Elena Izcue, ou l’art de réutiliser l’art précolombien

Elena Izcue, il y a deux mois, je ne connaissais pas. Mais lorsque j’ai découvert, au détour d’un rayon de médiathèque, le catalogue de l’expo ayant eu lieu au Musée du Quai Branly en 2008, franchement, j’ai été ébahi par la modernité qui se dégage des travaux d’Elena !

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Elena Izcue est née en 1889. Sa vocation de dessinatrice se déclenche tôt, et en 1910, elle suit des cours de dessin à Lima. En 1919, l’École des Beaux-Arts de la ville est créée, et Elena fait partie de la première promotion d’artiste entièrement formés au Pérou. Cette nouvelle génération d’artistes présente la particularité de combiner une très forte aspiration nationaliste et quête d’authenticité. Une sorte de mélange entre nationalisme politique et modèle classique européen du XIXe siècle se fait jour donc à l’École. Il y a cette idée d’une art « national », qui se manifeste chez Elena par cette volonté de faire revivre l’art précolombien de manière moderne.

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En 1921, elle rencontre Rafael Larco Herrera, un riche philanthrope qui désire faire d’elle sa collaboratrice (en vrai hein, pas de promo-canapé, il admire réellement son travail), car il désire promouvoir l’archéologie péruvienne, en développant des écoles modernes. Elle se consacre donc à des études de l’art précolombien, qu’elle lie à la fois à l’enseignement et aux arts décoratifs.

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Elle ne reproduit pas fidèlement les matériaux, ce n’est pas son centre d’intérêt : Elena préfère travailler à l’unification, la synthèse. Elle fait des choix artistique : par exemple, l’art Nasca, les tissus Paracas et l’art Moche seront étudiés, qui sont issus de culture côtières. En revanche, elle n’étudie pas l’art Chavin (le dessin rigide, linéaire et l’iconographie ne semble pas lui convenir, elle les trouve peut-être trop menaçants), ni le répertoire Inca.

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L’art Nasca (ou Nazca)

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Les tissus Paracas

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L’art Moche

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L’art Chavin

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L’art Inca

Au Pérou cohabite deux types d’arts décoratifs : en province, on a recours à l’artisanat local pour les meubles, l’orfèvrerie et les tapis, mais à Lima, les classes aisées préfèrent la production industrielle européenne et n’ont rien à faire de l’artisanat local, jugé trop « plouc » pour eux, qui veulent se distinguer et sortir du lot (donc copier les européens). Il n’y a donc pas de production nationale originale au sens pur du terme. Le travail d’Elena se révèle donc une prouesse exceptionnelle pour l’époque, car elle réutilise les motifs précolombiens dans un but purement décoratif.

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En 1921 a lieu le centenaire de l’Indépendance, pour cette occasion Elena et sa sœur (elles travaillent toujours ensemble) présentent un « salon incaïque » (ironique puisqu’Elena ne se sert jamais de dessins incas) dans le Musée National. C’est donc la première réelle tentative d’application du dessin précolombien à la décoration moderne, mais les réactions sont mitigées : si les officiels s’enthousiasme de ce nationalise réussi, et les visiteurs affluent mais certains ont quand même du mal à accepter cet héritage culturel qui est pour eux rétrograde, trop « sauvage ».

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La même année, un nouveau musée est crée par Victor Larco Herrera, et il demande aux sœurs d’y créer un atelier d’art décoratif en son sein. Les objets réalisés dans celui-ci sont exposés dans la boutique du musée, et dans certaines vitrines de boutique de Lima, prônant un « art national authentique ». En 1924, il vend le musée à l’État, et la production de l’atelier est arrêtée.

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Et en 1926, elle livre THE book : L’Art péruvien à l’école, c’est-à-dire une étude méthodique de l’art précolombien, destinée à être étudié en classe, il y a deux tomes, un pour les tous jeunes et un pour les plus grands. Ils sont illustrés par des centaines d’aquarelles de motifs. C’est une véritable révolution : l’intérêt pour cette archéologie existe et les études de cet art existent, mais elles sont souvent le fruit d’un travail scientifique, rarement artistiques. Elena produit ces livres dans une démarche de recherche plastique qui saute aux yeux dés que l’on ouvre ses livres.

