Teagan White, le nouvel art naturaliste…

Si vous aimez les cabinets de curiosités, l’anatomie animale, la taxidermie, les choses un peu étranges, le naturalisme, les voyages et les explorateurs du temps jadis (DANS MES BRAS !), bienvenu dans l’ère du « nouveau naturalisme ». Je ne sais pas si ce terme existe réellement, je l’appelle comme cela car je trouve que c’est le titre qui convient le mieux.

Avec le retour de la valorisation du fait-main, de la Nature, de la Déesse Mère, notre société, empreinte de paganisme diffus fortement teinté de rock’n’roll, voit naître depuis quelques temps des artistes travaillant sur la Nature : animaux, végétaux, créatures. Jessica Roux par exemple. Ou Teagan White, dans un style un peu plus « morbide » peut-être, ou un peu plus rock’n’roll justement. Il y en a plein d’autres, je pourrai faire une liste ! Leur maîtrise de l’aquarelle est extraordinaire pour moi. D’habitude, quand on dit « aquarelle », tout de suite viennent en tête des fleurs un peu gnangnan, des ribambelles de chatons, de chiots, des portraits d’enfants (qui font peur), des nus pas très vivants, des paysages pas très réussis, le tout saupoudré d’une niaiserie sucrée qui me fait grincer des dents. MAIS. Avant d’être un passe-temps pour retraités en mal d’inspiration (non non, je ne suis pas méchante, je constate que c’est ainsi), l’aquarelle fut le must pour les naturalistes. Facile à transporter et facile d’utilisation, elle permet bien des effets, à condition de la maîtriser. (et là, vous allez faire un tour sur mon article sur Edith Holden et vous comprenez) Moi, c’est pas mon truc l’aquarelle, je n’y arrive pas. Raison de plus d’admirer ceux qui font des merveilles avec cette pâte colorée à imbiber d’eau.

Comme Teagan White. Chez elle, j’admire déjà sa maîtrise du dessin et de l’anatomie animale, sans parler des végétaux, tout sauf gnian-gnian et très très réalistes. Plus cette ambiance un rien Art Nouveau. Il y a de l’art nouveau, du rock’n’roll, des animaux morts ou vivants, des motifs décoratifs. J’aime. Et, en plus, on peut acheter des objets Teagan White. Et en plus, elle fait aussi quelques zines, qui sont de toute beauté…

Sa bio dit que Teagan travaille sur la faune, la flore, avec un rappel du cycle vie/mort et de la coexistence homme/animal ou de la cruauté inhérente à la Nature. Elle a longtemps vécu dans le Midwest et la région des Grands Lacs, ce qui a influencé sans doute son travail sur la Nature. Actuellement, elle a déménagé dans l’Oregon, c’est sans doute ce qui a motivé l’apparition des oiseaux dans ses dessins. Elle travaille à l’aquarelle et à la gouache, et réalise parfois des commandes (voir plus bas). Elle est membre du collectif THE VACVVM (foncez voir leur insta, c’est de la tuerie), et elle réalise également des illustrations pour enfants.

Je vous laisse apprécier :

Des commandes :

Les zines :

Son site : https://www.teaganwhite.com/

De là, vous pouvez accéder aux réseaux sociaux, au shop, ainsi qu’au site de THE VACVVM (via la page bio).

P.S. : mardi prochain, je commence un CDD m’amenant jusqu’au 3 novembre, comme médiatrice culturelle pour la nouvelle expo du Fonds Leclerc pour la Culture (Landerneau), une magnifique expo sur les Cabinets de Curiosité (trop hâte !). Cela signifie qu’à partir de dimanche et jusqu’au 3 novembre je vais être coupée d’internet (déconnexion totale, ça va pas faire de mal). Ne vous étonnez donc pas si vos coms ne sont pas visibles ou si je n’y réponds pas. Je vous porte tous dans mon coeur, vous êtes des lecteurs adorables, et je vous retrouve donc en novembre. J’aurais commencé mon doctorat sur les zines, la vie sera belle, j’aurais plein de choses à vous montrer et plein de choses à poster. Passez donc de bonnes vacances, et on se verra peut-être à l’expo…

EDIT : En fait, je peux me connecter sur la wifi de mon hébergeur, donc, je peux continuer le blog pendant l’été (enfin, c’est en théorie, en pratique je vais sans doute être fatiguée…) !!! Donc, les commentaires sont ouverts !

 

 

Rachel Urquhart et son Pony Gold

Non, ce n’est pas un article traitant d’une attirance sexuelle marquée pour les jeux de rôles avec poneys fictifs.

