Le Kitsch, c’est quoi ?

(Vogue Uk, dec 2012)

Question existentielle. Mes prochaines années d’études, et celles qui viennent de s’écouler, sont toutes entières tournées vers ce thème, inhérent à notre société postmoderne. Donc, j’ai pas mal lu sur le kitsch, et il m’en reste encore à lire. En discutant avec pleins de gens de ce thème, je me suis rendu compte que le kitsch engendre un réel problème de compréhension. Donc, le kitsch, c’est quoi ?

Existential question. My next years of studies, and those who have just passed by, are the whole turned to this theme, inherent to our postmodern society. Thus, I  read many many books on the kitsch, and I still have there to read. By discussing with peoples of this theme, I realized that the kitsch engenders a real problem of understanding. Thus, the kitsch, it’s what?

(Chris Braceys)

Déjà, il y a deux sortes de kitsch. D’abord, il y a le kitsch comme révélateur de goût personnel. Par exemple, je trouve qu’un nain de jardin c’est l’un des summum du kitsch en terme de goût, tout comme les dauphins en céramique, les poupées de porcelaine et les biches en plastiques. Mais c’est juste mon avis, et il y a des tas de gens qui trouve qu’un nain de jardin c’est très beau (si si si, je vous jure). Et ensuite, il y a le kitsch revendiqué, notamment par des artistes comme Pierre et Gilles, Wim Delvoye, Gilbert and Georges, Jessica Harrison, Jeff Koons, Mark Ryden et tous les artistes pop-surréalistes.

Already, there are two sorts of kitsch. At first, there is a kitsch for revelation of personal taste. For example, I find that a garden gnome is one of highlight of the kitsch in tasteful term, just like ceramic dolphins, porcelain dolls and hinds in plastics. But it’s just my opinion, and there are loads of people who finds that a garden gnome is very beautiful. And then, there is kitsch claimed, in particular by artists as Pierre and Gilles, Wim Delvoye, Gilbert and Georges, Jessica Harrison, Jeff Koons, Mark Ryden and all the pop-surrealist artists.

(David LaChapelle)

Je vais tenter d’expliquer la chose velue, probablement rose et très certainement pailletée qui me fait face en tonnant des « prout » retentissants en forme d’arc-en-ciel et qui fleurent bon la rose : le kitsch. La notion est complexe (la longue phrase bizarre qui précède vous aiguille un peu dans mon raisonnement).

I am going to try to explain the hairy, probably pink thing and very certainly spangled which faces me by thundering « fart » resounding in the shape of rainbow and which smell sweetly the rose : the kitsch. The notion is complex (the long strange sentence which precedes directs you a little in my reasoning).

(Jeff Koons)

J’ai lu des tas de choses sur le kitsch, pas toujours très bonnes à vrai dire. Dire que le vintage n’est pas kitsch est une aberration puisque qu’il n’y a pas plus kitsch que la vogue du vintage comme révélateur de notre rapport à l’objet en tant qu’individus postmodernes. Disons qu’il y a deux sortes d’écrits sur le kitsch : ceux qui sont contre, comme Greenberg, Kundera, Broch ou Dorfles, et ceux qui sont, disons pas forcément pour, mais en tout cas indulgents, comme Sternberg, ou Moles (ceux-là, curieusement sont plus rares).

I read heaps of things on the kitsch, not always very good to tell the truth. Say that the vintage is not kitsch is an aberration because that it more kitsch there than the fashion of the vintage as the revelation of our relationship in the object as postmodern individuals. Let us say that there are two sorts of papers on the kitsch : those who are against, as Greenberg, Kundera, Broch or Dorfles, and those who are, let us say not necessarily for, but in any case indulgent, as Sternberg, or Moles (those, curiously is rarer).

(Jessica Harrison)

Pour les premiers le kitsch est, au mieux une manifestation de très mauvais goût révélateur d’une culture pas très riche pouvant être une atteinte au grand Art, et au pire, un révélateur d’une société dictatoriale en matière de goût et de consumérisme. Cette dernière théorie est intéressante, car, bien que les auteurs précédemment cités aient écrits leurs théories il y a de cela pas mal d’années, on constate que la société postmoderne est en plein dedans !

Pour les seconds, le kitsch est juste une forme de recette du bonheur, l’art au service du peuple. Le kitsch est confortable, il rend heureux et il réenchante notre quotidien un peu tristounet (c’est son but premier en fait).

For the first ones the kitsch is, at best a demonstration of very bad revealing taste of a not very rich culture which can be an infringement on the big Art, and on the the worst, a revelation of a dictatorial society regarding taste and regarding consumerism. This last theory is interesting, because, although the authors previously quoted wrote their theories there is a lot of years, we notice that the postmodern society is in height inside !

For the second, the kitsch is just a shape of recipe of the happiness, the art in the service of the people. The kitsch is comfortable, it makes happy and it re-enchants our a little bit gloomy everyday life (its first purpose in fact).

(Kate Rohde)

Le terme kitsch, est à la base, dérivé de l’allemand. On n’est pas réellement certain de son origine exacte, mais en tous les cas, il induit une connotation négative : vieux, bricolé, attrape-touristes, fabriqué en masse… Cette connotation négative persiste encore aujourd’hui, et lorsque l’on qualifie une production de « kitsch », elle n’est alors plus considérée comme étant du grand Art.

The kitsch term, is derived of German. We are not really certain of its exact origin, but at any rate, it leads a negative connotation : old, tinkered, tourist trap, made massively… This negative connotation persists even today, and when we consider a production as « kitsch », it’s then more considered as being of the big Art.

(Kim Joon)

On peut lire parfois sur le web que le kitsch, c’est des couleurs vives, voire des paillettes, du doré à outrance, de l’accumulation, des sentiments exacerbées, voire du sentimentalisme, etc. C’est en partie vraie, mais la notion est plus complexe. Prenons chaque terme et analysons :

We can read sometimes on Web that the kitsch, it’s lively colors, even glitter, excessive gilt, accumulation, feelings aggravated, even of the sentimentalism, etc. It’s the partially true, but the notion is more complex. Let us take every term and let us analyze :

(Marion Peck)

« couleurs vives » : pas forcément, cela peut-être aussi des couleurs pastels, d’ailleurs le kitsch raffole des pastels, qui sont proches de la douceur de l’enfance.

« Paillettes », « Doré » : là oui, on est d’accord. Le kitsch premier, c’est le maniérisme, le baroque et le rococo, donc oui, le doré est outrancier et pratiquement récurrent, même aujourd’hui.

