Le Voyage à Nantes de février 2019 (comment ça, j’ai du retard ????)

Tout d’abord, mes petits chats, je vous souhaite une très belle année 2020, remplie de toutes les choses que vous pouvez désirez. J’espère que vous avez passés de bonnes fêtes, que le papa Noël a été sympa etc etc. (je suis en avance pour les vœux, mais visiblement, wordpress n’a pas pris en compte la planification de l’article, donc, il sort maintenant…)

Les premiers articles de l’année 2020 sont des récap de mes derniers voyages (voyages français hein, trop occupée pendant l’année pour partir à l’étranger), avec les petites merveilles de papiers que j’ai pu glaner ici et là…

Tout d’abord, Nantes. Ouais bon, c’était en février. J’ai vécu un an à Nantes et je suis définitivement fan de cette ville. Mais comme je n’avais pas eu l’occasion d’aller voir ces très fameuses Machines de l’Ile, je me suis fait une journée nantaise… Les Machines, c’est vraiment extraordinaire, je ne comprends pas comment des personnes, dans le public, pouvaient être aussi blasée. C’est quand même une création extraordinaire, des animaux en bois et en métal qui font des mouvements si fluides qu’on les dirait réels !!! (deux ptites mémés derrière nous : « je ne comprends pas pourquoi les gens s’extasient, c’est juste des machines! », avec petite voix grinçante et nasillarde, twin-set et collier de perles. Beurk) C’est vrai qu’à l’heure du virtuel et des prouesse numériques du cinéma (Avatar…), ces machines peuvent sembler désuètes, mais elles ont un truc en plus. Elles sont RÉELLES. Et ça, ça n’a pas de prix….. Bon, j’ai une préférence pour le paresseux, mais je suis pas objective, j’adore les paresseux.

Ensuite, je suis allé à l’expo Rock au château des Ducs de Bretagne (très beau au demeurant). Bon, j’ai adoré la scénographie, le fait de pouvoir garder son gobelet (gobelet permettant d’écouter des pistes de sons et interviews dans l’expo), qui bien sûr est calqué sur celui des festivals. Il est dommage que l’on ne parle pas assez de supports papiers dans l’expo, des fanzines notamment, qui ont été très importants dans la propagation du rock nantais, punk notamment, je m’attendais justement à pouvoir en photographier plein. Mais dans l’ensemble, c’était une belle expo. Juste une bande d’ado braillard n’y connaissant rien, accompagnés d’un prof complètement dépassé, qui m’a un rien gonflé.

Et puis bien sûr, shopping, avec passage obligé par la boutique du Voyage à Nantes. Lorsque j’étais à Nantes, le Voyage existait déjà, mais il était beaucoup moins développé qu’il ne l’est aujourd’hui, et il n’y avait pas de boutique. Honnêtement, il a fallu que je me réfrène sur le papier, sinon, j’achetais toutes les affiches…

J’ai donc rapporté de Nantes :

De la boutique des Machines : une affiche (je suis fan de Led Zeppelin, d’où mon choix du Zeppelin, mais toutes les affiches sont magnifiques), deux badges (moi et les badges, c’est une longue histoire d’amour), quelques marque-pages avec les fameux dessins techniques des Machines (dessins de François Delaroziere), et des cartes postales également. Et des insectes en carton à monter. La librairie est démente.

La boutique en ligne des Machines : http://boutique.lesmachines-nantes.fr/fr/

De la boutique du Château, de sublimes cartes postales. Les animaux dans les teintes pastels (mention spéciale au chat sphinx, mon chat favori) sont de Delphine Vaute, qui avait exposé au Château une sorte de calendrier de l’avent en dessin nommé Ysabeau – Le jardin des songes. Malheureusement pas d’affiche, sinon j’aurais craqué !!!! Mais les cartes sont grandes et belles.

Le site de Delphine Vaute : https://www.delphinevaute.com

Les autres cartes sont de InkFactory, ce sont des sérigraphies. Là encore, pas d’affiches et c’est bien dommage, le poulpe (oui, en plus des paresseux, des loutres, des chats sphinx, je fais une fixette sur les poulpes. Ainsi que sur les méduses et les ratons laveurs. Bref)

Le site de InkFactory : https://www.ink-factory.be/

Mes souvenirs Rock : le flyer de l’expo, le fameux gobelet (j’en ai rapporté un pour mon père également, puisque je lui dois ma culture rock, très marquée 70s) et le badge, que je trouve vraiment sympa, en forme de vinyle…

La boutique du Château : http://boutique.chateaunantes.fr/

Le Voyage à Nantes : forcément, ma légère obsession des 70s me conduit à l’obsession du Bus Volkswagen… D’où la prolifération de ce motif chez moi (et encore, je me réfrène). Donc, la miniature officielle Volkswagen (ici, le modèle 60s, mais j’ai en orange le modèle 70s. Mon but étant d’avoir pratiquement toutes les couleurs. On se moque pas). Plus un tout petit tout mini-bus ! La grande carte avec le bus est de Docteur Paper. Ainsi que le porte-clé. Franchement « team beurre salé », à moi qui suis mi-bretonne mi-normande (c’est-à-dire mi-caramel mi-camembert, ceci est un slogan déposé officiellement), franchement, fallait pas me le dire deux fois !!!! Bon, j’ai résisté aux affiches Docteur Paper, qui sont superbes. Mais j’ai craqué sur le tote-bag gris sérigraphié par Appelle-Moi Papa (ceux qui m’ont vu cet été avec ont été unanimes : il est canon !), que je n’ai pas photographié mais voici ci-dessous une image extraite du site du Voyage à Nantes.

