La nouvelle broderie gothique

(cet article est une spéciale dédicace à Justine, l’une de mes collègues médiatrices supers sympas au FHEL de Landerneau, et qui fait de la broderie en mode F*CK)

Vous l’avez peut-être remarqué (ou pas), mais la broderie connaît actuellement un renouveau. Et là, je vous renvoie à mon article sur les artistes féministes qui se réapproprient la broderie, traditionnellement médium féminin dans les cultures d’Europe occidentale. Today, je suis particulièrement amoureuse de la nouvelle broderie à tendance gothique, à cause notamment des motifs. La plupart des brodeuses (oui, ce sont en majorité des femmes) sont douées en dessin, et cela se ressent dans leurs broderies. Les quelques artistes que je partage ci-dessous ont des styles très différents. Certaines font des broderies uniques, d’autres font des broderies téléchargeables, mais toutes ont des styles admirables. J’espère que cela vous plaira…

Adipocere (un classique, mais commençons pas le classique)

Your gothic granny (aka Rachel Dreimiller, des modèles téléchargeables vraiment sympa, dans un style très pur)

Fevernest (aka Elsa Olsson, artiste textile que j’adore) (et son tumblr)

Veiled Mirrors (aka Anna, dont j’adore à la fois les broderies, très mystiques, et aussi les collages, vraiment superbes)

Alifera (aka Alina Fera, dont tous les modèles sont téléchargeables)

Mila Rosha (brodeuse et dessinatrice dans un style glam goth et mystique)

J’espère que vous ferez de belles découvertes, il y a énormément de talentueuses brodeuses dans un style gothique…

Belle journée !

 

Teagan White, le nouvel art naturaliste…

Si vous aimez les cabinets de curiosités, l’anatomie animale, la taxidermie, les choses un peu étranges, le naturalisme, les voyages et les explorateurs du temps jadis (DANS MES BRAS !), bienvenu dans l’ère du « nouveau naturalisme ». Je ne sais pas si ce terme existe réellement, je l’appelle comme cela car je trouve que c’est le titre qui convient le mieux.

Avec le retour de la valorisation du fait-main, de la Nature, de la Déesse Mère, notre société, empreinte de paganisme diffus fortement teinté de rock’n’roll, voit naître depuis quelques temps des artistes travaillant sur la Nature : animaux, végétaux, créatures. Jessica Roux par exemple. Ou Teagan White, dans un style un peu plus « morbide » peut-être, ou un peu plus rock’n’roll justement. Il y en a plein d’autres, je pourrai faire une liste ! Leur maîtrise de l’aquarelle est extraordinaire pour moi. D’habitude, quand on dit « aquarelle », tout de suite viennent en tête des fleurs un peu gnangnan, des ribambelles de chatons, de chiots, des portraits d’enfants (qui font peur), des nus pas très vivants, des paysages pas très réussis, le tout saupoudré d’une niaiserie sucrée qui me fait grincer des dents. MAIS. Avant d’être un passe-temps pour retraités en mal d’inspiration (non non, je ne suis pas méchante, je constate que c’est ainsi), l’aquarelle fut le must pour les naturalistes. Facile à transporter et facile d’utilisation, elle permet bien des effets, à condition de la maîtriser. (et là, vous allez faire un tour sur mon article sur Edith Holden et vous comprenez) Moi, c’est pas mon truc l’aquarelle, je n’y arrive pas. Raison de plus d’admirer ceux qui font des merveilles avec cette pâte colorée à imbiber d’eau.

Comme Teagan White. Chez elle, j’admire déjà sa maîtrise du dessin et de l’anatomie animale, sans parler des végétaux, tout sauf gnian-gnian et très très réalistes. Plus cette ambiance un rien Art Nouveau. Il y a de l’art nouveau, du rock’n’roll, des animaux morts ou vivants, des motifs décoratifs. J’aime. Et, en plus, on peut acheter des objets Teagan White. Et en plus, elle fait aussi quelques zines, qui sont de toute beauté…

Sa bio dit que Teagan travaille sur la faune, la flore, avec un rappel du cycle vie/mort et de la coexistence homme/animal ou de la cruauté inhérente à la Nature. Elle a longtemps vécu dans le Midwest et la région des Grands Lacs, ce qui a influencé sans doute son travail sur la Nature. Actuellement, elle a déménagé dans l’Oregon, c’est sans doute ce qui a motivé l’apparition des oiseaux dans ses dessins. Elle travaille à l’aquarelle et à la gouache, et réalise parfois des commandes (voir plus bas). Elle est membre du collectif THE VACVVM (foncez voir leur insta, c’est de la tuerie), et elle réalise également des illustrations pour enfants.

Je vous laisse apprécier :

Des commandes :

Les zines :

Son site : https://www.teaganwhite.com/

De là, vous pouvez accéder aux réseaux sociaux, au shop, ainsi qu’au site de THE VACVVM (via la page bio).

P.S. : mardi prochain, je commence un CDD m’amenant jusqu’au 3 novembre, comme médiatrice culturelle pour la nouvelle expo du Fonds Leclerc pour la Culture (Landerneau), une magnifique expo sur les Cabinets de Curiosité (trop hâte !). Cela signifie qu’à partir de dimanche et jusqu’au 3 novembre je vais être coupée d’internet (déconnexion totale, ça va pas faire de mal). Ne vous étonnez donc pas si vos coms ne sont pas visibles ou si je n’y réponds pas. Je vous porte tous dans mon coeur, vous êtes des lecteurs adorables, et je vous retrouve donc en novembre. J’aurais commencé mon doctorat sur les zines, la vie sera belle, j’aurais plein de choses à vous montrer et plein de choses à poster. Passez donc de bonnes vacances, et on se verra peut-être à l’expo…

EDIT : En fait, je peux me connecter sur la wifi de mon hébergeur, donc, je peux continuer le blog pendant l’été (enfin, c’est en théorie, en pratique je vais sans doute être fatiguée…) !!! Donc, les commentaires sont ouverts !