Moi aussi (et peut-être vous aussi), j’avais des poneys quand j’étais jeune (je suis une enfant des années 80, les PREMIERS millenials, donc, ça date un petit peu). Je me souviens avec nostalgie des petits poneys en plastiques, avec des couleurs hautement improbables, des crinières ultra longues et tout un tas d’accessoires ultra-kitsch et top désirables. J’étais fan. J’avais même des cassettes vidéos avec les dessins animés narrant les incroyables aventures pleines d’arc-en-ciel et d’étoiles des petits poneys (des CASSETTES VIDEOS, oui, je sais, c’est la préhistoire). Et je passais des heures à jouer avec tout ça.

Bref. L’univers de Rachel, australienne, est empreint de ce kitsch enfantin qui fleure bon la nostalgie, qu’elle a très joliment patiné avec du rock et du hippie des 70s (dans mes bras ! Je suis une enfant de hippies!), et mixé avec les aventures australiennes de cow-girls en perdition. En gros : j’aime ! C’est peut-être, voire sans doute, un peu kitsch et surtout ultra-tendance (oui, il y a des tendances en matière d’illustrations et de print, qui suivent les tendances générales de la déco, c’est fort regrettable mais c’est comme ça, il n’y a plus qu’à espérer que Rachel conserve son style malgré les sirènes du bizness, mais je ne me fais pas trop de soucis là-dessus, son style est tout de même reconnaissable entre mille), mais que voulez-vous, quand on aime… J’aime surtout les couleurs psyché qu’elle utilise, ça apporte une petite touche d’originalité à cet univers.

Son site (avec un onglet shop, my god…) : http://www.ponygoldstudio.com/

Son blog : http://www.ponygoldstudio.com/journal

Son instagram : https://www.instagram.com/raychponygold/

Son pinterest : https://www.pinterest.fr/ponygold/

 

 

Histoire macabre : Edith Holden

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(la carte postale est faite maison à partir d’une vraie image XIXe siècle/début XXe siècle, il me reste quelques exemplaires de fac-similé réalisés par mes petites mains, les cahiers « vieillis » sont également de mes petites mains, et les tampons Alice in Wonderland, je les ai dénichés chez Noz, où l’on peut trouver de chouettes choses)

Octobre. Ses feuilles qui volent, ses citrouilles qui s’amoncellent, l’approche d’Halloween, les chocolats chauds, les livres au coin du feu et le chat qui ronronne (on dirait une petite vieille qui parle). Bon, stéréotypes certes, mais il n’empêche : j’adore l’automne. C’est le moment parfait pour parler d’Edith Holden et de son histoire macabre (après celles de Kay Sage et Eléonore de Toléde). Qui, en France, connaît Edith Holden ? Pas beaucoup de monde je crois, si ce n’est peut-être les passionnés de dessins naturalistes et de toute cette imagerie de campagne anglaise si bien décrite par Jane Austen.

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Edith Holden est née en 1871, à Birmingham, au sein d’une famille très pieuse, mais également ouverte à beaucoup de choses. Son deuxième prénom lui fut notamment donnée en l’honneur d’Elizabeth Blackwell, une physicienne pionnière dans la science. Son père tient une fabrique de peinture, un détail important, et sa mère a notamment écrit deux livres sur la religion. Mais en 1904, celle-ci meurt, et le père d’Edith se tourne vers le spiritualisme. Il veut à tout prix communiquer avec sa femme, et instaure des séances régulières à la maison. Edith et ses sœurs assistent à ses séances, et en ressortent sans doute profondément marquées. Il écrira même un livre sur ces propres expériences, édité sous le titre Messages from the Unseen, en 1913, une semaine seulement avant sa propre mort (ironie du sort…).

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Pendant toute sa scolarité, Edith va se passionner pour les sciences naturelles, et se découvrira un don pour l’illustration, tout comme sa plus jeune soeur.  Elle devient rapidement une illustratrice très réputée, et son travail apparaît à intervalle régulier dans des revues. Elle illustrera notamment les 4 volumes de The Animal’s Friend, ainsi qu’un certain nombre de livres pour enfants. Ses peintures sont même exposées, notamment par la Royal Birmingham Society of Artists et la Royal Academy of Arts.

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Ces expositions, si elles peuvent paraître prestigieuses (et elles le sont en réalité), ne sont pas forcément une bonne chose pour la condition féminine : nous sommes au début du XXe siècle, et la condition féminine anglaise est tout sauf un modèle de progression. Edith fait partie de la petite bourgeoisie croyante anglaise : on attend d’elle, en plus d’un mariage convenable, qu’elle réussisse dans le domaine des « arts d’intérieurs », c’est-à-dire la musique, la couture, la broderie, les bouquets de fleurs, composer un menu et savoir un peu de cuisine, tenir une maison, et accessoirement, peindre. Principalement des fleurs, des animaux et à la limite quelques portraits (plus, ce serait indécent). Or, il s’avère qu’Edith peint très bien la nature, et elle adore cela, réellement, la nature est sa passion. On peut donc sans crainte l’exposer, puisque cette passion, si elle est bien réelle, ne s’oppose nullement aux préceptes de la femme parfaite de l’époque. Une arme à double tranchant dont j’ai parlé plus en détail dans mon article sur le fait d’être une femme et une artiste en même temps.

