La nouvelle broderie gothique

(cet article est une spéciale dédicace à Justine, l’une de mes collègues médiatrices supers sympas au FHEL de Landerneau, et qui fait de la broderie en mode F*CK)

Vous l’avez peut-être remarqué (ou pas), mais la broderie connaît actuellement un renouveau. Et là, je vous renvoie à mon article sur les artistes féministes qui se réapproprient la broderie, traditionnellement médium féminin dans les cultures d’Europe occidentale. Today, je suis particulièrement amoureuse de la nouvelle broderie à tendance gothique, à cause notamment des motifs. La plupart des brodeuses (oui, ce sont en majorité des femmes) sont douées en dessin, et cela se ressent dans leurs broderies. Les quelques artistes que je partage ci-dessous ont des styles très différents. Certaines font des broderies uniques, d’autres font des broderies téléchargeables, mais toutes ont des styles admirables. J’espère que cela vous plaira…

Adipocere (un classique, mais commençons pas le classique)

Your gothic granny (aka Rachel Dreimiller, des modèles téléchargeables vraiment sympa, dans un style très pur)

Fevernest (aka Elsa Olsson, artiste textile que j’adore) (et son tumblr)

Veiled Mirrors (aka Anna, dont j’adore à la fois les broderies, très mystiques, et aussi les collages, vraiment superbes)

Alifera (aka Alina Fera, dont tous les modèles sont téléchargeables)

Mila Rosha (brodeuse et dessinatrice dans un style glam goth et mystique)

J’espère que vous ferez de belles découvertes, il y a énormément de talentueuses brodeuses dans un style gothique…

Belle journée !

 

Teagan White, le nouvel art naturaliste…

Si vous aimez les cabinets de curiosités, l’anatomie animale, la taxidermie, les choses un peu étranges, le naturalisme, les voyages et les explorateurs du temps jadis (DANS MES BRAS !), bienvenu dans l’ère du « nouveau naturalisme ». Je ne sais pas si ce terme existe réellement, je l’appelle comme cela car je trouve que c’est le titre qui convient le mieux.

Avec le retour de la valorisation du fait-main, de la Nature, de la Déesse Mère, notre société, empreinte de paganisme diffus fortement teinté de rock’n’roll, voit naître depuis quelques temps des artistes travaillant sur la Nature : animaux, végétaux, créatures. Jessica Roux par exemple. Ou Teagan White, dans un style un peu plus « morbide » peut-être, ou un peu plus rock’n’roll justement. Il y en a plein d’autres, je pourrai faire une liste ! Leur maîtrise de l’aquarelle est extraordinaire pour moi. D’habitude, quand on dit « aquarelle », tout de suite viennent en tête des fleurs un peu gnangnan, des ribambelles de chatons, de chiots, des portraits d’enfants (qui font peur), des nus pas très vivants, des paysages pas très réussis, le tout saupoudré d’une niaiserie sucrée qui me fait grincer des dents. MAIS. Avant d’être un passe-temps pour retraités en mal d’inspiration (non non, je ne suis pas méchante, je constate que c’est ainsi), l’aquarelle fut le must pour les naturalistes. Facile à transporter et facile d’utilisation, elle permet bien des effets, à condition de la maîtriser. (et là, vous allez faire un tour sur mon article sur Edith Holden et vous comprenez) Moi, c’est pas mon truc l’aquarelle, je n’y arrive pas. Raison de plus d’admirer ceux qui font des merveilles avec cette pâte colorée à imbiber d’eau.

Comme Teagan White. Chez elle, j’admire déjà sa maîtrise du dessin et de l’anatomie animale, sans parler des végétaux, tout sauf gnian-gnian et très très réalistes. Plus cette ambiance un rien Art Nouveau. Il y a de l’art nouveau, du rock’n’roll, des animaux morts ou vivants, des motifs décoratifs. J’aime. Et, en plus, on peut acheter des objets Teagan White. Et en plus, elle fait aussi quelques zines, qui sont de toute beauté…

Sa bio dit que Teagan travaille sur la faune, la flore, avec un rappel du cycle vie/mort et de la coexistence homme/animal ou de la cruauté inhérente à la Nature. Elle a longtemps vécu dans le Midwest et la région des Grands Lacs, ce qui a influencé sans doute son travail sur la Nature. Actuellement, elle a déménagé dans l’Oregon, c’est sans doute ce qui a motivé l’apparition des oiseaux dans ses dessins. Elle travaille à l’aquarelle et à la gouache, et réalise parfois des commandes (voir plus bas). Elle est membre du collectif THE VACVVM (foncez voir leur insta, c’est de la tuerie), et elle réalise également des illustrations pour enfants.

Je vous laisse apprécier :

Des commandes :

Les zines :

Son site : https://www.teaganwhite.com/

De là, vous pouvez accéder aux réseaux sociaux, au shop, ainsi qu’au site de THE VACVVM (via la page bio).

P.S. : mardi prochain, je commence un CDD m’amenant jusqu’au 3 novembre, comme médiatrice culturelle pour la nouvelle expo du Fonds Leclerc pour la Culture (Landerneau), une magnifique expo sur les Cabinets de Curiosité (trop hâte !). Cela signifie qu’à partir de dimanche et jusqu’au 3 novembre je vais être coupée d’internet (déconnexion totale, ça va pas faire de mal). Ne vous étonnez donc pas si vos coms ne sont pas visibles ou si je n’y réponds pas. Je vous porte tous dans mon coeur, vous êtes des lecteurs adorables, et je vous retrouve donc en novembre. J’aurais commencé mon doctorat sur les zines, la vie sera belle, j’aurais plein de choses à vous montrer et plein de choses à poster. Passez donc de bonnes vacances, et on se verra peut-être à l’expo…

EDIT : En fait, je peux me connecter sur la wifi de mon hébergeur, donc, je peux continuer le blog pendant l’été (enfin, c’est en théorie, en pratique je vais sans doute être fatiguée…) !!! Donc, les commentaires sont ouverts !

 

 

Re-bonjour, c’est gentil d’être revenu…

Finalement, le blog va renaître de ses cendres… Je n’efface pas toutes les archives, je change un peu de cap, c’est tout. Ce changement correspond à une envie profonde et à un déclic survenu il y a quelques mois. Ayant fréquenté le milieu de l’art contemporain dit « officiel » (c’est-à-dire celui que vous trouvez dans les grandes galeries d’art et dans les musées d’art contemporain en règne générale, ainsi que dans les FRAC), je peux dire que, si je l’aime toujours autant (forcément c’est mon truc, sinon, faut être maso pour y bosser et ne pas l’aimer), en revanche, le déni de la pop culture y a tendance à m’agacer un rien. Je suis pour la pop culture, pour l’art urbain, pour le lowbrow et autres noires sucreries biberonnées aux comics, super-héros, et marques bien connues… Si aujourd’hui, on constate un revirement de la part de certaines galeries et foires d’art, qui mettent désormais en avant des artistes issus de la pop culture, et/ou qui s’en servent pour créer, le déclic est quand même long à venir en France (et quand on dit long… On a toujours des années de retard là-dessus par rapport aux US). MAIS, ne nous affolons pas : il existe un domaine issu de la pop culture que les français maîtrisent aussi bien que leurs homologues européens ou anglo-saxons… LE PRINT. Le papier n’est pas mort, les affiches sont un terrain de jeux sans fin pour les fanas de print. J’en suis, et j’en fais, depuis… Houlà, ça me rajeunit pas dis donc…

Tout ça pour dire que. Le blog se tourne vers le print, l’art et la pop culture, l’art urbain. My love forever quoi. Et pour fêter ça, je vous reposte ci-dessous un article paru il y a longtemps sur le blog…

Mark Ryden est l’un de mes peintres favoris. Déjà, je suis une grande fan du lowbrow / pop surréalisme, mais ce que j’aime, en plus, chez Mark Ryden, c’est le fait qu’il soit un inconditionnel des cabinets de curiosités et de l’histoire de l’art (passions dont on trouve de très larges traces dans son œuvre). Et j’aime voir les lieux de création, je trouve que souvent, la maison d’un artiste en dit long sur lui, et donc sur son œuvre. La maison de Mark Ryden (et de son épouse Marion Peck, artiste lowbrow également) est un véritable musée, à la fois de l’étrange et du kitsch, assez surchargé (ami du minimal chic, passez votre chemin), et délicieusement rétro. Une véritable merveille, où votre œil est sollicité de tous les côtés. Je rêvais qu’un magazine publie un article consacré à cette maison, qui est tout autant un chef-d’œuvre artistique que les peintures du couple qui y habite ! Et bien, le site internet L.A. Curbed, dédié à l’habitat, l’a fait !!! (l’article complet)… Je partage donc avec vous les photos de ce superbe reportage !

La maison détonne complètement dans le paysage : les Ryden-Peck habitent une rue de L.A. remplie de maisons de type années 50 aux couleurs pastels (genre Edward aux Mains d’Argent, voyez)… La maison est gris foncé, et paraît un peu austère…

Le jardin de derrière, rempli de superbes détails…Et cette piscine en forme de pagode chinoise !

