique qu’elle suscite, et les véritables revendications de ce genre sont mises à l’écart.

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(Gabrielle Chanel en 1930)

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(Gabrielle Chanel et Serge Lifar en 1930)

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(à gauche, la version du smoking par Yves Saint Laurent, à droite, la version du smoking par Hedi Slimane pour YSL)

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(Lina Evangelista, Christy Turlington et Naomi Campbell par Peter Lindberg dans les années 90)

Ceci est valable pour la France notamment, et les pays européens de l’époque, mais ailleurs, certaines femmes portent le pantalon sans générer de troubles sociaux : en Australie, au XIXe siècle, de riches veuves portent le pantalon afin de monter plus facilement à cheval et surveiller leurs exploitations agricoles. Ce qui ne les empêche pas de porter robes et crinolines / tournures lors de leurs apparitions dans le monde, ce qui prouve une plus grande liberté d’habillement pour la femme qu’en France, ou du moins, dans une certaine mesure, une plus grande facilité à passer d’un vestiaire à l’autre selon les circonstances.
On nota également à la même époque aux États-Unis que certaines pionnières sont habillées en homme pour plus de commodités, mais elles restent tout de même assez rares (la plus connue étant sans doute Marthe Jane Cannary, dite Calamity Jane, éclaireur de l’armée pour le général Custer, exploratrice et souvent vêtue en homme pour plus de commodité, et dont l’image souffre aujourd’hui d’une récupération désastreuse par le cinéma et la bande dessinée).

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(les mannequins Maggie Maurer et Tom Gaskin par Julia Hetta pour Numéro, 2013)

Cette liberté que donne le costume masculin est devenue, au XXe siècle, une mode. On la retrouve dans les magazines, la photo de mode, la publicité, mais toujours teinté d’érotisme et de trouble, ce qui évacue les revendications sous-jacentes possibles de cet habillement, et contribue donc à véhiculer le stéréotype de la femme masculine, soit perçue comme lesbienne, soit emplie d’une charge érotique féminine à l’usage de l’homme (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998).

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(couverture du livre de Christine Bard, un livre excellent sur le sujet)

La femme très masculine est donc souvent perçue, même encore aujourd’hui, comme lesbienne, alors que son apparence n’est que la résultante d’un travail génétique, hormonal, et de choix vestimentaires n’ayant aucun rapport souvent avec ses préférences sexuelles. Mais ce stéréotype est toujours présent, y compris dans le milieu lesbien, en France notamment, ce qui revient pour ce milieu a finalement accepter et cautionner la vision réductrice que l’opinion publique a de lui, en se conformant à l’image sociale que celle-ci lui donne (ici encore, c’est une stricte observation, pas une prise de position contre cet habillement).

Dans d’autres pays, comme la Corée du Sud, les apparences sont encore plus stéréotypées entre corps féminins hyper-féminisés (le pays est roi de la chirurgie esthétique chez les 16-25 ans) et corps féminins hyper-masculinisés. Là où les françaises s’habillent en homme et se coupe les cheveux, les Coréennes vont jusqu’à se bander les seins ou se les faire réduire par chirurgie, et portent des sous-vêtements draconiens forçant leurs corps à reproduire la morphologie du corps masculin, principalement au niveau des seins, de la taille, des hanches et des fesses ( Hailey GATES, States of Undress, Vice, 2017, une série de documentaires fascinants, passionnants et effrayants, dont j’ai précédemment parlés ici). Bien sûr, la société de consommation coréenne, qui règne sur le marché de la cosmétique pour jeunes adultes (le phénomène de la K-Beauty a envahi le marché cosmétique européen), a récupéré ce style pour en faire une véritable tendance associée à une tribu, avec marques vestimentaires et cosmétiques dédiées, ce qui ne fait qu’accentuer l’idée du stéréotype physique de femme coréenne féminine contre le stéréotype physique de la femme masculine.
Ce même phénomène s’observe également en France, où la tendance «tom-boy» continue de fonctionner.

