Souvenirs de Poitiers, Strasbourg, Rennes et Rouen

Deux articles en un. On est efficace ou on ne l’est pas.

Je me suis rendu (ok, c’était l’année dernière) à Poitiers dans un but précis, pour mes recherches académiques de doctorat : aller à la Fanzinothèque. Bon, autant vous prévenir, si vous ne connaissez pas le lieu : on peut y passer une semaine non-stop et ne pas avoir fait le tour de tout ce qu’il y a à y voir, tellement c’est foisonnant. Pour ne pas dire tentaculaire. Aussi, j’avais prévu le coup, vu que je n’avais qu’un après-midi à y consacrer, et j’avais potassé le site, afin de sélectionner les zines que je voulais voir et prendre en photo. Et bien sûr, à la Fanzino, vous pouvez acheter des choses. J’aime beaucoup fouiller dans les coins, débusquer THE truc extraordinaire dont personne ne veut plus, et en plus, il y a des petits prix…. Petit tour d’horizon de ce que j’ai rapporté (mon budget était limité à 50 euros, j’ai donc dépensé 50 euros tout rond, enfin d’après mes souvenirs. A moins que ce ne soit 40. Je sais plus. Bref)

Carte postale psyché de la Fanzino, et une sérigraphie dont je suis tombée amoureuse, de 58°Galbés. Comment ne pas ? C’est tramé, y a des palmiers, c’est bleu et orange, avec une forme faisant irrésistiblement penser à une planche de surf. La fille pas obsédée du tout par la Californie.

Le catalogue d’une ancienne expo de la Fanzino, sur des fanzines franco-québecois. Il y a des interviews, ce qui vient nourrir grandement ma recherche…

Outre des goodies, toujours les bienvenus (je vous ai dis que j’adorais les autocollants ?), voici THE badge. Vert, irisé-pailleté, avec une phrase qui me définit bien (outre les autocollants, je raffole des badges). Il a été fait par les petites mains de La Maculée Conception.

Une chose extraordinaire, qui a un peu souffert, mais que j’ai pris quand même. Il s’agit d’un ensemble d’images de maladies étranges et d’affections bizarres. Bon, c’est de l’anatomie, c’est légèrement tramée, et ça a été fait par le studio Les Editions du Parasite, que j’adore (le studio, pas le parasite). Détails ci-dessous, âmes sensibles s’abstenir.

Une vue globale de tout ce que j’ai rapporté de la Fanzino… Outre des petits goodies (cartes postales, flyers divers, autocollants) et des éditions d’artistes, j’ai acheté le livre de la Fanzino, Fanzinorama.

Et maintenant, direction Strasbourg. J’y étais en février, juste avant mon anniversaire, afin d’étudier le fonds « éditions d’artistes » du Centre de l’Illustration de la médiathèque Malraux (les rayonnages de la bibliothèque consacrés au design d’édition sont hallucinants, il y a TOUT), et notamment le fond très important Gfeller + Hellsgard (vous pouvez également aller faire un tour sur le shop Beuys on sale). Bien sûr, j’y suis resté deux jours, ce qui m’a également laissé le temps de faire un tour de ville (que je connaissais déjà), aller faire un musée, manger de la forêt noire (sans mentir, celle de Gruber est une tuerie, avec en plus des parts plus que généreuses, hum, et le resto est d’un kitsch extraordinaire, franchement prenez des photos !!!!). Et de compléter ma collection de livre Le Cabinet de l’amateur. Édités par les musées de Strasbourg, ces carnets purement visuels et en grands formats regroupent des images d’un même thème avec des objets provenant de tous les musées de la ville. Une belle idée, graphiquement superbe. J’en ai donc 5 à mon actif. Mon premier était celui sur les animaux albinos, le second sur les objets en os et en argent, et j’ai acheté celui sur les mains, la publicité et la boîte-en-valise de Duchamp. Mais il y en a d’autres…

Ensuite re-direction Rennes. J’ai pu enfin admirer durant un dimanche différents musées de Rennes, notamment le FRAC que j’ai adoré (et pas seulement parce qu’il y a trois éléphants Eames qui se balade dans le resto). Et la boutique de celui-ci est géniale, vraiment, il y a des tas d’éditions d’artistes, je voulais tout acheter !!!!!

Une vue d’ensemble de ce que j’ai rapporté du FRAC : les affiches A4 faisaient partie d’une installation et étaient en libre service, j’ai pris les deux formules. Outre des prospectus, j’ai acheté le Tract’ édité par Incertain Sens, le Journal Centre du Monde, édité par le FRAC et l’Association R1 (en fait, le Centre du Monde est une résidence d’artiste sur Belle-Ile-en-mer), et un livre de Didier Petit et Gilbert Mao, édité à l’occasion d’une expo à Saint-Brieuc.

Et maintenant, une page d’actualité :

D’abord, les nouvelles éditions qui sont entrées dans la collection ces derniers mois :

Au Centre de l’Illustration de Strasbourg, j’ai récupéré, outre un super dossier fort utile, deux zines qui, faute de personne à contacter, se retrouvent en libre service, gratuitement (il s’agit de La Crampe numéro 2, et de 8012). Il y a également deux livres que j’ai récupéré gratuitement aux Archives de la Critique d’art (le Géographe Inscrit des éditions Incertain Sens, et une édition Orange Rouge, réalisée grâce à un atelier avec des artistes et des ados, à l’occasion d’une expo aux Grands Voisins). Et bien sûr, il y a des exemplaires d‘Eau de Javel, très gentiment envoyés par Violette (on a fait échange de fanzines, à l’ancienne).

Au mois de mars, juste avant le confinement, j’ai récupéré pas mal de choses, qui définissent assez bien une énorme partie de ma personnalité (50% je dirais) :

A savoir mon amour du kitsch, de l’humour absurde, de l’architecture moderniste, de la typo et des paillettes. Vous mettez dans un gros shaker et ça vous donne des éditions qui vont bientôt sortir, Creamy, Ostalgia et Glama en tête. Ici, il y a un superbe cadeau de Catherine (du duo Force de Vente), le gros livre pailleté rouge (IN LOVE) qui est un récap du labo de recherche EDITH de l’ESADHaR de Rouen. En dessous, un mini-catalogue d’une expo de céramiques à Limoges, envoyé par Christelle, expo dédiée à la céramique de nourriture, c’est kitschoune à mort, j’adore. Le reste, c’est des flyers, glanés ici et là. On collectionne le papier ou on ne le collectionne pas. Point.

Le bureau du début du confinement. Einstein a dit : « On nous dit qu’un bureau encombré est signe d’un cerveau encombré. Mais alors, que faut-il penser d’un bureau vide ? » ET TOC.

Et puis il y a cette image. Lors de ma journée passée à la bibliothèque de l’ESADHaR de Rouen, qui est une petite mine d’or pour l’édition, au détour de pages tournées, je tombe sur cette image. C’est le coup de foudre immédiate, j’adore, c’est tellement 70s. Je l’aime tellement que je vais la faire imprimer en grand format et l’encadrer.

Voilà, un looooonnnng article avec beaucoup de liens !

Bonne journée mes paillettes !

Souvenirs de Brest

C’est honteux, je sais je sais… Mon dernier article date de février. Bon, j’ai une excuse : je suis surchargée de travail pour le doctorat : appels à textes, compte-rendus, rapport d’activité, création… Finalement, le confinement a du bon dans le sens où je suis obligée de rester chez moi, donc, j’ai plus de temps.

Comme vous connaissez mon amour extrême du papier et la collectionnite aiguë développée depuis 2005 pour tous les supports papiers gratuits ou peu cher, forcément, pendant mon CDD à Landerneau, j’ai rempli mon sac. Voici donc le butin :

Le livre Nord Sud Est Ouest est un catalogue d’expo, incluant les œuvres de SuperTerrain, Autonomes, C’est tous les jours les vacances et SuperBanco.

Le livre d’artiste rose s’intitule Love At First Sight, et vous pouvez voir d’autres choses sur danslecieltoutvabien. J’avoue que j’ai un poil craqué sur le rose… La carte verte va avec le livre.

Les deux autres cartes sont de Nathalie Bihan, et c’est Presto qui les a faites, en riso (note : Presto a malheureusement définitivement fermé. Une minute de silence pour tous les petits éditeurs qui ferment).

Le bagde avec les oeufs au plat (merci Cyrius !!!!!!!) est fabriqué par KUUUTCH, THE magasin de micro-éditions à Brest…

Pendant une journée parfaite à tous points de vue, j’ai fait le plein de cartes à Crozon et Morgat.

Les traditionnelles cartes de La Loutre, que l’on ne présente plus.

Une petite pub en passant pour le fabuleux concept-store Thé à l’Ouest de Morgat, qui fait 1/ Le meilleur chocolat chaud viennois de la côte brestoise 2/ la meilleure tarte aux noix de pécan 3/ les meilleurs scones salés au cheddar de toute ma vie.

Les très jolies cartes sur Crozon et ses environs sont disponibles au Thé à l’Ouest, elles sont imaginées par Marin Zhadok.

Et enfin, à Brest, j’ai craqué sur le travail de Pappus Editions. TOUT est fait à Brest, impression comprise, car ils conçoivent l’intégralité de leur travail. Cyrius a acheté l’affiche BOOM BOOM. Elle déchire. J’avoue que j’ai hésité, mais je me suis tapée sur les doigts « pas bien Alex pas bien t’achètes trop de papier ». Surtout que maintenant, elle est dispo en rose. Fluo. In Love quoi.

