Le Salon de la micro-édition « Multiples », à Morlaix

Comme j’ai raté le Marché Noir de Rennes de cette année (enfin, pardon, de l’année dernière), je me suis rattrapé avec le salon Multiples de Morlaix, qui a eu lieu en novembre 2019.

J’adore les salons de la micro-édition, je trouve toujours quelques petites choses à rapporter. J’y ai rencontré cette année Samuel Etienne, spécialiste du fanzine musical ! Ainsi que des collectifs d’artistes produisant de la micro-édition, et tout ceci était très intéressant. L’entrée au salon est gratuite, et je le précise car ce n’est pas toujours le cas. En tout, il y avait environ 70 exposants, ce qui n’est pas rien quand même par rapport à d’autres salons.

Voici donc mes trouvailles :

Une micro-édition du collectif Athanor (Rennes), ainsi que deux badges (Athanor également). Athanor est un collectif travaillant autour de la micro-édition sur des supports variés : livres, affiches, badges… Et en plus, des conceptions d’expositions autour du travail du collectif. J’ai trouvé ça très beau, avec une ligne éditoriale (si on peut appeler ça comme ça) très forte et cohérente… A suivre donc !

Le site d’Athanor : http://www.athanor-collectif.com

(ci-dessus, deux extraits du livre Oculus)

Un extrait d’une édition du collectif Lundi a Mal (Rennes, duo issu des Beaux-Arts). La couverture de l’édition est sur la première image ci-dessus. Il s’agit d’un concept assez intéressant : retravailler des images de comics américain, en leur apportant de la modernité, une nouvelle vision colorée, et en supprimant les textes (qui sont franchement mauvais la plupart du temps, en plus de véhiculer racisme sexisme, ils sont vraiment l’archétype du western). Cela donne une nouvelle vision de la chose, et je trouve cela très beau… J’aurais bien acheté d’autres choses, mais pas assez de sous…

Le site de Lundi a Mal : https://cargocollective.com/lundiamal

https://pierre-mace.jimdofree.com/

https://mariannerivierre.jimdofree.com/lundi-a-mal/

https://www.facebook.com/lundiamal/

Une affiche des éditions PPAF (Première Pression à Froid), qui n’est pas un collectif mais une seule personne, , qui travaille sur le tampon afin de créer un alphabet universel (le modulographe). Vous pouvez donc acheter des jeux de tampons pour imprimer vous-même votre propre alphabet, un fort joli concept qui n’est pas sans rappeler la conception de la typographie du Bauhaus… Mais PPAF ce n’est pas que des tampons, c’est aussi des livres et des affiches.

Le site ineternet de PPAF : http://www.ppafeditions.fr/

Un carnet ressemblant à un flip-book, issu d’un travail d’impression… Et comme il n’est pas signé, ben, je sais plus qui c’est !!!! (c’est malin, je sais)

Toutes les cartes prises et archivées consciencieusement dans un carnet spécial, qui ne cesse de grossir… Cela peut faire sourire, mais franchement, impossible de se rappeler de tout, et quand vous devez organiser un truc ou citer des sources, c’est bien pratique !

Outre ce que j’ai acheté, j’ai eu des coups de cœur pour le travail de :

Pauleen K, un beau travail de gravure sur l’architecture

Atelier Brume, micro-édition

Mathilde Seguin, gravure et architecture

Julie Aybes, de la photographie et de la micro-édition, très beau travail sensible

Voilà pour ce compte-rendu ! Bon, par contre, il pleuvait des cordes, c’est hyyyyyyper-pratique pour transporter du papier et des achats. Mais bon. Faut faire avec. La prochaine fois je prierai Toutatis.

Belle journée !

 

 

La nouvelle broderie gothique

(cet article est une spéciale dédicace à Justine, l’une de mes collègues médiatrices supers sympas au FHEL de Landerneau, et qui fait de la broderie en mode F*CK)

Vous l’avez peut-être remarqué (ou pas), mais la broderie connaît actuellement un renouveau. Et là, je vous renvoie à mon article sur les artistes féministes qui se réapproprient la broderie, traditionnellement médium féminin dans les cultures d’Europe occidentale. Today, je suis particulièrement amoureuse de la nouvelle broderie à tendance gothique, à cause notamment des motifs. La plupart des brodeuses (oui, ce sont en majorité des femmes) sont douées en dessin, et cela se ressent dans leurs broderies. Les quelques artistes que je partage ci-dessous ont des styles très différents. Certaines font des broderies uniques, d’autres font des broderies téléchargeables, mais toutes ont des styles admirables. J’espère que cela vous plaira…

Adipocere (un classique, mais commençons pas le classique)

Your gothic granny (aka Rachel Dreimiller, des modèles téléchargeables vraiment sympa, dans un style très pur)

Fevernest (aka Elsa Olsson, artiste textile que j’adore) (et son tumblr)

Veiled Mirrors (aka Anna, dont j’adore à la fois les broderies, très mystiques, et aussi les collages, vraiment superbes)

Alifera (aka Alina Fera, dont tous les modèles sont téléchargeables)

Mila Rosha (brodeuse et dessinatrice dans un style glam goth et mystique)

J’espère que vous ferez de belles découvertes, il y a énormément de talentueuses brodeuses dans un style gothique…

Belle journée !