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(Stella Tennant, top-model à l’ascendance britannique issue de la noblesse, il est amusant de constater que si son physique lui permet de jouer avec un habillement très masculin, l’un de ses ancêtres masculins, lui, aimait se vêtir en femme…)

Si les stars hollywoodiennes des années 20 à 50, comme Marlène Dietrich, Katharine Hepburn et dans une certaine mesure Lauren Bacall, associées à une image de glamour plus ou moins naturel symbolisant le soleil, la détente, les vacances et la vie de famille, contribue encore aujourd’hui à créer des modes féminines calquées sur le vestiaire masculin que ces stars adoraient (le pantalon large à pinces taille haute et les tissages et imprimés prince-de-galle ont encore fait beaucoup d’émules cette dernière saison), d’autres figures sont venues nourrir ce style, ce « mythe » glamour érigé en tendance. L’image de Bianca Jagger en smoking blanc, se mariant au célèbre chanteur du même nom dans les années 70, reste une référence stylistique.
Aujourd’hui, le style « tom-boy » (plus ou moins glamour) est toujours d’actualité à travers des figures médiatiques comme Kirsten Stewart ou Tilda Swinton, actrices et « muses » d’artistes et de créateurs.

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(Tilda Swinton dans le film L’Homme de Londres, photo de Bela Tarr)

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(Kirsten Stewart)

La figure de la femme habillée en homme et plus ou moins masculine est devenue en elle-même un stéréotype contribuant à faire vendre et consommer, tout en restant attractif puisqu’il symbolise toujours dans l’inconscient collectif un tabou brisé, une « déviance », un interdit contourné au profit d’une liberté physique (or, on sait que la société postmoderne adore les notions de liberté, d’abolition des frontières et de mise à mal des interdits) (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998) . La femme masculine est donc toujours associée à la pécheresse en opposition à la femme pieuse et pure, dans l’insconscient collectif.

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(Ruth Belle, défilé homme de Gucci)

Si les notions de fausse liberté et d’abolition réelle ou virtuelle des frontières caractérisant la société postmoderne actuelle vous intéressent, je vous conseille la lecture de Michel Clouscard, Michel Maffessoli, Jean Baudrillard, Jean-François Lyotard (bien sûr), Charles Melman, Dominique Quessada (notamment le livre sur la consommation de soi, hyper-intéressant), ainsi que certains textes de Yves-Charles Zarka.

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(Brooke Shields)

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(Annie Lennox)

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(le mannequin Erika Linder par Alice Hawkins pour Arena Homme +, 2014)

Belle journée !

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2 Replies to “La femme habillée en homme : réaction sociétale, revendications et mode”

  1. Hello Alexandrine !

    Merci pour cet article fleuve, qui a dû te demander beaucoup de recherches et de travail.

    L’iconographie est intéressante, je ne savais pas que des actrices comme Katharine Hepburn avaient interprété des rôles où les personnages qu’elles incarnent se griment en homme. Cela me donne envie de regarder tous ces films !

    Ce qui m’aurait intéressée, c’est une ouverture sur les mouvements queer et genderfluid notamment. Car aujourd’hui il me semble que les mouvements féministes, notamment LGBT+, ont transcendé depuis longtemps cette binarité de genre.

    J’aimerais aussi réagir sur un point précis de ton article : « ce stéréotype est toujours présent, y compris dans le milieu lesbien, en France notamment, ce qui revient pour ce milieu a finalement accepter et cautionner la vision réductrice que l’opinion publique a de lui, en se conformant à l’image sociale que celle-ci lui donne ».

    Je ne suis pas du tout d’accord avec cette analyse ! Si la dichotomie butch-fem a pu être critiquée par certaines féministes radicales, lui reprochant de singer les couples hétéro, il ne faut pas oublier que ces apparences genrées presque caricaturales adoptées par certaines lesbiennes sont avant tout une critique du genre, pour montrer justement qu’il ne s’agit que d’une construction socio-culturelle, et pas de quelque chose d’inné (cf. Judith Butler).