 

L’entrée-salon, avec une ambiance plutôt asiatique.

La salle à manger, avec ses rayures roses et blanches de marchand de glaces…

L’escalier, en galerie de portraits et souvenirs…

Les toilettes sont bien sur prodigieuses ! Avec une belle collection d’Abraham !

 

L’atelier, pièce maîtresse de la maison, superbe je dois dire, si je pouvais avoir la moitié de cet espace, je serai contente !

Le jardin d’hiver, avec cette Sainte Thérèse monumentale veillant jalousement sur le bar…

La chambre du couple, très Conte des Mille et Une Nuits !

Une salle de bain. Si vous avez vu le film « Big Eyes » de Tim Burton, vous reconnaîtrez sans peine l’artiste qui a peint ses portraits d’enfants aux grands yeux…

L’artiste au travail… En plus de ses peintures, Mark Ryden fait aussi des sculptures et installations pour certaines expositions…

Le couple d’artistes…

Belle journée, et belles fêtes de Noël !

Le Château Bardou, merveilles des merveilles Art Nouveau…

Comme vous le savez sans doute maintenant, je suis une accro de l’esthétique, dans TOUS les domaines (je crois que c’est bel et bien une maladie, mais ça se soigne pas visiblement…). Et j’ai un gros gros gros faible pour tout ce qui touche au XIXe siècle et jusqu’au années  50 pour le XXe siècle (avec en plus les 70s british…). Comme mon mémoire de master 1 portait sur l’image de la Jeune Fille et la Mort (sur le sujet, le livre Vénus et la Mort de Gert Kaiser est une mine d’or), forcément sont revenus sur le tapis mes obsessions d’ex-étudiante aux Beaux-Arts, c’est-à-dire le post-mortem, le spiritisme (sur le sujet, le livre Les Voix d’Outre-Tombe de Guillaume Cuchet est fabuleux, ainsi que le catalogue de l’expo l’Europe des Esprits des musées de Strasbourg) , le romantisme noir et les décadents. Les décadents menant naturellement au début du XXe siècle et aux débauches décoratives de l’Art Nouveau, au gré de mes pérégrinations sur la toile (vous savez ce que c’est, un lien en amenant un autre etc etc, et ça fait planter le pc), j’ai bizarrement découvert cette merveille sur la toile… Je ne sais pas trop comment j’ai atterri sur cette page, mais j’y ai découvert une merveille absolue, la chose la plus merveilleuse jamais conservée en terme de patrimoine Art Nouveau. Vous connaissez sans doute les merveilles Art Nouveau de Paris, notamment les chefs-d’œuvre du Musée d’Orsay, du Musée des Art Déco, le Musée Maxim’s, etc. Mais là, c’est autre chose…

Il s’agit d’un château ENTIER dédié à l’Art Nouveau, resté intact depuis sa construction en 1900… Il se situe non loin de Perpignan, et appartenait, à la base, à Pierre Bardou, fils du très célèbre créateur du papier à cigarettes JOB (d’ailleurs, Mucha a réalisé une affiche très célèbre pour JOB). Passionné d’Art Nouveau, il veut un château entièrement dédié à cet art. Rien que ça. Chose faite : le château lui fut livré en 1900.On a la folie des grandeurs ou pas… Absolument tout est pensé dans les moindres détails, du plus petit élément décoratif et majestueuses cheminées… Et en plus, il est entièrement complet et intact car perdu en pleine brousse vers Perpignan, donc, personne n’y a touché depuis sa construction.

Aujourd’hui, les propriétaires cherchent à le vendre. Forcément, ce truc est magnifique mais c’est un gouffre sans fond… C’est Century 21 qui s’en charge. 21 millions. Pas d’acheteur, le château descend à 12 millions, mais toujours pas d’acheteur. En désespoir de cause, les propriétaires le louent actuellement à une star du sport qui en a fait sa résidence principale. Enfer et damnation, j’espère qu’il ne va pas nous faire une piscine dans le parc et un écran tv géant au-dessus de la cheminée du salon…

La seule chose qui vaille la peine avec ce château, c’est de le faire entièrement inscrire MH, si ce n’est déjà fait, et d’en faire un musée… En attendant ce jour béni des dieux, voici les photos de l’agence… Et franchement, ça fait rêver…

Belle journée !

 

 

 

 

Le Gothique et la Mode, une histoire d’amour qui dure…

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Lorsque j’ai commencé à être présente sur les réseaux sociaux et à tenir un blog, mon univers était très marqué « gothique ». J’ai longtemps eu du mal avec cette étiquette, qui, immédiatement, fait surgir des images d’Épinal pas toujours très glorieuses dans l’esprit de la plupart des gens, des images très très réductrices et qui sont très bien vendues par la société de consommation et la société de sur-information (donc de désinformation) dans lesquelles nous vivons. Aux Beaux-Arts où j’ai passé trois ans afin d’obtenir ma licence, on n’aimait pas trop les gothiques, suspects d’avoir toujours les mêmes sempiternelles sources d’inspirations. Sauf que ces inspirations sont toujours d’actualité, et sont inépuisables ! Même la maison de prêt-à-porter de luxe Loewe revisite en un coffret limité des classiques de la littérature considérés comme « gothiques » : Dracula, Le Portrait de Dorian Gray, Les Hauts de Hurlevent, font partie des titres choisis par la maison et recouverts pour l’occasion de photographies signées Steven Meisel (le rendu n’est pas du tout « gothique » par contre). C’est vrai que je m’habille souvent en noir, avec deux styles très distincts, mais il y a rarement de la couleur (ça m’arrive hein, j’ai du bleu, du vert, du violet et du beige dans mon dressing). C’est vrai que j’ai un gros faible pour le style « baroque » à la D&G, et aussi pour le style « Modern Witch », et pour le style « flamand », et aussi pour le « post-apocalyptique » (tous ces styles faisant partie du milieu gothique d’une certaine façon aujourd’hui). C’est vrai que mes goûts me portent plutôt vers des esthétiques sombres, romantiques, décadentes et néo-gothique, voire moyenâgeuses, avec une pincée d’Art Nouveau et d’Art Déco. C’est vrai que je suis gothique, dans un certain sens. Mais je ne suis pas que ça, ben non, ça serait trop simple : j’ai un gros faible pour le glam-rock, les 70s, les films des années 50, et l’humour de manière générale (ceci dit, j’ai horreur de l’humour bien gras et bien lourd dispensé notamment dans certains films…). Et quand on est gothique, et qu’on aime la mode, eh bien, la photographie de mode, c’est le pied total à regarder. Car, quand même, il faut admettre que les ambiances gothiques sont très souvent les inspiratrices de séances photos magnifiques, et faisant référence à tout un tas d’iconographies différentes mais qui correspondent toutes au milieu gothique.

Le gothique, à la base, c’est le néo-gothique, surtout. Le roman noir anglais (Chéri, prépare ton suaire !). Les ambiances extrêmes, le tout ayant abouti au Romantisme allemand, relayé très largement en Angleterre et en France, où la folie néo-gothique saisi tout un énorme pan de la bourgeoisie et de la noblesse. Cela s’est accentué avec la vague du spiritisme, le post-mortem, le bien glauque et dégoulinant, et le décadentisme fin-de-siècle décidément hyper marquant pour tout le milieu artistique qui suivra. Ce qui inclut la mode donc.Et la photo de mode, donc. Celle-ci se nourrit de toutes les facettes du gothique. Oui, il y a plusieurs gothiques : dans les années 90, un gothique aimait rarement le métal et vice-versa, un métalleux n’était pas un gothique. Mais depuis les années 2000, le milieu gothique s’est élargi à beaucoup de styles différents, incluant le post-apocalyptique, le steampunk et autres tendances fort intéressantes et qui nourrissent le milieu gothique d’autres influences, c’est ce qui fait en quelque sorte la force du mouvement. Il est capable de se régénérer de lui-même, grâce à ces influences multiples. Bon, c’est aussi un peu sa faiblesse : le gothique vit souvent en vase clos (non, pas dans un cercueil), il sort souvent peu de son univers ou de ses univers. Ils sont déjà bien vastes certes, mais un peu d’ouverture manque peut-être au milieu. Quoi qu’il en soit, je vous ai concocté un medley de grands photographes de mode, pour illustrer la chose, et vous allez voir que toutes les facettes du gothique sont représentées au sein de la mode, et que cela donne souvent des séances photos de dingue…

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Stevie Westgarth, et son illustration sauvage de la sorcière gothique moderne

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Une campagne de pub signée Steven Klein pour McQueen, très « la reine seule en son château »

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Olivier Stalmans, « Edwardian elegance », pour Luxury Aficionados

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Michael Morrison, et sa version très « sexy dark » (I Love)

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Matthew Brooks, et ses contrastes extraordinaires accentuant l’effet « gothic drama » !