Voilà, bientôt de nouveaux article apparaîtront (un sur mes souvenirs de Poitiers, de Rouen, sur le salon Multiples de Caen… Et d’autres sur les côtés techniques de la micro-édition, et aussi sur mes dernières micro-éditions). D’ici là, portez-vous bien, évitez de trop sortir, mettez-vous aux fenêtres pour le soleil, faites du DIY, mettez-vous au yoga, faites la cuisine, lisez… Enfin, tous les trucs que vous n’aurez pas le temps de faire en temps dit « normal ». Profitez de ce temps confiné pour le mettre à profit, ce temps.

Belle journée

Souvenirs de Chartres et Paris…

Juste après la fin de mon CDD, début novembre, la décompression s’est faite durement sentir (faut dire que j’enchaîne direct avec un doctorat…). Donc, une semaine après ce fameux CDD qui m’a laissé sur les genoux (médiatrice culturelle, oui, c’est dur, certes, c’est passionnant, mais c’est vraiment dur et très très fatiguant, aussi bien moralement que physiquement et psychologiquement. Franchement, au bout d’une mission de plusieurs mois, je vous mets au défi de ne pas avoir envie de tuer la quasi totalité des visiteurs…), j’ai retrouvé une collègue médiatrice devenue amie (ça ce fut le point positif de cette mission, les amis trouvés pendant ces longs mois de stress. Dans la sueur nous sommes unis !) pour trois jours de décompression complète entre Chartres et Paris. Ce fut l’occasion notamment de faire le plein d’expos…

Bien sûr, il y a eu l’expo Charlotte Perriand à la Fondation Vuitton. Je n’aime pas tout chez Charlotte, et les modernistes ne me passionnent pas forcément au-delà d’une certaine limite. Il y a des choses chez eux que je n’aime pas, voire que je trouve difficile à vivre à la longue. Mais l’expo était vraiment superbe. Bon, c’était un peu blindé de monde, faut pas être claustro, car malgré la taille des salles, le monde peut être vite fatiguant… Mais vraiment très belle expo. Ma préférence va aux meubles organiques en bois, à la période japonaise (je suis pas objective, le Japon fait partie de mes passions), ainsi qu’au travail photographique autour des formes et de la matière que je trouve très très très inspirant…

Les photos de recherche de matières, associées aux meubles organiques en bois

Le pavillon sur l’eau, tout en bois, d’une beauté, simplicité et praticité extraordinaires

Le Japon

La période moderniste, plus connue

(j’avoue un énorme faible pour cette table basse…)

Et ensuite, après une pause croque-madame/frites/cookies-maison bien méritée (les françaises, c’est-à-dire les parisiennes pour les touristes, puisque visiblement toutes les françaises sont parisiennes dans leurs esprits, ne connaissent pas le régime, mot barbare signifiant un asservissement à la mode. Donc on boit du vin, du champagne, et on mange des croque-madame), visite de l’expo Otto Wagner à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Où il n’y a jamais personne ou si peu. Ce qui est fort dommage. L’expo était magnifique, mais enfin, je suis pas objective non plus sur ce coup-là puisque tout ce qui touche de près ou de loin à la Sécession Viennoise me passionne.

La mise en scène était très belle, couleurs superbes, efforts typographiques et reprises de motifs chers à Otto…

(les serpents notamment étaient de toute beauté !!!)

Et puis, comme elle était aussi gratuite, on a fait aussi l’expo sur les dessins d’architectes, qui était plutôt pas mal, on a vu de petites merveilles…

Josef Frank

Frank Lloyd Wright

Un projet de maison de Joséphine Baker par Adolf Loos… Elle est rayée, fatalement on adore…

(les photos des expos ont été prises par Cyrius, car je n’avais pas emporté mon reflex et la qualité photo de mon téléphone pique un poil les yeux… Merci Cyrius !!!)

Et ce que j’ai rapporté de mon séjour (ben oui, vous savez bien que je rapporte toujours du papier…)

Voilà, un condensé de trois jours de décompression réussie !

Belle journée !

 

Le Voyage à Nantes de février 2019 (comment ça, j’ai du retard ????)

Tout d’abord, mes petits chats, je vous souhaite une très belle année 2020, remplie de toutes les choses que vous pouvez désirez. J’espère que vous avez passés de bonnes fêtes, que le papa Noël a été sympa etc etc. (je suis en avance pour les vœux, mais visiblement, wordpress n’a pas pris en compte la planification de l’article, donc, il sort maintenant…)

Les premiers articles de l’année 2020 sont des récap de mes derniers voyages (voyages français hein, trop occupée pendant l’année pour partir à l’étranger), avec les petites merveilles de papiers que j’ai pu glaner ici et là…

Tout d’abord, Nantes. Ouais bon, c’était en février. J’ai vécu un an à Nantes et je suis définitivement fan de cette ville. Mais comme je n’avais pas eu l’occasion d’aller voir ces très fameuses Machines de l’Ile, je me suis fait une journée nantaise… Les Machines, c’est vraiment extraordinaire, je ne comprends pas comment des personnes, dans le public, pouvaient être aussi blasée. C’est quand même une création extraordinaire, des animaux en bois et en métal qui font des mouvements si fluides qu’on les dirait réels !!! (deux ptites mémés derrière nous : « je ne comprends pas pourquoi les gens s’extasient, c’est juste des machines! », avec petite voix grinçante et nasillarde, twin-set et collier de perles. Beurk) C’est vrai qu’à l’heure du virtuel et des prouesse numériques du cinéma (Avatar…), ces machines peuvent sembler désuètes, mais elles ont un truc en plus. Elles sont RÉELLES. Et ça, ça n’a pas de prix….. Bon, j’ai une préférence pour le paresseux, mais je suis pas objective, j’adore les paresseux.

Ensuite, je suis allé à l’expo Rock au château des Ducs de Bretagne (très beau au demeurant). Bon, j’ai adoré la scénographie, le fait de pouvoir garder son gobelet (gobelet permettant d’écouter des pistes de sons et interviews dans l’expo), qui bien sûr est calqué sur celui des festivals. Il est dommage que l’on ne parle pas assez de supports papiers dans l’expo, des fanzines notamment, qui ont été très importants dans la propagation du rock nantais, punk notamment, je m’attendais justement à pouvoir en photographier plein. Mais dans l’ensemble, c’était une belle expo. Juste une bande d’ado braillard n’y connaissant rien, accompagnés d’un prof complètement dépassé, qui m’a un rien gonflé.

Et puis bien sûr, shopping, avec passage obligé par la boutique du Voyage à Nantes. Lorsque j’étais à Nantes, le Voyage existait déjà, mais il était beaucoup moins développé qu’il ne l’est aujourd’hui, et il n’y avait pas de boutique. Honnêtement, il a fallu que je me réfrène sur le papier, sinon, j’achetais toutes les affiches…

J’ai donc rapporté de Nantes :

De la boutique des Machines : une affiche (je suis fan de Led Zeppelin, d’où mon choix du Zeppelin, mais toutes les affiches sont magnifiques), deux badges (moi et les badges, c’est une longue histoire d’amour), quelques marque-pages avec les fameux dessins techniques des Machines (dessins de François Delaroziere), et des cartes postales également. Et des insectes en carton à monter. La librairie est démente.

La boutique en ligne des Machines : http://boutique.lesmachines-nantes.fr/fr/

De la boutique du Château, de sublimes cartes postales. Les animaux dans les teintes pastels (mention spéciale au chat sphinx, mon chat favori) sont de Delphine Vaute, qui avait exposé au Château une sorte de calendrier de l’avent en dessin nommé Ysabeau – Le jardin des songes. Malheureusement pas d’affiche, sinon j’aurais craqué !!!! Mais les cartes sont grandes et belles.

Le site de Delphine Vaute : https://www.delphinevaute.com

Les autres cartes sont de InkFactory, ce sont des sérigraphies. Là encore, pas d’affiches et c’est bien dommage, le poulpe (oui, en plus des paresseux, des loutres, des chats sphinx, je fais une fixette sur les poulpes. Ainsi que sur les méduses et les ratons laveurs. Bref)

Le site de InkFactory : https://www.ink-factory.be/

Mes souvenirs Rock : le flyer de l’expo, le fameux gobelet (j’en ai rapporté un pour mon père également, puisque je lui dois ma culture rock, très marquée 70s) et le badge, que je trouve vraiment sympa, en forme de vinyle…

La boutique du Château : http://boutique.chateaunantes.fr/

Le Voyage à Nantes : forcément, ma légère obsession des 70s me conduit à l’obsession du Bus Volkswagen… D’où la prolifération de ce motif chez moi (et encore, je me réfrène). Donc, la miniature officielle Volkswagen (ici, le modèle 60s, mais j’ai en orange le modèle 70s. Mon but étant d’avoir pratiquement toutes les couleurs. On se moque pas). Plus un tout petit tout mini-bus ! La grande carte avec le bus est de Docteur Paper. Ainsi que le porte-clé. Franchement « team beurre salé », à moi qui suis mi-bretonne mi-normande (c’est-à-dire mi-caramel mi-camembert, ceci est un slogan déposé officiellement), franchement, fallait pas me le dire deux fois !!!! Bon, j’ai résisté aux affiches Docteur Paper, qui sont superbes. Mais j’ai craqué sur le tote-bag gris sérigraphié par Appelle-Moi Papa (ceux qui m’ont vu cet été avec ont été unanimes : il est canon !), que je n’ai pas photographié mais voici ci-dessous une image extraite du site du Voyage à Nantes.