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Bref. La notoriété est là. Edith se marie en 1911. Mais elle choisit un homme qui est à la fois convenable et qui lui convient : Ernest Smith, un sculpteur. Il est notamment l’assistant de la Comtesse Feodora Gleichen, elle-même sculpteur et designer d’objets décoratifs (elle fera notamment la très belle statue de Florence Nightingale). Au sein du studio de Feodora, le couple se lie avec plusieurs autres artistes, notamment le sculpteur Sir George Frampton (mais si, c’est lui qui a fait la fameuse statue de Peter Pan).

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Pendant les années qui suivent son mariage, elle continue à peindre et à illustrer, et rencontre toujours un grand succès anglais.

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Mais la tragédie est proche.

Le lundi 15 mars 1920, Edith se plaint de maux de tête. Mais cela lui arrive souvent, et on n’y fait pas vraiment attention. Son mari part comme d’habitude pour son studio et elle annonce sa volonté de descendre à la rivière pour voir les équipages universitaires s’entraîner. Lorsque son mari rentre le soir pour dîner, il trouve la table mise, mais pas d’Edith. Il suppose alors qu’elle est encore chez des amis, et ne s’inquiète pas, il soupe, se couche.

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Le lendemain matin, on retrouve le corps d’Edith flottant dans la rivière. Il y eut une enquête. Edith avait donc décidé d’aller voir les équipes s’entraîner et descendit à la rivière. Sur le chemin, son regard de naturaliste croise une branche de châtaigniers où pointaient des embryons de châtaignes, qu’elle adore. Mais la branche était hors de portée. Elle donc tenté d’utiliser son parapluie pour la casser. Mais même le parapluie était trop petit, et emportée par son élan, Edith est tombée dans rivière. Ne sachant pas nager, elle s’est noyée.

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Il est curieux de constater qu’Edith a connu le destin d’Ophélie : la figure de la morte noyée est récurrente pendant l’ère victorienne, qui adore ce type de mort et la dramatise d’un point de vue très romantique, avec les fleurs et tout et tout (les amoureux des préraphaélites auront en tête la fameuse Ophélie de Millais). Edith étant un pur produit de la société victorienne, même si elle meurt en 1920, je trouve étrange que sa mort soit également conforme aux idéaux romantiques et complétement anti-féministes de l’époque (la figure de la morte noyée est révélatrice de la peur engendrée par la femme au XIXe siècle, j’en parle dans mon article sur justement la figure d’Ophélie)

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Edith reste une grande illustratrice naturaliste anglaise, qui a dépeint avec une formidable précision les espèces anglaises de l’époque, avec une touche de romantisme comme le produit si bien la société victorienne qui l’a vu grandir.

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Son fameux journal champêtre est édité en Angleterre en 1977, en pleine révolution du Verseau. Avec la vogue d’alors du retour à la nature, il a un succès immédiat, sous le titre The Country Diary of an Edwardian Lady. Il a depuis été réédité plusieurs fois, et il existe une traduction française (c’est celle que vous voyez sur les photos, et que ma mère m’a trouvé aux détours des allées d’un vide-grenier).

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Il existe deux biographies d’Edith Holden : The Edwardian Lady: The Story of Edith Holden, Ina Taylor (1980), et The Edwardian Afterlife Diary of Emma Holden, K Jackson-Barnes (2013) (qui traite plus spécifiquement de sa mère, mais cela peut être intéressant). Par contre, je ne sais pas s’ils sont traduits en français. Il existe aussi une série TV, The Country Diary of an Edwardian Lady, visiblement disponible en DVD, en import anglais.

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Voilà, une petite histoire macabre d’une femme talentueuse morte à cause de sa passion…

Belle journée !

Retour à la Nature et art « féminin »

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(Kiki Smith, Lilith, 1994)

Je ne sais pas si vous vous souvenez de mon avant-dernier article, sur le fait, d’être artiste ET femme, et les problèmes qui peuvent en découler (si cela n’est pas le cas, je vous laisse aller y faire un tour, c’est par ici). Dans mon mémoire, mon avant-dernière analyse portait sur le corps neutre, androgyne, no gender. Un corps neutre est par essence dépourvu de stéréotypes puisqu’il ne présente aucun signe extérieur particulier. Sauf qu’aujourd’hui, le corps neutre est devenu lui aussi un stéréotype, à cause de sa récupération par la mode, mais bref, là n’est pas mon sujet d’aujourd’hui. Dans mon mémoire, j’analysais en détail des photographies de Jock Sturges (dont le travail est fascinant), qui présentent la particularité de montrer en grande partie un parfait corps androgyne, celui de Misty Dawn. J’appuyais sur le fait que ces photos sont une sorte de reflet d’un paradis perdu, d’une quête de la pureté originelle, ce que représente, à la base, le corps neutre. Ce sujet du neutre apporte avec lui une réflexion et un questionnement sur le thème du retour à la Nature, qui va de pair avec lui, puisque les deux semblent représenter la quête de l’humain postmoderne vers un paradis originel perdu.