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Bon, ben là, je ne sais plus qui est le photographe, si jamais quelqu’un sait, n’hésitez pas à le mettre en commentaire! J’ai adoré cette série make-up, très bien vue et assez gonflée je trouve…

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Tina Patni et son ambiance mi-Tim Burton, mi-Del Toro…

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Katarzyna Konieczka et ses costumes et créations d’avant-garde donnent toujours lieu à des séances photo de foufous (images via Beautiful Bizarre et son article sur son travail)!!!

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Hiroshi Nonami

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Le magazine DRAMA est un grand repaire de gothiques en tous genres…

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« Delineated »,  Victoria Anderson by Robert John Kley for Schön, numéro 26

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« Un Conte d’Hiver », ici également, impossible de me souvenir du photographe tellement ça fait longtemps que j’ai cette série photo en archive… Mais l’ambiance y est divine !

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Chris Anthony, découvert dans Elegy (aaaaaaah, Elegy… RIP bouhouuuuu, monde injuste et sort cruel !).

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Les bijoux Bella & Chloé mis en scène par Moss and Meadows, un duo très branché « modern californian witch »…

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Antonella Arismendi pour Numéro, une série make-up qui me rend vraiment très très enthousiaste !!!! (ça doit dater de ma période black-métal je pense…)

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Anita Bartos et son très joli travail façon « vieille photo »…

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Le duo Andrew Yee et Damian Foxe, pour How to Spend It Magazine, un style trés « gothique baroque » …

Voilà, en espérant que ce petit tour dans mon (très vaste) univers vous aura plu et que vous aurez découvert ces talentueux photographes…

Belle journée !

Histoire macabre : Edith Holden

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(la carte postale est faite maison à partir d’une vraie image XIXe siècle/début XXe siècle, il me reste quelques exemplaires de fac-similé réalisés par mes petites mains, les cahiers « vieillis » sont également de mes petites mains, et les tampons Alice in Wonderland, je les ai dénichés chez Noz, où l’on peut trouver de chouettes choses)

Octobre. Ses feuilles qui volent, ses citrouilles qui s’amoncellent, l’approche d’Halloween, les chocolats chauds, les livres au coin du feu et le chat qui ronronne (on dirait une petite vieille qui parle). Bon, stéréotypes certes, mais il n’empêche : j’adore l’automne. C’est le moment parfait pour parler d’Edith Holden et de son histoire macabre (après celles de Kay Sage et Eléonore de Toléde). Qui, en France, connaît Edith Holden ? Pas beaucoup de monde je crois, si ce n’est peut-être les passionnés de dessins naturalistes et de toute cette imagerie de campagne anglaise si bien décrite par Jane Austen.

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Edith Holden est née en 1871, à Birmingham, au sein d’une famille très pieuse, mais également ouverte à beaucoup de choses. Son deuxième prénom lui fut notamment donnée en l’honneur d’Elizabeth Blackwell, une physicienne pionnière dans la science. Son père tient une fabrique de peinture, un détail important, et sa mère a notamment écrit deux livres sur la religion. Mais en 1904, celle-ci meurt, et le père d’Edith se tourne vers le spiritualisme. Il veut à tout prix communiquer avec sa femme, et instaure des séances régulières à la maison. Edith et ses sœurs assistent à ses séances, et en ressortent sans doute profondément marquées. Il écrira même un livre sur ces propres expériences, édité sous le titre Messages from the Unseen, en 1913, une semaine seulement avant sa propre mort (ironie du sort…).

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Pendant toute sa scolarité, Edith va se passionner pour les sciences naturelles, et se découvrira un don pour l’illustration, tout comme sa plus jeune soeur.  Elle devient rapidement une illustratrice très réputée, et son travail apparaît à intervalle régulier dans des revues. Elle illustrera notamment les 4 volumes de The Animal’s Friend, ainsi qu’un certain nombre de livres pour enfants. Ses peintures sont même exposées, notamment par la Royal Birmingham Society of Artists et la Royal Academy of Arts.

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Ces expositions, si elles peuvent paraître prestigieuses (et elles le sont en réalité), ne sont pas forcément une bonne chose pour la condition féminine : nous sommes au début du XXe siècle, et la condition féminine anglaise est tout sauf un modèle de progression. Edith fait partie de la petite bourgeoisie croyante anglaise : on attend d’elle, en plus d’un mariage convenable, qu’elle réussisse dans le domaine des « arts d’intérieurs », c’est-à-dire la musique, la couture, la broderie, les bouquets de fleurs, composer un menu et savoir un peu de cuisine, tenir une maison, et accessoirement, peindre. Principalement des fleurs, des animaux et à la limite quelques portraits (plus, ce serait indécent). Or, il s’avère qu’Edith peint très bien la nature, et elle adore cela, réellement, la nature est sa passion. On peut donc sans crainte l’exposer, puisque cette passion, si elle est bien réelle, ne s’oppose nullement aux préceptes de la femme parfaite de l’époque. Une arme à double tranchant dont j’ai parlé plus en détail dans mon article sur le fait d’être une femme et une artiste en même temps.

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Bref. La notoriété est là. Edith se marie en 1911. Mais elle choisit un homme qui est à la fois convenable et qui lui convient : Ernest Smith, un sculpteur. Il est notamment l’assistant de la Comtesse Feodora Gleichen, elle-même sculpteur et designer d’objets décoratifs (elle fera notamment la très belle statue de Florence Nightingale). Au sein du studio de Feodora, le couple se lie avec plusieurs autres artistes, notamment le sculpteur Sir George Frampton (mais si, c’est lui qui a fait la fameuse statue de Peter Pan).

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Pendant les années qui suivent son mariage, elle continue à peindre et à illustrer, et rencontre toujours un grand succès anglais.

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Mais la tragédie est proche.

Le lundi 15 mars 1920, Edith se plaint de maux de tête. Mais cela lui arrive souvent, et on n’y fait pas vraiment attention. Son mari part comme d’habitude pour son studio et elle annonce sa volonté de descendre à la rivière pour voir les équipages universitaires s’entraîner. Lorsque son mari rentre le soir pour dîner, il trouve la table mise, mais pas d’Edith. Il suppose alors qu’elle est encore chez des amis, et ne s’inquiète pas, il soupe, se couche.

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Le lendemain matin, on retrouve le corps d’Edith flottant dans la rivière. Il y eut une enquête. Edith avait donc décidé d’aller voir les équipes s’entraîner et descendit à la rivière. Sur le chemin, son regard de naturaliste croise une branche de châtaigniers où pointaient des embryons de châtaignes, qu’elle adore. Mais la branche était hors de portée. Elle donc tenté d’utiliser son parapluie pour la casser. Mais même le parapluie était trop petit, et emportée par son élan, Edith est tombée dans rivière. Ne sachant pas nager, elle s’est noyée.

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Il est curieux de constater qu’Edith a connu le destin d’Ophélie : la figure de la morte noyée est récurrente pendant l’ère victorienne, qui adore ce type de mort et la dramatise d’un point de vue très romantique, avec les fleurs et tout et tout (les amoureux des préraphaélites auront en tête la fameuse Ophélie de Millais). Edith étant un pur produit de la société victorienne, même si elle meurt en 1920, je trouve étrange que sa mort soit également conforme aux idéaux romantiques et complétement anti-féministes de l’époque (la figure de la morte noyée est révélatrice de la peur engendrée par la femme au XIXe siècle, j’en parle dans mon article sur justement la figure d’Ophélie)

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Edith reste une grande illustratrice naturaliste anglaise, qui a dépeint avec une formidable précision les espèces anglaises de l’époque, avec une touche de romantisme comme le produit si bien la société victorienne qui l’a vu grandir.

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Son fameux journal champêtre est édité en Angleterre en 1977, en pleine révolution du Verseau. Avec la vogue d’alors du retour à la nature, il a un succès immédiat, sous le titre The Country Diary of an Edwardian Lady. Il a depuis été réédité plusieurs fois, et il existe une traduction française (c’est celle que vous voyez sur les photos, et que ma mère m’a trouvé aux détours des allées d’un vide-grenier).

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Il existe deux biographies d’Edith Holden : The Edwardian Lady: The Story of Edith Holden, Ina Taylor (1980), et The Edwardian Afterlife Diary of Emma Holden, K Jackson-Barnes (2013) (qui traite plus spécifiquement de sa mère, mais cela peut être intéressant). Par contre, je ne sais pas s’ils sont traduits en français. Il existe aussi une série TV, The Country Diary of an Edwardian Lady, visiblement disponible en DVD, en import anglais.

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Voilà, une petite histoire macabre d’une femme talentueuse morte à cause de sa passion…

Belle journée !