Le site du Voyage à Nantes (il n’y a pas de boutique en ligne malheureusement) : https://www.levoyageanantes.fr/

Docteur Paper : http://www.docteur-paper.com/

Appelle-Moi Papa : https://appellemoipapa.fr/

Voilà pour ce premier périple 2019, d’autres à suivre !

Belle journée !

 

 

Re-bonjour, c’est gentil d’être revenu…

Finalement, le blog va renaître de ses cendres… Je n’efface pas toutes les archives, je change un peu de cap, c’est tout. Ce changement correspond à une envie profonde et à un déclic survenu il y a quelques mois. Ayant fréquenté le milieu de l’art contemporain dit « officiel » (c’est-à-dire celui que vous trouvez dans les grandes galeries d’art et dans les musées d’art contemporain en règne générale, ainsi que dans les FRAC), je peux dire que, si je l’aime toujours autant (forcément c’est mon truc, sinon, faut être maso pour y bosser et ne pas l’aimer), en revanche, le déni de la pop culture y a tendance à m’agacer un rien. Je suis pour la pop culture, pour l’art urbain, pour le lowbrow et autres noires sucreries biberonnées aux comics, super-héros, et marques bien connues… Si aujourd’hui, on constate un revirement de la part de certaines galeries et foires d’art, qui mettent désormais en avant des artistes issus de la pop culture, et/ou qui s’en servent pour créer, le déclic est quand même long à venir en France (et quand on dit long… On a toujours des années de retard là-dessus par rapport aux US). MAIS, ne nous affolons pas : il existe un domaine issu de la pop culture que les français maîtrisent aussi bien que leurs homologues européens ou anglo-saxons… LE PRINT. Le papier n’est pas mort, les affiches sont un terrain de jeux sans fin pour les fanas de print. J’en suis, et j’en fais, depuis… Houlà, ça me rajeunit pas dis donc…

Tout ça pour dire que. Le blog se tourne vers le print, l’art et la pop culture, l’art urbain. My love forever quoi. Et pour fêter ça, je vous reposte ci-dessous un article paru il y a longtemps sur le blog…

Mark Ryden est l’un de mes peintres favoris. Déjà, je suis une grande fan du lowbrow / pop surréalisme, mais ce que j’aime, en plus, chez Mark Ryden, c’est le fait qu’il soit un inconditionnel des cabinets de curiosités et de l’histoire de l’art (passions dont on trouve de très larges traces dans son œuvre). Et j’aime voir les lieux de création, je trouve que souvent, la maison d’un artiste en dit long sur lui, et donc sur son œuvre. La maison de Mark Ryden (et de son épouse Marion Peck, artiste lowbrow également) est un véritable musée, à la fois de l’étrange et du kitsch, assez surchargé (ami du minimal chic, passez votre chemin), et délicieusement rétro. Une véritable merveille, où votre œil est sollicité de tous les côtés. Je rêvais qu’un magazine publie un article consacré à cette maison, qui est tout autant un chef-d’œuvre artistique que les peintures du couple qui y habite ! Et bien, le site internet L.A. Curbed, dédié à l’habitat, l’a fait !!! (l’article complet)… Je partage donc avec vous les photos de ce superbe reportage !

La maison détonne complètement dans le paysage : les Ryden-Peck habitent une rue de L.A. remplie de maisons de type années 50 aux couleurs pastels (genre Edward aux Mains d’Argent, voyez)… La maison est gris foncé, et paraît un peu austère…

Le jardin de derrière, rempli de superbes détails…Et cette piscine en forme de pagode chinoise !

 

L’entrée-salon, avec une ambiance plutôt asiatique.

La salle à manger, avec ses rayures roses et blanches de marchand de glaces…

L’escalier, en galerie de portraits et souvenirs…

Les toilettes sont bien sur prodigieuses ! Avec une belle collection d’Abraham !

 

L’atelier, pièce maîtresse de la maison, superbe je dois dire, si je pouvais avoir la moitié de cet espace, je serai contente !

Le jardin d’hiver, avec cette Sainte Thérèse monumentale veillant jalousement sur le bar…

La chambre du couple, très Conte des Mille et Une Nuits !

Une salle de bain. Si vous avez vu le film « Big Eyes » de Tim Burton, vous reconnaîtrez sans peine l’artiste qui a peint ses portraits d’enfants aux grands yeux…

L’artiste au travail… En plus de ses peintures, Mark Ryden fait aussi des sculptures et installations pour certaines expositions…

Le couple d’artistes…

Belle journée, et belles fêtes de Noël !

Changement de direction

Nous sommes aujourd’hui le 30 janvier, et il est plus que temps de vous souhaiter à toutes et à tous une très très bonne année 2019.

Vous avez sans doute remarquer que le blog est en berne depuis décembre, et ce, pour plusieurs raisons.

La première, c’est que j’ai déménagé (Bretagne power), et donc, s’installer prend pas mal de temps.

La deuxième, c’est que la préparation de mon doctorat me prend du temps (voui, créer, lire, faire des recherches, tout ça tout ça, ça prend pas mal de temps).

La troisième est un peu indépendante de ma volonté : wordpress refuse catégoriquement de charger mes images, je ne sais pas pourquoi, j’ai essayé des tas de trucs, rien n’y fait.

La quatrième, c’est que j’ai reçu des mails suite à plusieurs de mes articles, des mails fortement méchants sans aucune raison (enfin si, les gens ont forcément des raisons d’envoyer ce type de mail). Ce type de message ne me touche que très peu, je suis suffisamment blindée pour m’en fiche complètement, mais le problème, c’est que je déplore le manque de curiosité, de logique, et de culture des gens qui m’ont envoyé ces mails. Il s’agissait, d’une part, de réactions violentes par rapport à mon article sur l’architecte argentin Francisco Salamone, et également de gens qui n’ont pas trop aimé mon article sur les artistes féminines.

Alors, évidemment, on peut pas plaire à tout le monde (le contraire serait inquiétant). Sur ce blog, je ne suis ni consensuelle ni forcément objective ou subjective selon les sujets. Sachez que je ne juge JAMAIS une œuvre selon les opinions de son auteur, car je trouve qu’il n’est pas juste de se couper de certaines découvertes ou créations uniquement parce que le créateur est facho, macho ou autre. Même si les opinions peuvent être mises à jour d’une certaine façon dans une œuvre, elles n’entravent en rien mon appréciation de cette œuvre. En tant que spécialiste en arts plastiques (ce qui implique des connaissances en histoire de l’art, sociologie, anthropologie, psychologie, histoire et économie), je dois être objective face à une œuvre. Bien que, lorsque vous rédigez votre mémoire de master 2 dans cette matière, vous avez le droit de ne pas être objectif (c’est d’ailleurs la seule matière où vous avez ce droit, puisque vous parlez en premier lieu de votre travail), il vous faut quand même faire preuve d’ouverture d’esprit et de vastes connaissances en ce qui concerne le contexte des œuvres. D’où le mélange d’objectivité et de subjectivité dont ce blog peut faire preuve. Je ne prend pas réellement parti en ce qui concerne les œuvres, je peut très bien faire une démonstration sur Basquiat alors que son travail ne me parle absolument pas (évitez le j’aime/j’aime pas en art, car cela est trop réducteur. Une œuvre évoque quelque chose en vous, ou pas. Ou alors, tentez de démêler le pourquoi du comment du pourquoi vous aimez). Bref.

Le fait d’être à la fois objectif ou subjectif est également un problème pour mon article sur les femmes artistes. On m’a reproché le fait que mon article fustige (à ce point-là ????) les femmes artistes, et donc, d’être macho. Euh, vous avez bien lu l’article, ou juste en diagonale, comme ça en passant ? Cet article est une partie de mon mémoire de master, qui fut une véritable prise de tête pendant plusieurs mois, et qui m’a à jamais dégouté de la question féministe en art. La question est fichtrement complexe, et aboutit à la triste conclusion qu’une femme, lorsqu’elle est artiste, a forcément du mal à s’extraire d’une partie de sa condition féminine. Si elle traite du féminisme, ou de la femme en général, ben oui, c’est normal pour le milieu, puisque c’est une femme. Et si elle se hisse à la hauteur (ironie en mode on) des avant-gardistes masculins, elle doit refuse une part de se féminité pour réussir à se faire entendre. C’est une boucle sans fin, profondément agaçante. Mais je vais vous dire : la plupart des artistes féminines se fichent de tout ça, elles n’y pensent même pas en créant. C’est lorsque qu’il s’agit de réaliser le discours sur l’œuvre que tout ceci se complexifie. Bien sûr, il y a des artistes féministes, mais leurs œuvres ne font-elles pas d’une certaine manière l’apologie d’une forme de faiblesse dans laquelle on catégorise les œuvres des femmes, à savoir que les femmes ne peuvent créer que par rapport à leurs vécus, leurs sentiments, leurs psychisme (une idée héritée du Moyen-Age et reconduite depuis le XIXe siècle, y compris aujourd’hui). Donc, une artiste féminine et féministe dont l’œuvre porte sur sa nature de femme n’est pas une surprise pour le milieu : donc, au lieu de dénoncer, d’une certaine façon, on ne fait que corroborer cette opinion. C’est aussi à cause de cette fameuse idée ancrée dans l’inconscient collectif depuis des décennies en matière d’art que les trois artistes les plus citées (et adulées) sont Camille Claudel, Artemisia et Frida Kahlo. Les trois ont en commun des vies emplies de souffrance, souffrance qui se voit dans leurs œuvres de manière flagrante. On les porte aux nues car elles sont non seulement le reflet de la parfaite femme artiste créant à partir de son vécu mais également car ces vies sont aussi le reflet de l’image parfaite de l’artiste maudit devant souffrir pour créer. L’accident de Frida, les amours de Camille, le viol (réel ou pas) d’Artemisia, sont la sainte trinité des artistes féminines au sein du milieu, et également en dehors de ce milieu (Sainte Frida, priez pour nous, pauvres consommateurs asservis à ton image). C’est un débat sans fin que cette question de la femme artiste, assez agaçant je dois dire. Mais voir les œuvres de ces artistes de manière objective, par rapport à leur contexte, ce n’est pas forcément les rejeter. Ces œuvres sont extraordinaires, chacune à sa manière, et je ne le conteste pas. Mais je suis réaliste et lucide sur cette question de féminisme et de féminin dans l’art : c’est un serpent qui se mord la queue. A la limite aujourd’hui, pour vraiment dénoncer le système machiste de l’art, il faudrait être super féminine et créer en même temps de l’avant-garde ou du contemporain « hyper masculin » (mode ironie activé). Mais serait-on pour autant prise au sérieux ??? Bref, après d’amères constatations, je me suis détournée de ce sujet, le débat est pour moi clos.