« Accumulation » : non pas forcément, et d’ailleurs aujourd’hui encore moins. Le foisonnement est souvent présent dans les œuvres d’art, mais pas toujours, et encore moins en décoration et en architecture (je démontrerai cette idée plus loin).

« Sentiments exacerbés » : oui, trois oui. Le kitsch, sa définition même, c’est effectivement ce sentimentalisme tombant parfois dans la mièvrerie, mais en tout les cas, les émotions sont très présentes.

(Mariele Neudecker)

 » Lively colors « : not necessarily, it maybe also colors pastels, moreover the kitsch is crazy about pastels, which are close to the sweetness of the childhood.

« Glitter », « Gilt »: there yes, we agree. Kitsch first, it’s the Manierism, the Baroque and the Rococo, thus yes, the gilt is exaggerated and practically recurring, same today.

« Accumulation »: not necessarily, and moreover today still less. The profusion is often present in the oeuvres of art, but not always, and even less in decoration and in architecture (I shall demonstrate this idea farther).

 » Aggravated Feelings « : yes, three yes. The kitsch, its definition, it is actually this sentimentalism sometimes falling in the preciousness, but in everything the cases, the feelings are very present.

(Maison Hello Kitty)

Je sens que je ne vais forcément me faire des potes : mais siiiiiiii, le kitsch, c’est FORCEMENT l’accumulation. EH NON. Bien sûr que non. Prenez le homard en plastique suspendu dans la galerie des glaces de Versailles, « œuvre » de Jeff Koons, il est tout seul, et c’est quand même du kitsch.

Ce qui m’amène à un point fondamental : le kitsch naît souvent de l’interaction de deux choses totalement opposées. Prenez un jardin tout ce qu’il y a de plus banal, c’est juste un jardin. Posez un nain de jardin dessus, et le jardin devient  kitsch. Les sculptures en porcelaine de Jessica Harrison joue là-dessus : des jolies demoiselles XVIIIe siècle en porcelaine et robes à fleurs, mais qui ont les intestins à l’air ou le cœur entre les mains, comme charcutées par un massacre à la tronçonneuse. C’est de la juxtaposition de ces deux éléments opposés que naît le kitsch.

(Craig Masson Home)

I feel that I am not necessarily going to be made buddies: but yeeeeessss, the kitsch, it is NECESSARILY the accumulation. HEY NO. Of course not. Take the plastic lobster suspended in the Hall of Mirrors of Versailles, Jeff Koons’s « work », it is alone, and it is all the same of the kitsch.

What brings me to a fundamental point : the kitsch often arises from the interaction of two totally brought into conflict things. Take a very commonplace garden, it is just a garden. Put a garden gnome above, and the garden becomes kitsch. Jessica Harrison’s porcelain sculptures play on that: attractive young ladies porcelain XVIIIth century and dresses with flowers, but which have intestines in the air or the heart in hands, as mangled by a massacre in the chain saw. It’s the interaction betwenn these two opposite elements which make the kitsch.

(Mark Ryden)

Analyser le kitsch dans les œuvres d’art, c’est facile, c’est pour cela que je ne le ferait pas : juxtaposition, accumulation, enfance, société de consommation, cadres dorées, syncrétisme religieux, etc. Les thèmes sont souvent récurrents.

Plus intéressante est l’analyse du kitsch au quotidien dans nos vies, kitsch que l’on finit par ne plus voir. L’individu postmoderne vit dans une société de consommation où il existe une véritable dictature du goût, avec des modes lancées perpétuellement, des besoins créés, des objets sans cesse renouvelés. Nous sommes, psychologiquement, dans une culture de l’immédiateté, de l’évènementiel, ce qui explique le grand succès à la fois des réseaux sociaux mais également des DIY, zen attitude, retour à la nature, kinfolk, natural, minimal, etc. L’Homme est à ce point perdu dans l’évènementiel qu’il cherche à tout prix à se rapprocher du passé et de ce qu’il a perdu, ne faisant par-là même que subir une sorte d’effet de mode, mais qui peut être percutant pour certains et signer un véritable changement positif de mentalité et de mode de vie (elle est trop belle cette phrase, faut que je la note pour mon mémoire). L’Homme postmoderne est donc l’essence même du kitsch s’il se conforme réellement à la société actuelle, qui joue énormément sur les apparences. Et parfois, il ne s’en rend même pas compte.

(Pansy Ass)

Analyze the kitsch in the oeuvres of art is easy, that’s why I would not make it : juxtaposition, accumulation, childhood, consumer societies, frames gilded, religious syncretism, etc. The themes are often recurring.

More interesting is the analysis of the kitsch to the everyday life in our lives, kitsch which we eventually see any more. The postmodern individual lives in a consumer society where there is a real dictatorship of the taste, with fashions thrown perpetually, created needs, ceaselessly renewed objects. We are, psychologically, in a culture of the immediacy, of the special event management, what explains the big success at the same time social networks but also DIY, Zen attitude, return to nature, kinfolk, natural, minimal, etc. Thus the postmodern Man is the « summum » of the kitsch if he really conforms to the current company, which plays enormously on appearances. And sometimes, he does not even realize it.

(Pierre et Gilles home)

Si vous avez suivi mon raisonnement, vous comprendrez alors qu’un intérieur que l’on souhaite minimal, de style kinfolk ou wasa-sabi, à influence scandinave ou bien un peu rétro, peut se transformer en kitsch selon les circonstances et les choix de l’individu y résidant. Si ce choix est dicté par un réel raisonnement en pleine conscience, de type moins de gaspillage, revenir à l’essentiel, se détacher de la consommation, arrêter d’acheter neuf, ça je peux le faire moi-même, etc, là, on n’est pas dans le kitsch, et c’est une très bonne chose, car cela voudra dire que l’effet de mode a engendré chez cet individu une réelle conscience de son environnement. Mais si les objets sont présents juste parce que c’est tendance, c’est joli, je les ai acheté en grande surface, etc, là on tombe dans le kitsch parce que l’intérieur devient la représentation de  l’individu : j’ai un ananas en céramique, DONC je suis dans la tendance, DONC je suis perçu comme quelqu’un qui se tient au courant, et qui vit avec son temps, DONC je suis moderne. La plupart du temps, le consommateur n’a même pas la sensation d’obéir à une mode, il est persuadé d’aimer ce qu’il achète (j’ai travaillé dans la pub, je connais les ficelles, et croyez-moi c’est HYPER vicieux). Ok, l’intérieur sera clean, propre, genre boho, un peu californien (il VOUS FAUT  des paniers remplis de plaids et de coussins, ça fait hyper californien), un peu hipster, genre je pars en voyage dans la seconde, et je suis hyper cool, j’ai de beaux livres sur ma table basse parce que ça prouve que je lis, donc que je suis instruit, etc. L’intérieur et la déco légitimisent le consommateur, et ne sont que surfaces propres à renvoyer une certaine image. C’est pour cette raison que le design peut être kitsch, et ce n’est pas forcément dû à la forme primant sur la fonction. Le kitsch, c’est surtout une histoire d’apparence : il est né avec le maniérisme, le baroque, le rococo, et il a trouve son apogée aujourd’hui, dans la société postmoderne héritière de la société du XIXe siècle, où régnait le culte des apparences de la bourgeoisie (je veux faire comme les nobles pour prouver ma valeur et mon goût, mais du coup, je tombe dans l’outrance, la surcharge et le mauvais goût).