 

Boris Servais, la micro-édition made in Germany…

La culture de la micro-édition est différente selon le pays où vous vous trouvez. Elle foisonne et pousse à peu près partout dans le monde, alors on va rester européen pour simplifier ici le panorama. En France, c’est littéralement hyper foisonnant. La micro-édition, qu’il s’agisse de livre, d’affiche ou autre fanzines, y est vraiment très importante, et la nouvelle culture du DIY (plus ou moins imposé mais ça c’est un autre sujet) arrange bien les choses. Un livre, une affiche, une gravure, c’est assez simple à faire tout seul, mais en étant sous-équipé, vous pouvez réussir à faire quelque chose de bien. Et surtout, c’est immédiat ou presque. Cette culture de l’urgence a trouvé son apogée dans le fanzine, mais là n’est pas le sujet aujourd’hui./

Boris Servais est allemand, vis à Aix-La-Chapelle. Si la micro-édition est foisonnante en France, elle y est encore un peu souterraine, car malgré des manifestations dédiés et quelques expos, elle ne trouve pas encore sa place réelle dans le monde de l’art dit officiel. En Allemagne, la micro-édition a plus de chances : elle est reconnue comme pratique artistique à part entière et a donc une visibilité beaucoup plus grande qu’en France par exemple, elle n’est pas réellement underground ou souterraine. Boris Servais fait donc du dessin, de la peinture, des estampes, et des livres. J’aime beaucoup son style, entre vintage et contemporain. Je remarque aussi avec surprise que son trait est proche du mien : il dessine avec des traits comme si ce dessin était une gravure…

Boris est l’un des membres du collectif allemand et belge La Poste Aérienne, composé d’artistes-graphistes travaillant en priorité l’illustration, le dessins, les gravures… Il est aussi l’initiateur du festival de l’illustration de Cologne (Illustratoren Festival), et donne des cours dans diverses institutions.

Son site : http://boris-servais.com/

Instagram : https://www.instagram.com/borisservais/

Son blog de Travelbook  : https://bs-travelblog.tumblr.com/

Quelques expos du collectif Poste Aérienne :

Belle journée !

Benjamin Guyet, le fou de la gouge…

Oui oui, Benjamin Guyet est un foufou, un vrai, comme j’en ai vu très peu. On parle ici de folie artistique due à une utilisation répété d’un outil sur très grand format nécessitant des heures de travail pour arriver à un résultat extraordinaire. J’ai déjà vu ce type de cas, en dessin notamment, mais jamais en gravure auparavant, plus spécifiquement en linogravure.

Car Benjamin fait de la linogravure, mais attention, sur grands formats. Voire très grands formats. Des affiches quoi. ENTIÈREMENT réalisées en linogravure, y compris pour le lettrage. Un truc de dingue. Si vous essayez de faire pareil, affutez super bien vos gouges sous peine de choper une tendinite carabinée.

Benjamin est nantais. Sa rencontre avec la lettre et le lettrage en général, date des années 2000 lorsqu’il se met à pratiquer le graffiti (sachez qu’aujourd’hui une discipline entière du graffiti est consacrée à l’art du beau lettrage, que l’on nomme « calligraffiti ». Tapez ça en hashtag, vous allez voir des merveilles). Puis, en 2007, il passe à l’affiche, en noir et blanc, histoire d’affiner un peu le truc. Et puis, en 2013, tadaaaaaaaaam, la lino débarque. On peut tout mettre sur une même affiche, et pour lui, c’est la révélation.

Benjamin imagine alors Les Éditions de l’Étau. Et ça marche super bien…

En 2017, Benjamin est l’un des dix nominés du Prix Gravix, THE prix de la gravure française (enfin, l’un des trois qui existent). Et on lui souhaite le meilleur. Vive la lino ! Longue vie aux fous de la gouge !

le site : https://leseditionsdeletau.wordpress.com/

 

Elena Izcue, ou l’art de réutiliser l’art précolombien

Elena Izcue, il y a deux mois, je ne connaissais pas. Mais lorsque j’ai découvert, au détour d’un rayon de médiathèque, le catalogue de l’expo ayant eu lieu au Musée du Quai Branly en 2008, franchement, j’ai été ébahi par la modernité qui se dégage des travaux d’Elena !

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Elena Izcue est née en 1889. Sa vocation de dessinatrice se déclenche tôt, et en 1910, elle suit des cours de dessin à Lima. En 1919, l’École des Beaux-Arts de la ville est créée, et Elena fait partie de la première promotion d’artiste entièrement formés au Pérou. Cette nouvelle génération d’artistes présente la particularité de combiner une très forte aspiration nationaliste et quête d’authenticité. Une sorte de mélange entre nationalisme politique et modèle classique européen du XIXe siècle se fait jour donc à l’École. Il y a cette idée d’une art « national », qui se manifeste chez Elena par cette volonté de faire revivre l’art précolombien de manière moderne.

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En 1921, elle rencontre Rafael Larco Herrera, un riche philanthrope qui désire faire d’elle sa collaboratrice (en vrai hein, pas de promo-canapé, il admire réellement son travail), car il désire promouvoir l’archéologie péruvienne, en développant des écoles modernes. Elle se consacre donc à des études de l’art précolombien, qu’elle lie à la fois à l’enseignement et aux arts décoratifs.

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Elle ne reproduit pas fidèlement les matériaux, ce n’est pas son centre d’intérêt : Elena préfère travailler à l’unification, la synthèse. Elle fait des choix artistique : par exemple, l’art Nasca, les tissus Paracas et l’art Moche seront étudiés, qui sont issus de culture côtières. En revanche, elle n’étudie pas l’art Chavin (le dessin rigide, linéaire et l’iconographie ne semble pas lui convenir, elle les trouve peut-être trop menaçants), ni le répertoire Inca.