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Ces livres sont créés dans le but de favoriser le développement d’une industrie artisanale locale. Les motifs présentés sont isolés de leur contexte originel, il n’y a aucune explications de leurs cultures d’origines ou symboliques, pas de références. Tous les styles et époques sont mélangés en une équivalence formelle, ce qui suggère une matrice culturelle péruvienne générale et cohérente, abolissant l’hétérogénéité réelle des différentes cultures du pays. On affirme donc en même temps l’existence d’un art péruvien et un héritage spirituel commun, dans une volonté de nationalisme convaincu.

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Les livres auront énormément de succès, au niveau national mais surtout international, et on voit fleurir en même temps des livres sur l’archéologie péruvienne, et un ballet « incaïque » est même crée à l’Opéra de Paris par Marguerite d’Harcourt. A ce moment-là, ce que l’on appelle l’art « nègre » a beaucoup de succès à Paris et se propage jusqu’à Lima, on suggère donc une comparaison entre ce primitivisme et l’art précolombien, c’est ce qui explique le succès des livres d’Elena, qui est traduit en anglais et en français. Le mauvais côté de ce succès, ce que l’on assimile les artisanats dits « indigènes », l’art précolombien et l’art infantile. Bien sûr, ce rapprochement est absurde, l’art des différentes cultures précolombiennes est très élaboré en réalité. On rapproche également la géométrisation des motifs comme un procédé illustrant l’essence de l’art précolombien, ce qui est faux bien sûr, mais convient bien à la tendance Art Déco du moment.

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Elena quitte le Pérou en 1927, avec sa sœur, grâce à une bourse d’étude de 2 ans. Elles s’installent à Paris et entament un intense processus d’apprentissage dans plusieurs ateliers, en décoration d’intérieur, arts graphiques, reliure, affiches, etc. Elles se rapprochent de la tendance primitiviste et moderniste, découvre Gauguin. Elena grave et sculpte sur bois en 1928, et exprime le désir d’appliquer l’art précolombien à la vie moderne : elles créent donc porcelaines, céramiques, tissus, foulards à partir de cette année. Tout cela rencontrera énormément de succès, les foulards seront notamment réalisés en collab avec la maison Worth, THE consécration parisienne !

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Les sœurs se diversifient, louent un atelier plus grands, travaillent pour d’autres firmes et pour une clientèle privée également. Le textile se vend très bien, car la même année, la première grande exposition d’art précolombien se tient à Paris, au Louvre. Il est facile à l’époque, en France, pour un artiste, de travailler pour les arts décoratifs, car ceux-ci sont valorisés, beaucoup d’artistes créeront donc des textiles, objets, décors…

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Tous les textiles des sœurs sont imprimés artisanalement, Elena refuse de massifier le travail, d’abord parce que cela demande un investissement de base conséquent qu’elle ne peut se permettre, et ensuite, parce qu’elle désire garder le contrôle de la production.

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Anecdote : c’est suite à sa rencontre avec Elena qu’Elsa Schiaparelli introduira le rose shocking, typique des textiles de Lima, dans ses collections. Elena créera des boutons pour la maison également.

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Mais bientôt surgit la crise de 1929. La vie est difficile en France, les réserves s’épuisent et Elena décide de trouver de nouveaux clients. En 1935, elles organisent une exposition et un voyage à New-York, grâce à Malvina Hoffman (sculptrice), et Anne Morgan (riche héritière, et grande cliente d’Elena). Il faut savoir que c’est une grande première : même pendant la politique du bon voisin dans les années 30, où le faux-semblant sera de mise, les USA auront du mal à reconnaître l’aspect artistique, culturel et important de l’art précolombien. En 1933, cela commence à changer car le MoMa organise l’exposition « Sources amérindiennes de l’art moderne », et l’art précolombien commence à s’y exporter.

Elles rentrent à Paris et reçoivent ensuite d’importantes commandes, mais ont du mal à les honorer à cause du caractère artisanal de leur production. Elena n’accepte donc que les commandes pouvant se réaliser à taille humaine dans l’atelier de Paris. Sa dernière œuvre significative sera un travail avec le designer Reynaldo Luza pour la décoration du Pavillon du Pérou de l’Exposition Internationale de Parsi, en 1937.

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En 1938, elles quittent Paris à cause de la guerre, et embarquent pour New-York, où les sœurs réalisent la décoration du pavillon péruvien pour la Foire Internationale de 1939.