La femme habillée en homme : réaction sociétale, revendications et mode

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(Tilda Swinton, photographiée ici pour le Vogue Homme italien)

Avant l’article sur les rapports entre retour à la Nature et artistes féminines, voici un petit article expliquant (enfin, tentant d’expliquer) les tenants et les aboutissants de la femme habillée en homme. Cet article est une forme de résumé d’un passage de mon mémoire, et j’attends avec une certaine impatience vos réactions (et/ou suggestions, personne n’ayant la science infuse). Je me suis rendue compte que je n’avais pas mis de bibliographie pour mon article précédent sur le fait d’être artiste ET femme. Ici, vous trouverez des références à des textes au sein même de l’article.

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(des femmes en pantalons, années 30 et 40)

Les méthodes publicitaires fonctionnent de la manière suivante : la société est divisée en groupes, puis en sous-groupes, afin d’identifier les différentes cibles visées, et fournir donc une manœuvre publicitaire adaptée à ces cibles, tout en faisant croire au spectateur individuel que la publicité a été écrite et pensée pour lui, pour son univers (s’il fait partie des cibles visées, du groupe visé, il ressentira ce sentiment).
Ceci ne faisant que renforcer l’idée du narcissisme et de l’individualité régnante, alors qu’en réalité, l’individu fait souvent partie d’une « tribu », d’un groupe, dont il partage les codes, ce qui a pour effet d’annuler l’individualité au profit du mimétisme (un mimétisme qui fait vendre). Les différences ne sont donc en réalité que des variantes culturelles.
D’une part, parce qu’elles imitent des pratiques dans le but d’appartenir à un genre. D’autre part, parce que la plupart des individus ne font qu’imiter les générations précédentes, avec plus ou moins de nouveaux apports postmodernes ou de mélanges. (Je précise que cela n’est nullement péjoratif, je fais un simple constat)
En d’autres termes, un individu prétendant être un individu à part entière, qui est lui-même avant tout, n’est finalement que la « résultante de la dynamique de groupe », une sorte « d’usurpation narcissique » (Michel CLOUSCARD, Le capitalisme de la séduction, Paris, Delga, 2015).

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(Ruth Bell par Karim Sadli pour Travel Magazine, 2015)

Ce travail de mimétisme de groupe se retrouve également chez les femmes désirant adopter une attitude masculine, à des fins différentes selon les femmes. Ce stéréotype de la femme masculine renvoie, encore et toujours à une image pécheresse, puisqu’il est considéré comme un « péché », une déviance, du fait qu’il symbolise la lesbienne (alors que toutes les
garçonnes et amazones ne le sont pas, beaucoup de femmes choisissent une apparence masculine pour un côté pratique et contestataire également) (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998).
La femme habillée en homme pourrait être un élément de réponse à la question d’échapper aux stéréotypes liés à l’image féminine.
En s’habillant en homme, elle s’approprie une partie des privilèges masculins, notamment au niveau de l’apparence : le pantalon, la chemise et/ou les cheveux courts sont pour elle synonyme de liberté de mouvement, et donc, de liberté au sens large. Par le port du pantalon, elle gagne en présence.

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(Odette Pavlova par Fabien Baron pour Interview Magazine, 2016)

En réalité, le fait de se faire passer pour un homme, de s’habiller en homme, a longtemps été tabou pour une femme, jusqu’au XXe siècle. Les exemples ayant choqué la bourgeoisie et l’aristocratie (et même le reste du peuple) sont nombreux en France : la Papesse Jeanne, George Sand, Colette, Rachilde et tant d’autres ont brisé ce tabou au fil du temps.

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(Rachilde)

Colette

(Colette)

Malgré son asservissement constant de la femme, le XIXe siècle est tout de même pourvoyeur d’une autorisation officielle de porter le pantalon (pour certains cas exceptionnels et argumentés, puisque il existe une loi interdisant le port du pantalon pour les femmes, loi toujours en vigueur il me semble…). En 1890, on comptait officiellement 10 femmes françaises à pouvoir porter le pantalon (dont une imprimeuse, et Rosa Bonheur). Rachilde également obtint ce droit en 1885 (elle alla même jusqu’à inscrire comme profession « Homme de Lettres » sur ses cartes de visite !). Si, au XIXe siècle, ce travestissement est encore exceptionnel, il choque moins qu’on le pourrait croire : une partie de la bourgeoisie s’émoustille de voir une femme habillée en homme, elle y voit une forme d’érotisme (le saphisme est très à la mode d’une certaine manière, mais n’y voir que de l’érotisme est, une fois de plus, renvoyer la femme à son aspect uniquement physique, sans tenir compte des raisons diverses qui la poussent à s’habiller en homme).

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(Rosa Bonheur)

La popularisation de ce travestissement, de cette inversion des genres, va prendre un nouvel essor avec les garçonnes des années 20 – 30.

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(une garçonne des années 20-30)

L’artiste Romaine Brooks nous a livré une galerie de portraits remarquables dans leur androgynie.

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(Romaine Brooks, Autoportrait, 1923)

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(Romaine Brooks, Peter / A young english girl, 1923-24)

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(Romaine Brooks, Una Lady Troubridge, 1924)

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(Romaine Brooks, Renata Borgatti au piano, 1920)

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(Romaine Brooks elle-même)

Le regard social fut extrêmement dur sur les garçonnes et autres amazones : en s’appropriant le costume et l’apparence masculine, elles ne s’approprient pas uniquement le caractère masculin, elles le détournent. Du costume social conventionnel, elles font une mode.
Le costume masculin jouant le double rôle d’affirmation de puissance et d’effacement du corps, elles se l’approprient en lui donnant, de par leur sexe, la fantaisie de la mode féminine.

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(des élégantes des années 20-30)

Cette double fonction du costume masculin au féminin prit également son essor grâce au cinéma hollywoodien entre les années 20 et les années 50, influencé notamment par l’ambiance « décadente » des cabarets de la République de Weimar (1919-1933), où les femmes masculines étaient légions. Ce travestissement féminin peut s’expliquer par le fait que la femme est mal considérée dans cette République, y compris par les artistes, même si celle-ci met en avant l’érotisme trouble, la femme y prend donc l’apparence de l’homme pour s’y faire entendre (John WILLETT, Les années Weimar, une culture décapitée, Londres, Thames & Hudson, 2011).

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(Marianne Breslauer, photographiée par Annemarie Schwarzenbach, Berlin, 1932)

Avec la montée du fascisme, des artistes, des réalisateurs, des écrivains, s’exilent aux Etats-Unis, ce qui explique cette influence sur le cinéma. Marlène Dietrich, Louise Brooks, Greta Garbo, Katharine Hepburn, apparaissent à l’écran travesties en hommes, et même à la ville pour certaines.

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(Marlène Dietrich)

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(Louise Brooks)

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(Katharine Hepburn, les deux premières photos sont issues du fameux film Sylvia Scarlett de 1935)

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(Greta Barbo dans la Reine Christine, 1933)

Par le biais du cinéma, et de la photographie également, la figure de la femme habillée en homme devient un véritable phénomène de mode grisant (il symbolise la liberté pour la femme, notamment de mouvement, ce qui est pour elle une révolution). Bien que Gabrielle Chanel et les élégantes portent le pantalon dés 1915 dans certaines circonstances, cette mode va trouver son apogée dans les années 70, lorsqu’Yves Saint Laurent popularise le smoking pour femme.
Cependant, à cause de ce phénomène de mode, les témoignages visuels de cette appropriation se tournent souvent vers le trouble érotique qu’elle suscite, et les véritables revendications de ce genre sont mises à l’écart.

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(Gabrielle Chanel en 1930)

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(Gabrielle Chanel et Serge Lifar en 1930)

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(à gauche, la version du smoking par Yves Saint Laurent, à droite, la version du smoking par Hedi Slimane pour YSL)

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(Lina Evangelista, Christy Turlington et Naomi Campbell par Peter Lindberg dans les années 90)

Ceci est valable pour la France notamment, et les pays européens de l’époque, mais ailleurs, certaines femmes portent le pantalon sans générer de troubles sociaux : en Australie, au XIXe siècle, de riches veuves portent le pantalon afin de monter plus facilement à cheval et surveiller leurs exploitations agricoles. Ce qui ne les empêche pas de porter robes et crinolines / tournures lors de leurs apparitions dans le monde, ce qui prouve une plus grande liberté d’habillement pour la femme qu’en France, ou du moins, dans une certaine mesure, une plus grande facilité à passer d’un vestiaire à l’autre selon les circonstances.
On nota également à la même époque aux États-Unis que certaines pionnières sont habillées en homme pour plus de commodités, mais elles restent tout de même assez rares (la plus connue étant sans doute Marthe Jane Cannary, dite Calamity Jane, éclaireur de l’armée pour le général Custer, exploratrice et souvent vêtue en homme pour plus de commodité, et dont l’image souffre aujourd’hui d’une récupération désastreuse par le cinéma et la bande dessinée).

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(les mannequins Maggie Maurer et Tom Gaskin par Julia Hetta pour Numéro, 2013)

Cette liberté que donne le costume masculin est devenue, au XXe siècle, une mode. On la retrouve dans les magazines, la photo de mode, la publicité, mais toujours teinté d’érotisme et de trouble, ce qui évacue les revendications sous-jacentes possibles de cet habillement, et contribue donc à véhiculer le stéréotype de la femme masculine, soit perçue comme lesbienne, soit emplie d’une charge érotique féminine à l’usage de l’homme (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998).