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L’art Nasca (ou Nazca)

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Les tissus Paracas

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L’art Moche

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L’art Chavin

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L’art Inca

Au Pérou cohabite deux types d’arts décoratifs : en province, on a recours à l’artisanat local pour les meubles, l’orfèvrerie et les tapis, mais à Lima, les classes aisées préfèrent la production industrielle européenne et n’ont rien à faire de l’artisanat local, jugé trop « plouc » pour eux, qui veulent se distinguer et sortir du lot (donc copier les européens). Il n’y a donc pas de production nationale originale au sens pur du terme. Le travail d’Elena se révèle donc une prouesse exceptionnelle pour l’époque, car elle réutilise les motifs précolombiens dans un but purement décoratif.

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En 1921 a lieu le centenaire de l’Indépendance, pour cette occasion Elena et sa sœur (elles travaillent toujours ensemble) présentent un « salon incaïque » (ironique puisqu’Elena ne se sert jamais de dessins incas) dans le Musée National. C’est donc la première réelle tentative d’application du dessin précolombien à la décoration moderne, mais les réactions sont mitigées : si les officiels s’enthousiasme de ce nationalise réussi, et les visiteurs affluent mais certains ont quand même du mal à accepter cet héritage culturel qui est pour eux rétrograde, trop « sauvage ».

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La même année, un nouveau musée est crée par Victor Larco Herrera, et il demande aux sœurs d’y créer un atelier d’art décoratif en son sein. Les objets réalisés dans celui-ci sont exposés dans la boutique du musée, et dans certaines vitrines de boutique de Lima, prônant un « art national authentique ». En 1924, il vend le musée à l’État, et la production de l’atelier est arrêtée.

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Et en 1926, elle livre THE book : L’Art péruvien à l’école, c’est-à-dire une étude méthodique de l’art précolombien, destinée à être étudié en classe, il y a deux tomes, un pour les tous jeunes et un pour les plus grands. Ils sont illustrés par des centaines d’aquarelles de motifs. C’est une véritable révolution : l’intérêt pour cette archéologie existe et les études de cet art existent, mais elles sont souvent le fruit d’un travail scientifique, rarement artistiques. Elena produit ces livres dans une démarche de recherche plastique qui saute aux yeux dés que l’on ouvre ses livres.

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Ces livres sont créés dans le but de favoriser le développement d’une industrie artisanale locale. Les motifs présentés sont isolés de leur contexte originel, il n’y a aucune explications de leurs cultures d’origines ou symboliques, pas de références. Tous les styles et époques sont mélangés en une équivalence formelle, ce qui suggère une matrice culturelle péruvienne générale et cohérente, abolissant l’hétérogénéité réelle des différentes cultures du pays. On affirme donc en même temps l’existence d’un art péruvien et un héritage spirituel commun, dans une volonté de nationalisme convaincu.

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Les livres auront énormément de succès, au niveau national mais surtout international, et on voit fleurir en même temps des livres sur l’archéologie péruvienne, et un ballet « incaïque » est même crée à l’Opéra de Paris par Marguerite d’Harcourt. A ce moment-là, ce que l’on appelle l’art « nègre » a beaucoup de succès à Paris et se propage jusqu’à Lima, on suggère donc une comparaison entre ce primitivisme et l’art précolombien, c’est ce qui explique le succès des livres d’Elena, qui est traduit en anglais et en français. Le mauvais côté de ce succès, ce que l’on assimile les artisanats dits « indigènes », l’art précolombien et l’art infantile. Bien sûr, ce rapprochement est absurde, l’art des différentes cultures précolombiennes est très élaboré en réalité. On rapproche également la géométrisation des motifs comme un procédé illustrant l’essence de l’art précolombien, ce qui est faux bien sûr, mais convient bien à la tendance Art Déco du moment.

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Elena quitte le Pérou en 1927, avec sa sœur, grâce à une bourse d’étude de 2 ans. Elles s’installent à Paris et entament un intense processus d’apprentissage dans plusieurs ateliers, en décoration d’intérieur, arts graphiques, reliure, affiches, etc. Elles se rapprochent de la tendance primitiviste et moderniste, découvre Gauguin. Elena grave et sculpte sur bois en 1928, et exprime le désir d’appliquer l’art précolombien à la vie moderne : elles créent donc porcelaines, céramiques, tissus, foulards à partir de cette année. Tout cela rencontrera énormément de succès, les foulards seront notamment réalisés en collab avec la maison Worth, THE consécration parisienne !

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Les sœurs se diversifient, louent un atelier plus grands, travaillent pour d’autres firmes et pour une clientèle privée également. Le textile se vend très bien, car la même année, la première grande exposition d’art précolombien se tient à Paris, au Louvre. Il est facile à l’époque, en France, pour un artiste, de travailler pour les arts décoratifs, car ceux-ci sont valorisés, beaucoup d’artistes créeront donc des textiles, objets, décors…

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Tous les textiles des sœurs sont imprimés artisanalement, Elena refuse de massifier le travail, d’abord parce que cela demande un investissement de base conséquent qu’elle ne peut se permettre, et ensuite, parce qu’elle désire garder le contrôle de la production.

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Anecdote : c’est suite à sa rencontre avec Elena qu’Elsa Schiaparelli introduira le rose shocking, typique des textiles de Lima, dans ses collections. Elena créera des boutons pour la maison également.

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Mais bientôt surgit la crise de 1929. La vie est difficile en France, les réserves s’épuisent et Elena décide de trouver de nouveaux clients. En 1935, elles organisent une exposition et un voyage à New-York, grâce à Malvina Hoffman (sculptrice), et Anne Morgan (riche héritière, et grande cliente d’Elena). Il faut savoir que c’est une grande première : même pendant la politique du bon voisin dans les années 30, où le faux-semblant sera de mise, les USA auront du mal à reconnaître l’aspect artistique, culturel et important de l’art précolombien. En 1933, cela commence à changer car le MoMa organise l’exposition « Sources amérindiennes de l’art moderne », et l’art précolombien commence à s’y exporter.