(Russel Wrankle)

If you followed my reasoning, you will understand while an inside which we wish minimal, of style kinfolk or wasa-sabi, in Scandinavian either a little bit retro influence, can be transformed into kitsch under the circumstances and the choices of the individual living there. If this choice is dictated by a real reasoning in full consciousness, of type less wasting, to return to the main part, get loose from the consumption, stop buying nine, it I can do it myself, etc., there, we are not in the kitsch, and it is a very good thing, because it will mean that the latest fad engendered at these individual’s a real consciousness of its environment. But if objects are present just because it is trendy, it is attractive, I bought them in hypermarkets, etc., there we fall in the kitsch because the inside becomes the representation of the individual : I have a ceramic pineapple, THUS I am in the trend, THUS I am perceived as somebody who keeps posted, and who lives with his time, THUS I am modern. Most of the time, the consumer even has no sensation to obey a fashion, it is persuaded to like what he buys (I worked in the advertising, I know threads, and believe in me it is HYPER depraved). OK, the inside will be clean, boho, a little bit Californian kind (YOU NEED baskets filled with tartan rugs and with pillows, that makes hyper Californian), hipster,  I am hyper cool, I have beautiful books on my coffee table because that proves that I read, thus that I am educated, etc. The inside and the decoration « make » the consumer, and are only surfaces appropriate to give a certain image. This is why the design can be kitsch, and it is not necessarily due to the shape dominating on the function(office). The kitsch, it is especially a story of appearance : he was born with the Manierism, the Baroque, the Rococo, and it has find ,its peak today, in the postmodern society heiress of the society of the XIXth century, when reigned the cult of the appearances of the bourgeoisie (I want to make as the noble persons to prove my value and my taste, but as a result, I fall in the extravagance, the overload and the bad taste).

(Soasig Chamaillard)

J’arrête là ma démonstration. Tout en précisant que ce n’est parce qu’on se situe dans la deuxième catégorie que c’est mauvais. J’adore le kitsch et j’étudie les tendances à fond, mais en aucun cas je ne pénalise l’individu postmoderne qui va suivre ces tendances. Car chacun est libre, chacun est kitsch, et c’est très bien. Je n’ai pas d’ananas en céramique, et revanche j’ai plein de plaids et de coussins, une corne de mouflon et des bois de cerf. Je suis kitsch dans une certaine mesure, c’est-à-dire dans le sens où j’adore jouer avec les apparences et le futile, mais je le sais et je l’assume, parce qu’il y a quelque chose derrière. J’ai une passion pour les Décadents, qui sont un peu les individus les plus kitsch du monde, avec les dandys. Et j’adore ça.

(Suzanne Apgar)

I stop my demonstration there. While specifying that it is because we are situated in the second category that it is bad. I adore the kitsch and I study the trends completely, but on no account I penalize the postmodern individual who is going to follow these trends. Because each is free, each is kitsch, and it is very well. I have no ceramic pineapple, but I have full of tartan rugs and pillows, a horn of mouflon and some wood of deer. I am kitsch to a certain extent, that is in the sens where I adore playing with appearances and pointless, but I know it and I assume it, because there is something behind. I have a passion for the Decadents, who are a little the most kitsch individuals of the world, with the dandies. And I adore that.

(Wieskirche, Allemagne)

Je ferais d’autres articles sur le kitsch, dans des domaines plus précis, sur des artistes, etc. Et je continuerai aussi mes articles sur le Minimal, parce que pour moi, c’est une prise de conscience.

I would make other articles on the kitsch, in more precise domains, on artists, etc. And I shall also continue my articles on the Minimal, because for me, it is an awareness.

(Zoe Williams)

P.S. : cet article est né de mes lectures sur la société postmoderne et le kitsch. Il existe des tas de livres sur le sujet (tapez « kitsch » sur fnac ou amazon, vous verrez! !). Néanmoins, je serais éternellement reconnaissante à mes lecteurs d’éviter de prendre des morceaux de mon texte pour les plaquer sur un autre texte. Je respecte le travail et les droits d’auteurs des autres écrivains, j’entends que cela soit réciproque.

P.S. : this article arose from my readings on the postmodern society and the kitsch. There are heaps of books on the subject (type « kitsch » on fnac or amazon, you will see !! ). Nevertheless, I would eternally be grateful to my readers for avoiding taking pieces of my text to stick them on another text. I respect the work and the copyright of the other writers, I understand that it is mutual.

Belle journée mes ptites licornes !

Home and new books !

Parfois, lorsque je lis des blogs (et j’en lis pas mal, voir la très longue liste de liens se trouvant à droite…Hum. Bref), je constate quelque chose de récurrent : ils sont (souvent) bien orientés sur un seul domaine : mode, beauté, déco, art (plus rares ceux-là), DIY… Ou bien sur un même thème : bio, vegan, tendances, scandinave, etc. Le problème, c’est qu’on se retrouve très vite dans une case, une certaine catégorie. Pour moi, c’est problématique : qui, aujourd’hui, a envie de se retrouver dans une case, et d’en être prisonnier ?

Sometimes, when I read blogs (and I read it many many blogs, to see the very long list of links being to the right…), I notice something recurring : they are often directed on a single domain : fashion, beauty, decoration, art (rarer those), DIY… Either on the same theme : bio, vegan, trends, Scandinavian, etc. The problem is we find ourselves in a compartment, a certain category. For me, it’s problematic : who, today, wants to find himself in a compartment, and to be prisoner?