Elles rentrent ensuite, contraintes par leurs moyens, au Pérou. Le pays a changé en leur absence, et elles ont du mal à se réadapter à cette vie. Elles font savoir dés leur retour leur volonté d’encourager le développement des artisanats locaux et de reprendre leurs tâches pédagogiques en arts appliqués, et reçoivent l’approbation et le soutien du gouvernement. Elena obtient la direction du Taller Nacional de Artes Graficas Aplicadas, instauré en 1940 pour favoriser l’artisanat par le développement d’ateliers locaux. Le but est de restaurer et perfectionner les techniques ancestrales afin de les appliquer au design contemporain. C’est un projet très dynamique qui rayonne à l’étranger, mais qui diminuera progressivement pour se réduire considérablement dans les années 50 (la mode art déco est passée). Les sœurs mettent donc un terme à leurs fonctions.

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Dans les dernières années, la production d’Elena faiblira, elle ne présentera quasiment plus son travail publiquement. Sa santé se détériore sérieusement dans les années 60, et elle mourra en 1970 des suites d’une longue maladie, plusieurs années avant sa sœur (Victoria).

Son travail tombera dans l’oubli, et elle sera absente pendant longtemps de l’histoire de l’art péruvien. Elena est pourtant une pionnière, elle a proposé une recherche artistique originale et personnelle, en conciliant sources ancestrales péruviennes et art déco contemporain.

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Je regrette juste que dans un souci de nationalisme exacerbé, la culture péruvienne, riche de beaucoup d’ethnies différentes, ait été stéréotypée en une seule forme de motifs, avec une disparition des particularités et des symboliques.

Un moyen-métrage est visible sur http://izcue.perucultural.org.pe/

Architecture, Géométrie et Bijoux : avoir du style en restant simple

Je ne sais pas pourquoi, mais les gens s’attendent toujours à me voir avec des bijoux hyper baroques ou gothiques (genre shoker en dentelle, grosse croix byzantine, etc). Bon, c’est vrai, j’en ai porté pendant pas mal d’années, mais j’ai changé. Parce que si j’aime, j’adore le baroque, en revanche, à porter tous les jours, c’est devenu « no way ». Je ne suis pas le genre de fille à me pomponner pendant des heures, à passer au bas mot une heure trois quart (pour pas dire deux heures) dans la salle de bain à me faire un make-up de la mort qui tue qui va finir en dégoulinade au bout de 4 heures (oui, j’ai testé, on se moque pas). Ce qui signifie que je ne suis pas le genre de fille à porter des jupes, des bas, des corsets, des bijoux compliqués. MAIS je ne sacrifie pas au style (oui quand même, j’ai ma fierté, et ressembler à un sac à patates, c’est pas une priorité dans la vie). Donc : il faut que ça aille vite, que ça claque sans en faire trop, et que ça donne du style. D’où mon amour des bijoux géométriques.

I do not know why, but people always expect to see me with baroque or Gothic hyper jewels (kind lace shoker, big Byzantine cross, etc.). Well, it’s true, I wore it during quite a lot of years, but I changed. Because if I like, I adore the baroque, on the other hand, to wear every day, it became « no way ». I am not girl’s kind to get dolled up for hours, to spend at least one hour and three quarter in the bathroom to make me a make-up which is going to end in trickle at the end of 4 hours (yes, I tested, we laugh not). What means that I am not girl’s kind to wear skirts, stockings, corsets, complicated jewels. BUT I do not sacrifice to the style (yes all the same, I have my pride, and look like a bag with potatoes, it is no priority in the life). Thus : that has to go fast, class without making it too much, and to give of the style. Where from my love of the geometrical jewels.

Bon, je vous explique la chose, si jamais vous êtes toujours là après ce pavé pas toujours très compréhensible.

Well, I explain you the thing, if ever you are always there after this pavement not always very understandable.