Elles rentrent à Paris et reçoivent ensuite d’importantes commandes, mais ont du mal à les honorer à cause du caractère artisanal de leur production. Elena n’accepte donc que les commandes pouvant se réaliser à taille humaine dans l’atelier de Paris. Sa dernière œuvre significative sera un travail avec le designer Reynaldo Luza pour la décoration du Pavillon du Pérou de l’Exposition Internationale de Parsi, en 1937.

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En 1938, elles quittent Paris à cause de la guerre, et embarquent pour New-York, où les sœurs réalisent la décoration du pavillon péruvien pour la Foire Internationale de 1939.

Elles rentrent ensuite, contraintes par leurs moyens, au Pérou. Le pays a changé en leur absence, et elles ont du mal à se réadapter à cette vie. Elles font savoir dés leur retour leur volonté d’encourager le développement des artisanats locaux et de reprendre leurs tâches pédagogiques en arts appliqués, et reçoivent l’approbation et le soutien du gouvernement. Elena obtient la direction du Taller Nacional de Artes Graficas Aplicadas, instauré en 1940 pour favoriser l’artisanat par le développement d’ateliers locaux. Le but est de restaurer et perfectionner les techniques ancestrales afin de les appliquer au design contemporain. C’est un projet très dynamique qui rayonne à l’étranger, mais qui diminuera progressivement pour se réduire considérablement dans les années 50 (la mode art déco est passée). Les sœurs mettent donc un terme à leurs fonctions.

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Dans les dernières années, la production d’Elena faiblira, elle ne présentera quasiment plus son travail publiquement. Sa santé se détériore sérieusement dans les années 60, et elle mourra en 1970 des suites d’une longue maladie, plusieurs années avant sa sœur (Victoria).

Son travail tombera dans l’oubli, et elle sera absente pendant longtemps de l’histoire de l’art péruvien. Elena est pourtant une pionnière, elle a proposé une recherche artistique originale et personnelle, en conciliant sources ancestrales péruviennes et art déco contemporain.

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Je regrette juste que dans un souci de nationalisme exacerbé, la culture péruvienne, riche de beaucoup d’ethnies différentes, ait été stéréotypée en une seule forme de motifs, avec une disparition des particularités et des symboliques.

Un moyen-métrage est visible sur http://izcue.perucultural.org.pe/

Le Musée Fayet, une belle découverte…

« Je retiens votre promesse de venir me voir à Béziers. Voilà bien longtemps que nous n’avons pas parlé peinture, j’ai un tas de choses à vous montrer. D’abord, mon atelier est remanié. Dans un panneau, L’Homme à la Pipe étincelle au milieu des Moissons d’or. De l’autre côté, tous les Gauguin ; Cézanne au milieu de ses pommes et de ses fleurs… »

Gustave Fayet à George-Daniel de Monfreid, 2 novembre 1903.

Ce sont souvent dans les petits musées inconnus que l’on fait les plus belles découvertes… Ce fut le cas pour moi dans le Musée Fayet de Béziers. Celui-ci est une partie du musée des Beaux-Arts, réparti en deux endroits différents : Hôtel Fayet pour la partie ancienne des collections, et Hôtel Fabrégat pour la partie moderne des collections. Les deux sont actuellement fermés pour d’importantes restaurations, qui devraient redonner un peu de lustre aux deux lieux. Le deuxième était déjà fermé lorsque je m’y suis rendu, mais j’ai pu admirer l’intérieur de l’Hôtel Fayet, qui est vraiment très très beau (et plutôt bien conservé d’ailleurs)….

Figurez-vous que la demeure imposante ne fut pas, à la base, propriété des Fayet… Il appartenait au XVIIIe siècle au Baron de Villeraze-Castelnau, et s’appelait donc « Hôtel de Villeraze ». Tout aurait pu continuer ainsi gentiment, si M. le Baron n’avait eu la fâcheuse idée d’y assassiner le procureur du Roi en 1772. Oui, rien que ça, je ne vous raconte pas la une des gazettes mondaines de l’époque (enfin façon de parler, disons que beaucoup de ragots ont circulé dans les couloirs). Il fut gracié par Louis XVI, mais condamné au bannissement. Il partit donc de Béziers, il lui arriva des tas de choses, et il revint à la fin du Second Empire, mais ne se réinstalla pas à l’Hôtel (histoire que cela ne lui porte pas la poisse, on sait jamais). Il le loua donc, et plus tard, le vendit à la famille Fusier. Par le biais de la jolie Élise, celle-ci s’allia à la famille Fayet, et voilà comment l’Hôtel Fayet naquit…

(Charles Copeyl, portrait présumé de Charles de Rohan, XVIIIe)

La famille Fayet est issue de la nouvelle grande bourgeoisie, enrichie grâce au négoce du vin (oui, Béziers fut le centre de la France en terme de vins il y a longtemps). L’un des fils d’Élise, Gustave, devint un très grand collectionneur d’art moderne, et sa très riche collection est aujourd’hui répartie entre Orsay, l’Ermitage, le Metropolitan de NY, la National Gallery de Washington, etc.

Il doit sa passion à son père et son grand-père, tous deux peintres paysagistes. Il devint lui-même artiste multi-médium, connue notamment pour ses tapisseries symbolistes.