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(Ana Mendieta, série Silhouettes, 1976, à noter que l’artiste eu une fin terriblement tragique, et encore aujourd’hui, un peu nébuleuse)

Cela me fait irrésistiblement penser au puissant rapport qu’il y a entre retour à la Nature, Déesse-Mère, et artistes féminines. Car c’est un sujet récurrent chez elles. Tout commence dans les années 70. Vous le savez comme moi, les seventies, c’est l’utopie d’un monde meilleur, plus beau, plus propre, plus écolo, moins stressant, etc. Certains y sont parvenus, d’autres pas. Bon, que cela est fonctionné ou pas n’est pas le propos. On constate, en même temps que l’avènement du peace and love, un retour à la terre caractéristique chez les femmes de cette époque en matière d’art. Conduites consciemment ou pas par la tendance « naturelle » du moment, les médecines douces, les religions pacifistes, le renouveau du paganisme, et les revendications féministes faisant la part belle à la Déesse-Mère et autres figures féminines païennes, les artistes célèbrent une communion avec la Nature révélatrice de leur temps. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela produira des œuvres impressionnantes.

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(Jana Sterbak, Vanitas Flesh Dress for an Albino Anorexic, 1987, la robe pourrit sur place dans un musée)

Ce retour à la Terre est la conséquence directe de l’avènement de ce que l’on appelle « l’évènementiel éphémère » (Jean-Pierre BOUTINET, « L’individu-sujet dans la société postmoderne, quel rapport à l’évènement », in Pensée Plurielle, 2006/3 (n°13), p. 37 – 47) dans la société postmoderne, en même temps révélateur de « conscience » (de véritables actions durables menées à des fins d’harmonie de vie entre humains et Nature), et récupéré par la société de consommation (la tendance « verte »).

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(Kiki Smith, Born, 2002)

Le phénomène se reproduit maintenant : un retour à la Nature, la terre, la Déesse-Mère. On remarque actuellement un grand retour du « fait-main » et notamment de l’importance accordée à la terre, en tant que médium. Beaucoup de créateurs et d’artistes reviennent à ce matériau ancestral, ce qui évidemment n’est pas un hasard (Bénédicte RAMADE, «En Art, le nouvel âge du «fait-main», in L’Oeil Magazine, Juin 2018).
En effet, dans une société postmoderne, où tout est rapide, changeant, fluctuant, phénomène associé aux déferlements des stéréotypes parfaits via les réseaux sociaux, il n’est pas étonnant que l’humain souhaite revenir à des valeurs ancestrales, véhiculées implicitement par, notamment, des matériaux, comme la terre, le bois, les plantes, la laine.
Si cette nouvelle « vague » est une bonne chose, car elle revalorise le travail de la main, en revanche, elle est bien sûr récupérée par la société de consommation, fabriquant donc du «fait-main en série», du «faux fait-main», qui est le summum du kitsch actuel à mon sens.
Comme dit plus haut, ce retour à la Terre est la conséquence directe de l’avènement de « l’évènementiel éphémère » (Jean-Pierre BOUTINET, « L’individu-sujet dans la société postmoderne, quel rapport à l’évènement », in Pensée Plurielle, 2006/3 (n°13), p. 37 – 47) dans la société postmoderne.

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(Nancy Azara, Spirit house of the mother, 1995)

En 2003, les réseaux sociaux ont pris de l’importance et, si Instagram n’existait pas encore et que Twitter était seulement lancé, en revanche les réseaux sociaux Myspace (création en 2003) et Facebook (création en 2004) entament leurs apogées (Myspace est, depuis, pratiquement abandonné au profit de la trilogie Facebook / Twitter / Instagram).
On voit se profiler alors le règne de l’apparence décuplé par la virtualité du réseau social : l’image que l’on donne à voir est plus importante que son fondement lui-même et son réalisme, la virtualité est plus importante que la réalité, l’image de l’individu plus importante que l’individu lui-même (Guy DEBORD, La Société du Spectacle, Paris, Gallimard, 1992 (première édition 1967).
L’image de soi n’a jamais été plus contrôlée qu’actuellement, enrichissant le profond narcissisme de la société postmoderne, où règne le culte du moi, de la personnalité, au détriment du groupe.
Avec l’avènement du réseau social, l’événement prend plus de place qu’auparavant : le système social est désormais centré autour de la communication et de l’information, le présent compte donc désormais plus que le passé ou l’avenir. Par exemple, pour cette raison, les commémorations sont légions pour ne pas oublier le passé, mais en réalité, celles-ci sont souvent plus importantes que le moment passé lui-même, puisqu’elles se déroulent au présent et constituent donc un événement. Cet événement, éphémère par excellence, se substitue donc peu à peu à la « profondeur structurale » (Jean-Pierre BOUTINET, « L’individu-sujet dans la société postmoderne, quel rapport à l’évènement », in Pensée Plurielle, 2006/3 (n°13), p. 37 – 47). Désormais, seule l’apparence, la surface, comptera et se contemplera.