Avant, j’étais une fille qui collait à son style baroque : dentelle, noir, or, gros bijoux, talons hauts, etc. Oui, mais ça, c’était avant (non, je ne suis pas hantée par la pub, Alain, sors de ce corps !). En réalité je me suis rendue compte que ce n’était qu’une façade construite pour parfaitement coller à ce que les gens attendaient de moi et de ma personnalité. Mais ce n’est pas ce que je suis en réalité : je préfère largement miser sur une superbe paire de baskets, qui va me permettre d’associer style et confort, plutôt que sur des talons de 12, qui vont me permettre d’être stylée sans course à pieds. J’aime le style ET le confort. Aujourd’hui, après des problèmes de santé pas toujours très marrants, le confort est devenu essentiel. Je conserve mon style quoi qu’il arrive, même à un super gala top classe. Assez tomboy, un rien japonais (les japonais sont les pro du « no gender », je peux m’habiller chez les mecs, trop cool !), un peu « minimal », « neutral », pas mal d’oversized, un peu de flamand et de amish, un rien rock’n’roll. Noir, bleu, gris, beige, quelques touches de vert et de rouge… Plus du tout de baroque, de seventies, de choses compliquées qui ne servent qu’à m’énerver. Et des accessoires, car, dans ce type de look, c’est EUX qui donnent le style : d’où mon amour des pièces uniques, imposantes, géométriques, et color block, que ce soit en bijoux, en chaussures, en sac. Ajoutez à ça un chapeau, un gilet et une écharpe, et c’est parti. C’est sans doute mon goût pour l’art déco et l’architecture moderne et contemporaine qui parle…

Before, I was a girl who stuck on her baroque style: lace, black, yet, big jewels, high heels, etc. Yes, but that, it was before. In reality I realized that it was only a facade built to stick perfectly on what people expected from me and from my personality. But it is not what I am in reality : I widely prefer to bet on a magnificent pair of sneakers, which is going to allow me to associate style and comfort, rather than on heels of 12, which are going to allow me to be stylish without running. I like the style AND the comfort. Today, after health problems not always very funny, the comfort became essential. I keep my style whatever happens, same in a great classy top official reception. Enough tomboy, a Japanese mere nothing (Japanese are pro of  » no gender « , I can get dressed at the guy’s, too cool !), a little bit « minimal »,  » neutral « , oversized, a little of Flemish and Amish, a little rock ‘n’ roll. Black, blue, grey, beige, some touches of green and red… Anymore of the baroque, the seventies, the complicated things which serve only to irritate me. And accessories, because, in this type of look, it is THEM who give the style : where from my love of the unique, impressive, geometrical things, and color block, whether it is in jewels, in shoes, in bag. Add to that a hat, a vest and a scarf, and let’s go ! Perhaps it’s my love for Art Deco and architecture modern…

Voici donc quelques échantillons de mes bijoux géométriques, je n’ai guère les moyens de me payer du Marni, du Céline, du Vionnet et du Ellery, mais j’y crois, un jour peut-être !

Here is thus some samples of my geometrical jewels, I  have not the money to buy Marni, Céline, Vionnet and Ellery, but I believe in it, one day maybe!

Et ci-dessous, mes rêves en images (pinterest est ton meilleur ami) / And below, my dreams in images (pinterest is your best friend) :

Marni

Ellery

CONTOURstudio, via Etsy

Zimmerman

Zara

Vionnet

Salomé Charly

Belle journée mes ptites licornes !

Farrow and Ball et le XIXe siècle, une vision contemporaine

Vous êtes peut-être, comme moi, fan de décoration d’intérieur… Je me précipite chez le marchand de journaux chaque fois que sors le nouveau Milk Décoration et le nouveau Marie-Claire Maison, qui sont les deux seuls magazines de déco que j’achète (ben oui, il y a aussi les magazines de mode, comme Citizen K, L’Officiel, l’abonnement à Vogue, parfois Numéro, parfois Flow et Paulette… Bref. J’adore le papier et la photo mais ça, ce sera pour un autre post). Et force est de constater que l’on voit de plus en plus de parti-pris décoratifs audacieux en terme de couleurs. Le règne du tout blanc tout propre est terminé, place à une autre dictature : les couleurs sombres et mats, avec des accents colorés. Cette mode ne date pas d’hier. En tant qu’ex-étudiante en conservation et restauration du patrimoine bâti, je connais deux-trois trucs en terme d’histoire de la décoration d’intérieur, notamment en ce qui concerne le XIXe siècle (oui, parce que je suis une inconditionnelle du XIXe, faut le savoir). A la période néo-gothique, la déco était, comment dire… Surchargée. Et encore, le mot est faible. Imaginez des pièces (parquet au sol obligatoire) avec cheminées en marbre (le plus souvent), tapis à foison, meubles lourds, sombres, et massifs à dessins compliqués, tentures lourdes, tapisseries, le tout sur des murs tapissés également de motifs complexes et sombres. Une véritable cacophonie visuelle, à rendre foi n’importe qui, un rien oppressant, et censée rappeler les décors néo-gothiques du Moyen-Age (on en était loin, mais seule l’idée importait). C’est sans doute l’époque la plus moche de toute l’histoire de la déco. Dans ma vie, je n’ai rencontré qu’une seule personne qui s’épanouissait dans ce type de décor. Mais bon, c’était un vampire, c’est sans doute normal (les vampires, c’est très néo-gothique).