(Donatien Nonotte, 1750, portrait de la vicomtesse suédoise Brita Christina Tornflyckt)

Cet homme était un fou d’art. Comme beaucoup d’héritiers grand-bourgeois, il aurait pu se contenter de vivre de ses rentes, comme tout le monde dans son milieu, et il aurait fini sa vie gros, gras, sentant le cigare, coiffé d’un haut-de-forme plus grand que lui, impotent, porté sur les cocottes, et sans doute atteint de la goutte et d’une maladie du foie. Mais non, pas du tout. Il se marie à Madeline d’Andoque de Sériège, excusez du peu, et hérite bien sûr des propriétés viticoles du père de celle-ci, ce qui enrichit considérablement le cheptel. Fort de cette nouvelle richesse, il achète pour 20 000 francs de tableaux, Degas, Pissaro, Renoir… Et 20 000 francs de l’époque, ça fait beaucoup !

(Dominicus Smout, (1671- 1733), Vanité, huile)

(et mesdames et messieurs les conservateurs, ceci est un message national : quand on accroche un diptyque, on l’accroche toujours de manière à ce que sa lecture se fasse de gauche à droite, comme un livre européen… Or là, l’ordre était inversé, mais je vous les présente dans le bon ordre…)

En 1900, le voilà Conservateur du Musée des Beaux-Arts de la ville, qui voit une grande exposition s’y tenir en 1901. Pour l’occasion, c’est le grand déballage : Rodin, Maurice Denis, Lautrec… Il y a même un Picasso, et il est à noté que la première grande expo du monsieur, avant celle d’Ambroise Vollard…

Mais l’artiste favori de Gustave fut Gauguin, avec qui il entretint une correspondance très riche du vivant de l’artiste. Il possèda jusqu’à 70 œuvres, tous types confondus.

Malheureusement, les modernes ne sont pas du goût de tout le monde, et son enthousiasme ne rejaillit guère sur le Municipalité et le public bitterrois… Déçu, il part s’installer à Paris, et l’essentiel de sa collection le suit en 1905, laissant l’Hôtel endormi… Ce n’est qu’en 1966 qu’il renaitra en se transformant en Musée, suite à la donation de la famille à la Municipalité…

Il est à noter que de nombreuses œuvres dorment dans les salles fermées au public, ce qui est fortement dommage pour lui ! Et je crois aussi que curieusement, le bâtiment n’est pas classé, ce qui est fortement regrettable, vu la qualité des intérieurs préservés et de l’histoire du bâtiment !

(beaucoup de belles sculptures classiques, je n’ai pris en photo tous les cartels, d’autant que certains étaient absents)

(au rez-de-chaussée, des sculptures d’Injalbert, artiste local de la Belle Epoque)

(un fond du XVIIIe siècle qui va être donné au Musée afin d’enrichir le mobilier déjà présent, très très beaux objets d’art…)

(belle collection de verrerie Art Déco)

Et le clou, ma curiosité préférée :

Un tableau parfaitement insolite : si le sujet des faunes et de Pan est récurrent au XVIIIe siècle, dont date vraisemblablement ce tableau si j’en crois la facture (mais pas de cartel et on n’a pas pu me renseigner…Grrrr), en revanche, il est insolite d’y croiser des femmes-faunes, et encore moins en train d’allaiter ! Donc, profitez-en, c’est une pure curiosité !

Belle journée (prochain article dimanche, on parlera de mon travail et de comment je le fais, ensuite je vous embarquerai pour Carcassonne, où je parlerai de Marie-Madeleine) !

 

Voyage et rêverie en Orient-Express…

Vous connaissez sûrement l’Orient-Express, train de luxe ultra-connu (merci en parti Agatha Christie et son génialissime Hercule Poirot), toujours en circulation (pour ceux qui ont les moyens)… Je suis retombée il y a peu sur une collection de Dolce et Gabbana (dont j’adore l’esprit italien, surtout quand ils revisitent le baroque du pays), de 1993/1994, et qui avait pour thème L’Orient-Express (avec en plus comme photographe Steven Meisel, donc forcément j’adore..) . Donc, voici un article résumant l’histoire de ce fabuleux train qui fait toujours autant fantasmer, avec comme illustrations, la collection D&G…

Il suffit d’un nom, Orient-Express, pour que d’un coup, votre cerveau s’emballe et laisse entrevoir des image de Vienne, Venise et Constantinople, le tout dans une ambiance de luxe feutrée et brumes mystérieuses… On dirait une vraie pub pour du parfum ou des chocolats, mais, il n’empêche, il est rare qu’un  train acquière à ce point un esprit de légende…

Il fut crée en 1883, par la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (c’est moins classe comme nom), et ce train de luxe assurait la liaison entre Paris, Vienne, Venise et Constantinople, en desservant plusieurs capitales européennes au passage. Ce train était tellement luxueux que dans les années 20, on parla d’une style Orient-Express, et dont les meilleurs représentants furent Lalique ou Prou… Que de grands noms pour faire rêver ! Malheureusement, les deux guerres mondiales, plus la guerre froide, eurent raison de son prestige (on sort les mouchoirs), et le service quotidien vers Istanbul et Athènes s’éteignit en 1977… Pour cause de vitesse d’escargot, de pays communistes à traverser (douane, paperasse…), d’un réseau résolument obsolète, et bien sûr, à cause de l’avion (modernité, on veut tout plus vite, plus grand, on prend plus le temps).