    Pour terminer, à propos de la loi interdisant aux femmes de porter un pantalon, en France : celle-ci a a priori été abrogée en 2013. Cf. https://www.senat.fr/questions/base/2012/qSEQ120700692.html

    Je continuerai ma lecture de tes autres billets artistiques dès que possible ! à bientôt ! 🙂

    Aimé par 2 personnes

    1. Coucou !

      De rien pour l’article, c’est un extrait de mon mémoire, donc, oui, ça m’a demandé pas mal de recherches, et encore, c’est une minuscule goutte d’eau, puisque il s’agit juste d’une partie de chapitre ^^.

      Concernant les films, autant te prévenir : certains ont beaucoup beaucoup vieilli, voire assez mal vieilli, mais je pense que ça vaut quand même le coup d’y jeter un œil. Lorsque Marlène Dietrich s’est faite photographiée par les studios en costume trois pièces masculin pour des photos promo d’un film, ça a vraiment beaucoup choqué Hollywood et les États-Unis dans leur ensemble, parce que cela ne se faisait pas. Elle, ça l’a effaré, puisqu’elle débarque de la République de Weimar, où les femmes habillées en homme étaient monnaie courante (par rapport à la norme de l’époque). Il me semble que lorsque des journalistes lui ont posé la question, elle a due répondre quelque chose comme « oh, darling, c’est juste un pantalon », un truc comme ça, ce que je trouve assez drôle.

      En fait, je n’ai pas fait d’ouverture sur le gender fluid puisque c’était toute la suite du mémoire, la figure de l’androgyne et la fluidité des genres, qui peut n’être (ou pas, tout dépend du point de vue) que le résultat logique de la société dans laquelle nous vivons. Cela aurait fait un article 1000 fois plus long, et comme il est déjà pas mal long, je me suis dit qu’il fallait que je coupe ! ^^ De plus, comme je prends un parti assez radical dans mon mémoire sur la fluidité des genres, je ne suis pas sûre que cela aurait plu à beaucoup de lecteurs, puisque cette fluidité n’est qu’une conséquence sociétale apportant des changements de mentalités en terme de binarité, MAIS tout en sachant que ces changements de mentalités interviennent peu dans la vie de tous les jours de la majorité des gens, puisque leurs esprits réagissent encore de manière binaire (et ils n’y sont pour rien puisque la binarité est le résultat de siècles d’inconscient collectif, impossible à effacer). Franchement, lorsque j’entends les gens parler autour de moi, je constate qu’une femme habillée en homme est toujours perçue comme lesbienne, alors que cela n’a rien à voir. Du coup, le fait que des lesbiennes s’habillent effectivement en homme ne fait, pour moi, que renforcer le clivage, puisque les gens (bon, pas tous hein, mais au moins 50%) les renverront sans cesse à cette image de femmes masculines = lesbiennes, ne s’intéresseront pas à autre chose, et cela ne fera pas progresser la chose. Cela dessert peut-être le milieu lesbien, mais aussi toutes les autres femmes. Après, effectivement, les femmes s’habillent comme elles veulent, lesbiennes ou pas. Mais c’est toujours délicat de vouloir se servir de l’apparence pour dénoncer quelque chose, puisque justement, c’est de l’apparence, et que la plupart des « spectateurs » n’y verront QUE de l’apparence, sans chercher à voir plus loin.
      ça c’était un point beaucoup plus développé dans mon mémoire, mais je ne voulais pas surcharger le texte en développements très conceptuels, déjà que mon article sur le fait d’être une femme et une artiste l’était assez, du coup, là, j’ai pas voulu charger ^^

      J’ai lu effectivement l’article sur la soi-disant abrogation de la loi : il est écrit « abrogation implicite ». Donc, personne n’a effectivement rédigé d’abrogation de la loi. Et tant que cette rédaction n’aura pas été faite, l’ordonnance reste en vigueur. « L’abrogation implicite », c’est non recevable en terme juridique malheureusement. Bon, heureusement, personne ne s’est encore servi de cette loi pour virer une femme de son travail par exemple, parce qu’elle porte un pantalon. Donc, effectivement, on peut considérer que la loi est oubliée, mais elle n’est pas abrogée officiellement. (c’est pour cela que je ne le note pas dans mon mémoire)

      Merci pour ton retour en tout cas, ça fait plaisir ! ^^
      Belle journée !
      Alexandrine

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