 

 

Le Gothique et la Mode, une histoire d’amour qui dure…

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Lorsque j’ai commencé à être présente sur les réseaux sociaux et à tenir un blog, mon univers était très marqué « gothique ». J’ai longtemps eu du mal avec cette étiquette, qui, immédiatement, fait surgir des images d’Épinal pas toujours très glorieuses dans l’esprit de la plupart des gens, des images très très réductrices et qui sont très bien vendues par la société de consommation et la société de sur-information (donc de désinformation) dans lesquelles nous vivons. Aux Beaux-Arts où j’ai passé trois ans afin d’obtenir ma licence, on n’aimait pas trop les gothiques, suspects d’avoir toujours les mêmes sempiternelles sources d’inspirations. Sauf que ces inspirations sont toujours d’actualité, et sont inépuisables ! Même la maison de prêt-à-porter de luxe Loewe revisite en un coffret limité des classiques de la littérature considérés comme « gothiques » : Dracula, Le Portrait de Dorian Gray, Les Hauts de Hurlevent, font partie des titres choisis par la maison et recouverts pour l’occasion de photographies signées Steven Meisel (le rendu n’est pas du tout « gothique » par contre). C’est vrai que je m’habille souvent en noir, avec deux styles très distincts, mais il y a rarement de la couleur (ça m’arrive hein, j’ai du bleu, du vert, du violet et du beige dans mon dressing). C’est vrai que j’ai un gros faible pour le style « baroque » à la D&G, et aussi pour le style « Modern Witch », et pour le style « flamand », et aussi pour le « post-apocalyptique » (tous ces styles faisant partie du milieu gothique d’une certaine façon aujourd’hui). C’est vrai que mes goûts me portent plutôt vers des esthétiques sombres, romantiques, décadentes et néo-gothique, voire moyenâgeuses, avec une pincée d’Art Nouveau et d’Art Déco. C’est vrai que je suis gothique, dans un certain sens. Mais je ne suis pas que ça, ben non, ça serait trop simple : j’ai un gros faible pour le glam-rock, les 70s, les films des années 50, et l’humour de manière générale (ceci dit, j’ai horreur de l’humour bien gras et bien lourd dispensé notamment dans certains films…). Et quand on est gothique, et qu’on aime la mode, eh bien, la photographie de mode, c’est le pied total à regarder. Car, quand même, il faut admettre que les ambiances gothiques sont très souvent les inspiratrices de séances photos magnifiques, et faisant référence à tout un tas d’iconographies différentes mais qui correspondent toutes au milieu gothique.

Le gothique, à la base, c’est le néo-gothique, surtout. Le roman noir anglais (Chéri, prépare ton suaire !). Les ambiances extrêmes, le tout ayant abouti au Romantisme allemand, relayé très largement en Angleterre et en France, où la folie néo-gothique saisi tout un énorme pan de la bourgeoisie et de la noblesse. Cela s’est accentué avec la vague du spiritisme, le post-mortem, le bien glauque et dégoulinant, et le décadentisme fin-de-siècle décidément hyper marquant pour tout le milieu artistique qui suivra. Ce qui inclut la mode donc.Et la photo de mode, donc. Celle-ci se nourrit de toutes les facettes du gothique. Oui, il y a plusieurs gothiques : dans les années 90, un gothique aimait rarement le métal et vice-versa, un métalleux n’était pas un gothique. Mais depuis les années 2000, le milieu gothique s’est élargi à beaucoup de styles différents, incluant le post-apocalyptique, le steampunk et autres tendances fort intéressantes et qui nourrissent le milieu gothique d’autres influences, c’est ce qui fait en quelque sorte la force du mouvement. Il est capable de se régénérer de lui-même, grâce à ces influences multiples. Bon, c’est aussi un peu sa faiblesse : le gothique vit souvent en vase clos (non, pas dans un cercueil), il sort souvent peu de son univers ou de ses univers. Ils sont déjà bien vastes certes, mais un peu d’ouverture manque peut-être au milieu. Quoi qu’il en soit, je vous ai concocté un medley de grands photographes de mode, pour illustrer la chose, et vous allez voir que toutes les facettes du gothique sont représentées au sein de la mode, et que cela donne souvent des séances photos de dingue…

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Stevie Westgarth, et son illustration sauvage de la sorcière gothique moderne

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Une campagne de pub signée Steven Klein pour McQueen, très « la reine seule en son château »

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Olivier Stalmans, « Edwardian elegance », pour Luxury Aficionados

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Michael Morrison, et sa version très « sexy dark » (I Love)

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Matthew Brooks, et ses contrastes extraordinaires accentuant l’effet « gothic drama » !

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Bon, ben là, je ne sais plus qui est le photographe, si jamais quelqu’un sait, n’hésitez pas à le mettre en commentaire! J’ai adoré cette série make-up, très bien vue et assez gonflée je trouve…

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Tina Patni et son ambiance mi-Tim Burton, mi-Del Toro…

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Katarzyna Konieczka et ses costumes et créations d’avant-garde donnent toujours lieu à des séances photo de foufous (images via Beautiful Bizarre et son article sur son travail)!!!