Ce qui m’amène à la question de l’arrêt du blog. Je n’écris pas ici pour me faire insulter. C’est le piège d’internet, on le sait tous : les gens vous jugent sur du virtuel. Ils ne vous connaissent pas, ne savent rien ou presque de votre vie, alors ils jugent sur ce qu’ils voient/lisent, ce qui est profondément absurde, mais c’est ainsi. Inutile de se battre contre ça, cela ne sert à rien. Je sais comment je suis : je peux être pédante parfois, un rien madame-je-sais-tout aussi, je suis une donneuse de leçons professionnelle. Il y a des raisons à cela. Déjà, je me permet de donner des leçons (principalement en art et dans certaines autres matières) parce que je SAIS. Je ne connais pas tout évidemment, mais j’en sais suffisamment pour reprendre quelqu’un s’il se trompe sur tel ou tel sujet. Ensuite, je reproche souvent aux gens de ne pas lire les bons livres. Par exemple, les livres de sociologie, d’anthropologie ou de philosophie à la petite semaine se vendent super bien, mais sont inconsistants par rapport aux sujets qu’ils traitent. S’il n’y a qu’un livre à lire sur la société dans laquelle nous vivons actuellement et le pourquoi de cette société, lisez Michel Clouscard, Le capitalisme de la séduction. Écrit en 1981, il a valu à son auteur beaucoup de répressions, car il était de ceux qui, lucides sur la société de consommation ultime et de libéralisme qui s’amorçait alors (vive les gouvernements de gauche, mode ironie activée), fustigeait le libéralisme libertaire. Si vous n’en lisez qu’un, lisez celui-ci. Il vous ouvrira le yeux, si ce n’est déjà fait, sur ce que l’on vit actuellement, c’est-à-dire une société libérale où vous n’êtes en réalité libre de pas grand chose, si ce n’est consommer, rentrer dans le rang, vous indignez quand on vous le dit, adhérez à des comportements soi-disant libres mais récupérés par la société de consommation qui fait de vous un agneau de plus dans une tribu déterminée (ah, la grande histoire des tribus, vaste sujet amenant à débat, qui m’a valu aussi pas mal de remarques). Ce qui fait qu’à chaque fois que l’on pourrait exprimer un raz-le-bol, ça vire au drame si c’est pas « encadré » (rappelez-moi, combien de morts et de blessés depuis le début des gilets jaunes ?). C’est triste bien sûr, mais la société est ainsi conçue qu’il est extrêmement difficile aujourd’hui de sortir du lot. Tout est permis mais rien n’est possible (c’est pas de moi). Mes parents, qui ont eu 25-30 ans dans les années 70, vivent très difficilement ce retour à une forme de censure hyper-vicieuse. Parler de sexe, c’est compliqué. Parler de religions, encore plus. Se moquer de tout ? No way ! La liberté d’expression ne peut plus se faire, on ne sait plus comment parler de certains sujets, de peur de se heurter à des fâcheux. Alors, les insultes se font personnelles, mesquines, les grandes questions sont absentes, le narcissisme bat son plein (culte de la personnalité et de l’individualité oblige). Comment sortir vraiment du lot, seul ou à plusieurs, dans une société qui verrouille implicitement chacun de vos gestes, de vos actes, de vos paroles, à tel point que vous correspondez malgré vous à une catégorie, une tribu, un type de consommateurs ? Pensez-vous vraiment avoir encore votre libre-arbitre?

Ce sont des questions rhétoriques, ne vous sentez pas obligé de répondre. Si vous le faites, restez polis, je vous en remercie.

Bref. Le manque de connaissances, et de culture, me rebute toujours autant. J’aime partager la culture, mais j’aime aussi qu’il y est un retour. Or, ce retour ne fait que sous la forme agressive, ici. Enfin, pas uniquement, j’ai eu aussi des commentaires très agréables, heureusement (Merci Marie ! ^^). Mais ces mails agressifs m’ont fatigué, et écœuré, j’en suis venu à me demander si les personnes qui m’ont écrites étaient des êtres doués d’intelligence ou bien des robots mis en place par le grand capitalisme (amis de la conspiration, bienvenue !!! ^^). Vous savez que des chercheurs ont analysé les comportements de plus de 200 jeunes (entre 15 et 18 ans), et que cette analyse a donné ce jugement inquiétant : en moyenne, ils s’adaptent hyper facilement à n’importe quelle situation, mais par contre, leur capacité de réflexion par rapport à ces situations est catastrophique. Ce qui est un comportement franchement inquiétant : ça veut dire qu’ils sont manipulables à souhait, et c’est pas terrible du tout pour leur avenir…

Bref. Donc, ce blog s’arrête ici. Il reste ouvert, au cas où j’aurais envie de le reprendre et si vous voulez éplucher les archives. Je bascule dorénavant sur tumblr, plus facile d’utilisation pour moi, que je vais relier à twitter (qui ne servira donc qu’aux notifications en fait, puisque ça fait un bail que je ne twitte plus et que je n’nstagramme plus), pour les notifications de parutions. Il n’y aura sans doute que des images, et très peu de textes, à priori.

Bonne route à toutes et à tous, gardez l’oeil et l’esprit ouvert, soyez créatifs, éclatez-vous !

Belle journée,

Alexandrine

La femme habillée en homme : réaction sociétale, revendications et mode

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(Tilda Swinton, photographiée ici pour le Vogue Homme italien)

Avant l’article sur les rapports entre retour à la Nature et artistes féminines, voici un petit article expliquant (enfin, tentant d’expliquer) les tenants et les aboutissants de la femme habillée en homme. Cet article est une forme de résumé d’un passage de mon mémoire, et j’attends avec une certaine impatience vos réactions (et/ou suggestions, personne n’ayant la science infuse). Je me suis rendue compte que je n’avais pas mis de bibliographie pour mon article précédent sur le fait d’être artiste ET femme. Ici, vous trouverez des références à des textes au sein même de l’article.

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(des femmes en pantalons, années 30 et 40)

Les méthodes publicitaires fonctionnent de la manière suivante : la société est divisée en groupes, puis en sous-groupes, afin d’identifier les différentes cibles visées, et fournir donc une manœuvre publicitaire adaptée à ces cibles, tout en faisant croire au spectateur individuel que la publicité a été écrite et pensée pour lui, pour son univers (s’il fait partie des cibles visées, du groupe visé, il ressentira ce sentiment).
Ceci ne faisant que renforcer l’idée du narcissisme et de l’individualité régnante, alors qu’en réalité, l’individu fait souvent partie d’une « tribu », d’un groupe, dont il partage les codes, ce qui a pour effet d’annuler l’individualité au profit du mimétisme (un mimétisme qui fait vendre). Les différences ne sont donc en réalité que des variantes culturelles.
D’une part, parce qu’elles imitent des pratiques dans le but d’appartenir à un genre. D’autre part, parce que la plupart des individus ne font qu’imiter les générations précédentes, avec plus ou moins de nouveaux apports postmodernes ou de mélanges. (Je précise que cela n’est nullement péjoratif, je fais un simple constat)
En d’autres termes, un individu prétendant être un individu à part entière, qui est lui-même avant tout, n’est finalement que la « résultante de la dynamique de groupe », une sorte « d’usurpation narcissique » (Michel CLOUSCARD, Le capitalisme de la séduction, Paris, Delga, 2015).