Le site du Voyage à Nantes (il n’y a pas de boutique en ligne malheureusement) : https://www.levoyageanantes.fr/

Docteur Paper : http://www.docteur-paper.com/

Appelle-Moi Papa : https://appellemoipapa.fr/

Voilà pour ce premier périple 2019, d’autres à suivre !

Belle journée !

 

 

Francisco Salamone, ou l’art de l’architecture fasciste

Oui oui, vous avez bien lu, cet article est dédié à un architecte qui avait des opinions politiques plus que contestables. Mais son œuvre reste aujourd’hui l’une des plus remarquables architectures moderniste / Art Déco de toute l’Argentine, voire de toute l’Amérique du Sud. Et reste l’un de mes architectes favoris. Son travail fait pour moi écho au mouvement architectural scandinave nommé « Romantisme National » (puis « Grâce Suédoise »), mais en plus imposant, plus fort visuellement. L’art de Salamone fait écho également à l’architecture fasciste italienne (1922-1943), c’est-à-dire une inspirations néo-classique (un peu moins accrue chez Salamone tout de même) avec un petit air de statues « stalinistes » russes… Ce type d’architecture prête encore à débats, à cause des implications politiques qu’elle sous-entend.

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Francisco Salamone est argentin, né en 1897 et mort en 1959, originaire de Buenos Aires mais né en Sicile. Son père est lui-même architecte d’origine sicilienne et Francisco est l’un de ses 4 fils. En 1917, il obtient un diplôme en architecture et ingénierie civile à l’Université, et intègre 4 ans plus tard la Societad Central de Arquitectos. Il se marie avec la fille du Vice-Consul de Bahia Blanca, d’origine austro-hongroise, et dont il aura 4 enfants.

Il se lie d’amitié notamment avec Manuel Antonio Fresco, le gouverneur très conservateur et nationaliste de la province de Buenos Aires (1936-1940), et c’est sans doute pour cette raison que la province lui passe plus de 60 commandes publiques dans 25 municipalités différentes, entre 1936 et 1940. Durant cette période, la province reçut beaucoup d’améliorations en terme d’irrigations, de routes, de constructions et de réseaux de communications.

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(carte présentant les principales constructions de Salamone dans la province de Buenos Aires)

Précisons le contexte : les années comprises entre 1930 et 1943 sont nommées la « Décennie Infâme » en Argentine. Quatre dirigeants se succéderont : Uriburu, Justo, Ortiz et Castillo. Ces années sont ainsi nommées par l’historien José Luis Torres, et elles sont synonymes de fraudes, d’abus, de corruption et de persécution des opposants (plusieurs anarchistes furent assassinés). La seule chose bénéfique, si l’on peut dire, que l’on ressort de ces années, fut l’exploitation agricole  et bovine massive favorisant une exportation et donc, pas mal de travail en perspective pour les habitants, une décision notamment prise par rapport aux répercussions de la Crise de 1929, qui frappa très durement l’économie argentine puisque 80% de ses revenus dépendaient de l’exportation. Malgré cette forte exploitation de la terre et des bovins, ainsi que des facilités accordées aux éleveurs et exploitants, l’Argentine eut beaucoup de mal à se sortir de cette crise économique majeure (malgré également une politique d’industrialisation massive qui eu pour effet de joncher la pampa de ruines et de favoriser la désertification des campagnes). Mais ce fut également une période très sombre pour l’Argentine, où le déséquilibre social était radicale et la main-mise de l’État s’étendait sur tous les domaines (beaucoup de Comités de contrôle furent créés). L’Argentine commença à perdre son visage authentique : les différents gouvernements favorisèrent l’implantation d’industries étrangères, notamment dans le domaine du textile, du caoutchouc, de la chimie et de l’électronique. Des routes furent construites afin de concurrencer la main-mise du ferroviaire sur les transports. L’Argentine se modernisa et en même temps, seule la pampa, pratiquement déserte en dehors de quelques bourgades, garda son visage argentin typique (et sec, aussi…).

Le nationalisme y est donc galopant, d’autant plus que la plupart des dirigeants et de leurs partisans s’inspirent fortement du régime de Mussolini alors en vigueur en Italie. Salamone, de par ses origines italiennes, est donc forcément hyper bien vu par ses même dirigeants.

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(la fontaine Maria Alejandra à Laprida)

Salamone a eu une vision très personnelle du modernisme : il mélange allégrement le Futurisme italien et ses mouvements verticaux avec le Style International très géométrique, le tout à des fins idéologiques malheureusement totalitaires : les proportions massives et imposantes, l’élan vertical des tours font écho à la prise de pouvoirs de la civilisation sur les peuples « indigènes ». En effet, les commandes publiques passées à Salamone se trouvent dans un rayon de 500 km autour de Buenos Aires, dans des villes rurales peu développées issues de la colonisation autour du chemin du fer, et également en ex-territoire indien, où les populations sont fortement métissées et où cette communauté est encore bien présente. L’État tient donc à mater tout le monde et à écraser la résistance par cette vision de toute puissance. C’est un cas récurrent dans tous les régimes totalitaires : l’architecture et l’art sont de formidables moyens de propagandes pour ce type de régime. De fait, les bâtiments officiels créés par Salamone sont solennels, fortement spectaculaires, surtout lorsqu’ils surgissent de la pampa : ils apparaissent encore plus démesurés. Le gigantisme anguleux des hôtels de ville proclame donc avec éclat la suprématie du pouvoir en place et central sur toutes les communautés, un message politique renvoyant notamment au fascisme italien (les constructions édifiées pendant les années Mussolini font preuve du même « élan »).