You are maybe, as me, a fan of interior design … I rush at the newsdealer every time take out new Milk Décoration and new Marie-Claire Maison, which are two only magazines of decoration which I buy (well, yes, there are also fashion magazines, as Citizen K, L’Officiel, the subscription to Vogue, sometimes Numero, sometimes Flow and Paulette … I adore the paper and the photo but that, it will be for another comment). And we have to admit that we see more and more bias ornamental audacious in term of colors. The reign of every quite own white is ended, places in another dictatorship: dark colors and matt, with colored accents. This fashion does not date of yesterday. As former student in preservation and heritage restoration, I know two-three things in term of history of the interior design, in particular as regards the XIXth century (yes, because I am an ardent supporter of the XIXth, needs to know him). In the neogothic period, the decoration was, how to say … Overloaded. And still, the word is low. Imagine rooms (parquet on the compulsory ground) with marble fireplaces (most of the time), hidden in abundance, heavy, dark furniture, and massive to complicated drawings, heavy hangings, tapestries, the whole on walls papered also with complex and dark motives. A real visual cacophony, to return faith anyone, an oppressive mere nothing, and supposed to call back the neogothic decorations of the Middle Ages (we were far from it, but only the idea imported). It is doubtless the ugliest time of all the history of the decoration. In my life, I met only a single person who bloomed in this type of decoration. Well, it was a vampire, it’s doubtless normal (vampires, it’s very neogothic).

De cette cacophonie, ne retenons aujourd’hui qu’une chose : les couleurs denses et intenses, qui donnent du caractère à une pièce, même sur un seul mur. Et c’est là que Farrow and Ball intervient, car ils ont sans doute les plus belles couleurs sombres et intenses de toutes les marques de peintures (ok, Dulux Valentine a AUSSI ma préférence). Il y a quelque chose de magique sur le site de Farrow and Ball : vous pouvez commander des échantillons de papiers peints (5 max par commande), qui sont livrés très rapidement au format A4. Je les collecte précieusement, et en fais des carnets à reliures japonaises. J’ai donc ressorti une série de vieilles photos, que j’ai classées par couleur, assorties de trouvailles pinterest, afin de vous proposer des ambiances contemporaines mais avec des couleurs très XIXe siècle. C’est dans les vieux pots, n’est-ce pas…

Of this cacophony, let us hold only a thing today : the dense and intense colors, which give of character to a room, even on a single wall. And it’s there that Farrow and Ball intervenes, because they doubtless have the most beautiful dark and intense colors of all the marks of paints (OK, Dulux Valentine also has my preference). There is something magic on the website of Farrow and Ball : you can command samples of wallpapers (5 max by order), which are very quickly delivered to the format A4. I collect them affectedly, and make it little notebooks. Thus I took out again a series of old photos, which I classified by color, matched of finds pinterest, to propose you of the contemporary atmospheres but with colors of XIXth century.

Les gammes de verts et de bleus  /  Blue and Green :

Mes carnets, réalisés avec les papiers paints Farrow and Ball

Des ambiances contemporaines avec les peintures Farrow and Ball :

Les gammes de crèmes et de rouges  /  Cream and Red :

Mes carnets, réalisés avec les papiers paints Farrow and Ball

Des ambiances contemporaines avec les peintures Farrow and Ball :

Les gammes de neutres  /  Neutrals :

Les gammes de jaunes / Yellow :

Belle journée mes ptites licornes !

 

Festival du Lin : Artistes

Voici l’avant-dernier post (après celui de lundi, mardi, mercredi et jeudi) concernant le Festival du Lin. Il est consacré aux différentes expositions d’artistes que j’ai pu visiter lors du festival, et dans l’ensemble, la qualité était plutôt bonne, voire très bonne… Tous ces artistes ont un point commun : ils travaillent tous avec de la fibre, qu’il s’agisse de tissus ou de papiers…

Demain, un article spécial sur une artiste que j’ai particulièrement aimée !