Je fais partie des jeunes trentenaires contemporains. Cela veut dire être né au début des annnées 80, avoir grandi dans les années 90, avec tout ce que cela comporte de kitsch et de société de consommation, avoir des parents de la génération 68 (dans mon cas ce fut un bien, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde), avoir connu le choc des années 2000 (ça veut dire pouvoir dire « je suis né au siècle dernier ». Au mieux ça en jette, au pire vous passez pour un vieux)… Une génération pas évidente : nous avons connu l’évolution technologique intense des années 2000 mais nous n’avons pas grandi avec, etc. Et je dois reconnaître une chose : on est paumés. Parce que nous sommes une génération intermédiaire. Mais nous avons une très grande force : les meilleurs créateurs actuels, notamment en terme de lifestyle, sont de ma génération. Cela signifie que nous avons plus de facilité à créer quelque chose à partir de rien. Cela signifie également que nous sommes une génération transversales, qui déteste les cases, et qui raffolent des concept-stores. J’aime ma génération, plus que toute autre (exception faite de mes soixante-huitards de parents, qui ont gardé en eux la folie de leur génération bénite).

I am a member of contemporary thirty-year old young people. It means having been born at the beginning of annnées 80, having grown in the 90s, with all that it contains of kitsch and of consumer society, credit note of the parents of the generation 68 (in my case it was the good, but it is not the case for everybody), to have known the shock of the 2000s (that means being able to say  » I was born in the last century « . At best it looks really great, in the worst you are thought of as an old man/woman)… A not obvious generation : we knew the intense technological evolution of the 2000s but we did not grow with, etc. And I have to recognize a thing : we are lost. Because we are an intermediate generation. But we have a very big strength : the best current creators, in particular in term of lifestyle, are of my generation. It means that we have an easier time creating something out of nothing. It also means that we are a generation transverse, which hates compartments. I like my generation, more than any other (exception made of my parents, who kept in them the madness of their blessed generation).

Bref. Tout ça pour dire que ce blog n’entre pas dans une case : c’est une sorte de concept-store qui vend aussi bien de l’art que de la déco… J’ai choisi deux thèmes, qui sont à priori très éloignés mais qui, en vrai, sont les deux symptômes de l’actuelle société post-moderne : le kitsch et le minimal. Je suis ces deux extrêmes, mon at home est à la fois minimal et kitsch. J’aime les deux, donc je ne les sépare pas. Des articles purement culturels (intello ?) viendront sur le kitsch et le minimal, mais pour l’instant, parlons de choses futiles… Je suis une fervente adepte des vide-greniers, brocantes et autres Emmaüs, donc je fouine sans cesse et déniche quelques pépites qui viennent harmonieusement compléter ma déco. Et des livres, toujours des livres. Le week-end dernier, mon père m’a mis au défi de les compter, ainsi que les dvds. Pour les dvds, je crois que je dois en être à environ 300 (je suis de la génération TV vous vous souvenez ?). Pour les livres, j’ai arrêté au bout de 300… Il y en a trop. Mais je m’en fiche, je suis une intello et je l’assume…

All this to say that this blog does not enter a compartment : it’s a kind of concept-store which sells as well some art as the decoration, and others things… I chose two themes, which are in priori very distant but which, in reality, are both symptoms of the current postmodern society : the kitsch and the minimal. I am these two extremes, my home is at the same time minimal and kitsch. I like both, thus I don’t separate them. Purely cultural articles (intellectual?) will come on the kitsch and the minimal, but at the moment, let us speak about pointless things… I am a fervent follower of attic sales, secondhand trades and other Emmaüs, thus I snoop about ceaselessly and find some nuggets which harmoniously come to complete my decoration. And books, always books. The last weekend, my father challenged me to count them, as well as DVDs. For DVDs, I believe that I have in approximately 300 there (I am of the TV generation you remember?). For books, I stopped at the end of 300… There is too much. But I don’t care, I’m a intellectual and I assume it…

New books and things !

Une paire de chaussures Kickers en cuir que je cherchais depuis longtemps, un vase en barbotine, et quelques livres…

Du rose, du féminin, de l’indépendance et des yaourts ! Merci maman pour le collier Vivienne Westwood !

Des slip-on panthères (top kitsch, i love it!), et des choses intéréssantes. Bon, le livre de Wilbur Smith s’avère un peu nul finalement, pas grave.

Encore des livres, et une paire de Bensimon fourrées pour l’hiver (on trouve des merveilles au Secours Catholique !)

Plus intello, beaucoup plus ! Et cette paire de boots extraordinaire, dont je rêve depuis des années (merci le Secours Catholique !).

Du style, du style, du style : un magazine Hasselblad avec des photos extraordianires, le livre de Terry Gilliam, un magazine sympa que je ne connaissais pas Reliefs », et des sneakers en forme de lapin rose que j’adore tellement elles sont kitsch !

Les étagères qui débordent de partout (et encore, là, c’est uniquement les rayons consacrés à l’art !)

Les DVDs attendant une étagère…

Belle journée mes ptites licornes !

 

Une balade entre 1900, kitsch et San Francisco…

Avouez, vu ma photo et le titre, vous avez cru qu’on était à San Francisco ! Mais non, nous sommes bien en France, en Normandie plus exactement, et à Mers-les-Bains encore plus précisément. C’est sûr « Mers-les-Bains », c’est moins vendeur que « San Francisco ». Même moi je me laisse prendre : San Francisco, c’est musique, rock’n’roll, cool, bio, nature, hipster, artistes. Mers-les-Bains, c’est… La mer. Voilà. Quand mes parents m’ont dit : on va à Mers-les-Bains, tu veux venir ? Bon, ben oui, je ne vais pas mourir idiote. Et là, oh quelle belle surprise ! Il n’y a RIEN à voir…. Hormis de superbes maisons Belle Epoque très colorées, et une rue avec plusieurs brocantes et mignons magasins. Ah et il y a aussi une boulangerie pâtisserie qui fait les meilleurs macarons au chocolat et au café du monde (si vous y allez, ce sont les gros macarons, pas les petits qui valent pas le coup, mais les gros sont extraordinaires).

Admit it, seen my photo and the title, you believed that we were in San Francisco ! But not, we are  in France, in Normandy more exactly, and to Mers-les-Bains still more exactly. Sure « Mers-les-Bains » is less a seller than « San Francisco ». San Francisco, it’s music, rock ‘n’ roll, cool, organic, natural, hipster, artists. Mers-les-Bains, it’s… The sea. When my parents told me: we go to Mers-les-Bains, you want to come ? Well, well, yes, I am not going to die stupid. And there, beautiful surprise ! There’s NOTHING to see…. Except magnificent houses Belle Epoque very colored, and a street with several secondhand trades and cute stores. And there is also a bread and pastry shop which makes the best chocolate and coffee macaroons of the world (if you go there, it’ big macaroons, not littles which are not worth the blow, but bigs are extraordinary).

Du coup, je me suis dit que j’allais vous faire découvrir cette charmante petite ville, qui, à part son architecture magnifique, ne propose rien de bien folichon. Cela fait rêver hein ?