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(Mary Beth Adelson, Red Kali, from the woman rising series, 1973)

Ce système se met en place bien sûr avant les années 2000 mais, avec l’avènement des réseaux sociaux, il va prendre de plus en plus d’ampleur, et l’événement éphémère ne va plus seulement concerner certains domaines comme la politique ou le sport, mais va toucher désormais la vie quotidienne du peuple, notamment les utilisateurs des réseaux sociaux.
Cette situation va engendrer une forme de tendance, perdurant encore aujourd’hui : l’engouement pour le vintage.
En effet, lorsque l’humain se trouve confronté à une société où, avec l’apport technologique, tout va plus vite et devient instantané, il n’a plus l’impression de contrôler la situation (alors qu’en réalité, il peut la contrôler puisqu’il a lui-même engendré cette situation). Il va donc avoir peur de l’avenir, et se tourner vers ce qu’il considère comme des valeurs sûres, des refuges.

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(Katia Bourdarel, La dépouille, 2003)

Avec « l’événementiel éphémère » (Jean-Pierre BOUTINET, « L’individu-sujet dans la société postmoderne, quel rapport à l’évènement », in Pensée Plurielle, 2006/3 (n°13), p. 37 – 47), l’avenir devient flou, l’humain vit essentiellement dans le présent, il cesse de se préoccuper de l’avenir. Le contexte sociétal, assez catastrophique, ne favorise guère la croyance en un avenir radieux. L’humain s’attache donc à construire le présent à l’aide de valeurs du passé, mais sans pour autant chercher à construire l’avenir. Cependant, on constate actuellement, avec ce retour à la Nature, une forme de croyance en l’avenir, une volonté de créer quelque chose. Il sera à voir, dans l’avenir, si cette volonté aboutira à des actions durables sur l’environnement, ou s’il s’agit uniquement d’une « tendance » accentuée par la société de consommation (il s’agit vraisemblablement des deux à la fois, certains tentant des actions véritables, durables et bénéfiques, d’autres se contentant de « suivre la mode »).

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(Louise Bourgeois, Nature Study, 1998)

Le concept de wilderness (que l’on peut traduire par « naturalité », et qui implique notamment dans son concept poussé que l’humain doit arrêter tout progrès afin que la Nature, et lui-même, retrouvent leurs états naturels, d’avant les progrès technologiques, voire même d’avant l’humain) aux États-Unis a été vivement critiqué par William Cronon dans les années 1990, car il considérait que cette notion était artificielles et obsolète par rapport à la société postmoderne (William CRONON, « Le problème de la wilderness ou le retour vers une mauvaise nature », traduction de W. CRONON, in Ecologie et Politique, n°38, 2009, p.173 – 199), et qu’elle pouvait aboutir à une vision néfaste de l’humain. Il préconisait plutôt de penser à intégrer harmonieusement notre culture et les avancées technologiques au sein de la Nature et de notre environnement naturel, les deux coexistant alors, sans que l’un prenne le pas sur l’autre.
Le concept de Cronon est aujourd’hui largement répandu, et beaucoup d’acteurs de l’économie tentent de trouver des moyens de faire cohabiter Nature et Humain sans dommages (même si réparer ce qui a déjà été fait est chose impossible en ce qui concerne la Nature) : nouvelles énergies, réserves d’eaux, nettoyage des eaux, réduction de l’usage de la voiture personnelle, jardins et potagers partagés, agriculture biologique, etc. Mais à côté de ces efforts, la société de consommation continue de détruire la Nature (le scandale de l’huile de palme, en 2016 et repris en 2018, et les indignations qu’il a soulevé n’ont pas réellement changé le fait que des milliers d’hectares continuent d’être incendiés afin de produire cette huile, d’autant plus que cette situation est compliquée à stopper d’un point de vue économique, à la fois pour les pays demandeurs et pour les pays producteurs de l’huile).

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(Kiki Smith, Woman with wolf, 2003)

Il faut également nuancer le propos en faisant une distinction entre « vivre en harmonie avec la Nature » (qui fait l’objet d’une réelle motivation) et « faire entrer la nature chez soi » (la grande «tendance» du moment, incluant de nombreuses publications).
Ce retour à la Nature pourrait être également expliqué par le fait que dans une société assez aseptisé, où tout est contrôle, un désir de la jouissance, au sens large, s’installe, en conflit avec ce contrôle aseptisé, engendrant une forme de « paganisme archaïque » (Michel MAFFESOLI, La Part du Diable : précis de subversion postmoderne, Paris, Flammarion, 2002), un rattachement aux éléments primordiaux de l’humain et de la Nature, une forme de « rémanence d’un sentiment païen enraciné dans la mentalité populaire » (Ibid.).