Here is another post (after that of Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday) concerning the Festival of the Linen. It’s dedicated to the various exhibitions of artists which I was able to visit during the festival, and altogether, the quality was good, very good rather even… All these artists have a common point : they work all with the fiber, that it’s about fabrics or about papers…

Tomorrow, a special article on an artist that I particularly loved !

Dominique Moreau

Catherine Herbertz

Ferri Garcès

Frédérique Breuillé

Mylène Boisvert

Françoise Hoffmann

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Créateurs et artisans

Après lundi et mardi, voici l’article sur les créateurs et artisans présents au salon du Festival du Lin ! Une petite sélection de mes favoris…

Anne fo création, de beaux vêtements, et surtout, de superbes bijoux en corne, que j’ai adorés !

KP Boutique, une boutique de Rouen (ô miracle), qui vend notamment de jolis vêtements en lin…

Création MARRAK, une boutique un peu éloignée (à Hendaye), mais les créations sont vraiment magnifiques… Sur le site, on est loin d’avoir des visuels de toutes les créations, et celles présentes sur le salon étaient vraiment superbes… Mais elles ne sont pas sur le site…

Cabedine, une marque de sacs, fabrication 100% française, avec des matériaux à 95 % français (le reste vient d’Italie ou d’Allemagne…), sobres, épurés…

Stéphanie Pétuya, de la literie artisanale en pure laine vierge et lin naturel, j’ai craqué sur les couettes et les édredons, qui sont parfaits…

La Laine et les étoiles, qui fait notamment de très jolies mitaines et manchettes réalisées, en laine, coton, lin… Une jolie association !

Sashiko-ya, broderie traditionnelle japonaise, mise au goût du jour par une charmante créatrice, qui vend également des tissus japonais superbes, surtout les indigos… C’est à elle que j’ai acheté mes deux coupons…

Ipso Factory, une belle gamme de sacs comme je les aime : solides, épurés, simples, pratiques, et de qualité, faits avec des matériaux de récupération…

Rouge Garance, une créatrice très gentille, qui fait des merveilles avec de la laine et de la soie…

Belle journée mes licornes !

 

Festival du Lin : boutiques et brocantes

Comme annoncé hier, voici un article consacré aux différentes boutiques, revendeurs et brocanteurs, présents sur le salon du festival du lin, et qui m’ont interpellés…

As announced yesterday, here is an article dedicated to the various shops, the retailers and the secondhand goods dealers, present on the show of the festival of the linen…

Lin et l’Autre, une boutique pour DIY à Varengeville-sur-mer / Lin et l’Autre, a DIY shop in Varengeville-sur-mer

Kashmir Heritage, une fantastique boutique où l’on trouve des tissus et cachemires indiens, ainsi que des vêtements magnifiques avec impressions à la planche / Kashmir Heritage, a fantastic shop with fabrics and cashmere, and beautiful clothes with printed board

La Courtepointe et les Roses, une boutique éphémère pendant l’été à Veules-les-Roses, où l’on déniche des trésors anciens et vintage / La Courtepointe et les Roses, a shop in Veules-les-Roses, with beautiful vintage things

Ma Reine la bonne fée, une jolie boutique (uniquement sur les salons pour l’instant, mais prochainement, un facebook) tenue par Alexandra Marois, où l’on trouve de jolis objets vintage, ainsi que de très belles créations textiles… / Ma Reine la bonne fée, a nice shop by Alexandra Marois, with vintage and clothes

Le Petit Brocanteur, qui abrite de véritables trésors anciens et vintage : textile, objets… Une mine d’or ! / Le Petit Brocanteur, with real nice things vintage : fabrics, accessories, home decor…

La Ferme du Vieux Buisson, spécialisée en lin, chanvre et colza, disponibles en huiles, farines, graines, paillages et isolation

Il y en a d’autres, bien sûr, qui m’ont beaucoup plu, malheureusement ils n’avaient pas cartes et encore moins de site internet… Notamment un vendeur de galons et plastrons brodés superbes (et pas trop chers), et une vendeuse de galons brodés indiens, absolument somptueux…

There is others, of course, who pleased me, unfortunately they had no business cards and no web site … In particular a seller of stripes and magnificent embroidered plastrons (and not too expensive), and a seller of Indian, absolutely luxurious embroidered stripes …

Belle journée mes ptites licornes !