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(les éclairages publics de Laprida)

Les constructions de Salamone se séparent notamment en trois groupes : les  hôtels de ville, les abattoirs, les cimetières (l’État a même main-mise sur la mort, c’est dire). Vous remarquerez que les hôtels de ville répondent tous aux même proportions, avec une grande tour/mirador centrale.

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(l’Hôtel de ville de Carhué)

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(l’Hôtel de ville de Guamini, vous remarquerez la restauration intervenue entre la deuxième et la première photo…)

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(l’Hôtel de ville de Gonzalez Chavez)

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(l’Hôtel de ville de Rauch)

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(l’Hôtel de ville de Pringles)

Les abattoirs sont aujourd’hui quasiment tous fermés, voire en ruine, car l’industrialisation massive et rapide les a rendus obsolètes très vite. Ils restent cependant très spectaculaires, preuve architecturales de la suprématie de la région dans le domaine de la production bovine, un nationalisme exacerbé.

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(l’abattoir de Azul)

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(l’abattoir de Balcarce)

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(l’abattoir de Pringles)

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(l’abattoir de Guamini, et ses grafs intérieurs)

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(l’abattoir de Epecuen, une ruine surgissant au milieu de la pampa désertique, un vrai décor d’horreur style Walking Dead…)

Les cimetières sont mes préférés (non je ne suis pas bizarre). Leurs portails sont spectaculaires, et font écho à la tradition latino-américaine de la « ville des morts », une ville dans la ville, un royaume à part entière (je vous renvoie à mon article sur la Santa Muerte pour comprendre le lien très fort qu’entretient l’Amérique latine avec la mort). Le deuil, la solennité sont exacerbés dans ces cimetières par des symboles héroïques ou doloristes renvoyant à la notion d’immortalité.

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(le cimetière de Laprida, avec ce Christ démesuré)

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(le cimetière de Saldungaray, avec cette auréole gigantesque)

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(le cimetière de Azul et son Ange de la Mort impressionnant, sans doute mon préféré ! Si un jour vous allez à Azul, faites un tour dans la partie ancienne de ce cimetière, les mausolés et chapelles y sont vraiment très beaux)

Après 1943, Salamone et sa femme déménagent à Buenos Aires mais il tombera peu à peu dans l’oubli et ne fera que deux bâtiments publics après cette date. A sa mort, il n’aura droit qu’à quelques lignes dans les journaux, et ses os ne connaîtront guère le repos puisqu’ils seront déménagés deux fois au moins (je ne sais pas bien pourquoi).

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(la nécro de Salamone, succincte et brève)

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(Les deux chapelles où Salamone fut successivement transféré)

Ainsi est mort l’un des plus talentueux architectes argentins : dans l’oubli le plus total, à la suite de ces opinions contestables en matière de politique. Je sépare toujours l’artiste de ses opinions : sinon, je ne lirai plus Céline par exemple, alors que c’est l’un des écrivains les plus talentueux de la langue française. Je considère donc que les bâtiments de Salamone ont une place très importante dans l’histoire du pays : certes, c’est du nationalisme exacerbé, mais ces monuments sont époustouflants, il s’en dégage quelque chose de très fort et il est regrettable de les voir à l’abandon. Vouloir faire à tout prix table rase (au sens propre, détruire des bâtiments) pour « oublier » une partie gênante de son histoire, pour un pays démocratique, c’est agir en régime totalitaire : après tout, n’est-ce pas ce que font tous les envahisseurs, dictateurs du monde entier lorsqu’ils font main basse sur un territoire ? Ils détruisent systématiquement les symboles religieux ou politique du passé pour en installer de nouveaux. Détruire l’histoire pour la réécrire n’est pas démocratique, mais totalitaire. Vivez avec ces ruines ou ces monuments d’un temps passé. Même si ce sont des témoins gênants, ils n’en font pas moins partie de l’Histoire (beaucoup de personnes et intellectuels travaillant dans le patrimoine, l’histoire, l’art ou l’architecture déplorent aujourd’hui la destruction des monuments communistes russes, qui étaient de véritables prouesses techniques, mais on peut citer les grands Boudhas, les vestiges de la Chine ancienne, et tant d’autres disparus…).

Aujourd’hui, le travail de Salamone est reconnu comme l’une des architectures majeures de la période Art Déco dans le monde. La ville de Buenos Aires organise même un circuit découverte de ses bâtiments de style Art Déco, en s’appuyant sur le travail de Salamone.

Le photographe Esteban Pastorino Diaz a réalisé un très beau travail photographique sur le patrimoine architectural laissé par Francisco Salamone :

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(plus d’infos sur sa page web : www.estebanpastorinodiaz.com/ )

Belle journée !