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(couverture du livre de Christine Bard, un livre excellent sur le sujet)

La femme très masculine est donc souvent perçue, même encore aujourd’hui, comme lesbienne, alors que son apparence n’est que la résultante d’un travail génétique, hormonal, et de choix vestimentaires n’ayant aucun rapport souvent avec ses préférences sexuelles. Mais ce stéréotype est toujours présent, y compris dans le milieu lesbien, en France notamment, ce qui revient pour ce milieu a finalement accepter et cautionner la vision réductrice que l’opinion publique a de lui, en se conformant à l’image sociale que celle-ci lui donne (ici encore, c’est une stricte observation, pas une prise de position contre cet habillement).

Dans d’autres pays, comme la Corée du Sud, les apparences sont encore plus stéréotypées entre corps féminins hyper-féminisés (le pays est roi de la chirurgie esthétique chez les 16-25 ans) et corps féminins hyper-masculinisés. Là où les françaises s’habillent en homme et se coupe les cheveux, les Coréennes vont jusqu’à se bander les seins ou se les faire réduire par chirurgie, et portent des sous-vêtements draconiens forçant leurs corps à reproduire la morphologie du corps masculin, principalement au niveau des seins, de la taille, des hanches et des fesses ( Hailey GATES, States of Undress, Vice, 2017, une série de documentaires fascinants, passionnants et effrayants, dont j’ai précédemment parlés ici). Bien sûr, la société de consommation coréenne, qui règne sur le marché de la cosmétique pour jeunes adultes (le phénomène de la K-Beauty a envahi le marché cosmétique européen), a récupéré ce style pour en faire une véritable tendance associée à une tribu, avec marques vestimentaires et cosmétiques dédiées, ce qui ne fait qu’accentuer l’idée du stéréotype physique de femme coréenne féminine contre le stéréotype physique de la femme masculine.
Ce même phénomène s’observe également en France, où la tendance «tom-boy» continue de fonctionner.

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(Stella Tennant, top-model à l’ascendance britannique issue de la noblesse, il est amusant de constater que si son physique lui permet de jouer avec un habillement très masculin, l’un de ses ancêtres masculins, lui, aimait se vêtir en femme…)

Si les stars hollywoodiennes des années 20 à 50, comme Marlène Dietrich, Katharine Hepburn et dans une certaine mesure Lauren Bacall, associées à une image de glamour plus ou moins naturel symbolisant le soleil, la détente, les vacances et la vie de famille, contribue encore aujourd’hui à créer des modes féminines calquées sur le vestiaire masculin que ces stars adoraient (le pantalon large à pinces taille haute et les tissages et imprimés prince-de-galle ont encore fait beaucoup d’émules cette dernière saison), d’autres figures sont venues nourrir ce style, ce « mythe » glamour érigé en tendance. L’image de Bianca Jagger en smoking blanc, se mariant au célèbre chanteur du même nom dans les années 70, reste une référence stylistique.
Aujourd’hui, le style « tom-boy » (plus ou moins glamour) est toujours d’actualité à travers des figures médiatiques comme Kirsten Stewart ou Tilda Swinton, actrices et « muses » d’artistes et de créateurs.

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(Tilda Swinton dans le film L’Homme de Londres, photo de Bela Tarr)

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(Kirsten Stewart)

La figure de la femme habillée en homme et plus ou moins masculine est devenue en elle-même un stéréotype contribuant à faire vendre et consommer, tout en restant attractif puisqu’il symbolise toujours dans l’inconscient collectif un tabou brisé, une « déviance », un interdit contourné au profit d’une liberté physique (or, on sait que la société postmoderne adore les notions de liberté, d’abolition des frontières et de mise à mal des interdits) (Christine BARD, Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années Folles, Paris, Flammarion, 1998) . La femme masculine est donc toujours associée à la pécheresse en opposition à la femme pieuse et pure, dans l’insconscient collectif.

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(Ruth Belle, défilé homme de Gucci)

Si les notions de fausse liberté et d’abolition réelle ou virtuelle des frontières caractérisant la société postmoderne actuelle vous intéressent, je vous conseille la lecture de Michel Clouscard, Michel Maffessoli, Jean Baudrillard, Jean-François Lyotard (bien sûr), Charles Melman, Dominique Quessada (notamment le livre sur la consommation de soi, hyper-intéressant), ainsi que certains textes de Yves-Charles Zarka.

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(Brooke Shields)

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(Annie Lennox)

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(le mannequin Erika Linder par Alice Hawkins pour Arena Homme +, 2014)

Belle journée !

Elena Izcue, ou l’art de réutiliser l’art précolombien

Elena Izcue, il y a deux mois, je ne connaissais pas. Mais lorsque j’ai découvert, au détour d’un rayon de médiathèque, le catalogue de l’expo ayant eu lieu au Musée du Quai Branly en 2008, franchement, j’ai été ébahi par la modernité qui se dégage des travaux d’Elena !

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Elena Izcue est née en 1889. Sa vocation de dessinatrice se déclenche tôt, et en 1910, elle suit des cours de dessin à Lima. En 1919, l’École des Beaux-Arts de la ville est créée, et Elena fait partie de la première promotion d’artiste entièrement formés au Pérou. Cette nouvelle génération d’artistes présente la particularité de combiner une très forte aspiration nationaliste et quête d’authenticité. Une sorte de mélange entre nationalisme politique et modèle classique européen du XIXe siècle se fait jour donc à l’École. Il y a cette idée d’une art « national », qui se manifeste chez Elena par cette volonté de faire revivre l’art précolombien de manière moderne.

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En 1921, elle rencontre Rafael Larco Herrera, un riche philanthrope qui désire faire d’elle sa collaboratrice (en vrai hein, pas de promo-canapé, il admire réellement son travail), car il désire promouvoir l’archéologie péruvienne, en développant des écoles modernes. Elle se consacre donc à des études de l’art précolombien, qu’elle lie à la fois à l’enseignement et aux arts décoratifs.

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Elle ne reproduit pas fidèlement les matériaux, ce n’est pas son centre d’intérêt : Elena préfère travailler à l’unification, la synthèse. Elle fait des choix artistique : par exemple, l’art Nasca, les tissus Paracas et l’art Moche seront étudiés, qui sont issus de culture côtières. En revanche, elle n’étudie pas l’art Chavin (le dessin rigide, linéaire et l’iconographie ne semble pas lui convenir, elle les trouve peut-être trop menaçants), ni le répertoire Inca.

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L’art Nasca (ou Nazca)

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Les tissus Paracas

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L’art Moche

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L’art Chavin

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L’art Inca

Au Pérou cohabite deux types d’arts décoratifs : en province, on a recours à l’artisanat local pour les meubles, l’orfèvrerie et les tapis, mais à Lima, les classes aisées préfèrent la production industrielle européenne et n’ont rien à faire de l’artisanat local, jugé trop « plouc » pour eux, qui veulent se distinguer et sortir du lot (donc copier les européens). Il n’y a donc pas de production nationale originale au sens pur du terme. Le travail d’Elena se révèle donc une prouesse exceptionnelle pour l’époque, car elle réutilise les motifs précolombiens dans un but purement décoratif.

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En 1921 a lieu le centenaire de l’Indépendance, pour cette occasion Elena et sa sœur (elles travaillent toujours ensemble) présentent un « salon incaïque » (ironique puisqu’Elena ne se sert jamais de dessins incas) dans le Musée National. C’est donc la première réelle tentative d’application du dessin précolombien à la décoration moderne, mais les réactions sont mitigées : si les officiels s’enthousiasme de ce nationalise réussi, et les visiteurs affluent mais certains ont quand même du mal à accepter cet héritage culturel qui est pour eux rétrograde, trop « sauvage ».

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La même année, un nouveau musée est crée par Victor Larco Herrera, et il demande aux sœurs d’y créer un atelier d’art décoratif en son sein. Les objets réalisés dans celui-ci sont exposés dans la boutique du musée, et dans certaines vitrines de boutique de Lima, prônant un « art national authentique ». En 1924, il vend le musée à l’État, et la production de l’atelier est arrêtée.

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Et en 1926, elle livre THE book : L’Art péruvien à l’école, c’est-à-dire une étude méthodique de l’art précolombien, destinée à être étudié en classe, il y a deux tomes, un pour les tous jeunes et un pour les plus grands. Ils sont illustrés par des centaines d’aquarelles de motifs. C’est une véritable révolution : l’intérêt pour cette archéologie existe et les études de cet art existent, mais elles sont souvent le fruit d’un travail scientifique, rarement artistiques. Elena produit ces livres dans une démarche de recherche plastique qui saute aux yeux dés que l’on ouvre ses livres.