Fort heureusement, l’Orient-Express renaît de ses cendres en 1982, cette fois-ci grâce à une compagnie privée, et le voyage comprend désormais Calais, Paris, Venise, Innsbruck, Vienne, avec parfois prolongement vers Istanbul. Mais, même s’il s’agit d’une compagnie privée, la marque reste la propriété de la SNCF. Celle-ci a racheté les 7 voitures du Pullman-Orient-Express, restaurées, afin de les exposer ou de les proposer à la location. Vous pouvez en voir une partie depuis 2014, garée le long de l’Institut du Monde Arabe (enfin je ne sais pas si c’est toujours vrai..).

Belle journée !

 

Le Muséum d’Histoire Naturelle du Havre, départ imminent pour les pays lointains…

J’adore les muséums d’histoire naturelle, ils regorgent de curiosités, de choses étranges et insolites… Ma mère ayant voyagé dans sa jeunesse en Afrique noire et en Inde, j’ai toujours été attirée par les pays lointains, et je l’écoutais me raconter ses voyages, complètement fascinée par les couleurs, les odeurs, les atmosphères… Ajoutez à cela ma passion pour les cabinets de curiosités, et vous comprendrez ma passion pour les muséums d’histoire naturelle. Celui du Havre est particulier : le bâtiment est ancien, et fait parti de ceux qui furent (miraculeusement ?) épargnés pendant les bombardements de la dernière guerre. Les collections sont importantes, aussi il n’y a pas d’exposition permanente, les expositions sont temporaires et ont à chaque fois un thème différent, ce qui permet de faire tourner notamment les animaux exposés. Eh oui, dans un muséum d’histoire naturelle, il y a fatalement des animaux naturalisés. Cela ne me gêne pas, en général, il n’y a qu’un  seul exemplaire de l’animal, c’est souvent la profusion (inutile) qui est gênante, car elle fait écho à la notion de massacre.

I adore natural history museums, they abound in curiosities, in strange and unusual things… My mother having travelled in her youth in Black Africa and in India, I was always attracted by the distant countries, and I listened to her telling me her travels, completely fascinated by colors, smells, atmospheres… Add to it my passion for the « cabinets » of curiosities, and you will understand my passion for natural history museums. That of Le Havre is particular : the building is old, and makes left those who were (supernaturally?) saved during the bombardments of the last war. Collections are important, also there is no permanent exhibition, the exhibitions are temporary and have every time a different theme, what allows of to make turn in particular the exposed animals. Yes, in a natural history museum, there are inevitably naturalized animals. It’s no problem for me, generally, there is only a single copy of the animal, it’s often the profusion which is annoying, because it echos the notion of massacre.

Le thème de l’expo que j’ai pu voir est lié à l’Afrique noire : La Havre – Dakar. C’est l’occasion pour le musée de montrer des animaux du pays, mais également bon nombre d’objets. Une partie est également consacrée à la création contemporaine : œuvres d’art, installations, design, parures… La mixité de l’exposition est vraiment bien faite, et met particulièrement les objets en valeur. J’ai adoré ! Tout est bien mis en scène, pensé dans les moindres détails, et l’on ressent assez bien l’ambiance créative qui règne à Dakar et qui s’appuie sur l’ancestral.

The theme of the exhibition which I was able to see is bound in Black Africa : Le Havre – Dakar. It’s the opportunity for the museum to show animals of the country, but also a lot of objects. A part is also dedicated to the contemporary creation: art, design, fineries… The mixing of the exhibition is really well made, and emphasizes particularly objects. I adored ! Everything is staged well, thought in greatest detail, and we feel well enough the creative atmosphere which reigns in Dakar and which leans on the ancestral.

L’ancestral

Un Coran, superbe, de la deuxième moitié du XIXe siècle

Une statue baoulé de la fin du XIXe siècle

Les créateurs contemporains

Un lièvre en wax (attention, contrairement à ce que l’on lis souvent, le wax est un tissu hollandais importé en Afrique et dans d’autres pays, c’est à la base une volonté commerciale, et qui devenu un tel symbole qu’il est désormais porté en Afrique, alors qu’il n’a rien à voir avec le continent, à ce sujet je vous conseille ce très bon article : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/12/30/comment-le-wax-fait-croire-qu-il-est-africain-et-etouffe-les-vrais-tissus-du-continent_5055656_3212.html

La photographe Joana Choumali travaille sur l’image de la femme africaine. Cette série, baptisée « Adorn », est basée sur la réinterprétation et et la transformation des canons esthétiques occidentaux par les femmes sénégalaises, et qui sont souvent critiquées pour cela. La photographe explore les raisons poussant à l’hybridation des codes de beauté, et à l’extrême que celle-ci provoque.

MIS Wude est un couple d’artistes travaillent le cuir comme matière première. Cette « collection » s’intitule « Théorie des règnes sensibles », et prend ses bases sur les découvertes occasionnées par les recherches menées sur la goélette Tara Expedition, spécialisée dans la diversité de la vie planctonique. Il s’agit ici d’une hybridation entre les représentations des fonds marins et l’écosystème urbain de Dakar, afin de représenter son âme en parure.

Livia Deng, jeune créatrice française. Il s’agit ici d’une moquette avec une gravure au laser, s’intitulant « Histoire d’empreintes ». D’après ce que j’ai compris, les formes quasiment abstraites sont à la base celles d’objets du quotidien entourant l’artiste, qui cherche à donner une importance à des objets qui n’en ont plus, dans notre société d’hyper-consommation.

Le site officiel du Muséum du Havre : http://www.museum-lehavre.fr/

Belle journée !