Elena Izcue, ou l’art de réutiliser l’art précolombien

Elena Izcue, il y a deux mois, je ne connaissais pas. Mais lorsque j’ai découvert, au détour d’un rayon de médiathèque, le catalogue de l’expo ayant eu lieu au Musée du Quai Branly en 2008, franchement, j’ai été ébahi par la modernité qui se dégage des travaux d’Elena !

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Elena Izcue est née en 1889. Sa vocation de dessinatrice se déclenche tôt, et en 1910, elle suit des cours de dessin à Lima. En 1919, l’École des Beaux-Arts de la ville est créée, et Elena fait partie de la première promotion d’artiste entièrement formés au Pérou. Cette nouvelle génération d’artistes présente la particularité de combiner une très forte aspiration nationaliste et quête d’authenticité. Une sorte de mélange entre nationalisme politique et modèle classique européen du XIXe siècle se fait jour donc à l’École. Il y a cette idée d’une art « national », qui se manifeste chez Elena par cette volonté de faire revivre l’art précolombien de manière moderne.

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En 1921, elle rencontre Rafael Larco Herrera, un riche philanthrope qui désire faire d’elle sa collaboratrice (en vrai hein, pas de promo-canapé, il admire réellement son travail), car il désire promouvoir l’archéologie péruvienne, en développant des écoles modernes. Elle se consacre donc à des études de l’art précolombien, qu’elle lie à la fois à l’enseignement et aux arts décoratifs.

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Elle ne reproduit pas fidèlement les matériaux, ce n’est pas son centre d’intérêt : Elena préfère travailler à l’unification, la synthèse. Elle fait des choix artistique : par exemple, l’art Nasca, les tissus Paracas et l’art Moche seront étudiés, qui sont issus de culture côtières. En revanche, elle n’étudie pas l’art Chavin (le dessin rigide, linéaire et l’iconographie ne semble pas lui convenir, elle les trouve peut-être trop menaçants), ni le répertoire Inca.

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L’art Nasca (ou Nazca)

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Les tissus Paracas

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L’art Moche

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L’art Chavin

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L’art Inca

Au Pérou cohabite deux types d’arts décoratifs : en province, on a recours à l’artisanat local pour les meubles, l’orfèvrerie et les tapis, mais à Lima, les classes aisées préfèrent la production industrielle européenne et n’ont rien à faire de l’artisanat local, jugé trop « plouc » pour eux, qui veulent se distinguer et sortir du lot (donc copier les européens). Il n’y a donc pas de production nationale originale au sens pur du terme. Le travail d’Elena se révèle donc une prouesse exceptionnelle pour l’époque, car elle réutilise les motifs précolombiens dans un but purement décoratif.

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En 1921 a lieu le centenaire de l’Indépendance, pour cette occasion Elena et sa sœur (elles travaillent toujours ensemble) présentent un « salon incaïque » (ironique puisqu’Elena ne se sert jamais de dessins incas) dans le Musée National. C’est donc la première réelle tentative d’application du dessin précolombien à la décoration moderne, mais les réactions sont mitigées : si les officiels s’enthousiasme de ce nationalise réussi, et les visiteurs affluent mais certains ont quand même du mal à accepter cet héritage culturel qui est pour eux rétrograde, trop « sauvage ».

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La même année, un nouveau musée est crée par Victor Larco Herrera, et il demande aux sœurs d’y créer un atelier d’art décoratif en son sein. Les objets réalisés dans celui-ci sont exposés dans la boutique du musée, et dans certaines vitrines de boutique de Lima, prônant un « art national authentique ». En 1924, il vend le musée à l’État, et la production de l’atelier est arrêtée.

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Et en 1926, elle livre THE book : L’Art péruvien à l’école, c’est-à-dire une étude méthodique de l’art précolombien, destinée à être étudié en classe, il y a deux tomes, un pour les tous jeunes et un pour les plus grands. Ils sont illustrés par des centaines d’aquarelles de motifs. C’est une véritable révolution : l’intérêt pour cette archéologie existe et les études de cet art existent, mais elles sont souvent le fruit d’un travail scientifique, rarement artistiques. Elena produit ces livres dans une démarche de recherche plastique qui saute aux yeux dés que l’on ouvre ses livres.

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Ces livres sont créés dans le but de favoriser le développement d’une industrie artisanale locale. Les motifs présentés sont isolés de leur contexte originel, il n’y a aucune explications de leurs cultures d’origines ou symboliques, pas de références. Tous les styles et époques sont mélangés en une équivalence formelle, ce qui suggère une matrice culturelle péruvienne générale et cohérente, abolissant l’hétérogénéité réelle des différentes cultures du pays. On affirme donc en même temps l’existence d’un art péruvien et un héritage spirituel commun, dans une volonté de nationalisme convaincu.