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(Ruth Bell par Karim Sadli pour Travel Magazine, 2015)

Ce travail de mimétisme de groupe se retrouve également chez les femmes désirant adopter une attitude masculine, à des fins différentes selon les femmes. Ce stéréotype de la femme masculine renvoie, encore et toujours à une image pécheresse, puisqu’il est considéré comme un « péché », une déviance, du fait qu’il symbolise la lesbienne (alors que toutes les
garçonnes et amazones ne le sont pas, beaucoup de femmes choisissent une apparence masculine pour un côté pratique et contestataire également) (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998).
La femme habillée en homme pourrait être un élément de réponse à la question d’échapper aux stéréotypes liés à l’image féminine.
En s’habillant en homme, elle s’approprie une partie des privilèges masculins, notamment au niveau de l’apparence : le pantalon, la chemise et/ou les cheveux courts sont pour elle synonyme de liberté de mouvement, et donc, de liberté au sens large. Par le port du pantalon, elle gagne en présence.

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(Odette Pavlova par Fabien Baron pour Interview Magazine, 2016)

En réalité, le fait de se faire passer pour un homme, de s’habiller en homme, a longtemps été tabou pour une femme, jusqu’au XXe siècle. Les exemples ayant choqué la bourgeoisie et l’aristocratie (et même le reste du peuple) sont nombreux en France : la Papesse Jeanne, George Sand, Colette, Rachilde et tant d’autres ont brisé ce tabou au fil du temps.

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(Rachilde)

Colette

(Colette)

Malgré son asservissement constant de la femme, le XIXe siècle est tout de même pourvoyeur d’une autorisation officielle de porter le pantalon (pour certains cas exceptionnels et argumentés, puisque il existe une loi interdisant le port du pantalon pour les femmes, loi toujours en vigueur il me semble…). En 1890, on comptait officiellement 10 femmes françaises à pouvoir porter le pantalon (dont une imprimeuse, et Rosa Bonheur). Rachilde également obtint ce droit en 1885 (elle alla même jusqu’à inscrire comme profession « Homme de Lettres » sur ses cartes de visite !). Si, au XIXe siècle, ce travestissement est encore exceptionnel, il choque moins qu’on le pourrait croire : une partie de la bourgeoisie s’émoustille de voir une femme habillée en homme, elle y voit une forme d’érotisme (le saphisme est très à la mode d’une certaine manière, mais n’y voir que de l’érotisme est, une fois de plus, renvoyer la femme à son aspect uniquement physique, sans tenir compte des raisons diverses qui la poussent à s’habiller en homme).

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(Rosa Bonheur)

La popularisation de ce travestissement, de cette inversion des genres, va prendre un nouvel essor avec les garçonnes des années 20 – 30.

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(une garçonne des années 20-30)

L’artiste Romaine Brooks nous a livré une galerie de portraits remarquables dans leur androgynie.

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(Romaine Brooks, Autoportrait, 1923)

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(Romaine Brooks, Peter / A young english girl, 1923-24)

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(Romaine Brooks, Una Lady Troubridge, 1924)

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(Romaine Brooks, Renata Borgatti au piano, 1920)

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(Romaine Brooks elle-même)

Le regard social fut extrêmement dur sur les garçonnes et autres amazones : en s’appropriant le costume et l’apparence masculine, elles ne s’approprient pas uniquement le caractère masculin, elles le détournent. Du costume social conventionnel, elles font une mode.
Le costume masculin jouant le double rôle d’affirmation de puissance et d’effacement du corps, elles se l’approprient en lui donnant, de par leur sexe, la fantaisie de la mode féminine.

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(des élégantes des années 20-30)

Cette double fonction du costume masculin au féminin prit également son essor grâce au cinéma hollywoodien entre les années 20 et les années 50, influencé notamment par l’ambiance « décadente » des cabarets de la République de Weimar (1919-1933), où les femmes masculines étaient légions. Ce travestissement féminin peut s’expliquer par le fait que la femme est mal considérée dans cette République, y compris par les artistes, même si celle-ci met en avant l’érotisme trouble, la femme y prend donc l’apparence de l’homme pour s’y faire entendre (John WILLETT, Les années Weimar, une culture décapitée, Londres, Thames & Hudson, 2011).

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(Marianne Breslauer, photographiée par Annemarie Schwarzenbach, Berlin, 1932)

Avec la montée du fascisme, des artistes, des réalisateurs, des écrivains, s’exilent aux Etats-Unis, ce qui explique cette influence sur le cinéma. Marlène Dietrich, Louise Brooks, Greta Garbo, Katharine Hepburn, apparaissent à l’écran travesties en hommes, et même à la ville pour certaines.

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(Marlène Dietrich)

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(Louise Brooks)

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(Katharine Hepburn, les deux premières photos sont issues du fameux film Sylvia Scarlett de 1935)

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(Greta Barbo dans la Reine Christine, 1933)

Par le biais du cinéma, et de la photographie également, la figure de la femme habillée en homme devient un véritable phénomène de mode grisant (il symbolise la liberté pour la femme, notamment de mouvement, ce qui est pour elle une révolution). Bien que Gabrielle Chanel et les élégantes portent le pantalon dés 1915 dans certaines circonstances, cette mode va trouver son apogée dans les années 70, lorsqu’Yves Saint Laurent popularise le smoking pour femme.
Cependant, à cause de ce phénomène de mode, les témoignages visuels de cette appropriation se tournent souvent vers le trouble érotique qu’elle suscite, et les véritables revendications de ce genre sont mises à l’écart.

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(Gabrielle Chanel en 1930)

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(Gabrielle Chanel et Serge Lifar en 1930)

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(à gauche, la version du smoking par Yves Saint Laurent, à droite, la version du smoking par Hedi Slimane pour YSL)

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(Lina Evangelista, Christy Turlington et Naomi Campbell par Peter Lindberg dans les années 90)

Ceci est valable pour la France notamment, et les pays européens de l’époque, mais ailleurs, certaines femmes portent le pantalon sans générer de troubles sociaux : en Australie, au XIXe siècle, de riches veuves portent le pantalon afin de monter plus facilement à cheval et surveiller leurs exploitations agricoles. Ce qui ne les empêche pas de porter robes et crinolines / tournures lors de leurs apparitions dans le monde, ce qui prouve une plus grande liberté d’habillement pour la femme qu’en France, ou du moins, dans une certaine mesure, une plus grande facilité à passer d’un vestiaire à l’autre selon les circonstances.
On nota également à la même époque aux États-Unis que certaines pionnières sont habillées en homme pour plus de commodités, mais elles restent tout de même assez rares (la plus connue étant sans doute Marthe Jane Cannary, dite Calamity Jane, éclaireur de l’armée pour le général Custer, exploratrice et souvent vêtue en homme pour plus de commodité, et dont l’image souffre aujourd’hui d’une récupération désastreuse par le cinéma et la bande dessinée).

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(les mannequins Maggie Maurer et Tom Gaskin par Julia Hetta pour Numéro, 2013)

Cette liberté que donne le costume masculin est devenue, au XXe siècle, une mode. On la retrouve dans les magazines, la photo de mode, la publicité, mais toujours teinté d’érotisme et de trouble, ce qui évacue les revendications sous-jacentes possibles de cet habillement, et contribue donc à véhiculer le stéréotype de la femme masculine, soit perçue comme lesbienne, soit emplie d’une charge érotique féminine à l’usage de l’homme (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998).

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(couverture du livre de Christine Bard, un livre excellent sur le sujet)

La femme très masculine est donc souvent perçue, même encore aujourd’hui, comme lesbienne, alors que son apparence n’est que la résultante d’un travail génétique, hormonal, et de choix vestimentaires n’ayant aucun rapport souvent avec ses préférences sexuelles. Mais ce stéréotype est toujours présent, y compris dans le milieu lesbien, en France notamment, ce qui revient pour ce milieu a finalement accepter et cautionner la vision réductrice que l’opinion publique a de lui, en se conformant à l’image sociale que celle-ci lui donne (ici encore, c’est une stricte observation, pas une prise de position contre cet habillement).

Dans d’autres pays, comme la Corée du Sud, les apparences sont encore plus stéréotypées entre corps féminins hyper-féminisés (le pays est roi de la chirurgie esthétique chez les 16-25 ans) et corps féminins hyper-masculinisés. Là où les françaises s’habillent en homme et se coupe les cheveux, les Coréennes vont jusqu’à se bander les seins ou se les faire réduire par chirurgie, et portent des sous-vêtements draconiens forçant leurs corps à reproduire la morphologie du corps masculin, principalement au niveau des seins, de la taille, des hanches et des fesses ( Hailey GATES, States of Undress, Vice, 2017, une série de documentaires fascinants, passionnants et effrayants, dont j’ai précédemment parlés ici). Bien sûr, la société de consommation coréenne, qui règne sur le marché de la cosmétique pour jeunes adultes (le phénomène de la K-Beauty a envahi le marché cosmétique européen), a récupéré ce style pour en faire une véritable tendance associée à une tribu, avec marques vestimentaires et cosmétiques dédiées, ce qui ne fait qu’accentuer l’idée du stéréotype physique de femme coréenne féminine contre le stéréotype physique de la femme masculine.
Ce même phénomène s’observe également en France, où la tendance «tom-boy» continue de fonctionner.