 

L’appartement Perret, un petit bijou vintage

Il y a peu, comme vous l’avez vu avec mon post sur l’expo « Pierre et Gille » au MUMA du Havre, je suis allé flâner, me promener et découvrir de belles choses au Havre. Le Havre est une ville mal aimée, principalement des amoureux d’histoire de l’art et pour cause : quand on s’y promène, certes, c’est une ville hyper photogénique, comme toutes les villes modernistes, mais voilà, c’est aussi son handicap. Elle est moderne. Si vous connaissez un peu l’histoire de la Normandie (« en Normandie, il n’y a de haute et de basse que la marée », dixit Guillaume le Conquérant, qui était déjà pour le regroupement des régions visiblement), vous savez que la ville du Havre a été presque intégralement détruite durant les bombardements de 39-45. Seuls quelques bâtiments ont survécus, on ne sait pas trop comment (notamment la sublime Maison de l’Armateur, donc je parlerai dans un prochain post). Du coup, bien sûr, au sortir de la guerre, il a fallu reconstruire, en masse, vite, et de manière à reloger un maximum de monde (La Cité Radieuse de Le Corbusier, Corbu pour les intimes, participe de cette effort de reconstruction). La ville organise donc un concours d’architecte, et Auguste Perret y participe. Il s’agit de construire de manière radicalement différente d’avant la guerre. Fini les fioritures, les choses compliquées : il faut du rapide, du fait en masse ou presque, du fonctionnel, pratique, simple. Perret propose donc un centre-ville tracé au cordeau, étudié pour être à la fois agréable, pratique et fonctionnel. Immeubles semblables, système de poteaux-poutres ayant fait ses preuves, système ingénieux de chauffage et d’évacuation des eaux. Comme on s’en doute, ce sont les Ateliers Perret qui remporte le concours. En peu de temps, le centre-ville du Havre est entièrement reconstruit, et aujourd’hui, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (voici la page dédiée à l’appartement témoin)… Alors, on aime, ou on aime pas. J’avoue que j’ai un peu de mal avec les extérieurs, heureusement la vue est sauvée par la mer et/ou les nombreux espaces verts. En revanche, je suis tombée amoureuse de l’appartement témoin ! Il est beau, pratique, fonctionnel, très bien pensé et assez grand. Il est aujourd’hui inscrit Monument Historique, et se visite à jours et heures réguliers, c’est forcément guidé car vous circulez librement dans l’appartement, et vous êtes cordialement invités à ouvrir les placards et armoires, même le réfrigérateur !

Not long ago, as you saw it with my post on the exhibition  » Pierre and Gilles  » in the MUMA of Havre, I went to discover beautiful things in Havre. Le Havre is a badly liked city, mainly lovers of art history for a very good reason : when we walk, there certainly it’s a city hyper photogenic, as all the modernist cities, the thing is also its handicap. It’s modern. If you know a little the history of Normandy, you know that the city of Havre was almost entirely destroyed during the bombardments of 39-45. Only some buildings survived, we do not too much know how (in particular sublime House of the Shipowner, thus I shall speak in a next post). As a result, of course, at the end of the war, it was necessary to reconstruct, mass, fast, and so as to rehouse a maximum of people (The Cité Radieuse of Le Corbusier, Corbu for the close friends, participates of this effort of reconstruction). Thus the city organizes architect’s competition, and Auguste Perret participates in it. It’s a question of building in a radically different way of front the war. Finished the flourishes, the complicated things : the rapids, the mass fact or almost, the functional, practical, simple is needed. Thus Perret proposes a city center traced very precisely, studied to be at the same time pleasant, practical and functional. Similar buildings, system of posts-beams having showed his ability, ingenious system of heating and evacuation of waters. As we suspect it, they are Perret workshops which takes away the competition. In a short time, the city center of Havre is completely reconstructed, and today, it’s registered on the UNESCO world heritage list (here is the page dedicated to the show apartment) … Then, we like, or we do not like. I admit that I have a little of evil with the outsides, fortunately the view is saved by the sea and\or the numerous green spaces. On the other hand, I fell in love with the show apartment ! He is beautiful, practical, functional and rather big, thought very well. It’s registered today Historical monument, and visits in the regular days and the hours, it’s necessarily guided because you circulate freely in the apartment, and you are cordially invited to open cupboards, even refrigerator!

Le plan de l’appartement est traversant, pour plus de luminosité, et il peut être entièrement ouvert ou fermé grâce à un système de double-portes et portes coulissantes et/ou pliantes. Aucun mur intérieur n’est porteur, et la tuyauterie ne passe pas dans les murs, donc, si vous être proprio, vous pouvez tout abattre, ça risque rien (le système de chauffage, collectif, est soufflant et passe par les sols et plafonds, très ingénieux). La surface totale est de 99 m², ce qui est confortable, avec une pièce à vivre, un bureau, trois chambres, une salle de bains, toilettes, une cuisine semi-ouverte, un hall d’entrée ouvert sur le séjour, et de très nombreux placards. J’ai l’impression de rédiger une annonce immobilière…

The plan of the apartment is crossing, for more luminosity, and he can be completely opened or closed thanks to a system of doubles – doors and sliding and/or folding doors. No internal wall is expanding, and the piping does not pass in walls, thus, if to be you a landlord, you can shoot down everything, that risks nothing (the system of heating, collective, is breathtaking and passes by grounds and ceilings, very ingenious). The total surface is 99 m ², what is comfortable, with a living-room, an office(desk), three rooms, a bathroom, toilet, a semi-open kitchen, an entrance hall opened on the living-room, and by very numerous cupboards. I have the impression to draft a real estate announcement…

Le mobilier qui est présent sur place n’était pas inclus dans les appartement, mais ils étaient souvent meublés ainsi, afin de montrer la modernité des lieux. La ville du Havre a fait de longues recherches afin que tous les meubles et objets soient d’époque, et se rapprochent le plus possible de ce qui était proposé à l’époque. Cependant soyons honnête. Cet appartement témoin est un rêve pour les familles bourgeoises : si mes grands-parents paternels ont pu très tôt acheter un réfrigérateur et une machine à laver, parce qu’ils en avaient les moyens, en revanche il a fallu attendre la fin des années 60 pour que mes grands-parents maternels puissent avoir le même confort. Donc, au sortir de la guerre, très peu de havrais ont sans doute pu accéder au confort moderne présent dans l’appartement, qui est une véritable pub pour les arts ménagers !