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Hiroshi Nonami

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Le magazine DRAMA est un grand repaire de gothiques en tous genres…

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« Delineated »,  Victoria Anderson by Robert John Kley for Schön, numéro 26

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« Un Conte d’Hiver », ici également, impossible de me souvenir du photographe tellement ça fait longtemps que j’ai cette série photo en archive… Mais l’ambiance y est divine !

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Chris Anthony, découvert dans Elegy (aaaaaaah, Elegy… RIP bouhouuuuu, monde injuste et sort cruel !).

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Les bijoux Bella & Chloé mis en scène par Moss and Meadows, un duo très branché « modern californian witch »…

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Antonella Arismendi pour Numéro, une série make-up qui me rend vraiment très très enthousiaste !!!! (ça doit dater de ma période black-métal je pense…)

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Anita Bartos et son très joli travail façon « vieille photo »…

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Le duo Andrew Yee et Damian Foxe, pour How to Spend It Magazine, un style trés « gothique baroque » …

Voilà, en espérant que ce petit tour dans mon (très vaste) univers vous aura plu et que vous aurez découvert ces talentueux photographes…

Belle journée !

La sérigraphie et mon amour de l’alternatif…

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(mon album vinyl à la pochette extraordinaire : je vous présente Bertha, le squelette des Grateful Dead, THE pysché album de tous les temps. Avec une carte postale rapportée du Havre, l’un de mes livres Emily The Strange, ado nostalgie, et ma trouvaille d’Halloween, un squelette de rat)

Bon, c’est vrai, il faut avouer : j’ai des accointances hyper serrées avec les milieux goth et métal (voui, ce n’est pas la même chose), même si mon look peut en paraître éloigné (aaaah, la magie des apparences trompeuses et de l’idolâtrie du look dans les cultures alternatives, tiens, ça ferait un bon sujet ça. Bref, revenons à nos moutons). J’ai été légèrement traumatisée par le fait d’être goth et étudiante aux beaux-arts, dans mon école, on n’aimait pas trop les goths… Mais bon, cela fait partie de mon identité, j’ai une légère tendance à préférer ce qui est sombre, ce qui ne fait pas de moi une dépressive, bien au contraire, j’adore sortir me balader, voir des gens, etc. Et j’ai des goûts hyper éclectiques, y compris en matière de cultures alternatives : je peux passer de la Famille Addams à Fast and Furious sans avoir une réaction épidermique (oui, la culture du tunning fait partie des milieux alternatifs). Bon, tout cela pour arriver à : mon amour de la sérigraphie.

J’ai découvert la sérigraphie dans l’atelier d’estampes de l’école des beaux-arts où j’étais. Révélation. Genre, on peut TOUT faire avec ce médium, absolument tout, et surtout, tout ce que vous ne pouvez pas faire avec l’offset, et vous avez votre résultat là, immédiatement. C’est rapide, parfois un peu long à mettre en place, mais le résultat en vaut la peine ! Bon, je ne vous ferais pas un cours sur comment on fait de la sérigraphie, il y a des bouquins supers pour cela, et même sur pinterest, vous trouverez tout en image. Cela nécessite un investissement de départ par contre, comme pour tout travail d’estampe.

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(ici je les ai fais tirer en offset, mais j’aimerai un jour en faire des sérigraphies, c’était mon travail de master 1, avec toujours le squelette du rat, un carnet japonais et une affichette des Machines de l’Ile de Nantes, un graphisme superbe)

De fil en aiguille, je me suis intéressée à l’histoire de la sérigraphie. Et je me suis vite rendue compte que tous les supports que j’aimais, affiches alternatives et pochettes de 33T, étaient réalisés en sérigraphie (surtout dans les années 70, avec ces graphismes de foufous complètements psyché, l’abus de drogues est mauvais pour la santé). C’est un médium qui a été longtemps décrié, y compris par les autres « estampeurs » que sont les lithographes et les graveurs, car assimilé à la publicité (ce qui est vrai dans un certain sens). Et vous ne verrez qu’un seul artiste sérigraphe dans les musées français : Warhol. Or, il existe bien une véritable culture de la sérigraphie (prenez le nouveau livre sur le sujet qui vient de sortir chez Pyramyd, c’est fabuleux), et de véritables artistes dans ce milieu. Alors, oui, la sérigraphie fait souvent de la pub pour son propre milieu et sa propre tribu (concert, cinéma, jeux vidéos), mais il ne fait pas oublier qu’à partir de chaque sérigraphie, il y a un dessin. Et la plupart de ces artistes sont de fichus bons dessinateurs, voire excellents…

Un petit tour d’horizon de la sérigraphie actuelle, j’ai sciemment choisi des choses très différentes, afin que vous vous fassiez une idée de l’immense diversité de la chose :

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Margriet Thissen

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Le duo de A Deux Doigts, basé à Nantes (bon, je fais un peu de pub parce que j’aime bien leur travail et que, aussi, j’ai passé un an en classe de com visuelle avec Grégoire)

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Miss Van vend également quelques tirages sérigraphiés

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Les canadiens de Kid Icarus, j’adore leurs affiches un rien vintage et avec un graphisme très fort (et puis, il y a des hiboux, des loups et des chats alors…)

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Leur magasin de Toronto est une véritable mine d’or, et donc un désastre monétaire, pour tous les fanatiques du papier (parce que, non content de vendre leur production sous toutes ses formes, ils vendent aussi tout un tas de matos…)