Blague à part, en vrai, vraiment ça vaut le coup pour les maisons, mais il vaut mieux y aller un jour d’été ensoleillé, qui mettra mieux les couleurs en valeur.

As a result, I said to myself that I was going to make you discover this charming town, which, except for its magnificent architecture, proposes nothing very pleasant. It makes dream no ?

In reality, really that is worth it for houses, but it’s better to go there a sunny summer day, which will emphasize better colors.

Ces maisons sont suprêmement kitsch : elles sont le reflet d’une société bourgeoise, voulant se donner « l’air de », avoir l’air plus noble ou original que son voisin. La façade, tout comme les intérieurs sont du « réel fake », qui est la définition même du kitsch : une réalité fausse qui donne l’air d’être vraie. Les couleurs vives vont souvent de pair avec le kitsch, tout comme les effets esthétiques qui n’ont d’autre but que d’être esthétiques (ce qui est typique du Romantisme et de l’Art Nouveau)… Mais l’histoire du kitsch ce sera pour un autre article…

Et je laisse la parole à l’Office du Tourisme pour vous expliquer pourquoi autant de villas 1900 à Mers-les-Bains :

« Les villas du quartier balnéaire témoignent du charme de la Belle Epoque, balcons ouvragés, bow-windows, loggias, céramiques, mosaïques, façades colorées…

Avec la découverte des bains de mer et de leurs bienfaits thérapeutiques, Mers connaît un développement spectaculaire. A la fin du XIXème siècle, le chemin de fer amène vers nos côtes les premiers vacanciers appelés « baigneurs ». Ceux-ci, issus de l’aristocratie et de la riche bourgeoisie de l’époque, allaient s’y fixer en construisant les premières résidences secondaires de notre monde moderne. La thalassothérapie venait de naître.

Le style des villas (anglo-normand, flamand, picard, mauresque, Renaissance, Louis XIII, Napoléon III, années 30, …), leurs couleurs, les balcons ouvragés, bow-windows et loggias, ferronneries, auvents, baies, frontons, consoles. Le décor en briques émaillées à dominante bleu-vert, carreaux de grès émaillés, céramiques, faïences, mosaïques, frises, clous, cabochons, mascarons, rosaces, cartouches, médaillons… un « Joyau unique de l’architecture ». La plupart des constructions d’habitation ont été qualifiées de « villa » lors de l’édification du quartier balnéaire, pour les distinguer des autres constructions, tel les hôtels ou les « maisons de rapport ».

Ces « villas » portent généralement un nom en façade, pour les identifier et les distinguer des immeubles, ce sont des prénoms (souvent féminins) ou des termes empruntés à la nature (principalement les fleurs et les éléments tels la mer).

Par l’arrêté du 7 août 1986, la Ville obtient la possibilité de classer cet ensemble exceptionnel en « Secteur Sauvegardé » et en fixe les limites. » (et heureusement, ça veut dire que les proprio ne peuvent pas faire n’importe quoi concernant l’extérieur des villas…)

And I hand over to the Tourist office to explain you why so many villas 1900 to Mers-les-Bains:

« The villas of the seaside district testify of the charm of the Belle Epoque, the decorated balconies, the bow windows, the loggias, the ceramic, the mosaics, the colored facades …

With the discovery of the sea swimming and their therapeutic benefactions, Seas knows a spectacular development. At the end of the XIXth century, the railroad brings towards our coast the first vacationers called « swimmers ». These, stemming from the aristocracy and from the rich bourgeoisie of the time, were going to settle in it by building the first second homes of our modern world. The thalassotherapy had been born.

The style of villas (English-Norman, Flemish, inhabitant of Picardy, Moresque, the Renaissance, Louis XIII, Napoleon III, the 30s), their colors, the decorated balconies, bow windows and loggias, ironworks, canopies, bays, front walls, consoles. The brick-built decoration enamelled in blue-green dominant, tile of enamelled stonewares, ceramic, earthenwares, mosaics, friezes, nails, cabochons, mascarons, rosettes, cartridges, let us award a medal a « unique Jewel of the architecture « . Most of the constructions of house were considered as « villa » during the construction of the seaside district, to distinguish them from other constructions, such hotels or « blocks of flats for letting ».

These « villas » bear generally a name in facade, to identify them and distinguish them from buildings, they are first names (often feminine) or terms borrowed from the nature (mainly flowers and elements such the sea).

By the order of August 7th, 1986, the City obtains the possibility of classifying this exceptional set in « Conservation area » and in basic salary the limits.  » (And fortunately, that means that landlord cannot make anything concerning the outside of villas)

Belle journée mes ptites licornes !

 

 

Le « Ophelia » Bar de Hong-Kong, décor kitsch et préraphaélite…

 

Si je vous dis grand, costaud, tatoué, avec une tête de repris de justice et de sale gosse qu’on a bien envie de remettre dans le droit chemin parce qu’il est top sexy, vous répondez quoi ? Bon ok, vous allez sans doute dire Thomas Hardy, et je vous comprendrai très bien (aaaah, la série Taboo, que j’ai adoré, mais bref, c’est pas le sujet). Mais en fait non. La réponse est : Ashley Sutton. Qui ça ? Oui, certes il est moins connu. Sauf dans le milieu des designers. C’est un décorateur. Pardon, non, c’est plus que ça : c’est un magicien. Il est capable de transformer n’importe quel lieu en merveille, une sorte de croisement entre Alice au Pays des Merveilles, Steampunk et prohibition des années 20. Ashley Sutton aime les objets étranges et les collections, les cabinets de curiosités, les machines, l’industrie, les rouages et les engrenages. Forcément, ce mec allait me plaire ! Quand j’ai découvert son travail, je me suis dit « whaow, ce mec a tout compris, c’est un formidable scénographe qui vous transporte dans un autre monde. » J’attends avec impatience le jour où il concevra un décor de cinéma !

Pour rester donc dans le thème de cette « Ophélie », voici donc le bar Ophelia de Hong-Kong, une merveille, inspiré des préraphaélites et du mythe d’Ophélie. Vous êtes obligé d’y passer si vous allez là-bas !

If I tell you big, sturdy, tattooed, with a head of ex-convict and little brat whom we want to put back in the straight because he is top sexy, you answer what ? Well OK, you doubtless go to say Thomas Hardy, and I shall understand you very well (aaaah, the series Taboo, whom I adored, but it’s not the subject). But in fact not. The answer is : Ashley Sutton. Who that ? Yes, certainly he’s less known. Safe in the environment of the designers. He is a decorator. Forgiveness, no, he’s more than that: he’s a magician. He’s capable of transforming any place into marvel, a kind of crossing between Alice in Wonderland, Steampunk and prohibition on the 20s. Ashley Sutton likes the strange objects and the collections, the cabinet of curiosities, the machines, the industry, the cogs and the gearings. Necessarily, this guy was going to please me ! When I discovered his work, I said to myself « whaow, this guy understood everything, it is the great scenographer who transports you in another world. » I look forward when he will design a film set !