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Les livres auront énormément de succès, au niveau national mais surtout international, et on voit fleurir en même temps des livres sur l’archéologie péruvienne, et un ballet « incaïque » est même crée à l’Opéra de Paris par Marguerite d’Harcourt. A ce moment-là, ce que l’on appelle l’art « nègre » a beaucoup de succès à Paris et se propage jusqu’à Lima, on suggère donc une comparaison entre ce primitivisme et l’art précolombien, c’est ce qui explique le succès des livres d’Elena, qui est traduit en anglais et en français. Le mauvais côté de ce succès, ce que l’on assimile les artisanats dits « indigènes », l’art précolombien et l’art infantile. Bien sûr, ce rapprochement est absurde, l’art des différentes cultures précolombiennes est très élaboré en réalité. On rapproche également la géométrisation des motifs comme un procédé illustrant l’essence de l’art précolombien, ce qui est faux bien sûr, mais convient bien à la tendance Art Déco du moment.

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Elena quitte le Pérou en 1927, avec sa sœur, grâce à une bourse d’étude de 2 ans. Elles s’installent à Paris et entament un intense processus d’apprentissage dans plusieurs ateliers, en décoration d’intérieur, arts graphiques, reliure, affiches, etc. Elles se rapprochent de la tendance primitiviste et moderniste, découvre Gauguin. Elena grave et sculpte sur bois en 1928, et exprime le désir d’appliquer l’art précolombien à la vie moderne : elles créent donc porcelaines, céramiques, tissus, foulards à partir de cette année. Tout cela rencontrera énormément de succès, les foulards seront notamment réalisés en collab avec la maison Worth, THE consécration parisienne !

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Les sœurs se diversifient, louent un atelier plus grands, travaillent pour d’autres firmes et pour une clientèle privée également. Le textile se vend très bien, car la même année, la première grande exposition d’art précolombien se tient à Paris, au Louvre. Il est facile à l’époque, en France, pour un artiste, de travailler pour les arts décoratifs, car ceux-ci sont valorisés, beaucoup d’artistes créeront donc des textiles, objets, décors…

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Tous les textiles des sœurs sont imprimés artisanalement, Elena refuse de massifier le travail, d’abord parce que cela demande un investissement de base conséquent qu’elle ne peut se permettre, et ensuite, parce qu’elle désire garder le contrôle de la production.

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Anecdote : c’est suite à sa rencontre avec Elena qu’Elsa Schiaparelli introduira le rose shocking, typique des textiles de Lima, dans ses collections. Elena créera des boutons pour la maison également.

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Mais bientôt surgit la crise de 1929. La vie est difficile en France, les réserves s’épuisent et Elena décide de trouver de nouveaux clients. En 1935, elles organisent une exposition et un voyage à New-York, grâce à Malvina Hoffman (sculptrice), et Anne Morgan (riche héritière, et grande cliente d’Elena). Il faut savoir que c’est une grande première : même pendant la politique du bon voisin dans les années 30, où le faux-semblant sera de mise, les USA auront du mal à reconnaître l’aspect artistique, culturel et important de l’art précolombien. En 1933, cela commence à changer car le MoMa organise l’exposition « Sources amérindiennes de l’art moderne », et l’art précolombien commence à s’y exporter.

Elles rentrent à Paris et reçoivent ensuite d’importantes commandes, mais ont du mal à les honorer à cause du caractère artisanal de leur production. Elena n’accepte donc que les commandes pouvant se réaliser à taille humaine dans l’atelier de Paris. Sa dernière œuvre significative sera un travail avec le designer Reynaldo Luza pour la décoration du Pavillon du Pérou de l’Exposition Internationale de Parsi, en 1937.

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En 1938, elles quittent Paris à cause de la guerre, et embarquent pour New-York, où les sœurs réalisent la décoration du pavillon péruvien pour la Foire Internationale de 1939.

Elles rentrent ensuite, contraintes par leurs moyens, au Pérou. Le pays a changé en leur absence, et elles ont du mal à se réadapter à cette vie. Elles font savoir dés leur retour leur volonté d’encourager le développement des artisanats locaux et de reprendre leurs tâches pédagogiques en arts appliqués, et reçoivent l’approbation et le soutien du gouvernement. Elena obtient la direction du Taller Nacional de Artes Graficas Aplicadas, instauré en 1940 pour favoriser l’artisanat par le développement d’ateliers locaux. Le but est de restaurer et perfectionner les techniques ancestrales afin de les appliquer au design contemporain. C’est un projet très dynamique qui rayonne à l’étranger, mais qui diminuera progressivement pour se réduire considérablement dans les années 50 (la mode art déco est passée). Les sœurs mettent donc un terme à leurs fonctions.

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Dans les dernières années, la production d’Elena faiblira, elle ne présentera quasiment plus son travail publiquement. Sa santé se détériore sérieusement dans les années 60, et elle mourra en 1970 des suites d’une longue maladie, plusieurs années avant sa sœur (Victoria).

Son travail tombera dans l’oubli, et elle sera absente pendant longtemps de l’histoire de l’art péruvien. Elena est pourtant une pionnière, elle a proposé une recherche artistique originale et personnelle, en conciliant sources ancestrales péruviennes et art déco contemporain.

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Je regrette juste que dans un souci de nationalisme exacerbé, la culture péruvienne, riche de beaucoup d’ethnies différentes, ait été stéréotypée en une seule forme de motifs, avec une disparition des particularités et des symboliques.