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10 ans de pur rock’n’roll et de métal pour le duo de Arrache-toi un oeil !, avec toujours des graphismes extraordinaires et foisonnants

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Kyle Baker, et notamment son hommage à Bertha, le squelette des Grateful Dead (création de EJ Sullivan)

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Si vous avez envie de faire plaisir à un fan, courrez sur le site French Paper Art Club, qui vend des sérigraphies extraordinaires d’artistes de tous horizons (d’où la multiplicité des styles), en tirage limité et pas très cher. Films, comics, séries TV, concerts, et jeux vidéos, vous allez sans doute faire un (ou des) heureux ! La plupart des affiches sont sublimes, je n’en mets pas plus ici car la plupart ne se chargent pas via wordpress (I don’t know why)…

Il y a aussi le très beau studio En l’Encre Nous Croyons, qui fait des choses à la fois perso et de commande, et le résultat est toujours sublime !

En espérant vous avoir donné envie de découvrir encore plus de sérigraphies !

(les prix que vous trouverez sur les différents sites sont extrêmement variables, cela peut aller de 20 euros chez Arrache-toi un œil à 200 euros chez Miss Van… Ce que je trouve un peu cher d’ailleurs)

Belle journée

Alexandrine

 

 

Le Musée Fayet, une belle découverte…

« Je retiens votre promesse de venir me voir à Béziers. Voilà bien longtemps que nous n’avons pas parlé peinture, j’ai un tas de choses à vous montrer. D’abord, mon atelier est remanié. Dans un panneau, L’Homme à la Pipe étincelle au milieu des Moissons d’or. De l’autre côté, tous les Gauguin ; Cézanne au milieu de ses pommes et de ses fleurs… »

Gustave Fayet à George-Daniel de Monfreid, 2 novembre 1903.

Ce sont souvent dans les petits musées inconnus que l’on fait les plus belles découvertes… Ce fut le cas pour moi dans le Musée Fayet de Béziers. Celui-ci est une partie du musée des Beaux-Arts, réparti en deux endroits différents : Hôtel Fayet pour la partie ancienne des collections, et Hôtel Fabrégat pour la partie moderne des collections. Les deux sont actuellement fermés pour d’importantes restaurations, qui devraient redonner un peu de lustre aux deux lieux. Le deuxième était déjà fermé lorsque je m’y suis rendu, mais j’ai pu admirer l’intérieur de l’Hôtel Fayet, qui est vraiment très très beau (et plutôt bien conservé d’ailleurs)….

Figurez-vous que la demeure imposante ne fut pas, à la base, propriété des Fayet… Il appartenait au XVIIIe siècle au Baron de Villeraze-Castelnau, et s’appelait donc « Hôtel de Villeraze ». Tout aurait pu continuer ainsi gentiment, si M. le Baron n’avait eu la fâcheuse idée d’y assassiner le procureur du Roi en 1772. Oui, rien que ça, je ne vous raconte pas la une des gazettes mondaines de l’époque (enfin façon de parler, disons que beaucoup de ragots ont circulé dans les couloirs). Il fut gracié par Louis XVI, mais condamné au bannissement. Il partit donc de Béziers, il lui arriva des tas de choses, et il revint à la fin du Second Empire, mais ne se réinstalla pas à l’Hôtel (histoire que cela ne lui porte pas la poisse, on sait jamais). Il le loua donc, et plus tard, le vendit à la famille Fusier. Par le biais de la jolie Élise, celle-ci s’allia à la famille Fayet, et voilà comment l’Hôtel Fayet naquit…

(Charles Copeyl, portrait présumé de Charles de Rohan, XVIIIe)

La famille Fayet est issue de la nouvelle grande bourgeoisie, enrichie grâce au négoce du vin (oui, Béziers fut le centre de la France en terme de vins il y a longtemps). L’un des fils d’Élise, Gustave, devint un très grand collectionneur d’art moderne, et sa très riche collection est aujourd’hui répartie entre Orsay, l’Ermitage, le Metropolitan de NY, la National Gallery de Washington, etc.

Il doit sa passion à son père et son grand-père, tous deux peintres paysagistes. Il devint lui-même artiste multi-médium, connue notamment pour ses tapisseries symbolistes.

(Donatien Nonotte, 1750, portrait de la vicomtesse suédoise Brita Christina Tornflyckt)

Cet homme était un fou d’art. Comme beaucoup d’héritiers grand-bourgeois, il aurait pu se contenter de vivre de ses rentes, comme tout le monde dans son milieu, et il aurait fini sa vie gros, gras, sentant le cigare, coiffé d’un haut-de-forme plus grand que lui, impotent, porté sur les cocottes, et sans doute atteint de la goutte et d’une maladie du foie. Mais non, pas du tout. Il se marie à Madeline d’Andoque de Sériège, excusez du peu, et hérite bien sûr des propriétés viticoles du père de celle-ci, ce qui enrichit considérablement le cheptel. Fort de cette nouvelle richesse, il achète pour 20 000 francs de tableaux, Degas, Pissaro, Renoir… Et 20 000 francs de l’époque, ça fait beaucoup !