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(Sorcières, Revue mythique des 70s)

On voit donc apparaître sur les réseaux sociaux nombre de références à la mythologie grecque mêlée aux savoirs et médiums ancestraux de cette civilisation, une forme de retour du néoclassicisme, figure de proue de la stabilité et du retour à l’ancestralité, donc à la Nature, déjà à l’œuvre dans le passé, et volontiers associées au travail de la ligne des modernistes.
C’est-à-dire un syncrétisme postmoderne à la gloire du « neutre », qui m’a rappelé ma première sculpture, en 2003, une sorte de figure épaisse, sans genre, bras levés, bien campée sur ses jambes, avec une chevelure de ficelle, un androgyne avant l’heure au sein de mon travail puisque je m’étais inspirée de dieux/déesses païennes.

Donc, today, un retour de l’ancestral, du fait-main, de la déesse-mère, de la Nature. Certaines artistes féminines, et féministes, ont entièrement basé leur travail là-dessus il y a quelques temps, comme Kiki Smith (d’autres oeuvres ci-dessous) et sa fascination pour les figures païennes ou « naturelles ». On retrouve cette mouvance au sein des différentes rémanences de la sorcellerie et/ou de la Wicca.

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Mother, 2012

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Sky, 2011

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Teaching snakes with woman, 2011

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Earth, 2012

Et je m’arrête là, parce que, c’est déjà pas mal long… J’espère que vous y aurez trouvé des pistes intéressantes de réflexions. Et vous, retour à la Nature ou pas du tout ?

Belle journée !

 

Une balade entre 1900, kitsch et San Francisco…

Avouez, vu ma photo et le titre, vous avez cru qu’on était à San Francisco ! Mais non, nous sommes bien en France, en Normandie plus exactement, et à Mers-les-Bains encore plus précisément. C’est sûr « Mers-les-Bains », c’est moins vendeur que « San Francisco ». Même moi je me laisse prendre : San Francisco, c’est musique, rock’n’roll, cool, bio, nature, hipster, artistes. Mers-les-Bains, c’est… La mer. Voilà. Quand mes parents m’ont dit : on va à Mers-les-Bains, tu veux venir ? Bon, ben oui, je ne vais pas mourir idiote. Et là, oh quelle belle surprise ! Il n’y a RIEN à voir…. Hormis de superbes maisons Belle Epoque très colorées, et une rue avec plusieurs brocantes et mignons magasins. Ah et il y a aussi une boulangerie pâtisserie qui fait les meilleurs macarons au chocolat et au café du monde (si vous y allez, ce sont les gros macarons, pas les petits qui valent pas le coup, mais les gros sont extraordinaires).

Admit it, seen my photo and the title, you believed that we were in San Francisco ! But not, we are  in France, in Normandy more exactly, and to Mers-les-Bains still more exactly. Sure « Mers-les-Bains » is less a seller than « San Francisco ». San Francisco, it’s music, rock ‘n’ roll, cool, organic, natural, hipster, artists. Mers-les-Bains, it’s… The sea. When my parents told me: we go to Mers-les-Bains, you want to come ? Well, well, yes, I am not going to die stupid. And there, beautiful surprise ! There’s NOTHING to see…. Except magnificent houses Belle Epoque very colored, and a street with several secondhand trades and cute stores. And there is also a bread and pastry shop which makes the best chocolate and coffee macaroons of the world (if you go there, it’ big macaroons, not littles which are not worth the blow, but bigs are extraordinary).

Du coup, je me suis dit que j’allais vous faire découvrir cette charmante petite ville, qui, à part son architecture magnifique, ne propose rien de bien folichon. Cela fait rêver hein ?

Blague à part, en vrai, vraiment ça vaut le coup pour les maisons, mais il vaut mieux y aller un jour d’été ensoleillé, qui mettra mieux les couleurs en valeur.

As a result, I said to myself that I was going to make you discover this charming town, which, except for its magnificent architecture, proposes nothing very pleasant. It makes dream no ?

In reality, really that is worth it for houses, but it’s better to go there a sunny summer day, which will emphasize better colors.