Thus to stay in the theme of « Ophélie », thus here is the bar Ophelia in Hong-Kong, a marvel, inspired by the Pre-Raphaelites and by Ophélie’s myth. You are obliged to pass there if you go over there!

Le site internet d’Ashley Sutton

Belle journée  mes ptites licornes !

Le mythe d’Ophélie, la « Belle Mort » par essence

Imaginez. Nous sommes au XIXe siècle. La Monarchie de Juillet puis le Troisième Empire vont battre à plein régime (régime, ancien régime, ahahahahaha, je suis trop drôle…Hum. Bref). Une nouvelle mode s’annonce : le néo-gothique. On re-découvre le Moyen-Age, Holbein, les Danses Macabres (oui parce que le néo-gothique c’est forcément du Moyen-Age, et pour l’époque, le Moyen-Age c’est forcément gothique)… Le thème de la Jeune Fille et la Mort s’insinue (encore !) doucement dans les arts plastiques. C’est l’époque de la « Belle Mort ». C’est-à-dire que le phénomène de thanatomorphose (décomposition) est totalement nié et évacué par toutes sortes de procédés, notamment l’embaumement. On veut être toujours beau et présentable, même dans la mort, et l’on en fait un véritable spectacle de bienséance et de convenable. Oui, parce que le XIXe siècle raffole de ce qui est « convenable ». La mort n’est jamais montrée dans sa véritable essence, exception faite des représentations de massacres liés à la mythologie ou à la religion. Mais dans ces cas-là, la représentation est justifiée par l’éloignement et l’exotisme de ces scènes, ça fait partie du voyage, et puis c’est tellement loin qu’on y croit même pas (je caricature un brin, mais l’idée, c’est vraiment ça). La pourriture du corps ne sera donc jamais montré. A peine les corps morts seront-ils bleutés ou verdâtres. Exit les fluides et autres vermines désagréables. On fait une exception de Géricault, considéré comme un véritable dégénéré de la peinture (qui fait pourtant exactement la même chose que Michel-Ange et de Vinci en allant étudier les cadavres de la Morgue). La Morgue justement. Au XIXe siècle, c’est un lieu de promenade, même si elle sera fermée au public dans ce même siècle. On y va pour se promener, avoir un peu de frisson gratuit, et examiner avec attention les cadavres exposés. Oui, les cadavres dont on n’a pas l’identité sont exposés, avec un mini système d’arrosage pour les garder frais. On entoure les enfants de fleurs, et tout ce petit monde a l’air endormi. Romantique et morbide à souhait. C’est à cette époque que surgit l’affaire de l’inconnue de la Seine : une magnifique jeune fille, à peine abîmée par la noyade, est repêchée dans le fleuve, et son visage est tellement beau qu’on en a fait un masque mortuaire, mais son identité reste toujours inconnue (c’était vers 1880).

L’eau, métaphore de la vie et de la mort, la jeune fille, la beauté et la mort (et l’infantilisation de la jeune femme, aussi, super tendance à l’époque). A l’époque du néo-gothique et du romantisme, on re-découvre Shakespeare, et on s’étourdit de Hamlet, décor principal de la tragédie d’Ophélie. La jeune femme est l’amante d’Hamlet, et lorsqu’elle apprend que celui-ci a tué son père, elle sombre dans la folie et finit par se suicider par noyade. Le sujet ne pouvait que plaire à l’époque, et Ophélie a influencé des dizaines d’artistes, dont le plus célèbre est bien sûr John Everett Millais, l’un des préraphaélites. Son tableau a tellement marqué les esprits que même encore aujourd’hui, les représentations d’Ophélie sont directement inspirée par lui. So, je vous ai fais une compilation de représentations d’Ophélie, anciennes et contemporaines.

Si la symbolique d’Ophélie vous intéresse, lisez Gaston Bachelard, et d’autres textes sont disponibles sur le net, sur le cairn notamment, et sur l’histoire en images. Vous pardonnerez mes raccourcis, mais le sujet est complexe, j’ai fait au mieux.

Delacroix, Ophélie, 1844, Louvre

Millais, Ophélie, 1851, Tate Britain à Londres

Cabanel, La mort d’Ophélie, 1883, coll. part.

P. Delaroche, La jeune martyre, 1853, Louvre

Bouveret, Ophelia

Hugues, Ophelia, 1863

Gaston Bussière, fin XIXe, Ophélie

Anna Lea Merritt, Ophelia, 1880

Paul Steck, Ophelia, 1895

Lucien Levy-Durmer, Ophélie, 1900

Ewerbeck, Ophelia, 1900

Waterhouse, Ophelia, 1905

Odilon Redon, Ophélie au milieu des fleurs

Inconnu ?

Agnieszka Lorek

Dorota Gorecka

Ekaterina Belinskaya

Elle Moss

Ellen Von Unwerth

FFO

Italia Ruotolo

Karolina Ryvolova

Kirsty Mitchell

Lioba Brückner

Mihara Yasuhiro

Monia Merlo

Nina Masic

Paulina Siwiec

Signe Vilstrup

Slevin Aaron

Sofia Sanchez et Mauro Mongiello

Voodica

Belle journée  mes ptites licornes !

Festival du Lin : Eglantine Bacro, un bestiaire fantastique en bas nylon…

Est-ce que cela vous ai déjà arrivé d’avoir un réel choc visuel, assorti d’un coup de coeur tout aussi choquant, devant une exposition ? Moi oui. Plusieurs fois même. Mais ça faisait un bail que cela ne m’étais pas arrivé. Et évidemment, c’est TOUJOURS quand on s’y attends le moins que ça vous tombe sur le coin du museau sans prévenir. C’est un peu comme les coup de foudre. Mais là, on parle d’art. Il est courant que j’aime l’oeuvre d’un artiste contemporain. Mais il est rare que j’aime au point de désirer une oeuvre chez moi. Et là, pendant le festival du lin, ça m’est arrivé. Dommage, y avait pas de liste de prix, et de toute façon, pour l’instant le porte-monnaie est réservé aux livres bien que je me suis laissé tenté par des petites choses pendant les soldes. Mais un jour, je commencerai une collection personnelle d’oeuvres d’art contemporain. Bref. Revenons à nos moutons. L’artiste dont je vous parle s’appelle Eglantine Bacro, c’est une jeune artiste lilloise, qui réalise dessins, photos, sculptures… Ce qui m’a frappé, c’est l’univers et la force que se dégage de son travail. Au Festival du Lin (retrouvez les autres articles ici, ici, ici, et encore ) étaient exposé les sculptures de bêtes en fil de fer et bas nylon noirs. Une merveille, à la fois forte et fragile.