(Dominicus Smout, (1671- 1733), Vanité, huile)

(et mesdames et messieurs les conservateurs, ceci est un message national : quand on accroche un diptyque, on l’accroche toujours de manière à ce que sa lecture se fasse de gauche à droite, comme un livre européen… Or là, l’ordre était inversé, mais je vous les présente dans le bon ordre…)

En 1900, le voilà Conservateur du Musée des Beaux-Arts de la ville, qui voit une grande exposition s’y tenir en 1901. Pour l’occasion, c’est le grand déballage : Rodin, Maurice Denis, Lautrec… Il y a même un Picasso, et il est à noté que la première grande expo du monsieur, avant celle d’Ambroise Vollard…

Mais l’artiste favori de Gustave fut Gauguin, avec qui il entretint une correspondance très riche du vivant de l’artiste. Il possèda jusqu’à 70 œuvres, tous types confondus.

Malheureusement, les modernes ne sont pas du goût de tout le monde, et son enthousiasme ne rejaillit guère sur le Municipalité et le public bitterrois… Déçu, il part s’installer à Paris, et l’essentiel de sa collection le suit en 1905, laissant l’Hôtel endormi… Ce n’est qu’en 1966 qu’il renaitra en se transformant en Musée, suite à la donation de la famille à la Municipalité…

Il est à noter que de nombreuses œuvres dorment dans les salles fermées au public, ce qui est fortement dommage pour lui ! Et je crois aussi que curieusement, le bâtiment n’est pas classé, ce qui est fortement regrettable, vu la qualité des intérieurs préservés et de l’histoire du bâtiment !

(beaucoup de belles sculptures classiques, je n’ai pris en photo tous les cartels, d’autant que certains étaient absents)

(au rez-de-chaussée, des sculptures d’Injalbert, artiste local de la Belle Epoque)

(un fond du XVIIIe siècle qui va être donné au Musée afin d’enrichir le mobilier déjà présent, très très beaux objets d’art…)

(belle collection de verrerie Art Déco)

Et le clou, ma curiosité préférée :

Un tableau parfaitement insolite : si le sujet des faunes et de Pan est récurrent au XVIIIe siècle, dont date vraisemblablement ce tableau si j’en crois la facture (mais pas de cartel et on n’a pas pu me renseigner…Grrrr), en revanche, il est insolite d’y croiser des femmes-faunes, et encore moins en train d’allaiter ! Donc, profitez-en, c’est une pure curiosité !

Belle journée (prochain article dimanche, on parlera de mon travail et de comment je le fais, ensuite je vous embarquerai pour Carcassonne, où je parlerai de Marie-Madeleine) !

 

La Maison de l’Armateur, une décor spectaculaire et étrange…

Toutes mes excuses pour le temps d’attente, mais j’ai eu pas mal de travail (j’en ai encore, mais quand même, il faut faire vivre ce blog, et j’ai des tas de billets en attente ! Et ça, c’est pour vous donner envie de revenir…^^), donc, pas d’article la semaine dernière. Je vous retrouve aujourd’hui avec cet article sur un musée extraordinaire, situé à Rouen : la Maison de l’Armateur. Je n’étais pas très motivée à l’idée d’y aller : la reconstitution d’un hôtel particulier du XVIIIe siècle me laissait de marbre, ce n’est pas vraiment ma période préférée, mais bon, c’était bête d’aller à Rouen et de ne pas faire TOUS les musées (voir mes articles précédents sur le Musée Flaubert et le Musée des Beaux-Arts…), donc, j’y suis allée. Je n’ai pas regretté ! En effet, rien que pour l’architecture, c’est extraordinaire ! Cet hôtel particulier est en effet construit selon une forme octogonale sur 5 étages avec un puits de lumière central, je n’avais jamais vu ça ! Un miracle qu’il ait été épargné par les bombardements…

Le premier architecte, en 1790 fut Paul-Michel Thibault, et son œuvre fut continuée par Pierre Adrien Pâris. La demeure est achetée en 1800 par un armateur, Martin-Pierre Foache, d’où le nom donné à la maison. Il en fit sa résidence d’hiver (modestement). La reconstitution tourne autour de différentes ambiances fin XVIIIe siècle et début XIXe siècle, tout cela très néo-classique.

Le Bureau de Monsieur

Un petit Salon (fan de ce tissu, imprimé à la planche…)

Le Boudoir de Mme

La salle à manger, hyper néo-classique style grec et camées…

D’autres pièces néo-classiques…

L’Atelier des modes…

Détails…

Et bien sûr, il y a un cabinet de curiosités (alléluia !)…

(le masque mortuaire de Napoléon, l’un des quelques exemplaires de son médecin personnel, celui-ci fut donné à M. Allègre, capitaine, en 1840, qui en fit ensuite don à la ville)

L’exposition temporaire était liée à des œuvres de la Maison Lignereux, créatrice d’objets d’art depuis 1787, donc, ça collait tout à fait à l’ambiance…

Belle journée !

Le Calendrier Magique de Manuel Orazi et Austin de Croze

(mon hommage à Orazi)

Chacun y va de son petit calendrier, du plus choupinou de la mort qui tue (bébés lapins, chatons tout roses et autres licornes couleur arc-en-ciel) au plus minimaliste chic (tout juste si on arrive à lire les jours tellement c’est écrit petit dans une police de caractère qui a trouvé le moyen de faire un régime super efficace entre Noël et jour de l’An)… Je vais vous faire une confidence : je HAIS les calendriers. C’est bizarre. J’adore pourtant tout ce qui est papier, magazines et papeterie, je vénère la typographie et la mise en page, mais je hais les calendriers. Pourtant, à l’heure où je vous parle, je suis cernée par trois calendriers et deux agendas. Gloups.

Il n’en est qu’un qui trouve grâce à mes yeux : le calendrier magique de Manuel Orazi et Austin de Croze.