Un moyen-métrage est visible sur http://izcue.perucultural.org.pe/

Le Musée Fayet, une belle découverte…

« Je retiens votre promesse de venir me voir à Béziers. Voilà bien longtemps que nous n’avons pas parlé peinture, j’ai un tas de choses à vous montrer. D’abord, mon atelier est remanié. Dans un panneau, L’Homme à la Pipe étincelle au milieu des Moissons d’or. De l’autre côté, tous les Gauguin ; Cézanne au milieu de ses pommes et de ses fleurs… »

Gustave Fayet à George-Daniel de Monfreid, 2 novembre 1903.

Ce sont souvent dans les petits musées inconnus que l’on fait les plus belles découvertes… Ce fut le cas pour moi dans le Musée Fayet de Béziers. Celui-ci est une partie du musée des Beaux-Arts, réparti en deux endroits différents : Hôtel Fayet pour la partie ancienne des collections, et Hôtel Fabrégat pour la partie moderne des collections. Les deux sont actuellement fermés pour d’importantes restaurations, qui devraient redonner un peu de lustre aux deux lieux. Le deuxième était déjà fermé lorsque je m’y suis rendu, mais j’ai pu admirer l’intérieur de l’Hôtel Fayet, qui est vraiment très très beau (et plutôt bien conservé d’ailleurs)….

Figurez-vous que la demeure imposante ne fut pas, à la base, propriété des Fayet… Il appartenait au XVIIIe siècle au Baron de Villeraze-Castelnau, et s’appelait donc « Hôtel de Villeraze ». Tout aurait pu continuer ainsi gentiment, si M. le Baron n’avait eu la fâcheuse idée d’y assassiner le procureur du Roi en 1772. Oui, rien que ça, je ne vous raconte pas la une des gazettes mondaines de l’époque (enfin façon de parler, disons que beaucoup de ragots ont circulé dans les couloirs). Il fut gracié par Louis XVI, mais condamné au bannissement. Il partit donc de Béziers, il lui arriva des tas de choses, et il revint à la fin du Second Empire, mais ne se réinstalla pas à l’Hôtel (histoire que cela ne lui porte pas la poisse, on sait jamais). Il le loua donc, et plus tard, le vendit à la famille Fusier. Par le biais de la jolie Élise, celle-ci s’allia à la famille Fayet, et voilà comment l’Hôtel Fayet naquit…

(Charles Copeyl, portrait présumé de Charles de Rohan, XVIIIe)

La famille Fayet est issue de la nouvelle grande bourgeoisie, enrichie grâce au négoce du vin (oui, Béziers fut le centre de la France en terme de vins il y a longtemps). L’un des fils d’Élise, Gustave, devint un très grand collectionneur d’art moderne, et sa très riche collection est aujourd’hui répartie entre Orsay, l’Ermitage, le Metropolitan de NY, la National Gallery de Washington, etc.

Il doit sa passion à son père et son grand-père, tous deux peintres paysagistes. Il devint lui-même artiste multi-médium, connue notamment pour ses tapisseries symbolistes.

(Donatien Nonotte, 1750, portrait de la vicomtesse suédoise Brita Christina Tornflyckt)

Cet homme était un fou d’art. Comme beaucoup d’héritiers grand-bourgeois, il aurait pu se contenter de vivre de ses rentes, comme tout le monde dans son milieu, et il aurait fini sa vie gros, gras, sentant le cigare, coiffé d’un haut-de-forme plus grand que lui, impotent, porté sur les cocottes, et sans doute atteint de la goutte et d’une maladie du foie. Mais non, pas du tout. Il se marie à Madeline d’Andoque de Sériège, excusez du peu, et hérite bien sûr des propriétés viticoles du père de celle-ci, ce qui enrichit considérablement le cheptel. Fort de cette nouvelle richesse, il achète pour 20 000 francs de tableaux, Degas, Pissaro, Renoir… Et 20 000 francs de l’époque, ça fait beaucoup !

(Dominicus Smout, (1671- 1733), Vanité, huile)

(et mesdames et messieurs les conservateurs, ceci est un message national : quand on accroche un diptyque, on l’accroche toujours de manière à ce que sa lecture se fasse de gauche à droite, comme un livre européen… Or là, l’ordre était inversé, mais je vous les présente dans le bon ordre…)

En 1900, le voilà Conservateur du Musée des Beaux-Arts de la ville, qui voit une grande exposition s’y tenir en 1901. Pour l’occasion, c’est le grand déballage : Rodin, Maurice Denis, Lautrec… Il y a même un Picasso, et il est à noté que la première grande expo du monsieur, avant celle d’Ambroise Vollard…

Mais l’artiste favori de Gustave fut Gauguin, avec qui il entretint une correspondance très riche du vivant de l’artiste. Il possèda jusqu’à 70 œuvres, tous types confondus.

Malheureusement, les modernes ne sont pas du goût de tout le monde, et son enthousiasme ne rejaillit guère sur le Municipalité et le public bitterrois… Déçu, il part s’installer à Paris, et l’essentiel de sa collection le suit en 1905, laissant l’Hôtel endormi… Ce n’est qu’en 1966 qu’il renaitra en se transformant en Musée, suite à la donation de la famille à la Municipalité…

Il est à noter que de nombreuses œuvres dorment dans les salles fermées au public, ce qui est fortement dommage pour lui ! Et je crois aussi que curieusement, le bâtiment n’est pas classé, ce qui est fortement regrettable, vu la qualité des intérieurs préservés et de l’histoire du bâtiment !