Ces maisons sont suprêmement kitsch : elles sont le reflet d’une société bourgeoise, voulant se donner « l’air de », avoir l’air plus noble ou original que son voisin. La façade, tout comme les intérieurs sont du « réel fake », qui est la définition même du kitsch : une réalité fausse qui donne l’air d’être vraie. Les couleurs vives vont souvent de pair avec le kitsch, tout comme les effets esthétiques qui n’ont d’autre but que d’être esthétiques (ce qui est typique du Romantisme et de l’Art Nouveau)… Mais l’histoire du kitsch ce sera pour un autre article…

Et je laisse la parole à l’Office du Tourisme pour vous expliquer pourquoi autant de villas 1900 à Mers-les-Bains :

« Les villas du quartier balnéaire témoignent du charme de la Belle Epoque, balcons ouvragés, bow-windows, loggias, céramiques, mosaïques, façades colorées…

Avec la découverte des bains de mer et de leurs bienfaits thérapeutiques, Mers connaît un développement spectaculaire. A la fin du XIXème siècle, le chemin de fer amène vers nos côtes les premiers vacanciers appelés « baigneurs ». Ceux-ci, issus de l’aristocratie et de la riche bourgeoisie de l’époque, allaient s’y fixer en construisant les premières résidences secondaires de notre monde moderne. La thalassothérapie venait de naître.

Le style des villas (anglo-normand, flamand, picard, mauresque, Renaissance, Louis XIII, Napoléon III, années 30, …), leurs couleurs, les balcons ouvragés, bow-windows et loggias, ferronneries, auvents, baies, frontons, consoles. Le décor en briques émaillées à dominante bleu-vert, carreaux de grès émaillés, céramiques, faïences, mosaïques, frises, clous, cabochons, mascarons, rosaces, cartouches, médaillons… un « Joyau unique de l’architecture ». La plupart des constructions d’habitation ont été qualifiées de « villa » lors de l’édification du quartier balnéaire, pour les distinguer des autres constructions, tel les hôtels ou les « maisons de rapport ».

Ces « villas » portent généralement un nom en façade, pour les identifier et les distinguer des immeubles, ce sont des prénoms (souvent féminins) ou des termes empruntés à la nature (principalement les fleurs et les éléments tels la mer).

Par l’arrêté du 7 août 1986, la Ville obtient la possibilité de classer cet ensemble exceptionnel en « Secteur Sauvegardé » et en fixe les limites. » (et heureusement, ça veut dire que les proprio ne peuvent pas faire n’importe quoi concernant l’extérieur des villas…)

And I hand over to the Tourist office to explain you why so many villas 1900 to Mers-les-Bains:

« The villas of the seaside district testify of the charm of the Belle Epoque, the decorated balconies, the bow windows, the loggias, the ceramic, the mosaics, the colored facades …

With the discovery of the sea swimming and their therapeutic benefactions, Seas knows a spectacular development. At the end of the XIXth century, the railroad brings towards our coast the first vacationers called « swimmers ». These, stemming from the aristocracy and from the rich bourgeoisie of the time, were going to settle in it by building the first second homes of our modern world. The thalassotherapy had been born.

The style of villas (English-Norman, Flemish, inhabitant of Picardy, Moresque, the Renaissance, Louis XIII, Napoleon III, the 30s), their colors, the decorated balconies, bow windows and loggias, ironworks, canopies, bays, front walls, consoles. The brick-built decoration enamelled in blue-green dominant, tile of enamelled stonewares, ceramic, earthenwares, mosaics, friezes, nails, cabochons, mascarons, rosettes, cartridges, let us award a medal a « unique Jewel of the architecture « . Most of the constructions of house were considered as « villa » during the construction of the seaside district, to distinguish them from other constructions, such hotels or « blocks of flats for letting ».

These « villas » bear generally a name in facade, to identify them and distinguish them from buildings, they are first names (often feminine) or terms borrowed from the nature (mainly flowers and elements such the sea).

By the order of August 7th, 1986, the City obtains the possibility of classifying this exceptional set in « Conservation area » and in basic salary the limits.  » (And fortunately, that means that landlord cannot make anything concerning the outside of villas)

Belle journée mes ptites licornes !

 

 

Le mythe d’Ophélie, la « Belle Mort » par essence

Imaginez. Nous sommes au XIXe siècle. La Monarchie de Juillet puis le Troisième Empire vont battre à plein régime (régime, ancien régime, ahahahahaha, je suis trop drôle…Hum. Bref). Une nouvelle mode s’annonce : le néo-gothique. On re-découvre le Moyen-Age, Holbein, les Danses Macabres (oui parce que le néo-gothique c’est forcément du Moyen-Age, et pour l’époque, le Moyen-Age c’est forcément gothique)… Le thème de la Jeune Fille et la Mort s’insinue (encore !) doucement dans les arts plastiques. C’est l’époque de la « Belle Mort ». C’est-à-dire que le phénomène de thanatomorphose (décomposition) est totalement nié et évacué par toutes sortes de procédés, notamment l’embaumement. On veut être toujours beau et présentable, même dans la mort, et l’on en fait un véritable spectacle de bienséance et de convenable. Oui, parce que le XIXe siècle raffole de ce qui est « convenable ». La mort n’est jamais montrée dans sa véritable essence, exception faite des représentations de massacres liés à la mythologie ou à la religion. Mais dans ces cas-là, la représentation est justifiée par l’éloignement et l’exotisme de ces scènes, ça fait partie du voyage, et puis c’est tellement loin qu’on y croit même pas (je caricature un brin, mais l’idée, c’est vraiment ça). La pourriture du corps ne sera donc jamais montré. A peine les corps morts seront-ils bleutés ou verdâtres. Exit les fluides et autres vermines désagréables. On fait une exception de Géricault, considéré comme un véritable dégénéré de la peinture (qui fait pourtant exactement la même chose que Michel-Ange et de Vinci en allant étudier les cadavres de la Morgue). La Morgue justement. Au XIXe siècle, c’est un lieu de promenade, même si elle sera fermée au public dans ce même siècle. On y va pour se promener, avoir un peu de frisson gratuit, et examiner avec attention les cadavres exposés. Oui, les cadavres dont on n’a pas l’identité sont exposés, avec un mini système d’arrosage pour les garder frais. On entoure les enfants de fleurs, et tout ce petit monde a l’air endormi. Romantique et morbide à souhait. C’est à cette époque que surgit l’affaire de l’inconnue de la Seine : une magnifique jeune fille, à peine abîmée par la noyade, est repêchée dans le fleuve, et son visage est tellement beau qu’on en a fait un masque mortuaire, mais son identité reste toujours inconnue (c’était vers 1880).