Manuel Orazi (1860-1934) fait partie de ces affichistes et peintres art nouveau un peu oublié (faut dire que pour beaucoup, l’art nouveau c’est Mucha et puis c’est tout), dont l’œuvre est considérable et, qui plus est, en avance sur son temps. Quand je regarde certaines de ces productions, j’ai l’impression de voir les prémices de l’art déco, cet homme était un génie. On sait peu de choses sur Orazi, on connaît juste son parcours professionnel, tout juste connaît-on ses relations, ses oeuvres, son nom… Le calendrier magique reste aujourd’hui un petit mystère : pourquoi et comment les deux hommes se sont rencontrés ? Pourquoi Austin de Croze, qui était un bon vivant gastronome aussi éloigné de la sorcellerie et de l’alchimie qu’un bulot est éloigné du taureau dans un menu à 12 plats, a-t-il écrit ce calendrier magique ? Pourquoi Orazi choisit-il de l’illustrer, lui qui est plutôt connu pour des sujets classiques de l’art nouveau, bien qu’il illustra quelques livres décadents fin de siècle ? Est-ce que Orazi a voulu rendre hommage à des connaissances qu’il admirait et dont il partageait peut-être les goûts décadents ?

Il semblerait que Austin de Croze, outre sa passion pour la gastronomie française, s’était épris d’ésotérisme, mais enfin, c’est une passion commune pour l’époque, et fort partagée. Et Orazi a sans doute trouvé l’occasion très belle de réaliser un bel objet, publié seulement à 777 exemplaires (ben voyons) en 1896. Ou bien, ils étaient saouls et sous morphine et absinthe. Aussi. Cela peut arriver. Vous vous souvenez de vos années lycée, quand on décortique à mort un poème de Baudelaire jusqu’à ce que cela ne ressemble plus qu’à une vieille grenouille morte passée sous un train ? Et où on apprend que Baudelaire a dû suer sang et eau pendant trois heures avant de pondre le poème parfait, alors qu’en réalité il était certainement fortement alcoolisé et un peu dans les vapes…. C’est peut-être un peu ça, le calendrier magique.

Toujours est-il qu’il est là, il est beau. Il n’est pas réédité, ne l’a jamais été, Actes Sud, si jamais vous m’entendez, c’est le moment d’agir, vous feriez plaisir à tellement de fans… En plus, on est en plein contexte « return of the witches », c’est le bon moment  !

(A la fin du livre, il y a une phrase qui dit : « O Toi qui feuilletas ces pages, ayant en ton âme l’espoir malsain d’y trouver le suprême pouvoir du Mal, sois déçu!. ». Donc, je pense que c’est juste un bel objet et un beau pied-de-nez fait aux faux adeptes de la sorcellerie fin de siècle, hyper tendance, par les deux auteurs)

Les couvertures intérieures

Les premières pages, dont les phases de la lune et les sorcières

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Les dernières pages

Et vous, il ressemble à quoi votre calendrier idéal ?

Belle journée, et belle année !

 

Christmas Wishlist

Plus le temps passe, plus la consommation de masse m’angoisse, ou m’ennuie (ça dépend de la lune). Je suis de plus en plus adepte des jeunes créateurs (ou moins jeunes d’ailleurs), et du fait d’essayer de trouver des objets ou vêtements qui me plaisent vraiment (et qui ne sont pas trop trop cher, mon porte-monnaie n’étant pas extensible, ce qui est fort regrettable). Pour tout vous dire, depuis le mois de juin, j’ai acheté 4 vêtements neufs, ce qui est rarissime, mais je suis tombée sur un magasin dément que je ne connaissais pas, et j’ai craqué pour 3 articles : un manteau blouson avec des découpes extra, une robe et une tunique, le tout bien loose, bien déstructuré et confortable comme j’aime. Du coup, comme c’était pas très cher,  je me suis laissé tenter… Le quatrième article était moins classe : c’est une combinaison en molleton qui vient de chez Zara. Oui, je sais, c’est pas bien. Mais elle est tellement chaude et confortable qu’elle va me faire au moins 5 hivers…

Bref. Nous vivons en ce moment précis des temps de consumérisme effréné : cadeaux, manger, cadeaux, manger, cadeaux, manger, boire. Mais j’adore Noël et les deux seuls moments où vous verrez une wishlist sur le blog, qui n’a pas du tout pour but de favoriser la consommation de masse, c’est pour mon anniversaire et pour Noël. Donc, voici ma wishlist de Noël…

Des pin’s de la merveilleuse créatrice et dessinatrice Caitlin Stout

Un collant de Teja Jamilla, un pantalon de chez Ovate, la superbe écharpe de Sisters of the Black Moon qui me fait de l’œil depuis un petit moment, un bracelet Jungle Tribe Couture, et une bague magnifique de chez Macabre Gadgets.

Des pin’s, oui encore, de chez Gimme Flair, LE repaire des fans de pin’s et patchs…

J’ai craqué sur les superbes patchs de Ink and Wilderness, qui, en plus, ne sont vraiment pas chers… L’illustratrice est Amy Whiting, je vous invite à aller voir son site et son blog

Des petites choses de chez Memento Mori Goods

Afin de compléter mon cabinet de curiosité : un squelette de chauve-souris chez Cabinet Henry, une planche de Camille Renversade et un glode de EMY Moonwork Design

CE pin’s glamour and strange de Saffron Reichenbacker… Et sa très chouette poupée articulée à monter soi-même, sous la forme de Anita Berber…

Et ce manteau, de chez Netwar, une boutique etsy japonaise… Que je ne retrouve plus, enfer et damnation….