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(Stella Tennant, top-model à l’ascendance britannique issue de la noblesse, il est amusant de constater que si son physique lui permet de jouer avec un habillement très masculin, l’un de ses ancêtres masculins, lui, aimait se vêtir en femme…)

Si les stars hollywoodiennes des années 20 à 50, comme Marlène Dietrich, Katharine Hepburn et dans une certaine mesure Lauren Bacall, associées à une image de glamour plus ou moins naturel symbolisant le soleil, la détente, les vacances et la vie de famille, contribue encore aujourd’hui à créer des modes féminines calquées sur le vestiaire masculin que ces stars adoraient (le pantalon large à pinces taille haute et les tissages et imprimés prince-de-galle ont encore fait beaucoup d’émules cette dernière saison), d’autres figures sont venues nourrir ce style, ce « mythe » glamour érigé en tendance. L’image de Bianca Jagger en smoking blanc, se mariant au célèbre chanteur du même nom dans les années 70, reste une référence stylistique.
Aujourd’hui, le style « tom-boy » (plus ou moins glamour) est toujours d’actualité à travers des figures médiatiques comme Kirsten Stewart ou Tilda Swinton, actrices et « muses » d’artistes et de créateurs.

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(Tilda Swinton dans le film L’Homme de Londres, photo de Bela Tarr)

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(Kirsten Stewart)

La figure de la femme habillée en homme et plus ou moins masculine est devenue en elle-même un stéréotype contribuant à faire vendre et consommer, tout en restant attractif puisqu’il symbolise toujours dans l’inconscient collectif un tabou brisé, une « déviance », un interdit contourné au profit d’une liberté physique (or, on sait que la société postmoderne adore les notions de liberté, d’abolition des frontières et de mise à mal des interdits) (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998) . La femme masculine est donc toujours associée à la pécheresse en opposition à la femme pieuse et pure, dans l’insconscient collectif.

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(Ruth Belle, défilé homme de Gucci)

Si les notions de fausse liberté et d’abolition réelle ou virtuelle des frontières caractérisant la société postmoderne actuelle vous intéressent, je vous conseille la lecture de Michel Clouscard, Michel Maffessoli, Jean Baudrillard, Jean-François Lyotard (bien sûr), Charles Melman, Dominique Quessada (notamment le livre sur la consommation de soi, hyper-intéressant), ainsi que certains textes de Yves-Charles Zarka.

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(Brooke Shields)

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(Annie Lennox)

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(le mannequin Erika Linder par Alice Hawkins pour Arena Homme +, 2014)

Belle journée !

Elena Izcue, ou l’art de réutiliser l’art précolombien

Elena Izcue, il y a deux mois, je ne connaissais pas. Mais lorsque j’ai découvert, au détour d’un rayon de médiathèque, le catalogue de l’expo ayant eu lieu au Musée du Quai Branly en 2008, franchement, j’ai été ébahi par la modernité qui se dégage des travaux d’Elena !

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Elena Izcue est née en 1889. Sa vocation de dessinatrice se déclenche tôt, et en 1910, elle suit des cours de dessin à Lima. En 1919, l’École des Beaux-Arts de la ville est créée, et Elena fait partie de la première promotion d’artiste entièrement formés au Pérou. Cette nouvelle génération d’artistes présente la particularité de combiner une très forte aspiration nationaliste et quête d’authenticité. Une sorte de mélange entre nationalisme politique et modèle classique européen du XIXe siècle se fait jour donc à l’École. Il y a cette idée d’une art « national », qui se manifeste chez Elena par cette volonté de faire revivre l’art précolombien de manière moderne.

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En 1921, elle rencontre Rafael Larco Herrera, un riche philanthrope qui désire faire d’elle sa collaboratrice (en vrai hein, pas de promo-canapé, il admire réellement son travail), car il désire promouvoir l’archéologie péruvienne, en développant des écoles modernes. Elle se consacre donc à des études de l’art précolombien, qu’elle lie à la fois à l’enseignement et aux arts décoratifs.

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Elle ne reproduit pas fidèlement les matériaux, ce n’est pas son centre d’intérêt : Elena préfère travailler à l’unification, la synthèse. Elle fait des choix artistique : par exemple, l’art Nasca, les tissus Paracas et l’art Moche seront étudiés, qui sont issus de culture côtières. En revanche, elle n’étudie pas l’art Chavin (le dessin rigide, linéaire et l’iconographie ne semble pas lui convenir, elle les trouve peut-être trop menaçants), ni le répertoire Inca.

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L’art Nasca (ou Nazca)

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Les tissus Paracas

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L’art Moche

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L’art Chavin

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L’art Inca

Au Pérou cohabite deux types d’arts décoratifs : en province, on a recours à l’artisanat local pour les meubles, l’orfèvrerie et les tapis, mais à Lima, les classes aisées préfèrent la production industrielle européenne et n’ont rien à faire de l’artisanat local, jugé trop « plouc » pour eux, qui veulent se distinguer et sortir du lot (donc copier les européens). Il n’y a donc pas de production nationale originale au sens pur du terme. Le travail d’Elena se révèle donc une prouesse exceptionnelle pour l’époque, car elle réutilise les motifs précolombiens dans un but purement décoratif.

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En 1921 a lieu le centenaire de l’Indépendance, pour cette occasion Elena et sa sœur (elles travaillent toujours ensemble) présentent un « salon incaïque » (ironique puisqu’Elena ne se sert jamais de dessins incas) dans le Musée National. C’est donc la première réelle tentative d’application du dessin précolombien à la décoration moderne, mais les réactions sont mitigées : si les officiels s’enthousiasme de ce nationalise réussi, et les visiteurs affluent mais certains ont quand même du mal à accepter cet héritage culturel qui est pour eux rétrograde, trop « sauvage ».

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La même année, un nouveau musée est crée par Victor Larco Herrera, et il demande aux sœurs d’y créer un atelier d’art décoratif en son sein. Les objets réalisés dans celui-ci sont exposés dans la boutique du musée, et dans certaines vitrines de boutique de Lima, prônant un « art national authentique ». En 1924, il vend le musée à l’État, et la production de l’atelier est arrêtée.

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Et en 1926, elle livre THE book : L’Art péruvien à l’école, c’est-à-dire une étude méthodique de l’art précolombien, destinée à être étudié en classe, il y a deux tomes, un pour les tous jeunes et un pour les plus grands. Ils sont illustrés par des centaines d’aquarelles de motifs. C’est une véritable révolution : l’intérêt pour cette archéologie existe et les études de cet art existent, mais elles sont souvent le fruit d’un travail scientifique, rarement artistiques. Elena produit ces livres dans une démarche de recherche plastique qui saute aux yeux dés que l’on ouvre ses livres.

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Ces livres sont créés dans le but de favoriser le développement d’une industrie artisanale locale. Les motifs présentés sont isolés de leur contexte originel, il n’y a aucune explications de leurs cultures d’origines ou symboliques, pas de références. Tous les styles et époques sont mélangés en une équivalence formelle, ce qui suggère une matrice culturelle péruvienne générale et cohérente, abolissant l’hétérogénéité réelle des différentes cultures du pays. On affirme donc en même temps l’existence d’un art péruvien et un héritage spirituel commun, dans une volonté de nationalisme convaincu.

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Les livres auront énormément de succès, au niveau national mais surtout international, et on voit fleurir en même temps des livres sur l’archéologie péruvienne, et un ballet « incaïque » est même crée à l’Opéra de Paris par Marguerite d’Harcourt. A ce moment-là, ce que l’on appelle l’art « nègre » a beaucoup de succès à Paris et se propage jusqu’à Lima, on suggère donc une comparaison entre ce primitivisme et l’art précolombien, c’est ce qui explique le succès des livres d’Elena, qui est traduit en anglais et en français. Le mauvais côté de ce succès, ce que l’on assimile les artisanats dits « indigènes », l’art précolombien et l’art infantile. Bien sûr, ce rapprochement est absurde, l’art des différentes cultures précolombiennes est très élaboré en réalité. On rapproche également la géométrisation des motifs comme un procédé illustrant l’essence de l’art précolombien, ce qui est faux bien sûr, mais convient bien à la tendance Art Déco du moment.

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Elena quitte le Pérou en 1927, avec sa sœur, grâce à une bourse d’étude de 2 ans. Elles s’installent à Paris et entament un intense processus d’apprentissage dans plusieurs ateliers, en décoration d’intérieur, arts graphiques, reliure, affiches, etc. Elles se rapprochent de la tendance primitiviste et moderniste, découvre Gauguin. Elena grave et sculpte sur bois en 1928, et exprime le désir d’appliquer l’art précolombien à la vie moderne : elles créent donc porcelaines, céramiques, tissus, foulards à partir de cette année. Tout cela rencontrera énormément de succès, les foulards seront notamment réalisés en collab avec la maison Worth, THE consécration parisienne !

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Les sœurs se diversifient, louent un atelier plus grands, travaillent pour d’autres firmes et pour une clientèle privée également. Le textile se vend très bien, car la même année, la première grande exposition d’art précolombien se tient à Paris, au Louvre. Il est facile à l’époque, en France, pour un artiste, de travailler pour les arts décoratifs, car ceux-ci sont valorisés, beaucoup d’artistes créeront donc des textiles, objets, décors…

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Tous les textiles des sœurs sont imprimés artisanalement, Elena refuse de massifier le travail, d’abord parce que cela demande un investissement de base conséquent qu’elle ne peut se permettre, et ensuite, parce qu’elle désire garder le contrôle de la production.

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Anecdote : c’est suite à sa rencontre avec Elena qu’Elsa Schiaparelli introduira le rose shocking, typique des textiles de Lima, dans ses collections. Elena créera des boutons pour la maison également.