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Ces livres sont créés dans le but de favoriser le développement d’une industrie artisanale locale. Les motifs présentés sont isolés de leur contexte originel, il n’y a aucune explications de leurs cultures d’origines ou symboliques, pas de références. Tous les styles et époques sont mélangés en une équivalence formelle, ce qui suggère une matrice culturelle péruvienne générale et cohérente, abolissant l’hétérogénéité réelle des différentes cultures du pays. On affirme donc en même temps l’existence d’un art péruvien et un héritage spirituel commun, dans une volonté de nationalisme convaincu.

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Les livres auront énormément de succès, au niveau national mais surtout international, et on voit fleurir en même temps des livres sur l’archéologie péruvienne, et un ballet « incaïque » est même crée à l’Opéra de Paris par Marguerite d’Harcourt. A ce moment-là, ce que l’on appelle l’art « nègre » a beaucoup de succès à Paris et se propage jusqu’à Lima, on suggère donc une comparaison entre ce primitivisme et l’art précolombien, c’est ce qui explique le succès des livres d’Elena, qui est traduit en anglais et en français. Le mauvais côté de ce succès, ce que l’on assimile les artisanats dits « indigènes », l’art précolombien et l’art infantile. Bien sûr, ce rapprochement est absurde, l’art des différentes cultures précolombiennes est très élaboré en réalité. On rapproche également la géométrisation des motifs comme un procédé illustrant l’essence de l’art précolombien, ce qui est faux bien sûr, mais convient bien à la tendance Art Déco du moment.

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Elena quitte le Pérou en 1927, avec sa sœur, grâce à une bourse d’étude de 2 ans. Elles s’installent à Paris et entament un intense processus d’apprentissage dans plusieurs ateliers, en décoration d’intérieur, arts graphiques, reliure, affiches, etc. Elles se rapprochent de la tendance primitiviste et moderniste, découvre Gauguin. Elena grave et sculpte sur bois en 1928, et exprime le désir d’appliquer l’art précolombien à la vie moderne : elles créent donc porcelaines, céramiques, tissus, foulards à partir de cette année. Tout cela rencontrera énormément de succès, les foulards seront notamment réalisés en collab avec la maison Worth, THE consécration parisienne !

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Les sœurs se diversifient, louent un atelier plus grands, travaillent pour d’autres firmes et pour une clientèle privée également. Le textile se vend très bien, car la même année, la première grande exposition d’art précolombien se tient à Paris, au Louvre. Il est facile à l’époque, en France, pour un artiste, de travailler pour les arts décoratifs, car ceux-ci sont valorisés, beaucoup d’artistes créeront donc des textiles, objets, décors…

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Tous les textiles des sœurs sont imprimés artisanalement, Elena refuse de massifier le travail, d’abord parce que cela demande un investissement de base conséquent qu’elle ne peut se permettre, et ensuite, parce qu’elle désire garder le contrôle de la production.

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Anecdote : c’est suite à sa rencontre avec Elena qu’Elsa Schiaparelli introduira le rose shocking, typique des textiles de Lima, dans ses collections. Elena créera des boutons pour la maison également.

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Mais bientôt surgit la crise de 1929. La vie est difficile en France, les réserves s’épuisent et Elena décide de trouver de nouveaux clients. En 1935, elles organisent une exposition et un voyage à New-York, grâce à Malvina Hoffman (sculptrice), et Anne Morgan (riche héritière, et grande cliente d’Elena). Il faut savoir que c’est une grande première : même pendant la politique du bon voisin dans les années 30, où le faux-semblant sera de mise, les USA auront du mal à reconnaître l’aspect artistique, culturel et important de l’art précolombien. En 1933, cela commence à changer car le MoMa organise l’exposition « Sources amérindiennes de l’art moderne », et l’art précolombien commence à s’y exporter.

Elles rentrent à Paris et reçoivent ensuite d’importantes commandes, mais ont du mal à les honorer à cause du caractère artisanal de leur production. Elena n’accepte donc que les commandes pouvant se réaliser à taille humaine dans l’atelier de Paris. Sa dernière œuvre significative sera un travail avec le designer Reynaldo Luza pour la décoration du Pavillon du Pérou de l’Exposition Internationale de Parsi, en 1937.

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En 1938, elles quittent Paris à cause de la guerre, et embarquent pour New-York, où les sœurs réalisent la décoration du pavillon péruvien pour la Foire Internationale de 1939.

Elles rentrent ensuite, contraintes par leurs moyens, au Pérou. Le pays a changé en leur absence, et elles ont du mal à se réadapter à cette vie. Elles font savoir dés leur retour leur volonté d’encourager le développement des artisanats locaux et de reprendre leurs tâches pédagogiques en arts appliqués, et reçoivent l’approbation et le soutien du gouvernement. Elena obtient la direction du Taller Nacional de Artes Graficas Aplicadas, instauré en 1940 pour favoriser l’artisanat par le développement d’ateliers locaux. Le but est de restaurer et perfectionner les techniques ancestrales afin de les appliquer au design contemporain. C’est un projet très dynamique qui rayonne à l’étranger, mais qui diminuera progressivement pour se réduire considérablement dans les années 50 (la mode art déco est passée). Les sœurs mettent donc un terme à leurs fonctions.

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Dans les dernières années, la production d’Elena faiblira, elle ne présentera quasiment plus son travail publiquement. Sa santé se détériore sérieusement dans les années 60, et elle mourra en 1970 des suites d’une longue maladie, plusieurs années avant sa sœur (Victoria).

Son travail tombera dans l’oubli, et elle sera absente pendant longtemps de l’histoire de l’art péruvien. Elena est pourtant une pionnière, elle a proposé une recherche artistique originale et personnelle, en conciliant sources ancestrales péruviennes et art déco contemporain.

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Je regrette juste que dans un souci de nationalisme exacerbé, la culture péruvienne, riche de beaucoup d’ethnies différentes, ait été stéréotypée en une seule forme de motifs, avec une disparition des particularités et des symboliques.

Un moyen-métrage est visible sur http://izcue.perucultural.org.pe/

Fausses ruines et vrai romantisme : la « magnificence déchue »…

(expression empruntée à William Shenstone, écrivain anglais)

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(La Cathédrale Engloutie, de Didier Massard)

Nous sommes en 1764 (oui, ça nous rajeunit pas). Le premier roman gothique (ou roman noir) anglais vient de voir le jour : Le Château d’Otrante, par Horace Walpole. Vont s’ensuivre moults productions, pas toujours très bonnes, mais dans lesquelles on trouve de sublimes auteurs, tels que Charlotte Smith,  Ann Radcliffe, Regina Maria Roche, Eliza Parsons, Eleanor Sleath (oui il y a beaucoup de femmes dans le roman gothique anglais). A la fin du XVIIIe siècle va arriver bien sûr Lewis et son fameux Moine, et début XIXe siècle, Mary Shelley livre son fabuleux Frankenstein… Bref, une période extraordinaire en terme de production littéraire anglaise, tout comme le sera également le XIXe siècle, y compris en France. Alors, le roman gothique c’est quoi ? Et bien c’est l’ancêtre du roman d’horreur et fantastique : vous prenez une bonne pincée de frissons, vous ajoutez l’amour fou/interdit/passionné, vous assaisonnez avec des décors de ruines, de châteaux, vous relevez le tout avec des apparitions, goules, et autres personnages surnaturels, vous secouez le tout, et pour décorer, vous ajoutez une petite malédiction. Et vous avez votre roman gothique. Je caricature un rien, mais la plupart de ces ingrédients reviennent systématiquement dans le roman gothique. D’ailleurs, on y trouve beaucoup de personnages féminins persécutés (allez savoir pourquoi, les différentes façons de voir la femme au XIXe siècle c’est-à-dire persécutée et innocente ou au contraire fatale et perverse,  se retrouve beaucoup dans ce type de littérature, qui n’est pas franchement subtile en matière de stéréotypes, à part quelques exceptions).

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Bon, mais quel rapport avec les ruines ? Eh bien, parce que le roman gothique n’est qu’un aspect de la formidable évolution que subit l’esthétique à partir de la fin du XVIIIe siècle et ce jusqu’au milieu du XIXe siècle, voire même au-delà : le Romantisme naît. Avec lui, on va rêver donjons, médiéval-attitude, trahisons, malédictions, revenants, frissons, fantômes, banshees, sorcières, héritages empoisonnés et croisades. Un Moyen-Age complètement fantasmé où vont se mêler ruines chrétiennes et temples païens celtes, et quel autre pays que l’Angleterre pouvait se permettre autant de mélanges ? Cela ne gêne visiblement personne de se balader dans des faux Stonehenge (comble du chic, à avoir dans son jardin) ou de fausses abbayes, ou de se donner rendez-vous dans des pièces d’eaux peuplées de grottes fantastiques et de monstres…

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En fait, à l’époque, notamment avec l’expansion du Grand Tour, que font les jeunes gens en Europe pour se gaver de culture et d’architecture (tu seras un homme, un vrai, tu auras tout vu et tu connaîtra tout. Enfin, toute l’Europe, le reste on s’en fiche, c’est des barbares.Hum), c’est la grande mode du néoclassicisme. Les pseudo temples grecs fleurissent un peu partout, et on met des colonnes à toutes les sauces. Donc, un groupe de « révolutionnaires » indignés va rompre avec ces colonnes et imposer le Moyen-Age (ce son des médiévistes) : la Société des Antiquaires (1718). A leur suite vont être publié beaucoup d’ouvrages, notamment sur l’architecture gothique. Ils sont gorgés d’erreurs, mais ce n’est pas grave : ça a l’air vrai, c’est tellement pittoresque.