Belle journée !

 

Chroniques du temps qui passe : Décembre 2017

J’ai reçu il y a peu un e-mail très gentil d’une jeune personne curieuse de savoir dans quoi je vivais, où, comment c’est chez moi, etc. Ma vie quoi, en fait. C’est à la fois très simple et très complexe de répondre, car il me faudrait des pages pour expliquer ce que je fais, comment je le fais, pourquoi je le fais. Je crois que le master déteint sur mon cerveau, j’ai des références partout, des dessins partout et des tonnes de pages pour les expliquer… Bon par où commencer ?

Par ça : une personnalité ne se résume pas en trois phrases. Évidemment, cela dépend de votre âge mais en gros, ce sont vos expériences qui font de vous ce que vous êtes, il faudrait donc les détailler une par une, ce qui est franchement laborieux. Et un poil barbant, aussi. Disons pour faire court, que j’ai essayé toute ma vie de me conformer à ce que l’on attendait de moi. Je suis une femme, donc je DOIS être féminine. J’aime les choses étranges, sombres, glauques, mélancoliques, donc je DOIS être gothique. J’aime Disney, les mignonneries cucul, les arc-en-ciels, les licornes, les maisons de poupées, donc je DOIS être une girly kawaï. J’aime la cuisine simple, bio, donc je DOIS être une « simple life woman ». Je vous en passe et des meilleures. Flûte. Pourquoi je devrais être tout ça, ou plutôt une seule chose à la fois ? Je SUIS tout ça. Je suis une gothique qui raffole du soleil, et une fille simple qui adore les layer cakes arc-en-ciel tout en étant pro-bio. Tout les hommes que j’ai rencontrés ne voyaient en moi que ce qui leur plaisait. La plupart des amis aussi (sauf quelques exceptions qui se reconnaîtront, merci les filles !). Mais si je résume, pour toi, qui suis-je, jeune personne curieuse ? Essayons de faire un point sur tout ça…

J’aime les musiques bizarres, ethniques, folk, celtes, scandinaves. J’aime aussi le baroque et le classique. Et les musiques de films (Hans Zimmer powa). Loreena McKennitt, Sinead O’Connor, Tori Amos, Luc Arbogast… Et Janis, mon dieu, Janis…

J’aime les séries TV et le cinéma, voir ma dvdthèque de plus de 300 dvds. Dans des styles divers, exception faite des comédies romantiques, que je déteste, et des films à l’humour douteux, que je déteste aussi. Le reste oscille entre fantastique, anticipation, enfants et films en costumes (je pousse le vice jusqu’à les classer par rapport à l’époque). En terme de séries TV, je suis une fan de Downtown Abbey, Sherlock Holmes, Miss Marple, Hercule Poirot, Mad Men, et aussi True Blood, et American Horror Story. Game of Throne, of course. Et Kaamelott aussi. Je hais Desperate Housewives et Buffy. Et je reste une grande fan de Bones, l’une des seules séries pas en costumes que j’accepte de regarder avec grand bonheur (ça doit être les cadavres…). Bon, il y a des acteurs fétiches aussi, mais j’ai l’impression d’être une gamine quand j’en parle donc…

J’aime les livres, passionnément, à la folie, ça s’entasse et ça continue de s’entasser, c’est comme une drogue… Arts, déco, figures féminines, cinéma, mode, photo… Une grosse part de XIXe siècle. Je suis une fan absolue du XIXe siècle, pour moi le siècle le plus schizophrène, et passionnant à étudier. Mais le Moyen-Age et la Renaissance me fascine aussi. (mise à jour du brouillon : je viens de compter, par curiosité et pari, mes livres d’art… On dépasse allègrement les 150. Mon père a gagné le pari, je lui dois un cheesecake au Columbus Café…)

Je suis de moins en moins fan de la consommation, mais j’aime toujours autant découvrir des artistes et des créateurs. J’aime les créatifs parce qu’ils rendent le monde un peu plus beau avec leurs petites mains et que c’est une vision réconfortante de l’humanité. Quand je découvre quelque chose qui me plaît vraiment, je le note quelque part (la folie des bouts de papier, vous connaissez ça ?), et un jour, j’achète. Je fais aussi un bonne action : encourager la création, c’est important ! Donc, je privilégie de plus en plus les vrais créateurs, et de moins en moins les chaînes…

Donc, j’ai fait du tri dans mon dressing. Disons que je me suis trouvée, d’une certaine manière. Un jour, je ferai un article là-dessus. Beaucoup de noir, du gris, du bleu. Pas de talons. Un genre de « simple life – witch »… C’est un peu compliqué à expliquer, je vous renvoie à mes boards pinterest. Ce tri dans mon dressing reflète aussi mes choix en terme de décoration, d’alimentation…

Je vis et je respire pour l’art, l’histoire de l’art, la création plastique. J’adore ça, c’est ma vie, et même si je suis passée par des périodes difficiles, où j’ai fais autre chose, aujourd’hui je ne peux m’imaginer vivre sans. Donc, après le master 2, ce sera le doctorat. Comme ça, après, je pourrai partager avec des étudiants tout ce que je sais et que j’ai appris, tout en continuant de créer. Et écrire sur le sujet aussi.