Le Festival du Lin, minimal, boho et hipster !

Les 7, 8 et 9 juillet de chaque année, c’est le festival du lin en Normandie (en Seine-Maritime plus exactement). Pourquoi là-bas ? Parce qu’on y trouve une nouvelle culture du lin, et pleins d’artisans. Pendant trois jours, les petits villages voient défiler tout ce que la région (voire la France, voire le monde) compte de bohos, bobos, hipsters et amoureux du bio, du minimal neutral, du natural kei, de l’artisanat et du fait main. Pour mon plus grand bonheur, j’avoue. J’ai eu la surprise de découvrir des stands et expos de qualité, ce qui est malheureusement rarement le cas dans beaucoup de manifestations artisanales. Cette semaine est donc placée sous le signe de ce festival : aujourd’hui, un article global, et ensuite des articles plus précis sur certains artistes et créateurs…

On July 7th, 8th and 9th of every year, it’s the festival of the linen in Normandy (in Seine-Maritime more exactly). Why over there ? Because we find a new culture of the linen there, and full of craftsmen. During three days, the small villages see parading all that the region (even France, even world) bohos, bobos, hipsters and lover of the bio, minimal neutral, natural kei, crafts and hand-made. For my biggest happiness, I admit. I had the surprise to discover stands and quality exhibitions, which is unfortunately rarely the case in many craft demonstrations. Thus this week is placed under the sign of this festival : today, a global article, and then more precise articles on certain artists and creators …

D’abord, je n’ai pas visité toutes les expos, car elles ne m’intéressaient pas toutes : je ne suis pas une fan de broderies sauf quand elle est très moderne (c’est la grande tendance du moment : tapez #modernembroidery sur instagram ou twitter, ou pinterest, vous verrez…) ou très ancienne, et le patchwork et autres quilts me laissent assez indifférente. En revanche, la création textile m’intéresse beaucoup. J’ai donc d’abord visité le salon, où se trouvent réunis environ 100 exposants, créateurs, brocanteurs, revendeurs en textile et fibre. Un vrai bonheur, et j’ai dû me réfréner pour ne pas acheter compulsivement ! Je me suis juste laissé tenter par des morceaux de tissus indigo japonais, qui vont se transformer en sachets de lavande à mettre dans mon dressing. Je parlerai plus en détail des revendeurs et brocanteurs qui m’ont plu demain…

At first, I didn’t visit all the exhibitions, because they didn’t interest me all : I am not a fan of embroidery except when it’s very modern (it’s the big trend of moment : type #modernembroidery on instagram or twitter, or pinterest, you will see) or very old, and the patchwork and other quilts leave me rather indifferent. On the other hand, the textile creation interests me a lot. I visited thus at first the show, where are gathered approximately 100 exhibitors, creators, secondhand goods dealers, retailers in textile and fiber. A real happiness, and I had to check not to buy compulsively ! I am a just man let tempt by Japanese indigo pieces of cloth, which are going to be transformed into bags of lavender to be put in my dressing room. I shall speak more in detail retailers and secondhand goods dealers who pleased me tomorrow …

Parmi les créateurs se trouvait le tout jeune atelier Bel-Event, dont je parlerai plus en détail jeudi, avec un article adapté à leurs créations (genre, le big suspens !)… Les autres créateurs que j’ai vraiment apprécié se verront offrir un article collectif mercredi.

Among the creators was the very young workshop Bel-Event, about which I shall speak more in detail on Thursday, with an article adapted to their creations (the big suspense !) … Other creators that I really appreciated will be offered a collective article on Wednesday.

Ensuite, j’ai fait quelques expos. J’y ai vu des choses qui m’ont moins marqué, pas assez originales à mon goût, et j’ai découvert une artiste extraordinaire, à laquelle je consacrerai un article samedi. Les autres artistes auront droit à un article collectif vendredi, restez en éveil !

Then, I made some exhibitions. I saw things there which less marked me, not rather original to my taste, and I discovered an extraordinary artist, to whom I shall dedicate an article on Saturday. Other artists will be entitled to a collective article on Friday, stay on the alert !

Le site du festival, avec tous les détails : http://www.festivaldulin.org

Ci-dessous, les deux morceaux de tissus japonais que j’ai acheté :

 

Belle journée mes ptites licornes !