It have already managed you to have a real visual shock, matched all at once of heart so shocking, in front of an exhibition ? Me, yes. Several times even. But it had been ages since it had arrived at me. And obviously, it’s ALWAYS when one wait there least that that falls you without warning. It’s little as love at first sight. But there, we speak about art. It’s current that I like the work of a contemporary artist. But it’s rare that I like in the point to wish for a work at my home. And there, during the festival of the linen, this happened to me. It’s a pity, had no price-list, and anyway, there at the moment the purse is reserved for books although I was allowed tempted by little gifts during the sales. But one day, I shall begin a personal collection of works of art contemporary. In brief. Let’s go back to the subject. The artist about whom I speak to you is called Eglantine Bacro, she’s a young artist of Lille, who realizes drawings, photos, sculptures… What struck me, it’s the universe and the strength that gets free of its work. To the Festival of the Linen (find the other articles here, here, here, there and still there) were exposed the sculptures of animals in wire and black nylon stockings. A marvel, at the same time strong and fragile. 

Je laisse la parole à Eglantine / I hand over to Eglantine :

« En sculpture, c’est la ligne, tendue ou ondulante, la tension et le contraste qui sont à la base de mon travail. En entremêlant fil de fer et bas nylon, je donne à voir un bestiaire sombre et épuré. L’ animalité me sert à matérialiser des états, des démons intérieurs, à questionner notre rapport au corps, à la nature dressée ou capturée. Je modèle des animaux désincarnés, carcasses en négatif encore expressives. Translucides et légers, ces prédateurs et proies deviennent des enveloppes ouvertes ou fermées libres d’être à nouveau habitées…
J’utilise le bas nylon pour ce qu’il est. Un attribut féminin, sensuel, une deuxième peau que j’étire sur un maillage chaotique de fil de fer.

Mon travail en photographie est un prolongement des sculptures. Elles les « activent », illustrent leur rôle de seconde peau en les faisant fusionner avec le corps tantôt incarné, tantôt dévoré.

En dessin, je travaille sur la féminité par des jeux symboliques. »

« In sculpture, it is the line, tense or wave-like, the tension and the contrast which are at the base of my work. By mixing wire and nylon stockings, I give to see a dark and uncluttered bestiary. The bestiality serves me to realize states, internal devils, to question our report in the body, in the raised or captured nature. I model disembodied animals, still meaning carcasses in negative. Translucent and light, these predators and preys become open or closed envelopes free to be again lived …
I use nylon stockings for what he is. A feminine, sensual attribute, the second skin which I stretch on a chaotic meshing of wire.

My work in photography is a continuation of sculptures. They « activate » them, illustrate their role of second skin by making them merge with the body sometimes embodied, sometimes devoured.

In drawing, I work on the femininity by symbolic games. « 

Que dire ? J’adore / What can I say ? I love it.

Son blog 

Son facebook

Son behance

La galerie où elle expose

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Artistes

Voici l’avant-dernier post (après celui de lundi, mardi, mercredi et jeudi) concernant le Festival du Lin. Il est consacré aux différentes expositions d’artistes que j’ai pu visiter lors du festival, et dans l’ensemble, la qualité était plutôt bonne, voire très bonne… Tous ces artistes ont un point commun : ils travaillent tous avec de la fibre, qu’il s’agisse de tissus ou de papiers…

Demain, un article spécial sur une artiste que j’ai particulièrement aimée !

Here is another post (after that of Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday) concerning the Festival of the Linen. It’s dedicated to the various exhibitions of artists which I was able to visit during the festival, and altogether, the quality was good, very good rather even… All these artists have a common point : they work all with the fiber, that it’s about fabrics or about papers…

Tomorrow, a special article on an artist that I particularly loved !

Dominique Moreau

Catherine Herbertz

Ferri Garcès

Frédérique Breuillé

Mylène Boisvert

Françoise Hoffmann

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Bel-Event, le chic au masculin

Parmi les différents stands de créateurs et artisans d’art présents sur le salon du Festival du Lin (dont j’ai déjà parlé ici, ici et ici), un stand m’a interpellé : celui de Bel-Event, designer et créateur en gilets sur-mesure, cravates, noeuds papillons et foulards… Les premiers motifs sont inspirés des oiseaux des forêts, tels que les faisans, on y trouve également des oiseaux exotiques, notamment sur les foulards, et les prochains seront aux couleurs des animaux d’Afrique, visiblement. Les motifs sont crées spécialement pour la marque, ainsi que le présente si bien leur (très beau) site internet :

Among creators present on the show of the Festival of the Linen (about which I have already spoken here, here and here), a stand called out to me : that of the Bel-Event, designer and creator in custom-made vests, ties, bow ties and scarfs… The first motives are inspired by the birds of forests, such as pheasants, we also find there exotic birds, in particular on scarfs, and the next ones will be in the colors of the animals of Africa, apparently. The motives are create specially for the brand, as well as web site presents it so well them (very beautiful) :

« Fort de 37 ans d’expérience dans la création de dessins originaux pour la mode et l’ameublement des plus grandes maisons.

Cette expertise de plusieurs décennies de création a permis de rassembler des milliers de dessins originaux couvrant tous les grands courants artistiques du 19ème à nos jours.

Grâce à l’association du savoir-faire classique et des technologies de design et d’impression les plus avancées, l’atelier allie tradition et modernité.

Toujours soucieux d’un produit de qualité, notre exigence met à l’honneur le choix des matières, des associations de couleurs, des finitions et des méthodes de fabrications artisanales qui nous permettent de nous positionner dans la pure tradition du luxe français. »

 » Hardly of 37 years of experience in the creation of original drawings for the fashion and the furnishing of the biggest houses.

This expertise of several decades of creation allowed to gather thousands of original drawings covering all the big artistic movements of the 19th in our days.

Thanks to the association of the classic know-how and the technologies of design and printing the most moved forward, the workshop allies tradition and modernity.