L’eau, métaphore de la vie et de la mort, la jeune fille, la beauté et la mort (et l’infantilisation de la jeune femme, aussi, super tendance à l’époque). A l’époque du néo-gothique et du romantisme, on re-découvre Shakespeare, et on s’étourdit de Hamlet, décor principal de la tragédie d’Ophélie. La jeune femme est l’amante d’Hamlet, et lorsqu’elle apprend que celui-ci a tué son père, elle sombre dans la folie et finit par se suicider par noyade. Le sujet ne pouvait que plaire à l’époque, et Ophélie a influencé des dizaines d’artistes, dont le plus célèbre est bien sûr John Everett Millais, l’un des préraphaélites. Son tableau a tellement marqué les esprits que même encore aujourd’hui, les représentations d’Ophélie sont directement inspirée par lui. So, je vous ai fais une compilation de représentations d’Ophélie, anciennes et contemporaines.

Si la symbolique d’Ophélie vous intéresse, lisez Gaston Bachelard, et d’autres textes sont disponibles sur le net, sur le cairn notamment, et sur l’histoire en images. Vous pardonnerez mes raccourcis, mais le sujet est complexe, j’ai fait au mieux.

Delacroix, Ophélie, 1844, Louvre

Millais, Ophélie, 1851, Tate Britain à Londres

Cabanel, La mort d’Ophélie, 1883, coll. part.

P. Delaroche, La jeune martyre, 1853, Louvre

Bouveret, Ophelia

Hugues, Ophelia, 1863

Gaston Bussière, fin XIXe, Ophélie

Anna Lea Merritt, Ophelia, 1880

Paul Steck, Ophelia, 1895

Lucien Levy-Durmer, Ophélie, 1900

Ewerbeck, Ophelia, 1900

Waterhouse, Ophelia, 1905

Odilon Redon, Ophélie au milieu des fleurs

Inconnu ?

Agnieszka Lorek

Dorota Gorecka

Ekaterina Belinskaya

Elle Moss

Ellen Von Unwerth

FFO

Italia Ruotolo

Karolina Ryvolova

Kirsty Mitchell

Lioba Brückner

Mihara Yasuhiro

Monia Merlo

Nina Masic

Paulina Siwiec

Signe Vilstrup

Slevin Aaron

Sofia Sanchez et Mauro Mongiello

Voodica

Belle journée  mes ptites licornes !

Mon travail d’artiste

Je suis étudiante, en reprise d’étude plus exactement, comme vous le savez maintenant. Et je suis aussi artiste, depuis un ptit moment déjà. Mon travail se situe plutôt dans l’art contemporain de type pop-surréalisme ou lowbrow art. Je travaille sur l’image de la jeune fille, la mise en scène, la notion de spectacle, le kitsch, la pop-culture, et la mort. Oui oui, tout ça. Je ne peux pas être plus précise pour l’instant, car je dois rédiger mon mémoire de master 2 l’année prochaine, et ensuite je compte préparer un doctorat (oui, je suis une vraie intello, et j’ai même des lunettes ! ^^), donc, je préfère rester évasive, malheureusement j’ai déjà expérimenté le « copiage » d’idées depuis un bout de temps… Mais comme je voulais partager avec vous mon quotidien d’artiste, voici des croquis, ainsi que les trois dessins présentés lors de ma soutenance d’écrit académique du master 1. Vous remarquerez l’importance du baroque, de l’art nouveau…

Sketchbook

Eros et Thanatos 1

Eros et Thanatos II

Ophelia

(merci de ne pas utiliser ces photos sans mon autorisation, et j’ai ajouté mon nom d’artiste sur les trois oeuvres, c’est pas trés joli, mais bon, c’est juste une précaution)

Belle journée mes licornes !