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Mais bientôt surgit la crise de 1929. La vie est difficile en France, les réserves s’épuisent et Elena décide de trouver de nouveaux clients. En 1935, elles organisent une exposition et un voyage à New-York, grâce à Malvina Hoffman (sculptrice), et Anne Morgan (riche héritière, et grande cliente d’Elena). Il faut savoir que c’est une grande première : même pendant la politique du bon voisin dans les années 30, où le faux-semblant sera de mise, les USA auront du mal à reconnaître l’aspect artistique, culturel et important de l’art précolombien. En 1933, cela commence à changer car le MoMa organise l’exposition « Sources amérindiennes de l’art moderne », et l’art précolombien commence à s’y exporter.

Elles rentrent à Paris et reçoivent ensuite d’importantes commandes, mais ont du mal à les honorer à cause du caractère artisanal de leur production. Elena n’accepte donc que les commandes pouvant se réaliser à taille humaine dans l’atelier de Paris. Sa dernière œuvre significative sera un travail avec le designer Reynaldo Luza pour la décoration du Pavillon du Pérou de l’Exposition Internationale de Parsi, en 1937.

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En 1938, elles quittent Paris à cause de la guerre, et embarquent pour New-York, où les sœurs réalisent la décoration du pavillon péruvien pour la Foire Internationale de 1939.

Elles rentrent ensuite, contraintes par leurs moyens, au Pérou. Le pays a changé en leur absence, et elles ont du mal à se réadapter à cette vie. Elles font savoir dés leur retour leur volonté d’encourager le développement des artisanats locaux et de reprendre leurs tâches pédagogiques en arts appliqués, et reçoivent l’approbation et le soutien du gouvernement. Elena obtient la direction du Taller Nacional de Artes Graficas Aplicadas, instauré en 1940 pour favoriser l’artisanat par le développement d’ateliers locaux. Le but est de restaurer et perfectionner les techniques ancestrales afin de les appliquer au design contemporain. C’est un projet très dynamique qui rayonne à l’étranger, mais qui diminuera progressivement pour se réduire considérablement dans les années 50 (la mode art déco est passée). Les sœurs mettent donc un terme à leurs fonctions.

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Dans les dernières années, la production d’Elena faiblira, elle ne présentera quasiment plus son travail publiquement. Sa santé se détériore sérieusement dans les années 60, et elle mourra en 1970 des suites d’une longue maladie, plusieurs années avant sa sœur (Victoria).

Son travail tombera dans l’oubli, et elle sera absente pendant longtemps de l’histoire de l’art péruvien. Elena est pourtant une pionnière, elle a proposé une recherche artistique originale et personnelle, en conciliant sources ancestrales péruviennes et art déco contemporain.

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Je regrette juste que dans un souci de nationalisme exacerbé, la culture péruvienne, riche de beaucoup d’ethnies différentes, ait été stéréotypée en une seule forme de motifs, avec une disparition des particularités et des symboliques.

Un moyen-métrage est visible sur http://izcue.perucultural.org.pe/

Une Histoire de Poils…

(la célèbre femme à barbe Clémentine Delait)

Aujourd’hui, parlons bien, parlons poils. Oui, nos poils à nous, les filles. C’est un problème depuis la nuit des temps (enfin, bon, pas aussi loin, mais presque), et encore plus aujourd’hui.

Soyons honnête : l’homo sapiens, et encore avant, n’en a rien à fiche de ses poils. Donc, il ne s’épile pas (il a d’autres préoccupations hyper plus importantes). On va passer sur tout un pan de l’histoire occidentale, et on s’arrête chez les romains.

Les romains s’épilent (ok, c’est pas un scoop). Et quand on dit « les romains », c’est en réalité « les romaines ET les romains ». Oui, les mecs s’épilent aussi. Un romain, c’est pas hirsute. Les grecs, pareil. Les égyptiens, pareil. A l’époque, l’épilation, c’est une marque de distinction : t’es épilé, t’es pas couvert de poils hirsutes, donc tu es civilisé, tu n’es pas un barbare, assimilé à un animal (donc poilu). Je résume, mais anthropologiquement parlant, c’est ça. Un peuple composé d’humains propageant une idée de supériorité sur les autres s’épile forcément. En gros, le poil, c’est ce qui sépare l’humain de l’animal, la civilisation de la barbarie. Évidemment, c’est en partie inconscient, mais à partir du moment où l’homo sapiens sapiens  se rend compte qu’il est plus intelligent que l’animal (ou du moins, qu’il se croit supérieur à lui), il cherche à s’en démarquer, d’où la nécessité d’enlever, d’éradiquer, ce qui relie l’homme à l’animal, donc, épilation obligatoire.

Alors, on va vous dire : les gaulois ne s’épilaient pas, les vikings non plus, les goths et les celtes non plus. Alors, pour les trois derniers je ne suis pas sûre, mais les gaulois ont commencé à s’épiler avec l’arrivée des romains. C’est une forme d’intégration, et d’assimilation malheureusement. Les romains arrivent (une fois les terres conquises), épilés, cheveux courts (pour les hommes), sans barbes, maquillés, parfumés (pour les riches), ils ont donc une force d’attraction : ils sont vainqueurs, donc, on va les imiter pour être comme eux, hyper forts. C’est caricatural, mais l’inconscient humain fonctionne comme ça en partie : si quelque chose est fort, plus fort que lui, a une force d’attraction, est connu, riche, etc, alors en l’imitant, l’esprit (et le corps humain) s’attache une partie de cette force. C’est en partie à cause de cette réflexion que certaines tribus mangeaient des organes appartenant à l’ennemi tué, afin de s’approprier son courage, idem pour les animaux tués. Et si on analyse bien, l’humain fonctionne toujours ainsi : c’est grâce à ça que les tendances peuvent être lancées par des célébrités, célébrités sur lesquelles le public projette ses propres fantasmes corporels.

(L’Origine du Monde, un sexe de prostituée épilée juste ce qu’il faut)

Bref. Sautons quelques siècles. Au XIXe siècle, en France, les bourgeoises, les nobles s’épilent. Les prostituées aussi. Les femmes du peuple ont autre chose à faire à mon avis, celles qui travaillent notamment dans les champs. Les femmes s’épilent. Les hommes non : on est passé depuis belle lurette du statut « homme épilé, homme civilisé » au statut « homme velu, homme viril ». Pratique. Désormais, seules les femmes vont souffrir en enlevant la moquette.

(Frida et ses poils)

Bien sûr, ça continue au XXe siècle. Le marché de la beauté est florissant, et on n’arrête pas le progrès en terme de « dépoilage » intensif : on invente même des motifs de pubis (un camélia Chanel peut-être au-dessus de votre string ?), des crèmes anti-repousse (arnaque total), etc. Et tout ceci est en réalité lié à la fonction vitale de l’humain 2.0 : il se croit le maître du monde, et d’une certaine façon, il l’est. Donc, femme épilée, femme civilisée. On met de côté les sportifs, qui, eux, s’épilent pour de « bonnes » raisons.

Et aujourd’hui, au XXIe siècle ? Ben, on s’épile toujours (femmes et de plus en plus d’hommes). Sauf qu’un mouvement se fait jour : #bodyhairdontcare. Retour à la nature, bio, végan, naturel, pas épilée, culte de l’enracinement culturel, retour des »sorcières »… Tout ceci procède du même inconscient collectif : le nomadisme.

Aujourd’hui, l’homme sait que le monde va mal, la planète va mal. Crises financières et économiques, famine, guerres, terrorisme, mondialisation, empoisonnement de la terre, scandales alimentaires, maladies… Il voit ça tous les jours. Or, dans ce type de contexte, l’humain a fortement tendance à se retourner vers des bases solides, le passé, ou du moins le passé revisité, fantasmé, et en tout cas, ce qui lui parait solide, inaltérable. D’où notamment le retour à la nature, aux valeurs. L’arrivée du hipster. Le grand retour des racines culturelles dont on est fiers. Le bio. Les sorcières occupées à préparer tout un tas de trucs avec plantes, huiles et cristaux. Le vintage. Etc. Donc, retour des poils.

Cela pourrait être anodin si nous n’étions pas dans la génération 2.0. C’est là que ça se corse : nomadisme. Bienvenue dans le monde merveilleux des années 2017, où on veut être ailleurs mais comme chez soi, où on veut être paumé mais avec le wifi, où on veut être libre mais attaché à ses racines, où on est amoureux mais sans attaches, où on veut être avec plein de monde mais quand même dans sa bulle. Le monde 2.0 a donner naissance à ça : l’humain hybride, foncièrement narcissique, à l’esprit tellement libre qu’il ne connaît pratiquement aucune attache, et qui possède cette extraordinaire faculté à sauter du coq à l’âne et à brûler aujourd’hui ce qu’il adorait hier. En clair : un humain à l’esprit dangereusement instable, nomade, donc. Les optimistes diront : bah, les générations futures feront preuve d’une redoutable capacité d’adaptation. Sauf que non, en fait, cela paraît impossible. Car si l’être humain actuel s’adapte remarquablement bien, il ne le fait qu’avec ce que la société lui propose, il a du mal à se séparer de son confort, du confort illusoire que lui procure notamment ce monde 2.0. L’être humain ne s’adapte à des situations extrêmes et compliqués que lorsqu’il y est obligé, très rarement de son plein gré et dans ce dernier cas, c’est parce qu’il aura choisi un changement qui ne peut que lui apporter du bien.

(la fameuse Femme à Barbe de Ribeira)

Bref, je m’égare, revenons aux poils. Ce nomadisme donc, ramenant l’humain proche de la nature, va de pair bien sûr, avec cette grande vague du #bodyhairdontcare.