Always worried about a quality product, our requirement puts in the honor the choice of the materials, the associations of colors, the finishes and the craft  methods of fabrication which allow us to position in the pure tradition of the French luxury. « 

C’est beau hein ? Cela fait plaisir aussi de voir que le savoir-faire français perdure et résiste encore et toujours à l’envahisseur. Cela me rappelle une promenade architecturale à Arles, avec un professeur. En passant devant des boutiques de souvenirs immondes et top kitsch (j’aime le kitsch, mais pas celui-là) ayant pris place en saison touristique à côté de l’amphithéâtre romain, il a déclaré sur un ton de parfait guide touristique : « à gauche, admirez les vestiges romains du temps de la conquête SPQR… Et à droite, découvrez les charmes de l’Asie du Sud-Ouest ». Hilarant, et totalement vrai. Le made in france existe, il est bien là, Bel-évent en est une belle preuve.

It’s beautiful no ? It also pleases to see that the French know-how continues and resists again and again the invader. It reminds me an architectural walk in Arles, with a professor. In passing in front of kitsch souvenir shops (I like the kitsch, but not that one) having taken place in tourist season next to the Roman amphitheater, he declared on a tone of perfect tourist guide :  » to the left, admire the Roman vestiges of the time of the conquest SPQR… And to the right, discover the charms of the South-West Asia « . Hilarious, and totally true. The made in France exists, it’s very there, Bel-Event is a beautiful proof.

En plus, j’adore les gilets. Je suis une fan inconditionnelle du style tomboy, tendance franchement hipster, alors le gilet, les noeuds pap, les bretelles, c’est mon truc. J’ai une modeste collection de gilet pour femmes (bon allez, j’en ai une bonne dizaine…), et c’est vraiment LA pièce qui va changer votre look.

Les gilets de Bel-Event me font irrésistiblement penser aux dandys d’aujourd’hui, qui, oui, existent. Qu’ils soient des sapeurs (summum du kitsch vestimentaire) ou juste soucieux de leur apparence, ou juste amoureux du sur-mesure, les dandys sont là, bien présents, et on leur dit « merci » ! Parce que, il y en a un peu marre que les femmes soient TOUJOURS les propriétaires d’un super dressing. Les hommes aussi ont besoin d’un dressing. Non mais.

Besides, I adore vests. I am one fan ardent supporter of the style tomboy, trendy frankly hipster, then the vest, bow ties, straps, it’s my thing. I have modest one collection of vest for women (well, I have ten of it …), and it’s really THE clothes which is going to change your look.

The vests of Beautiful Vent irresistibly remind me the dandies of today, who, yes, exist. That they are « sapeurs » or just man worried about their appearance, or just lover of the custom-made product, the dandies are very present, and they there are told « thank you » ! Because, he’s a little fed up it with it that the women are ALWAYS the owners of a great dressing room. The men also need a dressing room. Yes.

Le site internet de Bel-Event : https://www.bel-évent.com/

Comment porter le gilet de dandy aujourd’hui / How to wear the dandy vest today

Belle journée mes licornes !

Festival du Lin : Créateurs et artisans

Après lundi et mardi, voici l’article sur les créateurs et artisans présents au salon du Festival du Lin ! Une petite sélection de mes favoris…

Anne fo création, de beaux vêtements, et surtout, de superbes bijoux en corne, que j’ai adorés !

KP Boutique, une boutique de Rouen (ô miracle), qui vend notamment de jolis vêtements en lin…

Création MARRAK, une boutique un peu éloignée (à Hendaye), mais les créations sont vraiment magnifiques… Sur le site, on est loin d’avoir des visuels de toutes les créations, et celles présentes sur le salon étaient vraiment superbes… Mais elles ne sont pas sur le site…

Cabedine, une marque de sacs, fabrication 100% française, avec des matériaux à 95 % français (le reste vient d’Italie ou d’Allemagne…), sobres, épurés…

Stéphanie Pétuya, de la literie artisanale en pure laine vierge et lin naturel, j’ai craqué sur les couettes et les édredons, qui sont parfaits…

La Laine et les étoiles, qui fait notamment de très jolies mitaines et manchettes réalisées, en laine, coton, lin… Une jolie association !

Sashiko-ya, broderie traditionnelle japonaise, mise au goût du jour par une charmante créatrice, qui vend également des tissus japonais superbes, surtout les indigos… C’est à elle que j’ai acheté mes deux coupons…

Ipso Factory, une belle gamme de sacs comme je les aime : solides, épurés, simples, pratiques, et de qualité, faits avec des matériaux de récupération…

Rouge Garance, une créatrice très gentille, qui fait des merveilles avec de la laine et de la soie…

Belle journée mes licornes !

 

Festival du Lin : boutiques et brocantes

Comme annoncé hier, voici un article consacré aux différentes boutiques, revendeurs et brocanteurs, présents sur le salon du festival du lin, et qui m’ont interpellés…

As announced yesterday, here is an article dedicated to the various shops, the retailers and the secondhand goods dealers, present on the show of the festival of the linen…

Lin et l’Autre, une boutique pour DIY à Varengeville-sur-mer / Lin et l’Autre, a DIY shop in Varengeville-sur-mer

Kashmir Heritage, une fantastique boutique où l’on trouve des tissus et cachemires indiens, ainsi que des vêtements magnifiques avec impressions à la planche / Kashmir Heritage, a fantastic shop with fabrics and cashmere, and beautiful clothes with printed board

La Courtepointe et les Roses, une boutique éphémère pendant l’été à Veules-les-Roses, où l’on déniche des trésors anciens et vintage / La Courtepointe et les Roses, a shop in Veules-les-Roses, with beautiful vintage things

Ma Reine la bonne fée, une jolie boutique (uniquement sur les salons pour l’instant, mais prochainement, un facebook) tenue par Alexandra Marois, où l’on trouve de jolis objets vintage, ainsi que de très belles créations textiles… / Ma Reine la bonne fée, a nice shop by Alexandra Marois, with vintage and clothes

Le Petit Brocanteur, qui abrite de véritables trésors anciens et vintage : textile, objets… Une mine d’or ! / Le Petit Brocanteur, with real nice things vintage : fabrics, accessories, home decor…

La Ferme du Vieux Buisson, spécialisée en lin, chanvre et colza, disponibles en huiles, farines, graines, paillages et isolation

Il y en a d’autres, bien sûr, qui m’ont beaucoup plu, malheureusement ils n’avaient pas cartes et encore moins de site internet… Notamment un vendeur de galons et plastrons brodés superbes (et pas trop chers), et une vendeuse de galons brodés indiens, absolument somptueux…

There is others, of course, who pleased me, unfortunately they had no business cards and no web site … In particular a seller of stripes and magnificent embroidered plastrons (and not too expensive), and a seller of Indian, absolutely luxurious embroidered stripes …

Belle journée mes ptites licornes !