Je suis lucide sur le monde, voire même trop lucide. Je sais que nous vivons à l’ère du libéralisme libertaire engendré par la génération 68, où le narcissisme est roi, où on ne le voit même plus, où la consommation et la technologie ont remplacés les méta-récits… La subversion et le hors-norme sont devenus les normes, on érige le féminisme en tendance. C’est pas facile, mais on peut s’en sortir. Lucide mais optimiste (heureusement).

Voilà, je ne sais pas vraiment si tout ça me définit, mais en tout cas je l’espère. Je suis curieuse, optimiste, pas très compliqué, j’adore le bizarre et l’étrange, et les sorcières. Le chocolat, Guillermo Del Toro, les lettres manucrites, les livres, les chats. Je ne peux pas vivre sans du papier et un crayon. Tout ça et plus encore. C’est compliqué de se résumer !

Ah et j’oubliais : je suis un fan des vide-greniers et brocante, Emmaüs etc. Je pratique depuis que j’ai 12 ans, autant dire que je maîtrise. Mais il y a pleins de choses dont je me séparerai, avis aux amateurs ! ^^

Belle journée !

 

 

Les phylactères, du Moyen-Age à Harry Potter…

J’ai une passion pour les phylactères. Ok, dit comme ça, c’est peut-être un peu pervers, ou bien étrange. Bon, vous savez sans doute qu’un phylactère, aujourd’hui, c’est un terme utilisé en BD, il s’agit des bulles où apparaissent les paroles en fait. Seulement, moi, je n’aime pas ce type de phylactères, je préfère les médiévaux.

Un peu d’histoire et de linguistique… Le terme « phylactère » a plusieurs origines : phylacterium (reliquaire ou talisman) en latin, φυλακτήριον (amulette ou charme) en grec ancien issu du terme φυλάσσειν (qui sert à garder). En gros, on voit bien que l’idée est liée à la religion et à une sorte de « sort » (au sens étendu du terme, c’est-dire toute formule païenne ou pas servant à protéger). Pour cette raison sans doute, les paroles écrites présentes dans l’art chrétien médiéval et de la Renaissance sont appelées « phylactères ». En effet, il s’agit de banderoles sur lesquelles apparaissent les paroles des protagonistes, ou bien des descriptions de la scène (ce qui est assez drôle puisque le peuple voyant ces représentations dans les églises ne savait en général pas lire… Un point à éclaircir !). On les retrouve notamment dans les annonciations.

Josse Lieferinxe, Annonciation, Musée du Petit palais, Avignon

Juan de Flandres, Apparition du Christ à la Vierge, National Gallery, Londres

Lucas de Leyde, Annonciation, Munich

Saint Anne et l’Ange (détail), Bernhard Strigel, 1506

Plus rare : les paroles/phylactères sortant directement de la bouche des personnages, sans banderoles…

Partie gauche du panneau central du triptyque Braque par Rogier van der Weyden, vers 1450

Sainte Véronique, 1535, atelier de Léonard Limosin, émail

Raphaël (les phylactères ont commencé à disparaître à la Renaissance…)

On peut aussi les retrouver dans des scènes  à vocation non religieuse : allégories, portraits… Dans ce cas, le phylactère est présent pour énoncer une vérité, une morale ou une devise (ou tout simplement le nom de la personne représentée).

Maître du Rhin moyen, Sortilège de l’amour, Leipzig

La 1ere carte de vœux !  Gravure du Maître du Rhin, XVe siècle

« Bella », Duché d’Urbino, 1535

Hans Suess von Kulmbach, Jeune fille tressant des couronnes, Metropolitan Museum, New York

On les trouve aussi sur les tapisseries médiévales… Franchement, je plains sincèrement ceux qui réalisaient les tapisseries, ça devait être un vrai casse-tête ces écritures !

Femme avec licorne, Allemagne, 1500

Les phylactères retrouveront un regain d’intérêt à l’âge baroque, dans les scènes religieuses, puis plus tard au XIXe siècle, les phylactères retrouveront leur force notamment à cause de la grande tendance du néo-gothique, pendant laquelle on retrouve nombre de détails décoratifs médiévaux, ou pseudo-médiévaux.

Apparition de la Vierge immaculée, 1665, Bartolomé Esteban Murillo

Saint Vincent Ferrer, Vicente Macip, 1540

Le phylactère est très utilisé pour tous les types de Memento Mori…

Hans Memling, 1485 (le fameux polyptique de Strasbourg)

Renaissance ou XVIIIe siècle

Le Brelan de la vie humaine, anonyme, Ecole française, fin XVIe siècle

Vicente Macip, Memento Mori, 16e siècle

(source inconnue, mais probablement Renaissance, et Allemagne ou Pays-Bas vu le thème)

Le rêve du chevalier (ou du roi), 1650, Antonio de Pereda y Salgado

Jan Sanders van Hemessen, Vanité, 1535

Les phylactères sont aussi présents dans les ex-libris, les gisants, les sculptures médiévales…

Cluny

(source inconnue)

Allemagne, 1490

Tombe d’un entrepreneur, certainement compagnon, Villeneuve sur Lot

En bref, le phylactère, c’est l’essence même de la parole écrite en art, le début du mélange visuel/écrit, qui fonctionne encore aujourd’hui… Voyez la carte du Maraudeur de Harry Potter, qui regorge de phylactères, ce qui n’est guère étonnant vu le nombre incroyable de références esthétiques au monde médiéval que l’on y trouve ! (et ses réinterprétations par des fans…)

(les broderies Harry Potter, c’est une belle idée je trouve, ça rend plutôt pas mal…)

(et pour voir mes croquis de phylactères, c’est sur facebook, instagram ou twitter !)

Belle journée !