Il faut savoir que l’Angleterre, à cette époque, regorge de vraies ruines, à cause de la Réforme, qui a laissé bon nombres d’abbayes en ruine dans tout le pays. On les redécouvre par le biais de livres remplis de gravures, et tout ça, c’est tellement romantique… Donc, les nobles et les bourgeois veulent de la ruine. Vraie ou fausse.

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Je parlais plus haut du « pittoresque ». Le pittoresque, c’est ce qui a l’air d’être authentique mais qui est en réalité le fruit d’une fabrication. C’est ce qui l’air ancestral alors que ça date d’hier. C’est avec ce mot que les bourgeois et nobles qualifient souvent les fêtes de village, les costumes traditionnels, les chants ancestraux et les cérémonies religieuses païennes. Ce n’est pas très bon, le pittoresque.

Petite anecdote : lorsque, au XIXe siècle, vont se développer les voyages en train, la Bretagne attirera bon nombre de bourgeois parisiens. Les bretons, voyant cela, et considérant qu’il y avait de l’argent à se faire (ben oui, faut vivre, les campagnes ne sont pas très riches à l’époque, à part quelques gros exploitants), remirent leurs traditions à l’honneur pour tous les jours. On voit donc des habits traditionnels de fêtes sortir tous les jours (ce qui ne se faisait pas en Bretagne, la tradition, c’est pour les fêtes), des contes réinventés pour l’occasion (oui, les légendes bretonnes datent souvent du XIXe siècle, la tradition orale s’étant quelque peu perdue en route), etc. La Bretagne devient folklorique, pittoresque. C’est d’ailleurs à cause de cela que bien plus tard au XXe siècle vont naître des cartes postales montrant notamment des bretons « typiques », ou des scènettes mises en scène, ou encore des vieux métiers. Tout cela pour satisfaire le snobisme du bourgeois (et tant qu’à faire lui prendre un peu de sous, parce, y a pas de raisons qu’il ne paye pas pour un truc qui le satisfait).

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C’est à cette époque (fin XVIII et courant XIX, je reviens au ruines hein) que naît ce que l’on va appeler le mauvais goût, le kitsch. Né avec la noblesse finissante, il prendra son ampleur avec la bourgeoisie régnante, qui veut faire comme les nobles, mais à moindre frais. Bonjour donc reproductions, copies, imitations, qui, à force de surenchère, vont devenir les prémices du kitsch : un art facile, de mauvais goût, ultra-voyant… Mais ultra-fun, car il peut tout se permettre, puisqu’il n’est qu’une copie (en cela, le kitsch est l’ancêtre du détournement culturel actuel). Les fausses grottes, les statues excentriques, les fausses ruines, sont les ancêtres des nains de jardin et des temples grecs miniatures peuplant aujourd’hui les jardins de banlieues. Les coquillages des fausses grottes, héritiers du style rocaille, vont donner les décorations excentriques des salles de bains du XIXe siècle, qui vont donner les objets décoratifs du début du XXe siècle, pour aboutir aux miroirs et boîtes décorés de petits coquillages de ma grand-mère (objets que l’on trouvent dans les vide-greniers, top kitschoune, vous penserez à moi en tombant là-dessus, et à cette article). Si la question vous intéresse, lisez Hermann Broch, l’un des premiers critiques du kitsch (je vous préviens, l’École de Francfort, si vous vous y attelez ensuite, puisque c’est la suite logique, est assez snob, mais très intéressante à lire cependant. Adorno est particulièrement ardu). Le livre de Céleste Olalquiaga, Royaume de l’artifice: l’émergence du kitsch au XIXe siècle, est absolument fascinant, elle y aborde justement la question des grottes, des coquillages, des presse-papiers, et un bernard-l’hermite sillonne le livre en guise de point de repère (littéraire).

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Bon, revenons à nos ruines. Vont donc voir fleurir les jardins et les parcs d’agréments paysagers : ruines, grottes, temples, etc. C’est à qui aura le plus beau « faux parc ». Il faut savoir que c’est à cette époque que naît ce que l’on appelle le « jardin à l’anglaise », qui a ses théoriciens, qui préconisent les coins et les recoins, les plantations sauvages, et aussi les fausses ruines. Le jardin anglais est un dédale, un vrai fouillis très bien organisé, qui adore le côté sauvage et mystérieux, tant que c’est quand maîtrisé et que ça ne déborde pas trop. Les fausses ruines font donc partie d’un ensemble que l’on appelle « une fabrique de jardin », un endroit artificiel qui sonne vrai au milieu d’un plus vaste ensemble, et qui sert à magnifier point de vue, horizon, et à produire des effets « wahou » garantis. En 1742, un ouvrage de Batty Langlay (peintre paysagiste) eu un vif succès, et il y détaille avec force gravures tous les éléments gothiques à avoir dans son jardin, pour donner une impression de vieillesse (et donc, d’origines nobles, anciennes familles, et tout le toutim).

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On ne fait pas que construire des ruines, on y mets aussi des objets : crânes, bougies, têtes d’animaux, sabliers, etc.  Il y eu d’ailleurs un certain M. Hamilton pour « passer une petite annonce » afin de trouver un acteur pour rester dans une grotte artificielle et prêt à s’engager à ne se couper ni cheveux, ni barbe, ni ongles pendant sept ans. Je me paye un faux ermite vous voyez. Bon, ça n’a pas marché, l’ermite miteux n’a pas réussi à tenir le challenge, Hamilton l’a renvoyé, et on a mis un mannequin à la place…

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(les photos émaillant l’article sont extraites de l’expo « Rêves de Monuments », un hommage à ces fabuleuses ruines, qui s’est déroulée à la Conciergerie de Paris en 2012-2013)

Voici donc les plus belles ruines néo-gothiques anglaises (à mon avis):

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La fausse ruine du Parc de Mow Cop, dans le Cheschire… Sublime au coucher de soleil…

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La grotte du Parc de Painshill, dans le Surrey, une merveille faite de plâtre, résine (un genre de résine) et fer grillagé…

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La ruine du Parc de Hawkstone, un magnifique point de vue fait pour encadrer le paysage… Le parc est au demeurant très beau à visiter, il y a même un faux pont (enfin, vrai car vous pouvez l’emprunter) semblant avoir été fait au Moyen-Age avec des troncs d’arbre, enjambant une fausse rivière (c’est-à-dire, qui n’existe pas et n’a jamais existé…).

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Le petit Stonehenge de Ilton Park, dans le Yorkshire, mon préféré…

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La fausse ruine de château du Parc de Wimpole Hall, ne la dirait-on pas sortie du Moyen-Age ?

Et enfin, un château en ruine, qui déroge à la règle : c’est une folie néo-gothique, construite au XIXe siècle, mais qui est aujourd’hui en ruine suite à la seconde guerre mondiale. Du coup, cette ruine correspond parfaitement aux ruines néo-gothiques de l’époque, une véritable ironie à l’anglaise… Nul doute que son proprio aurait adoré !

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J’ai donc nommé le Château de Lowther, avec des plantations merveilleuses…

Et pour finir, une fausse ruine magnifique, mais pas en Angleterre… En effet, cette mode a essaimé un peu partout en Europe, on en trouve en France mais aussi en Allemagne (le foyer du Romantisme) et en Autriche… Voici donc les fausses ruines romaines du Château de Schönbrunn à Vienne (sublime par ailleurs), qui allie néo-classicisme et folie romantique, un must !

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A noter également : le village de Portmeirion, qui est un fantasme à ciel ouvert ! Il s’agit d’un ensemble d’édifices construits entre 1925 et 1978 par l’architecte et milliardaire excentrique, Sir Clough Williams-Ellis, qui s’y connaissait en faux-vrais machins. Il voulait en toute modestie, reconstruire un petit paradis italien au Pays de Galles (c’était raté pour le soleil).  La ville est donc charmante, méditerranéenne, et installée au milieu du Royaume-Uni, je vous conseille d’aller y faire un tour si vous pouvez, c’est absolument charmant ! (si vous avez le soleil). Bon, ce n’est pas une ruine, mais cela me paraissait intéressant de relever que ce village est sorti de l’imagination d’un seul homme. Pour info, toute la série Le Prisonnier y a été tournée.

Voilà, si le sujet vous intéresse plus, tapez « fausses ruines romantiques « ou bien « fabrique de jardins » dans googland, vous allez trouver des merveilles!