Et là, je vais vous parler de MES poils. Sujet hautement important n’est-il pas ? (humour). Je m’épile depuis la troisième (si vous comptez bien et que vous vous doutez de mon âge, ça fait donc… Longtemps), à la cire, en institut. Tu douilles. Franchement. Ma mère ne connaît pas sa chance, elle qui est pratiquement sans poil au naturel, et encore, hyper bien ciblés. Moi, j’ai hérité du gène poilu de mon père, une véritable arnaque à la naissance. Encore s’ils étaient ciblés. Mais non. Quand je dis « épilation des jambes », c’est TOUTE la jambe, cuisses comprises, voyez ??? Et encore, j’ai vu pire que moi, notamment des femmes obligées de s’épiler les joues tellement ça se voit trop. C’est là que le fabuleux #bodyhairdontcare perd tout son sens pour moi. Si vous tapez ce hashtag dans instagram, vous allez trouver bien sûr des tas de dessins à la gloire du poil (c’est assez poilant la plupart du temps… Désolé, il fallait que je la fasse), et aussi des photos. Sauf que j’ai remarqué un truc : les femmes montrant leurs poils le font toujours de manière ultra-ciblée. La star des poils ici, c’est l’aisselle. De la très poilue à la petite repousse d’un mois, tout le monde y va de son dessous de bras. Bon, encore, les aisselles poilues, je pourrait gérer (sauf que je transpire pas mal et que même avec un déo, les poils, dans ce cas-là, ça peut devenir… Disons, envahissant, surtout pour les autres). On voit quelques gambettes aussi. Je ne les trouve pas très poilues honnêtement, pas de vrais gorilles en vue. Un peu déçue. Et alors, quand on parle du maillot, là, c’est un peu le désert : très très peu de slips ou strings avec des poils qui débordent de partout. Les autres endroits, on n’en parle même pas. C’est là que ça me gêne : c’est comme ci on voulait bien des poils, mais hyper ciblés, pas partout partout. Parce que, franchement, qui a envie de se promener avec des poils foncés sur les joues, un genre d’intermédiaire entre la barbe et le duvet, franchement agaçant (une vraie barbe de femme, là, vous pouvez l’assumer. Ou pas) ? Honnêtement, hein ? Ou le dos, alors, voilà, une femme avec un dos velu, vous en avez déjà vu ? Moi, oui, à l’institut, parce que la femme ne pouvait pas aller à la plage comme ça, et je la comprends. Donc, si on accepte les poils, on devrait TOUS les accepter. Mais c’est loin d’être le cas en fait (à quelques exceptions près quand même).

Pourquoi je me suis épilée ? Alors, d’abord, parce qu’ils étaient ultra-foncés et ultra-longs (des petites tresses auraient été hyper esthétiques, mais c’était pas à la mode, huhuhu). Donc, après des années en institut, là, ils sont normaux : pas épais, pas trop trop foncés, gérables quoi. Ensuite, à partir de ma première année de Beaux-Arts, j’ai commencé à me faire de l’argent de poche en posant nue comme modèle pour des ateliers privés ou des cours. Et là, ben t’es obligé de t’épiler. Je réagis ici en tant qu’artiste : le cours de modèle vivant, c’est fait à la base pour que les élèves maîtrisent l’anatomie. Et les poils, ça cache les ombres, et les muscles. On comprend beaucoup mieux l’attache de l’aisselle si elle n’est pas poilue. Donc, j’ai continué de m’épiler.

Et aujourd’hui ? Cela fait quatre mois que je n’ai pas touché à mes poils. Et je vais retourner à l’institut. Eh oui. Pourquoi me direz-vous ? Eh bien, parce que, non, il n’y a rien à faire, je refuse l’animal qui est en moi, ou du moins, je le domestique. Je n’essaie pas franchement de correspondre à un canon esthétique, dont je me fiche éperdument, mais je suis parfaitement consciente qu’en m’épilant, j’affirme ma domination d’être humain sur la nature animale de l’être humain (l’épilation c’est ça aujourd’hui, sous couvert de statut esthétique, c’est juste une domination de l’animal par l’humain). Et ça me convient très bien. En plus, j’assume pas du tout le regard des autres en ce qui concerne mes poils. Autant je peux être très excentrique en terme de mode, autant les poils, pas du tout.

Je pense qu’aujourd’hui, le mouvement de libération des poils, s’il peut être revendiqué comme féministe, va plus loin que cette simple revendication. L’ensauvagement de l’humain est de plus en plus présent : nomadisme, violence, suprématie de l’instinct sur la raison, réaction démesurée face une situation somme toute banale ou anodine… L’être humain est en train de redevenir sauvage (au sens « animal instinctif »). Sachant que ce phénomène ne peut que s’accentuer, il fait peur dans la mesure où l’homme risque de devenir un animal surarmé et suréquipé en technologie.

(Portrait d’Antonietta Gonsalvue, 16e siècle)

Donc, pour moi, l’épilation, c’est l’affirmation de ma raison sur mon instinct. Tant que je respirerai et que je ne vivrais pas dans une nation m’obligeant à mettre en premier lieu mon instinct de survie plutôt que ma raison, je continuerai de faire valoir la raison sur l’instinct. Et d’ailleurs, on remarque que même dans les favelas mexicaines, les femmes, même sans un sous, continuent de s’épiler. De ce fait, elle revendiquent leur dignité de femme contre tout ce qui leur manque, parce qu’il leur manque beaucoup de choses. La même chose s’est produite dans les camps de concentration de la seconde guerre mondiale : les prisonniers gardant le désir de vivre et de s’en sortir continuaient de se laver, de se raser, parce que c’était la seule et unique chose les rattachant encore à l’humain (relisez Primo Levi). La dignité de l’homme, dans ces cas-là, passe par ses poils enlevés, parce que c’est encore la seule chose qu’il peut faire contre l’animalité qui l’entoure. Même si l’épilation est pour beaucoup de gens un canon esthétique, elle ne l’est pas pour moi, je le vois d’une autre manière. Chaque femme est libre de ces opinions, donc, chaque femme fait ce qu’elle veut de ses poils. Mais avant de choisir l’une ou l’autre décision, comprenez pourquoi vous le faites. Parce que le féminisme est aujourd’hui devenu une tendance (société de consommation bonjour, récupération de toutes les contre-cultures possibles), les poils le sont également. Je trouve cela gênant.

(Marie-Madeleine poilue, un rappel de son « épisode sauvage »)

Quelques pistes théoriques si le cœur vous en dit :

Charles Melmann, L’Homme sans gravité (psy)

Gilles Lipovetsky, La Troisième Femme (socio) (plus tous ces autres livres)

Michel Maffesoli, Iconologies (socio)

Ce dernier est décrié ces temps-ci, donc, c’est vous qui voyez, mais franchement, je ne comprends pas pourquoi son concept de « nomadisme » fait bondir ses collègues sociologues, vu que c’est vrai, et qu’on est en plein dedans (faut être une taupe pour ne pas s’en rendre compte). Je crois que le crime du Monsieur, c’est de mettre la sociologie à portée de tous.

Belle journée !

 

La Maison de l’Armateur, une décor spectaculaire et étrange…

Toutes mes excuses pour le temps d’attente, mais j’ai eu pas mal de travail (j’en ai encore, mais quand même, il faut faire vivre ce blog, et j’ai des tas de billets en attente ! Et ça, c’est pour vous donner envie de revenir…^^), donc, pas d’article la semaine dernière. Je vous retrouve aujourd’hui avec cet article sur un musée extraordinaire, situé à Rouen : la Maison de l’Armateur. Je n’étais pas très motivée à l’idée d’y aller : la reconstitution d’un hôtel particulier du XVIIIe siècle me laissait de marbre, ce n’est pas vraiment ma période préférée, mais bon, c’était bête d’aller à Rouen et de ne pas faire TOUS les musées (voir mes articles précédents sur le Musée Flaubert et le Musée des Beaux-Arts…), donc, j’y suis allée. Je n’ai pas regretté ! En effet, rien que pour l’architecture, c’est extraordinaire ! Cet hôtel particulier est en effet construit selon une forme octogonale sur 5 étages avec un puits de lumière central, je n’avais jamais vu ça ! Un miracle qu’il ait été épargné par les bombardements…

Le premier architecte, en 1790 fut Paul-Michel Thibault, et son œuvre fut continuée par Pierre Adrien Pâris. La demeure est achetée en 1800 par un armateur, Martin-Pierre Foache, d’où le nom donné à la maison. Il en fit sa résidence d’hiver (modestement). La reconstitution tourne autour de différentes ambiances fin XVIIIe siècle et début XIXe siècle, tout cela très néo-classique.

Le Bureau de Monsieur

Un petit Salon (fan de ce tissu, imprimé à la planche…)

Le Boudoir de Mme

La salle à manger, hyper néo-classique style grec et camées…

D’autres pièces néo-classiques…

L’Atelier des modes…

Détails…

Et bien sûr, il y a un cabinet de curiosités (alléluia !)…

(le masque mortuaire de Napoléon, l’un des quelques exemplaires de son médecin personnel, celui-ci fut donné à M. Allègre, capitaine, en 1840, qui en fit ensuite don à la ville)

L’exposition temporaire était liée à des œuvres de la Maison Lignereux, créatrice d’objets d’art depuis 1787, donc, ça collait tout à fait à l’ambiance…

Belle journée !