The furniture which is present  was not included in apartment, but they were so often filled, to show the modernity of places. The city of Havre made long researches so that all the furniture and the objects are of period, and get closer as much as possible to what was proposed). However let us be honest. This show apartment is a dream for the bourgeois families : if my paternal grandparents were very early able to buy a refrigerator and a washing machine, because they had the money there, on the other hand it was necessary to wait for the end of the 60s so that my maternal grandparents can have the same comfort. Thus, at the end of the war, little of the havrais were doubtless able to reach the present modern comfort in the apartment, which is a real advertising for kitchen and bathrooms !

(les passages entre guillemets qui suivent sont extraits de l’article wikipédia dédié à l’appartement témoin, et décrivent le mobilier) / ( The passages in quotation marks which follow are extracted from the article Wikipedia dedicated to the show apartment, and describe the furniture)

Vous allez voir : le mobilier, c’est l’ancêtre de Ikea / You will see : the furniture, it is the ancestor of Ikea.

L’Entrée / Entry Hall

La Salle de séjour / Bureau / Coin repas / Living-Room

 » La salle de séjour reconstitue un ensemble de René Gabriel : les meubles (et leur positionnement) sont exactement identiques à ceux présentés par Auguste Perret pendant l’Exposition internationale de l’urbanisme et de l’habitation, en juillet et août 1947. Ce mobilier à destination des sinistrés s’inspire de prototypes réalisés dès 1945 pour le Salon des artistes décorateurs et a été créé spécialement pour la présentation du logement-type du Havre. Simples et robustes, ces meubles sont destinés à être produits en série puis vendus à des ménages aux revenus moyens. Leurs proportions facilitent un entretien sans aide domestique : surfaces lisses pour le dépoussiérage, passage du balai sous les bahuts, finitions cirées. Diffusés dans l’immédiat après-guerre, ils sont produits en série par la maison Lieuvin à Bernay (Eure) puis diffusés par des ensembliers-décorateurs dans les différentes provinces françaises (André Beaudoin au Havre).  »

La Cuisine / Kitchen

 » Élément de cuisine CEPAC (1946). Provenant des donations des habitants du Havre, les objets usuels (équipement ménager) retracent les différentes étapes dans l’émergence de la société de consommation. Si les premières années de l’après-guerre sont marquées par les restrictions et le prolongement des mesures de rationnement, le début des années 1950 voit l’émergence de nouveaux équipements (autocuiseur, réfrigérateur, etc.) qui, entre la fin des années 1950 et le début des années 1960, équipent la plupart des ménages.  »

La Salle de Bain / Bathroom

La Chambre des parents / First Room

La Chambre des enfants / Second Room

 » Reconstitution de la chambre aménagée par Marcel Gascoin en 1952. Située côté cour, la grande chambre centrale (16 m²) fait face au séjour et peut donc faire office de salle à manger. Elle pouvait également être destinée à des enfants, selon le taux d’occupation supposé pendant la reconstruction qui prévoyait six personnes pour quatre pièces. Une première chambre d’enfant est située près de la porte d’entrée afin que les enfants puissent sortir librement dans la rue.

Cette chambre pour deux enfants présente les meubles de Marcel Gascoin visibles à plusieurs reprises dans des appartements-types au Havre : en décembre 1952 (quartier du Perrey) et en août 1953 (immeuble de la Porte Océane). Conçus pour être réalisés en grandes séries sans pour autant adopter des formes trop mécanisées, rebutante pour la clientèle, ces meubles sont exécutés dans les ateliers parisiens de Marcel Gascoin à partir de 1949 (rue Rennequin), puis par l’ébéniste et fabricant de meubles havrais Loison frères entre 1952 et 1954 (rue du Maréchal-Gallieni). D’un faible coût, ces meubles sont largement diffusés par les magasins d’ameublement des villes moyennes et promus par les grandes revues de décoration (Maison Française, Arts ménagers, Meubles et décors, etc.) grâce à une campagne promotionnelle sans précédent.  »

La troisième chambre / Third room

Belle journée mes ptites licornes !

 

Festival du Lin : Artistes

Voici l’avant-dernier post (après celui de lundi, mardi, mercredi et jeudi) concernant le Festival du Lin. Il est consacré aux différentes expositions d’artistes que j’ai pu visiter lors du festival, et dans l’ensemble, la qualité était plutôt bonne, voire très bonne… Tous ces artistes ont un point commun : ils travaillent tous avec de la fibre, qu’il s’agisse de tissus ou de papiers…

Demain, un article spécial sur une artiste que j’ai particulièrement aimée !

Here is another post (after that of Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday) concerning the Festival of the Linen. It’s dedicated to the various exhibitions of artists which I was able to visit during the festival, and altogether, the quality was good, very good rather even… All these artists have a common point : they work all with the fiber, that it’s about fabrics or about papers…

Tomorrow, a special article on an artist that I particularly loved !

Dominique Moreau

Catherine Herbertz

Ferri Garcès

Frédérique Breuillé

Mylène Boisvert

Françoise Hoffmann

Belle journée mes licornes !