(beaucoup de belles sculptures classiques, je n’ai pris en photo tous les cartels, d’autant que certains étaient absents)

(au rez-de-chaussée, des sculptures d’Injalbert, artiste local de la Belle Epoque)

(un fond du XVIIIe siècle qui va être donné au Musée afin d’enrichir le mobilier déjà présent, très très beaux objets d’art…)

(belle collection de verrerie Art Déco)

Et le clou, ma curiosité préférée :

Un tableau parfaitement insolite : si le sujet des faunes et de Pan est récurrent au XVIIIe siècle, dont date vraisemblablement ce tableau si j’en crois la facture (mais pas de cartel et on n’a pas pu me renseigner…Grrrr), en revanche, il est insolite d’y croiser des femmes-faunes, et encore moins en train d’allaiter ! Donc, profitez-en, c’est une pure curiosité !

Belle journée (prochain article dimanche, on parlera de mon travail et de comment je le fais, ensuite je vous embarquerai pour Carcassonne, où je parlerai de Marie-Madeleine) !

 

Book Haul, spécial Noël !

(une page de carnet de croquis réalisée à partir d’un livre cité plus bas…)

Si vous suivez le blog depuis un petit moment, vous savez sans doute que moi et les livres, c’est une grande et profonde histoire d’amour (à côté, Titanic c’est de la gnognotte). C’est simple : je ne PEUX pas vivre sans livre, c’est impossible. Les livres, c’est la culture, la connaissance et l’évasion. Il est donc normal que ma famille (enfin, mes parents), connaissant ce goût immodéré pour le papier imprimé, m’offrent des livres à chaque occasion.

J’avais déjà fait un « book haul » lors de ma visite au Havre, où j’avais trouvé de fort jolies choses… Voici donc le « book haul » de Noël, car, même si j’ai eu peu de choses comparé d’autres personnes, mes parents m’ont offert de superbes livres !

Cabinet de Curiosités

Ma mère m’a offert l’album à colorier de Deyrolle, plus parce qu’elle sait que j’adore les planches naturalistes que pour le coloriage, qui m’indiffère complètement… Et elle ne s’est pas trompée : les planches sont superbes, un peu petites certes, mais tellement inspirantes ! Pour aller avec, elle m’a également offert deux copies de récipients médicinaux, que je collectionne, un très joli carnet (oui, je raffole aussi de la papeterie…).

Avec un bois de cerf provenant de mon propre cabinet de curiosités, qui n’en finit pas de s’agrandir…

Une carte postale avec de beaux papillons, un extrait de mon carnet de croquis actuel, et l’un de mes carnets façon « vieux cahier » (une de mes créations).

Pirates ! L’art du détournement culturel

Mon père m’a offert ce livre extraordinaire sur le détournement culturel en art plastique, qui colle tout à fait à mon sujet… C’est une mine d’or, il est très bien fait, en plus d’être riche en illustrations, une vraie source d’inspiration, avec de très bons textes, et des interviews d’artistes…

Avec un lot de bracelets style Art Déco, et un collier en bois que j’adore, merci papa !

L’un de mes artistes favoris : Blaze. En arrière-plan un ancien numéro du magazine satirique « Punch » et un vieux numéro du « Saturday Evening Post », illustré (comme très souvent) par Norman Rockwell, que j’adore…

Un article sur Soazig Chamaillard, dont j’adore les vierges revisitées… En arrière-plan le livre « Pinxit » de Mark Ryden, et un extrait de mon carnet de croquis actuel.

Les Chroniques de Downton Abbey

De la part de mon père toujours, un livre sur Downton Abbey, que j’ai dévoré, car on y trouve des photographies des objets de chaque personnage, des fac-similés photographiés, etc. Un très beau livre, avec une très belle mise en page.

Avec deux carnets venant de Maisons du Monde, et en fond, des échantillons de papiers peints Farrow and Ball…

Les pages consacrées à Mary, avec l’une de mes créations, le carnet à reliure japonaise, et des papiers peints Farrow and Ball…

Japonismes

Ma mère m’a également offert ce superbe ouvrage « Japonismes », qui décrit, explique, les relations entre l’art japonais et l’art européen fin XIXe-début XXe siècles, jusque dans les années Art Déco. Les photographies sont magnifiques, la mise en page divine, un superbe cadeau !

Avec deux petits carnets également offerts (merci maman), de l’artiste Patricia Ariel.

Le Livre des Symboles

Et de la part des deux, le fameux livre sur les Symboles des éditions Taschen, qui va drôlement bien me servir pour mon mémoire ! Richement illustré et très bien fait, les symboles y sont classés par thèmes, ce qui est très pratique.

Avec deux carnets réalisés par mes soins et en fond, une page de mon carnet de croquis actuel…

Voilà, j’espère que cela vous aura donné envie d’aller voir ces livres (je ne suis pas responsable en cas de « consommationite aiguë ») !

Est-ce que ces livres vous plairaient ? Et vous, vous avez eu des livres pour Noël ?

Belle journée !