Belle journée !

Carcassonne, Moyen-Age, Pompiers, Orientalisme et Curiosités

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Connaissez-vous Carcassonne ? Vous avez sûrement déjà entendu parler de cette très belle cité médiévale, blindée de monde en été, regorgeant d’attrape-touristes, déserte ou quasi en hiver, entièrement pavée, où les restos servent tous du cassoulet et où devait avoir lieu une convention Game of Thrones… Bon, eh bien, j’y suis allé. En hiver, du coup, c’est quasiment désert, il y avait juste quelques esseulés comme nous, qui profite du beau soleil hivernal pour visiter des villes qui sont invivables en été (parce que trop de monde, trop de mômes qui braillent, etc.). En fait, avant de nous aventurer dans la cité médiévale, nous sommes restés en ville car s’y trouve le musée des Beaux-Arts, qui présentait alors une expo sur les dessins anatomiques et les gravures de Jacques Gamelin (on va encore croire que je suis bizarre, mais non non, l’anatomie pour moi c’est hyper important en tant qu’artiste, et même en tant que femme, d’ailleurs ça conditionne tellement que le premier truc que je regarde chez un homme, c’est son ossature, c’est dire ! Hum, bref, on s’égare.).

Donc, Carcassonne, et d’abord ce musée. Il est plutôt pas mal, je conseille toujours les musées des Beaux-Arts de « province » (terme que je déteste, ça fait tellement hyper parisien snob). Il est très riche en œuvres du XIXe siècle, et donc, en terme de pompier et d’orientaliste, on est servi ! Quelques exemples :

Les Orientalistes

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Jules Salles, Il fratellino, 1876

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Edouard-Bernard Debat-Ponsant, La fille de Jephte, 1876

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Charles Camille Chazal, Jeunes filles au bord de la mer, 1876

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Benjamin Constant, les Cherifas

Les Pompiers

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Louis Courtat, Le Printemps, 1878

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Léopold Burthe, Sapho jouant de la lyre, 1852

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Henri Lehmann, Le pêcheur et la nymphe, 1837

Les Portraits de famille (ah, la famille du XIXe, la religion, les bons enfants, le royal père et la dévouée maman, tout un programme)

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Jean Jalabert, Autoportrait en famille, 1858

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Henry D’Estienne, Portrait de grand-mère, 1899

Un peu d’histoire…

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Jean-Paul Laurens, Les emmurés de Carcassonne, XIXe siècle

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Evariste-Vital Luminais, Le dernier des mérovingiens, 1884

Et quelques étrangetés, que j’adore !

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Zoé-Laure Delaune, L’option, 1876

(le cartel dit précisément : « Zoé-Laure DELAUNE épouse de Châtillon, 1826 – 1908 », plus le fait que ce tableau soit un don de 1876)

Alors vous avez remarqué : c’est une femme. Peintre. Du XIXe siècle. Qui ne peint pas ce que les femmes peignent ordinairement à l’époque : des petites fleurs, des animaux, de l’intime, etc. Non. Zoé s’attaque au sujet d’histoire. Elle fait partie des peintres classiques, en terme de sujet et de technique. On aime ou pas hein, je trouve ça un peu mièvre, mais enfin, je trouve que la petite histoire de Zoé méritait d’être citée, puisque la dame est citée comme exposant au Salon à partir de 1851 jusqu’en 1887, elle a reçu de nombreuses commandes de la part de Napoléon III, fait partie des toutes premières adhérentes à l’Union des femmes peintres et sculpteurs fondée en 1881, expose ensuite au salon des femmes artistes, et enfin est membre de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l’Exposition universelle de 1893  de Chicago, regroupées dans le Woman’s Building. Chapeau bas quand même !

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Une autre curiosité pour moi : Marco Benefial, Repos de la sainte famille pendant la fuite en Égypte, 1750

Il faut savoir que la figure de la Maria Lactans (Vierge allaitante) est très rare en dehors du Moyen-Age et de la Renaissance. En effet, cette figure donna lieu à un culte immodéré pour le lait de la Vierge, et donc, ses seins nus, phénomène que l’Église finit par juger indécent et donc, interdit. Et là, on est en 1750, au XVIIIe siècle donc, autant dire que cette figure est une curiosité, car cela faisait belle lurette que l’on ne découvrait plus les seins de Marie !

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Hippolyte-Dominique Berteaux, La jeune pastoure, 1884

Curieux ce tableau. Une sorte de post-romantisme gothique teinté de pompier, assez fascinant en vrai je dois dire. (Le tableau est plus sombre, plus contrasté, là je l’ai un peu éclaircit pour voir plus de détails)

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Henri Jean-Guillaume Martin, Paolo et Francesca aux Enfers, 1883

Ceux qui adorent Dante et les romantiques sauront pourquoi j’adore ce tableau.

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Henri Jean-Guillaume Martin, La douleur

Fantomatique…

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Henri Jean-Guillaume Martin, Autoportrait en St Jean-Baptiste, 1883

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François-Alfred Delobbe, Joueur de flûte champêtre, 1874

Un petit joueur de flûte assez étrange, un peu « faunesque »

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Edmond François Aman-Jean, St Julien l’hospitalier, 1882

Très étrange ce tableau, une manière de faire assez contemporaine je trouve, en avance sur son temps… Et il est immense en plus !

Quelques toiles antérieures au XIXe siècle

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Paul Moreelse, Mme Van Shurman, Renaissance

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Michiel Janzsoon Mierevelt, Portrait d’homme, Renaissance

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Michiel Janzsoon Mierevelt, Portrait de femme, Renaissance

Il s’agit d’un diptyque, les tableaux font partie d’un butin des nazis pendant la deuxième guerre mondiale, des recherches sont faites, ils vont être rendus aux héritiers de leurs propriétaires légitimes.

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Ecole Romaine, La Paix, milieu XVIIe siècle

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Adélaïde Labille-Guiard, Portrait de femme (encore une femme artiste, ouaaaaiiiissss !)

Les Modernes et les Contemporains

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Niki, bien sûr.

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Lilly Steiner, Les arums dans l’atelier, années 50

Encore une femme. Je ne suis pas fan, pour moi c’est juste un bouquet de fleurs (et on sait, les fleurs sont le domaine privilégié des artistes féminines, hum, ironie hein) peint dans le style moderne. Rien de bien folichon.

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Le seul tableau hyperréaliste, un genre sous représenté dans les musées français : François Bricq, Sea hunter, années 80

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Cécile Reims, Accomplissement, 1986

Enfin, l’expo Gamelin, avec ces superbes gravures !

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Ensuite, la ville de Carcassonne, que j’ai shootée en noir et blanc, parce que la cité y pousse un peu, comme toutes les cités médiévales, elles ont l’air d’être là, posées, sereines, encore debout pour des siècles…

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Quelques infos pratiques : on ne monte pas en voiture dans la cité médiévale. Arrivez donc tôt et garez-vous sur les parkings gratuits aux abords des remparts (qui vont bientôt tous être payants). Ensuite, si vous voulez manger au resto, sachez que si vous êtes vegan ou veggie, ça va être compliqué. Parce que le plat national là-bas, c’est le cassoulet, avec canard et saucisses. Nous, on en a mangé, chez Dame Carcass (j’avoue, le nom était tentant). C’était bon, mais sans plus, voilà.

Ensuite un conseil, là, juste entre amis : si vous tombez sur un mec qui fait du racolage pour le Musée de l’Inquisition et de la Torture, passez votre chemin. Bon, nous, on s’est fait avoir. C’est hyper cher (30 euros à trois), ça casse pas des briques (essayez de démêler le vrai du fake, un peu compliqué, car il faut bien le dire, beaucoup d’instruments de torture médiévaux n’ont pas survécus, donc, on en trouve très très peu, et certains avaient ici l’air bien fake, notamment en terme de soudure, on y trouve même des vis cruciformes), la mise en scène est un peu risible (surtout la bande-son et les mannequins)… Le bâtiment restauré est très beau ceci dit. Clairement, ça vaut pas le coup, une arnaque exemplaire.

Et j’ai fait quelques emplettes à la boutique du musée :

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Le livre sur l’expo Gamelin bien sûr, une mine d’or !

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THE livre sur Marie-Madeleine, du Moyen-Age à aujourd’hui (ci-dessus, par Ernest Pignon-Ernest, un artiste extraordinaire et un homme d’une douceur et d’une gentillesse à toute épreuve, oui, j’ai eu la très grande chance de le rencontrer)

Et un livre sur les femmes peintres au XIXe siècle,très intéressant. Il y en avait un autre que je voulait à tout prix, sur les femmes artistes en général, mais bien sûr, il ne restait plus que l’exemplaire de présentation, et la demoiselle n’avait pas le droit de le vendre…

Précision : la boutique du musée contient beaucoup de livres très intéressants, mais attention, ils ne prennent pas la carte bleue, pensez à vous munir d’espèces !

Belle journée !