Architecture, Géométrie et Bijoux : avoir du style en restant simple

Je ne sais pas pourquoi, mais les gens s’attendent toujours à me voir avec des bijoux hyper baroques ou gothiques (genre shoker en dentelle, grosse croix byzantine, etc). Bon, c’est vrai, j’en ai porté pendant pas mal d’années, mais j’ai changé. Parce que si j’aime, j’adore le baroque, en revanche, à porter tous les jours, c’est devenu « no way ». Je ne suis pas le genre de fille à me pomponner pendant des heures, à passer au bas mot une heure trois quart (pour pas dire deux heures) dans la salle de bain à me faire un make-up de la mort qui tue qui va finir en dégoulinade au bout de 4 heures (oui, j’ai testé, on se moque pas). Ce qui signifie que je ne suis pas le genre de fille à porter des jupes, des bas, des corsets, des bijoux compliqués. MAIS je ne sacrifie pas au style (oui quand même, j’ai ma fierté, et ressembler à un sac à patates, c’est pas une priorité dans la vie). Donc : il faut que ça aille vite, que ça claque sans en faire trop, et que ça donne du style. D’où mon amour des bijoux géométriques.

I do not know why, but people always expect to see me with baroque or Gothic hyper jewels (kind lace shoker, big Byzantine cross, etc.). Well, it’s true, I wore it during quite a lot of years, but I changed. Because if I like, I adore the baroque, on the other hand, to wear every day, it became « no way ». I am not girl’s kind to get dolled up for hours, to spend at least one hour and three quarter in the bathroom to make me a make-up which is going to end in trickle at the end of 4 hours (yes, I tested, we laugh not). What means that I am not girl’s kind to wear skirts, stockings, corsets, complicated jewels. BUT I do not sacrifice to the style (yes all the same, I have my pride, and look like a bag with potatoes, it is no priority in the life). Thus : that has to go fast, class without making it too much, and to give of the style. Where from my love of the geometrical jewels.

Bon, je vous explique la chose, si jamais vous êtes toujours là après ce pavé pas toujours très compréhensible.

Well, I explain you the thing, if ever you are always there after this pavement not always very understandable.

Avant, j’étais une fille qui collait à son style baroque : dentelle, noir, or, gros bijoux, talons hauts, etc. Oui, mais ça, c’était avant (non, je ne suis pas hantée par la pub, Alain, sors de ce corps !). En réalité je me suis rendue compte que ce n’était qu’une façade construite pour parfaitement coller à ce que les gens attendaient de moi et de ma personnalité. Mais ce n’est pas ce que je suis en réalité : je préfère largement miser sur une superbe paire de baskets, qui va me permettre d’associer style et confort, plutôt que sur des talons de 12, qui vont me permettre d’être stylée sans course à pieds. J’aime le style ET le confort. Aujourd’hui, après des problèmes de santé pas toujours très marrants, le confort est devenu essentiel. Je conserve mon style quoi qu’il arrive, même à un super gala top classe. Assez tomboy, un rien japonais (les japonais sont les pro du « no gender », je peux m’habiller chez les mecs, trop cool !), un peu « minimal », « neutral », pas mal d’oversized, un peu de flamand et de amish, un rien rock’n’roll. Noir, bleu, gris, beige, quelques touches de vert et de rouge… Plus du tout de baroque, de seventies, de choses compliquées qui ne servent qu’à m’énerver. Et des accessoires, car, dans ce type de look, c’est EUX qui donnent le style : d’où mon amour des pièces uniques, imposantes, géométriques, et color block, que ce soit en bijoux, en chaussures, en sac. Ajoutez à ça un chapeau, un gilet et une écharpe, et c’est parti. C’est sans doute mon goût pour l’art déco et l’architecture moderne et contemporaine qui parle…

Before, I was a girl who stuck on her baroque style: lace, black, yet, big jewels, high heels, etc. Yes, but that, it was before. In reality I realized that it was only a facade built to stick perfectly on what people expected from me and from my personality. But it is not what I am in reality : I widely prefer to bet on a magnificent pair of sneakers, which is going to allow me to associate style and comfort, rather than on heels of 12, which are going to allow me to be stylish without running. I like the style AND the comfort. Today, after health problems not always very funny, the comfort became essential. I keep my style whatever happens, same in a great classy top official reception. Enough tomboy, a Japanese mere nothing (Japanese are pro of  » no gender « , I can get dressed at the guy’s, too cool !), a little bit « minimal »,  » neutral « , oversized, a little of Flemish and Amish, a little rock ‘n’ roll. Black, blue, grey, beige, some touches of green and red… Anymore of the baroque, the seventies, the complicated things which serve only to irritate me. And accessories, because, in this type of look, it is THEM who give the style : where from my love of the unique, impressive, geometrical things, and color block, whether it is in jewels, in shoes, in bag. Add to that a hat, a vest and a scarf, and let’s go ! Perhaps it’s my love for Art Deco and architecture modern…

Voici donc quelques échantillons de mes bijoux géométriques, je n’ai guère les moyens de me payer du Marni, du Céline, du Vionnet et du Ellery, mais j’y crois, un jour peut-être !

Here is thus some samples of my geometrical jewels, I  have not the money to buy Marni, Céline, Vionnet and Ellery, but I believe in it, one day maybe!

Et ci-dessous, mes rêves en images (pinterest est ton meilleur ami) / And below, my dreams in images (pinterest is your best friend) :

Marni

Ellery

CONTOURstudio, via Etsy

Zimmerman

Zara

Vionnet

Salomé Charly

Belle journée mes ptites licornes !